‹ Palestine: Description géographique, historique, et archéologiqueChapitre 59 sur 106 · De Rehabeam à Achazia. {De Jéroboam à Joram · texte numérisé non relu

De Rehabeam à Achazia. {De Jéroboam à Joram

Rehabeam, étant revenu de Sichem à Jérusalem , ordonna une levée en masse des tribus de Juda et de Benjamin, pour aller combattre Jéroboam et soumettre les dix tribus.

Mais un prophète de Juda, nommé Sémaïah, se présenta au roi et au peuple, au nom de Jéhova, afln d'empêcher, par sa parole puissante, une expédition qui probablement lui paraissait dangereuse. Il déclara que le schisme s'était fait par la volonté de Jéhova; il fut écouté , et les troupes déjà rassemblées rentrèrent dans leurs foyers. Rehabeam, forcé de renoncer, pour le moment, à ses projets belliqueux, s'occupa à mettre son petit royaume à l'abri d'une invasion; quinze villes situées vers les différentes frontières furent entourées de fortifications, et munies des provisions et des armes nécessaires. Le commandement de ces places fut confié aux flis du roi , sous les ordres supérieurs

du prince roval, nommé Abiam, ou Abiiih. Rehabeam avait vingt-luiit fils et soixante filles; ses femmes étaient au nombre de dix-buit, sans compter soixante concubines. Sa femme favorite était Maaoiia, fille d'Abisalôm ■, qui avait donné le jour à Abiam. Dans les trois premières années du rèiine de Rebabeam une foule d'Israélites pieux , et notamment les prêtres et les lévites, émigrèrent du royaume d'Israël pour aller s'établir dans celui de Juda'; car Rebabeam montra d'abord du zèle pour le culte national, qui pouvait devenir pour lui une plancbe de salut, tandis que Jéroboam, pour rompre toute liaison avec Juda, et pour conserver toute son indépendance, abandonna ouvertement le culte mosaïque.

Trompant les prévisions du propbète Acbiab, Jéroboam introduisit une idolâtrie révoltante. Aux deux extrémités de son royaume, à Dan et à Bétbel, il éleva deux temples, dans lesquels Jébova fut adoré sous l'image d'un veau d'or, et il renouvela ainsi le crime dont les Hébreux s'étaient rendus coupables dans le désert. 11 confia les soins de ce culte à de nouveaux prêtres qui n'étaient pas de la tribu de Lévi, et, interdisant le pèlerinage de Jérusalem, il supprima les fêtes mosaïques. Le buitieme mois fut cboisi en place du septième pour célébrer la fête des récoltes , et tous les ans le roi se rendait lui-même à Bétbel pour cette fête nouvelle et y offrait des sacrifices au veau d'or. — A la vue des préparatifs bostiles de Rebabeam, il fit entourer de fortifications la ville de Sicbem, où il avait d'abord fixé sa résidence, et il fortifia également la ville de Pbanuel , où , selon Josèphe , il s'était fait bâtir un palais^.

' Dans le 2' livre des Chroniques on lit Absalom, et plusieurs commentateurs ont pensé qu'il s'agit ici d'Absalom, fils de David, et que Maaclia fut la cousine de Reliabeam. Dans ce cas elle aurait eu au moins quelques années de plus que Rebabeam, qui naquit dans l'année de la mort deDa\id.

^ Tous ces détails sont rapportés dans le deuxième livre des Chroniques, ch. il.

^ Jiiliqu. YIII, 8, i.

La conduite de Jéroboam devait indigner les propbètes de Jébova; mais ils n'osèrent élever la voix contre les imiovations impies du roi.

