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L'UNIVERS
ib. ) qui se cachaient d uvs le soin , ou descendaient jusqu'à la ceinture' .
()uei((uefois on remar(|uait aussi autour des joues une chaîne d'or qui se rattachait à la coiffure ( Gant. 1 , 10 ). 4" Des bracelets , appehis eç'ada ou ç4m1u; comme on trouve ces deux mots à côté l'un de l'autre (Nombres, 31 , 50), ils ne sauraient être complètement synonymes. Le premier paraît être en rapport avec le mot arabe sâïd (bras) et désigne sans doute un anneau qui entourait le bras près du coude, comme nous le lisons expressément dans la Bible ( 2 Sam. 1, 10), tandis que le çamid se fixait près de la main (Gen/24 , 30 et 47 ). Ces deux espèces de bracelets étaient donc des anneaux ÏMis^ soit d'or, soit d'argent ou d'ivoire; les bracelets que le serviteur d'Abraham donna à Rebecca pesaient , selon la Genèse (ib. v. 22), dix sicles d'or. Mais outre les anneaux , nous trouvons aussi mentionnés des bracelets en forme de chaînes ( SCHÉROTH , Is. 3 , 1 9 ) , ou faits de fils d'or *. 5° Des 6rtf/?<e5 (tabbaâth, jb. V. 21 ) qu'on portait aux doigts des deux mains. 6° Des anneaux de pied {periscellides) , tels qu'on en pw'taitchez les Grecs et les Romains , et qu'on en voit encore chez les femmes arabes, qui les appellent Khalkhàl^. — Nous devons encore mentionner les CHARiTÎM {sacs ou poches ) qu'Isaïe ( 3, 22 ) mentionne parmi les objets de toilette des femmes, et que nous retrouvons ailleurs comme bourses à argent (2 Rois, 5 , 22 ).
Les sacs que les dames en toilette por-
' Voj'. ib. fig . 6 et 9 qui représentent des chaînes, d'après Hartmann , t. II , p. 259 et suiv., t. III, p. 10 et 11 .
2 Voy. il3. lig. W.— htmoi coiimâz, qu'on ne trou\e que dans le Pentaleuque (Ex 35, 22 ; Nomb. 3 1 , 50), désigne probablement aussi une espèce de bracelet.
•-■ Je les retrouve dans lesCEADÔxn du prophète Isaïe (3, 20). Nous avons déjà dit dans une note précédente que plusieurs commentateurs retrouvent les periscelUdes dans les «cAfl.sî'w! d'Isaïe; ils prennent alors les ccâdoth pour des petites chaînes qui joignaient les deux anneaux des pieds et qui, allant d un pied à l'autre, servaient à mesurer les p is et à leur donner une grande régularité. C luiparez Buxtorf, Lexicon chald. thalm. et rohhin., col. 1006.
talent à la ceinture, étaient probablement d'une belle étoffe et ornés de broderies , s'il faut en juger par ce que l'Orient moderne nous offre d'analogue > ; l'étymologie du mot charit ou kharït paraît indiquer la forme conique. — On ne trouve pas de trace des mouchoirs, et sans doute les femmes des Hébreux savaient s'en passer aussi bien que celles des Grecs et des Romains * ; les sudaria des RomainS' manquent également dans l'ancien Testament, et le Talmud ne les connaît que sous le nom latin.
