‹ Palestine: Description géographique, historique, et archéologiqueChapitre 6 sur 106 · I. La Galilée · texte numérisé non relu

I. La Galilée

Le nom de Galilée vient de l'hébreu Gain ou Galila, qui signifie cerc/e, district. Le mot Galil se trouve déjà dans le livre de Josué (20,7, et 21, 32) comme nom géographique désignant un district de la Palestine septentrionale , surtout le canton de Naphtali.

Salomon donna à Hiram , roi de Tyr,

vingt villes du pays de Galîl (I Rois, 9, 11); les Phéniciens s'y établirent , beaucoup d'autres étrangers vinrent fixer leur demeure dans le nord de la Palestine, et delà cette contrée fut appelée le Gain {district) des païens ■.

Mais la province de Galilée dont nous parlons ici était beaucoup plus étendue que l'ancien Galîl. Elle était limitée au nord par le territoire de Tyr et par l'Antiliban, à l'est par le Jourdain avec les deux lacs ae Samochonitis (Merôni) et de Tibériade, à l'ouest par cette partie de la Phénicie qui s'étendait, le long de la côte, depuis Tvrjusqu'au Carmel qui du iQm\n de Josèphe appartenait aux Tyriens ».

Au sud-ouest et au sud la limite , partie du Carmel, passait près de Ginée (Djennîn) devant la montagne d'Éphraïin, et allait de là au sud-est jusqu'au Jourdain , un peu au-dessus de Scythopolis. On voit que la Galilée embrassait les montagnes de Naphtali et la plaine d'Esdrelon. Là oij les montagnes s'approchent du Carmel elles forment avec celui-ci le défilé que parcourt le Kison et par lequel les habitants de la province pouvaient communiquer avec la côte. Cette communication, très-importante pour la province, la mettait continuellement en rapport avec le territoire phénicien de la côte. Les relations forcées avec des voisins païens exercèrent de tout temps une grande influence sur le caractère des Galiléens. Ils montrèrent moins d'eloignement que les habitants du midi pour la religion et les moeurs de l'étranger et moins de zèle pour la religion de Moïse. Après le retour de l'exil de Babylone, les relations entre les Galiléens et les païens étaient bien plus étendues, car la province renfermait dans son sein un grand nombre de ces derniers. De là le mépris que les Juifs affectaient pour les Galiléens, qui se faisaient reconnaître d'ailleurs par leur langage corrompu et par leur mauvaise prononciation.

La Galilée était moins grande que

' Isaîe, ch. 8, v. 23. Comparez I Maccab. B , ' DeBell.jud., 1. 3,ch. 3, §1.

;<• Livraison (Pàlk-stine.»

la Judée, mais un peu plus grandt que la Samarie. Sa longueur du nord au nudi était d'environ vingt lieues; sa largeur, de l'ouest à l'est, de neuf à onze lieues. Mais sa population était très-forte à raison de sa grande fertilité. Au nombre les Galiléens ajoutèrent le courage guerrier et un certain esprit d'indépendance, et ils savaient tenir tète aux nations étrangères qui les entouraient. Dans la guerre contre les Romains Josèphe y rassembla, sans beaucoup de peine, une armée de 100,000 hommes.

Composée de montagnes au nord fia àt\më grande plaine au midi , la province se divisa en haute et basse Galilée '. Nous allons énumérer les principales villes, en allant du nord au midi.

Dan, ainsi appelé par la tribu de Dan qui en fit la conquête (Juges, ch. 18), est souvent nonnné dans la Bible comme ville frontière à l'extrémité septentrionale de la Palestine.

Avant la conquête elle s'appelait Laïsch ou Léschem ». Elleétait'située , selon Eusèbe, à une distance de 4 milles romains à l'ouest de Paneas (Banias), et du temps de saint Jérôme il existait encore, à la même place, un bourg de ce nom^. A Dan se trouvait l'un des deux veaux d'or de Jéroboam.

KÈDES, ville lévitique et l'une des six villes de refuge -i, était également située dans les environs de Paneas, sur la limite du territoire de Tyr, et, selon saint Jérôme, à vingt milles de cette ville.