Un jour cependant un propbète zélé du pays de Juda ' osa se présenter dans le temple de Bétbel et maudire l'autel au moment même où le roi Jéroboam y offrait de l'encens. Un accident arrivé au roi arrêta sa main déjà levée sur le propbète; celui-ci écbappa à la colère du roi, mais, en retournant au pays de Juda, il fut tué par un lion. Le dévouement de ce prophète et sa fin tragique perpétuèrent sa mémoire, et, après trois siècles et demi , une légende populaire rattacha les imprécations prononcées par le propbète contre l'autel de Bétbel, à la réaction opérée par le roi Josias contre l'idolâtrie de cette ville ^. Selon cette légende, le prophète de Juda prononça sur l'autel de Bétbel les paroles suivantes : « Autel, autel! ainsi « a parlé Jébova : un 'fils naîtra à la « maison de David , son nom sera Jo- « sias; il immolera sur toi les prêtres « des hauts lieux qui offrent de l'en- « cens sur toi , et on brûlera sur toi « des ossements d'hommes. » En même temps il prédit que l'autel allait se fendre, et que la cendre, qui était dessus, serait répandue parterre. «Saisissez-le : » s'écria le roi , en étendant sa main; et aussitôt la main du roi se dessécha et il ne put la retirer.

L'autel se fendit et la cendre fut répandue par terre. Alors le roi, frappé de ce miracle, supplia le prophète de prier Dieu pour lui; ayant recouvré l'usage de sa main. Jéroboam invita le prophète à un repas, mais ce dernier refusa, disant: «que Dieu lui avait défendu de prendre aucune nourriture en cet endroit. » Étant reparti par un chemin détourné, il fut bientôt rejoint par un vieux prophète de Bétbel, lequel, ayant ajipris par ses fils ce qui venait de se passer, courut après le

• Josèplie(l.c. S 5) l'appelle 7(irfo», le croyant probablement le même que le prophète Iddo ou Judo, mentionné dans le deuxième livre des Chroniques (9, 29; 12, i;>; 13, -i-l).

' Voy. I Uois, 13, 2, et II Rois, 23, 17.

PALESTI^E.

pieux prophète de Juda pour le ramener et peut-être pour se concerter avec lui sur quelque entrei)rise en faveur du culte mosaïque ; car le texte ne présente nullement le vieillard de Béthel comme un faux prophète.

Faisant croire au prophète de Juda qu'un ange de Dieu l'avait engagé à le suivre, il parvint à le ramener à Béthel et à lui faire accepter un repas. Mais à table le vieillard eut une révélation de Dieu et annonça- au prophète de Juda, qu'il ne serait pas enterré dans le tombeau de sa famille, pour avoir transgressé l'ordre de Jéhova. Le prophète, étant reparti de nouveau, fut tué par un lion, qui cependant laissa son corps intact et ne fit aucun mal à son âne. Quelques hommes, qui passèrent par la, ayant averti le vieillard de Béthel ^ celui-ci alla chercher le cadavre du prophète de Juda et lui rendit les derniers honneurs, ordonnant à ses enfants de ■déposer un jour ses restes dans le même tombeau où il venait d'enterrer l'homme de Dieu ; car, ajouta-t-il , ce qu'il a prédit sera accompli sur l'autel de Béthel et sur tous les temples des hauts lieux dans les villes de Samarie (I Rois, 13,32)'.

Ces derniers mots prouvent avec évidence que nous avons ici une légende populaire, qui s'est formée bien plus tard, et non pas un récit historique; car Samarie n'existait pas encore à cette époque. Nous trouverons d'autres légendes analogues dans l'histoire des prophètes d'Israël , dont les actes ont généralement un caractère merveilleux et fantastique, que nous ne rencontrons pas chez les prophètes de Juda. Nous devons rapporter ces légendes, parce qu'elles sont caractéristiques, et qu'elles font connaître à l'historien le point de vue peu élevé sous lequel on considérait le prophétisme dans le royaume d'Israël, où la vie des plus grands prophètes, telle que le peuple l'a faite, offre un contraste frappant avec les caractères sublimes et pleins de grandeur et de dignité que nous trouvons plus tard

dans le royaume de Juda'. Quoi pie ces légendes nous soient rapportées par les écrivains de Juda, elles sont puisées sans doute dans ceux d'Israël, ou dans les contes populaires des Israélites.