KiNNÉBETH, qui a douTié soH Hom au lac de Génésareth , était situé sans doute à l'endroit où le Jourdain tombe

' Josèphe, de BeUojitd., 1. 3, ch. 3. Mischna, traité de Schebiith {àuaée. sabbatique), ch.

* Il peut paraître singulier, lorsqu'on considère le Pentateuque comme l'ouvrage de Moïse, d"y trouver le nom de la ville de Dûn (Genèse, 14, 14; Deutéron. 34, i). Mais il se peut que Moïse ait écrit Laïsch, et qu'on se soit permis plus tard de substituer le nom de D,iu , qui était plue connu.

' Onomasticon sous le mot Dàn.

* Voy. Nombres, cIj. ■J3,v. (> cl suiv., et iosa», ch. 2u, V. 7.

L'UNIVERS

dans cslac. A deux lieues de là était C\PHARNAOiJM (villiif^e de Nahouui). Cette ville n'est pas mentionnée dans rAncieuTestarnent, ruais elle joue uu certain rôle dans les Évangiles. Jésus y avait fixé sa demeure, et il y st\journait très- souvent pendant les trois années de sa vie publique. Il prêchait dans la synagogue de cette ville et y opérait plusieurs cures merreilleuses. Boniface, evéque de Dalrnatie , qui visita la Palestine au XVI* siècle, vit les ruines de Capliarnaoum au milieu desquelles s'élevaient deux palmiers. Quaresmius, au XVII* siècle, vit également ces deux palmiers, et non loin de là un caravansérai nommé Meniéh. Les ruines de Capharnaoum queBurckhardt vit, non loin de Meniéh , sont appelées par les Arabes Tell-Houm.

Bethsaïda (lieu dépêche) sur le lac, au-dessous de Caphaniaoum, lieu de naissance des apôtres Pierre et André. A côté de Bethsaïda, les Çvangiles mentionnent Chorazin ou Corozaîn % qui devait être situé dans les mêmes environs, mais dont on ne trouve aucune trace dans les anciens auteurs. En continuant de suivre les bords du lac, on trouve, à environ quatre lieues de Capliarnaoum , la ville de

Tibértade(ou Tabarîyya) , une des principales villes de la Galilée, et encore assez considérable dans les temps modernes. Elle fut bâtie par le îétrarque Hérode Aiitipas qui en fit sa capitale , et le nom qu'il lui donna était uu hommage rendu à l'empereur Tibère. Située dans une plaine étroite entourée de montagnes, elle pourrait par une culture plus soignée obtenir tous les fruits des tropiques , mais elle est très-chaude et malsaine. Pour peupler la ville, Hérode y attira des Juifs pauvres et même des païens , en leur donnant des terrains et en leur accordant beaucoup de privilèges; car les Juifs orthodoxes avaient une certaine répugnance pour le séjour de cette ville, pour la fondation de la-

' Matth. 11,21-, Luc, 10, 13.

3uell(3 u »viàii iâ'iin détruire beaucoup 'anciens tombeaux. Tibériade resta ca|)itale(le la Galilée, jusqu'à ré[)oque où Hérode Agrippa 11 lui préféra Séplioris , l'ancienne capitale. Tibériade se soumit, sans attendre uu siège, à Vespasien arrivé de Syrie; ce qui lui valut dans la suite plusieurs faveurs de la part des Romains. Apres la destruction de Jérusalem, les plus grands docteurs juifs, qui ne voulurent pas quitter la terre sainte, s'établirent a Tibériade, qui devint un point central pour l'érudition rabbiuique.

De l'académie de Tibériade émana la Misclina ou le texte talmudique, rédigé par Rabbi Juda le Saint, et plus tard la Masora, ou l'appareil critique du texte biblique'. Sous Constantin le Grand une église chrétienne fut fondée dans cette ville, qui devint un des sièges épiscopaux de la Palestine. Les juifs et les chrétiens furent expulsés de Tibériade en 636 , lorsque la Syrie fut conquise par les Arabes.

L'évêché y fut rétabli pendant les croisades. — La ville moderne de Tabariyya, appartenant au pachaiik de Saint- Jean d'Acre, et entourée d'un mur en basalte, est beaucoup plus petite que l'ancienne Tibériade, qui, selon Burckhardt, était située un peu plus vers le midi. Elle avait dans les derniers temps 4000 habitants, pour la plupart mmsulnians; les habitants Juifs, au nombre de 1000, sont originaires d'Espagne , de Barbarie et de Syrie; 40 à 50 familles y sont venues de Pologne. Leur quartier est séparé du reste de la ville par un mur n'ayant qu'une seule porte, qui se ferme au coucher du soleil. Il n'y a dans la ville que très-peu de chrétiens; leur église, consacrée à saint Pierre, se trouve, selon la tradition, à l'endroit oii l'apôtre pêcheur jeta son filet. Des missionnaires de INazarelh y viennent dire la messe à la fête de saint Pierre. Selon les rapports des Juifs de Jérusalem que nous avons sous les yeux, le tremblement de

' Voy. l'ouvrage publié par Jean Buxtorf , le père, sous le titre de tiberias, p. i —

terre du l" janvier 1837 a presque entièrement détruit la ville deXabariyya, aui ne présente plus qu'un monceau e ruines. — Les célèbres thermes de ïibériade existent encore maintenant au sud-est de la ville, sur les bords du lac; ils ont quatre sources, et la masse d'eau , selon Burckbardt, serait suffisante pour faire marcher un moulin. Ces eaux thermales ont de l'analogie avec celles d'Aix-la-Chapelle; les habitants les considèrent conmie un bon remède contre les rhumatismes. On y vient de tous les points de la Syrie, surtout au mois de juillet.

La dernière ville sur les bords du lac est Tarichée, conquise par Vespasien. Son nom ne se trouve pas dans la Bible.

Si maintenant nous nous rendons dans l'intérieur de la province, vîous trouvons, à 4 lieues N. O. de Tibériade, la ville de

SA.PHET, maintenant Safad, au N.

N. E. du Thabor. Elle est mentionnée dans le livre de Tobie, selon la Vulgate '. Avant le dernier tremblement de terre elle renfermait 7000 habitants et 600 maisons, dont 150 appartenaient aux juifs et environ 100 aux chrétiens grecs. Les juifs, au nombre de 300 familles, d'origine espagnole ou polonaise, y possédaient sept synagogues et une école rabbinique. Safad est considérée par les juifs comme uhq ville sainte , de même que Tibériade, Jérusalem et Hébron =*.

Sephobis, ancienne capitale delà Galilée, et, après la destruction de Jérusalem, siège du synedrium, qui plus tard se transporta à Tibériade.

Elle était située sur une montagne.

Hérode Antipas, qui avait fait élever beaucoup de constructions et des fortiiications, lui donna le nom de Diocxsarea. Dans la Bible on ne parle pas de cette ville; mais elle est men-

' Tobie, ch. I, v. I.

La ville de Sephath ou Saphet, mentionnée Juges, 1 , 17, était dans la Judée.

' "Voy. les voyages de Burckliardt et de Jovvett. Volney place Safad à7 lieues au nord deTabarivya, et, selon lui, c'est un village presque abandonné.

tionnée par Josèphe et souvent dans le Talnnid. La tradition chrétienne y place la demeure des parents de Marie, mère de Jésus. En 33'J elle fut détruite par les Romains, parce que ses habitants s'étaient révoltes contre Gallus.

A sa place on trouve maintenant le village de Safouri , avec GOO habitants.

Kana (maintenant A'e/èr Karma), cà 2 lieues S. E. de Sephoris,célèbredans l'histoire de Jésus , qui , selon l'Évangile de saint Jean (ch. 2), y opéra son premier miracle. C'est un misérable village habité principalement par des chrétiens catholiques , qui prétendent indiquer aux voyageurs la maison oii Jésus changea l'eau en vcn. L'impératrice Hélène y fit bâtir une église dont on voit encore les ruines.