L'histoire de Jéroboam nous offre encore un autre exemple de ce que nous venons de dire. Abiah, jeune lils de Jéroboam , étant tombé malade, le roi chargea sa femme de se rendre déguisée auprès de son ancien protecteur, le prophète Achiah, de lui apporter un cadeau et de l'interroger sur le sort de son fils. Achiah était très- vieux et presque aveugle; mais, dit la légende, à peine la femme de Jéroboam se fut-elle présentée à la porte du prophète à Siloh, qu'Achiah, entendant ses pas, lui dit : « Entre, femme de Jéroboam; pourquoi te déguises-tu! J'ai une mission dure pour toi. » Et aussitôt il prédit, en termes très-violents, la chute de Jéroboam et de sa dynastie, et la ruine du royaume d'Israël, dont les habitants seraient transportés de l'autre côté de l'Euphrate. « Quant à l'enfant, dit-il, au moment où tu entreras dans la ville, il mourra. » Eneffet, lorsque la femme s'approcha du seuil du palais, à Thirsa, où Jéroboam avait alors fixé sa résidence, l'enfant mourut.

Dans Juda le zèle qui s'était manifesté pour le maintien du culte national, dans les trois premières années du règne deRehabeam (II Chron. 11, 1 7), ne se ralentit que trop tôt, pour faire place à une coupable indifférence, qui fut bientôt suivie d'une nouvelle invasion de l'idolâtrie phénicienne avec toutes ses abominables débauches, jusqu'à la honteuse prostitution

' Voy. sur les légendes prophétiques du royaume d'Israël, ELchhorn, Allqemeinc Dibliothek, t. IV,pag.i93-252. EichhorD a fuit, sur le caractère de ces lésendes, des observations pleines de goùl et de justesse; mais il s'est donné une peine inutile en cherchant a expliquer plusieurs faits merveilleux d'une manière naturelle ; les légendes peuvent bien avoir une base historique . mais les faits miraculeux appartiennent probablement tout enUers à l'imagination du peuple.

L'UKIVERS.

qui distinguait le culte d'Astarté '.

La tiédeur pour le sanctuaire national et la ville sainte fut si grande que, malgré les forteresses qui garnissaient jes ifrotitières, Rehabeam ne put faire aucune résistance aux troupes égyptiennes, qui , dans la cinquième année de son règne (970 avant J. C. ) , envahirent le pays de Juda, probablement par les intrigues de Jéroboam, et pénétrèrent jusqu'à Jérusalem. Rehabeam trembla dans sa résidence, et le prophète Semaïah profita de ce moment pour reprocher au roi, en pleinecour, son infidélité envers Jéhova, la présentant comme la cause de ce malheur. Le roi et tous les grands de la cour montrèrent un sincère repentir, ets'écrièrent : « Jéhova est j liste l^> Semaïah alors les rassura, en leur montrant que ce n'était là qu'un orage passager, et qu'il fallait accepter avec résignation ce châtiment du ciel (ib.

12, 5-8). Sisac ou Scheschonk^, roi d'Egypte, à la tête d'une nombreuse armée, composée d'Égyptiens et d'autres peuplades africaines , fit son entrée dans la capitale, probablement sans coup férir ^, et pilla les trésors

' Voy. ci-dessus, page 90.

^ Le nom seul de Sisac ou Scheschak nous semble suffisant pour établir l'identité de ce roi à\ecScheschonk (Sesonchis),premier roi de la vingt-deuxième dynastie , d'autant plus que la chronologie parait pleinement confirmer cette identité. Voy. De^-Vignoles, t. II, p. 123 et 157. Cependant nous ne saurions attacher aucune importance à la découverte récente de Champollion le jeune, qui prétend avoir lu sur un monument du palais de Karnac, au nombre des nations vaincues par Sesonchis, les mots ou Ioud\hamalek qu'il traduit : Le royaume de Juda. Voy. la VM* des Lettres écrites par M. Champollion, ■pendaut son voyage en Égi/pte, p. 3=>. Comment supposer qu'on ait mis de l'hébreu sur un monument égyptien? Et encore serait-ce de fort mauvais hébreu ; car ce que M. Champollion a lu pourrait signifier tout au plus Juda le roi, ce qui ne donne aucun sens. Nous plaçons donc cette inscription, ainsi que la pliysionomie juive du roi vaincu,

Earmi les illusions de l'illustre interprète des iérogiyphes.

^ «[xaxviTÎ, dit Josèphe (Antiqu. VIII, 10, 3), et il pense qu'Hérodote a parlé de eette expédition, que, par erreur, il aurait fait remonter jusqu'à Sésostris , en se trompant sur le nom du roi. Comparez le passage de Josèphe avec Hérod. 1. h, ch. 102 et lou.

du Temple et ceux du palais royal, entre autres les boucliers d'or que Salomon avait fait faire. Cette expédition n'eut pas d'autre suite; ainsi que l'avait prévu le prophète Sémaïah, Sisac n'avait d'autre but que d'humilier et de rançonner la capitale de Juda , et son armée se retira après le pillage. Les boucliers d'or de Salomon furent remplacés par des boucliers d'airain, qu'on confia à la garde des officiers des coureurs ou gardes du corps. Toutes les fois que le roi se rendait au Temple, les coureurs portaient devant lui ces boucliers, vain simulacre de la grandeur passée du règne de Salomon. Rehabeam régna encore une douzaine d'années après l'invasion des Égyptiens. Aucun évé»

nement mémorable ne signala cet espace de temps. Les hostilités continuèrent toujours entre Rehabeam et Jéroboam ; mais elles se bornèrent à des tracasseries mutuelles, et il ne paraît pas qu'il y eût jamais entre les deux rois un engagement de quelque importance. Rehabeam mourut à l'âgedecinquante-huitans, après en avoir régné dix sept.

Son fils Abiam lui succéda ; son courtrègne de trois ans (de958à 955), animé du même esprit d'irréligion que celui de son père, fut signalé par une guerre ouverte avec Jéroboam, sur laquelle le ir livre des Chroniques(13, 3 — 20) nous donne quelques détails.

Nous ne saurions admettre comme historiques les forces militaires vraiment prodigieuses que ce livre attribue aux deux rois '; le discours plein de zèle pour le culte de Jéhova que le roi de Juda aurait adressé à l'armée de Jéroboam, paraît être démenti par la relation plus ancienne du r" livre des Rois (15, 3), qui dit qu'Abiani imita tous les péchés de son père et que son cœur n'était pas entier avec Jéhova, son Dieu. Les deux armées se rencontrèrent sur les montagnes d'Éphraïm , près du mont Semaraïm. Malgré l'embuscade que Jéro-

' On donne à Jéroboam 800,000, Abiam 4U0,U(i0 hommes d'élite.

et à

boam plaça sur les derrières des trou- [)es de Jùda , celles-ci remportèrent la victoire, et s'emparèrent de Béthel et de quelques autres villes israéiites. On ne dit pas qu'Abiam ait aboli le oulte du veau d'or à Bétbel ; il est probableque cette ville retomba bientôt au pouvoir d'Israël. La victoire d'Abiani affaiblit les forces de Jéroboam , qui ne put plus se relever.

Abiam avait, de ses quatorze femmes, vingt-deux fils et seize filles; il mourut dans la troisième année de son règne (955), laissant le trône affermi à son fils Asa. Jéroboam mourut l'année suivante et son fils Nadab lui succéda.

Asa (955—914) montra dès le commencement de son règne beaucoup de zèle pour le culte de Jéhova. Quoique très-jeune encore, il déploya une grande énergie contre l'idolâtrie; il n'épargna même pas sa grand'mère Maacha, qui favorisa le culte phénicien et qui prétendit dominer le jeune prince. Asa sut la dépouiller de toute influence sur les affaires du gouvernement; la statue à'Aschéra ou Astarté, qu'elle avait osé élever dans Jérusalem, fut brûlée dans la vallée que parcourt le Kidron.