Au midi de Kana, en montante travers des collines calcaires, couvertes de broussailles , on arrive à la petite ville de

Nazareth, célèbre dans l'histoire du christianisme, et qui aujourd'hui porte le nom de Nasra. Cette ville, qui joue un si grand rôledans le Nouveau Testament, comme le lieu où demeuraient les parents de Jésus et où celuici reçut son éducation, était en ellemême très-insigniOante. Elle n'est mentioimée ni dans l'Ancien Testament ', ui dans les écrits de Josèphe, ni dans \QTi\\m\xdL. <^i- Est-ce que quelque chose de bon peut venir de Nazareth? » demande Nathauaël dans l'Évangile de Jean (1,40), ce qui prouve assez le peu de cas que l'on faisait de cette petite ville. Cependant elle eut le privilège de prêter son nom à Jésus et a ses partisans, qui furent appelés Nazarénieus ou Nazaréens , épithète d'abord injurieuse, mais par laquelle les sectateurs de Jésus ne dédaignèrent pas de se désigner eux-mêmes jusqu'à ce que , sous le règne de Claude, ils

' Selon l'Êvansile de Matthieu (2 , 23), les prophètes auraient prédit que le Messie serait appelé i\azaréc/i , c'est-à-dire habitant de la ville de Nazareth. Mais une pareille prédiction ne se trouve nulle part, et l'assertion de l'évangéliste ne repose probablement que sur une interprétation allégorique du mot hébreu AVcer ( surculus ), Is. ch. 1 1 , V. I. Voy. le commentaire de St. Jérôme sur ce passage d'haie.

L'UNIVERS

adoitèrent le nom de Chrétiens '. Selon la tradition, l'iinpôratrice IL^Iènc lit bâtira JNazarclli l'église dt;/'.-//t/(»/iciation. Du temps des croisades cette ville devint le sicge d'un arclievct^hé. Après les victoires des musulmans elle tomba presque entièrement en ruine.

En 1G20, la confrérie de terra sanla obtint la permission de restaurer l'église de l'Annonciation. Dans la seconde moitié du XVIll*^ siècle, Nazaretb se releva un peu sous la domination du cheik Dâher ' , qui traitait les chrétiens avec assez d'humanité. Du temps de Voluey, les chrétiens formaient les deux tiers des habitants; mais en IS12 Burckhardt, qui a|)pelle Nazareth une des villes les plus considérables du pachalik d'Acre , y compta 2000 Turcs et 1000 clirétieiis^. Ce qu'on trouve de plus remarquable à Nazareth, c'est le couvent des franciscains avec l'église dite de l'Annonciation. Burckhardt y trouva onze moines, pour la plupart Espagnols. Sous le chœur de l'église, 17 marches conduisent dans un souterrain que les chrétiens prennent pour le lieu de l'Annonciatiou de Marie. On y trouve deux colonnes de granit dont l'une est brisée au milieu. On sait que, selon la légende, la maison de Marie, qui s'y trouvait autrefois, fut, dans l'année 1291, transportée par les anges à Lorette. L'église de l'Annonciation est, après celle du Saint-Sépulcre, la plus belle de la Syrie. On montre, en outre, à Nazareth la demeure de Joseph , le puits de Marie , et, dans la partie occidentale de la ville , un^ église qui , dit-on , se trouve à la place de la synagogue dans laquelle Jésus avait prêché.

Enfin, du côté de la plaine d'Esdre-

' Voy. les notes de Lipsius sur Tacite, Annal., 1. I5. ch. 44. Plus tard le nom de Nazaréens fut donné à une secte hérétique. En Orient c'est encore aujourd'hui le nom des chrétiens en général.

* Voy. un précis de l'histoire de ce cheik dans les Voyages de Volney , t. 11, ch. i.

* D'autres voyageurs modernes sont loin d'être d'accord avec Burckhardt. Tandis que Joliffe ne compte que 12 à i,40o habitants, Prokesch , UQ des plus récents , en compte 6,000.

ion, on montre le rocher du haut duquel les Nazaréens voulurent précipiter Jésus (Luc, '1, 29;.

En-dôk, au midi du Thabor, est connu par la pytliouisse (jue consulta le roi Saùl. Ou montre sa grotte près du village de Denouni, à 2 lieues et demie de Nazareth.