Partout on détruisit les autels des divinités phéniciennes, et les personnes prostituées à leur culte honteux furent expulsées du pays. La seule chose qu'on reproche à Asa, c'est d'avoir laissé subsister les hauts lieux, ou lesautels particuliers consacrés a Jéhova, à côté du grand autel du Temple central (IRois, 15, 14), ce qu'il fit peut-être pour occuper la foule immense de prêtres, qui, depuis le schisme, affluaient dans le petit pays de Juda, Il apporta au Temple des dons très- riches, laissés par son père et auxquels il ajouta les siens.

Pendant les dix premières années de son règne, le pays jouissait d'une paix profonde (Il Chron. 13, 23), et Asa profita de ce temps pour élever de nouveaux forts et pour organiser et fortifier son armée (ib. 14, 5-7).

Le royaume d'Israël, ébranlé par des troublesintérieurs, n'inspirait pas, pour le moment, de craintes sérieuses SO» Livraison. (Palestii^e.)

au roi de Juda. La dynastie de Jéroboam avait cessé d'exister. ]\a(lab avait été assassiné, après avoir régné deux ans (952); un certain Baasa , fils d'Adiiah, de la tribu d'Isachar, avait conspiré contre Nadab, qui assiégeait alors Gibbethôn, ville de la tribu de Dan, qui était au pouvoir des Philistins. Nadab tomba par la main de Baasa, qui après avoir usurpé le trône d'Israël , détruisit toute la famille de Jéroboam.

Selon les Chroniques (ib. v. 8) , le premier ennemi que le roi Asa eut à combattre fut l'Éthiopien Zérach, qui à la tête d'une armée prodigieuse , composée d'Éthiopiens et de Libyens (ib. 16, 8), pénétra jusqu'à Maresa , dans la plaine de Juda. On ne nous dit pas si Zerach était roi d'Ethiopie, ou s'il n'était qu'un général à qui le roi avait confié cette expédition ; mais le texte ne renferme pas le plus léger indice qui puisse faire penser que Zérach fut roi d'Egypte , comme l'ont prétendu plusieurs savants'. Il est plus probable que les hordes commandées par Zérach étaient venues du royaume de Méroé, en traversant le golfe Arabique, le désert et l'Idumée. Asa conduisit son armée au-devant des Éthiopiens et leur livra bataille dans la vallée de Sephatha, près de Marésa; les Éthiopiens furent battus, et obligés de fuir; ils laissèrent aux troupes de Juda un immense butin. Cet événement dut avoir lieu vers la quinzième année du règne d'Asa (940). Au retour du roi, un prophète de Jérusalem , Azariah , fils d'Oded, alla au-devant

' Scaliger cherche Zérach parmi les rois anonymes de la vingt-deuxième dynasUe; Des-Vignoles le retrouve dans Osàroth ou Osortfion, ti Is et successeur de Sesonchis. Voy. Chronol. de l'hist. sainte, t. II, p. 126. Champollion est du même avis; selon lui , le liis de Scheschonk s'appelait Osorchon , nom qui s'approche davantage de celui de Zerach. Voy. le Précis de Champollion, p. 257-262 , et Greppo, Essai sur le système hiéroglyphique, p. £73-177. Mais nous ne saurions partager la conviction de ces auteurs ; car on ne voit pas pourquoi l'Écriture sainte aurait dépouille le fils de 5waf de son titre de roi d'Egypte , et l'aurait appelé Zérach le

COUSCHITE.

L'UMVRRS.

de lui ;tlan.s une allocution qu'il adressa au roi et à rariiiée, il présenta leur succès comme une suite de l'attachement qui s'était manifesté pour .léhova, et les malheurs passés comme la juste punition de l'inlidélité. Il termina en engageant le roi à persévérer dans la même voie. Asa continua à déployer une grande sévérité contre l'idolâtrie; il restaura aussi le grand autelqui se trouvaitdevant leportique du Temple, et dans la quinzième année de son règne, au troisième mois (maijuin), on y céléhra par de nombreux sacriGces la victoire remportée sur les Ethiopiens. Une foule d'Israélites, lidclesau Dieu de leurs pères, et voyant les succès du pieux Asa, vinrent assister à cette fête et s'établir dans le pays de Juda.

Baasa, roi d'Israël, ne put voir avec indifférence la puissance toujours croissante du royaume de Juda. Dans la seizième année du règne d'Asa "(939) il commença des actes d'hostilité contre Juda, en fortifiant la ville de Rama et en y plaçant une garnison, afin d'intercepter les communications avec le pays de Juda. Asa ne pouvant souffrirl'établissementde cette forteresse, située à deux lieues de sa résidence, épuisa le trésor royal et celui du Temple pour acheter l'alliance de Ben-Hadad, roi de Syrie , qui résidait à Damas. Ses offres ayant été acceptées, Ben-Hadad envahit le nord de la Palestine, jusqu'aux environs du lac de Ivinnéreth ou Génésareth, et s'empara de plusieurs villes importantes. Baasa fut forcé par là de faire cesser ses travaux de fortification; Asa alors marcha sur Rama, s'en empara, et, ayant fait démolir les ouvrages déjà avancés, il fit employer les matériaux aux fortifications de Guéba et de Mispah'. Plusieurs autres villes d'Éphraïm tombèrent au pouvoir d'Asa (2 Chron. 15, 8).

' Le texte du deuxième livre des Chroniques (16, I) porte : dans la trente-sixième année : mais comme le règne de Baasa ne se prolongea que jusqu'à la vingt-sixième année d'Asa, nous croyons avec les commentateurs, que l'auteur des Chroniques a voulu dire la trente-sixième année du schisme, ou Ja seizième d'Asa.

* Voy. ci-dessus, p. 42 et 43.

Les prophètes durent voir avec peine cette alliance, couidue avec un païen contre le roi d'Israël et payée avec le trésor sacré. Un prophète nommé llanani reprocha amèrement à Asa de s'être appuyé sur la Syrie, au lieu de s'appuyer sur Jéhova, qui lui aurait soumis en même temps et les Israélites et les Syriens. Il paraît que les paroles de llanani ne furent pas sans influence sur le peuple et causèrent quelques troubles; car le roi, fort irrité de ce discours, fit emprisonner le prophète et châtier des gens du peuple (II Chron. 16, 10).

Baasa régna encore dix ans après l'invasion des Syriens ; nos documents ne parlent pas d'autres collisions entre lui et Asa, mais les deux rois restèrent en état d'hostilité mutuelle (I Rois, 1,5,32), Le prophète Jéhu, probablement fils du prophèteHanani, dont nous venons de parler (car on l'appelle toujours Ben- flânant) , prononça un oraclecontre Baasa, auquel il reprocha d'avoir imité les péchés de Jéroboam , après avoir été élevé de la poussière pour renverser sa dynastie : la maison de Baasa, dit le prophète, aura le même sort que celle de Jéroboam. Asa put assister encore à l'accomplissement de cette prophétie , et voir une troisième dynastie s'affermir sur le trône de Jéroboam ; car les événements se succédèrent rapidement dans le pays d'Israël. Baasa put transmettre la couronne à son filsÉla; il mourut après avoir régné près de vingt-trois ans (930 ou 929). Mais Éla succomba dès la deuxième année de son règne (928), frappé, comme le filsde Jéroboini, par la main d'un conspirateur. Pendant que les troupes , commandées par le général Omri , étaient occupées à un nouveau siège de la ville de Gibbethon, Zimri , commandant de la moitié des chariots de guerre, assassina, à Thirsa,leroi Ela , au moment où celui-ci s'était enivré dans la maison d'Arsa, son maître d'hôtel. L'assassin , s'étant emparé du trône , extermina toute la famille royale, et la prédiction du

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