Naïm, dans la plaine d'Esdrélon, près d'Kn-dôr. Cette petite ville, à la place de laquelle Mariti trouva des ruines et un petit village, est mentionnée dansl'Évangile de Luc (ch.7, v. 11), où l'on raconte que Jésus ressuscita un jeune homme dont il rencontra le convoi à la porte de la ville.

Aphek , dans la plaine d'Esdrélon.

Près de cette ville se livra, entre les Hébreux et les Philistins, le combat dans lequel Saùl et son fils Jonathan perdirent la vie. Cette ville appartenait à la tribu d'Isachar. Un autre Aphek, appartenant à la tribu d'Aser, était situé près du territoire de SidoB.

Deux autres villes de la plaine, Mb- GiDDO et Thaanach, se présenteront dans l'histoire des Hébreux.

Elles sont célèbres par plusieurs combats.

Sur la côte de la Galilée nous trouvons quelques villes qui de fait n'avaient pas été conquises par les Hébreux, mais qui, selon le plan de Josué, devaient faire partie du canton d'Aser '. Parmi ces villes nous remarquons Achzibet Acco.

AcHziB , appelé par les Grecs Ecdippa, à trois lieues au-dessus d'Acco. Maintenant on y trouve un bourg appelé Zib.

Acco (Ptolémaïde, Saint-Jean d'Acre), au nord du Carmel , ancienne ville phénicienne et port de mer. Le nom de Ptolémaïde lui fut donné, sans doute, par l'un des Ptolémées d'Egypte; mais on ne saurait dire positivement par lequel d'entre eux.

Sous Alexandre Jannée, elle était momentanément entre les mains des Juifs, mais elle fut bientôt prise par Ptolémée Lathyre d'Egypte. L'empe-

' Voy. Juges, l, 31.

reur Claude en fit une colonie romaine. Dans les [)reniiers temps du christianisme elle était le siège d'un évêque, dépendant du patriarche d'Antioche. Sous l'empereur Héraclius, en 636, elle touiba entre les maiiisdes Arabes conduits par Omar.

A l'époque de la première croisade, elle appartenait, coinme toute la Palestine, au sultan d'Egypte. Prise par Baudouin I*', roi de Jesusalem, en 1104, elle acquit bientôt une grande importance, surtout par son port, très-commode pour le débarquement des croisés et pour l'arrivage des provisions. En 1187 elle se rendit au sultan Saladin; mais en 1191 elle fut prise de nouveau par les chrétiens, sous Richard Cœur de lion et Philippe-Auguste, roi de France. En ll9ti elle devint le siège des chevaliers de l'ordre de Saint-Jean , d'oii elle reçut le nom de Saint-Jean d'Acre. Les chrétiens se maintinrent pendant un siècle dans cette ville , qui fut la dernière à se rendre aux nmsulmans. Ce fut en 1291 , le 4 mai, que Mèlic El- Aschraph, ou Serapha , sultan d'Egypte, la prit d'assaut; 60,000 chrétiens y perdirent la vie. Depuis cette chute file était restée presque déserte. En 1517 elle fut prise par les Turcs.

Dans la seconde moitié du dix-huitième siècle le pacha Dàher et , après lui , le fameux Djezzàr, y firent exécuter des travaux importants, qui la rendirent une des premières villes de la côte. Depuis elle a acquis quelque célébrité par l'expédition de Napoléon, et tout récemment par la victoire des Anglais. Chez les Orientaux la ville a toujours conservé son nom antique, que les Arabes prononcent u4(:ca. On dit qu'elle a maintenant près de 15,000 habitants qui font le commerce de blé , de soie et de coton. Les ruines anciennes et même celles du temps des croisades oui presque entièrement disparu ; elles ont été employées aux nouvelles constructions. Le port, un des mieux situés delà côte, est comblé. La campagne autour d'Acca est une plaine d'environ huit lieues de longueur, sur une

largeur de deux lieues ; le sol est fertile et l'on y cultive avec beaucoup de succès le blé et le coton. Mais les ondulations du terrain y causent des bas-fonds oij les pluies d'hiver forment des lagunes dangereuses en été par leurs vapeurs infectes '. La plaine est traversée par le Bélus.

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