Un objet essentiel , qui ne pouvait manquer sur la table de toilette des femmes, était le pouch, une espèce de fard pour les yeux , le même que le Cohl des Arabes et le stibium des Romains; on le mettait dans une corne, comme nous le laisse deviner le nom de Kéren-happouch (Cornustibii ) que l'on donne à l'une des filles de Job ( Job , 42 , 14 ) , ) et on y trempait une aiguille d'argent, d'ivoire ou de bois, pour en noircir les paupières, ce qu'on appelait : « Mettre les yeux en pouch » (2 Rois , 9 , 30), ou , comme s'exprime ironiquement le prophète Jérémie (4, 30) : « Se déchirer les yeux par le pouch. » Le prophète Ézéchiel ( 23 , 40 ) désigne le procédé par le verbe cahal, dont se servent les Arabes encore aujourd'hui, ce qui prouve la perpétuité de cet usage. — Nous avons déjà parlé delà poudrejaune decopher (en arabe al-henna ), dont se servaient les femmes pour se teindre les ongles et les cheveux ^. — Ajoutons à ces objets les vases à parJum,seT\aï\i à parfumer les appartements, les vêtements et les cheveux 4 , la boîte à onguent, le flacon contenant des essences ^ ,
' Voy. Schrœder, De vest. mul. hebr., p.
' Yov. Hartmann, t. II, p. 313. Cet auteur cile une dissertation de Bcettiger, qui démontre jusqu'à l'évidence que l'usage des mouchoirs était inconnu aux Grecs et aux Romains.
3 Voy. ci-dessus , pages 2o et 21 .
* Les ligures 1 et 2 de la pi. 20 représentent des modèles de ces vases tels qu'on les trouve dans l'Orient moderne.
5 Voy. PI. 20, fig. 3 et 4.
PALEST1>'E.
et on nura une idée assez exacte de tout Cl' qui était nécessaire à la toilette des belles Sioiiites, dont la coquetterie trouva un si rigide censeur dans le prophète Isaïe.Maiscertescelte coquetterie n'aurait été satisfaite qu'a moitié, si la femme , pour juger de l'effet de sa beauté , de l'élégance et de l'éclat de sa parure, avait été obligée de se fier aux yeux d'une amie ou d'une suivante et qu'elle n'eût pu se contempler elle même dans un miroir. En effet, le miroir en métal poli remonte , chez les Hébreux , à une haute antiquité ; il en est déjà question du temps de Moïse, comme (l'un objet qui se trouvait |)articulièrement entre les mains des femmes '.
Les miroirs dont il est question dans l'Exode (38,8) sous le nomdeMAR- AH (qui s'emploie aussi en arabe), étaient d'airain ; dans le livre de Job (37,18), on compare le firmament à un miroir de Jonte, appelé bfj ( mot dérivé, comme mar'ah, de la racine raa, voir). Isaïe (3, 23) désigne ces miroirs par le mot glilvo- KÎii, nom qui convient à un objet poli; de son temps le luxe avait déjà introduit probablement les miroirs d'argent. Ces miroirs ne servaient pas , comme chez nous , à orner les appartements; ils étaient de petites dimensions, d'une forme ronde ou ovale , avec un manche, et les femmes les portaient souvent avec elles ^
En terminant ce que nous avions à dire sur les vêtements et la toilette, nous devons ajouter encore que la nature des habits et le climat chaud obligeaient les Hébreux de changer souvent de vêtements , comme chez nous on change de linge , pour satisfaire aux exigences delà propreté. On avait donc généralement plusieurs habillements complets , afin de pouvoir changer ; c'est pourquoi rhabiliement complet est appelé , dans la Bible :
rechanges de vêtements , et l'on dit , par exemple , ci?iq rechanges de vêtements (Gen. 45 , 22) , pour dire cinq
' Voy. ci-dessus, page 156, col. ii.
* Voy. PI. 20, lig. 5, elGeséiiius, Commentaire sur Isaîe, t 1, p. 215 et ai6.
habillements complets. C'est ainsi qu'il faut comprendre les mots vêtements ou robes de rechange , qu'on rencontre çà et là dansles traductions de la Bible '. Les riches avaient toujours une grande quantité d'habillements en réserve ( Job, 27 , 16) ; il était d'usage d'en faire des présents à ceux qu'on voulait honorer. Naaman, général syrien, offrit dix habillements au [)rophete Élisa ( 2 Rois , 5 , 5); Simson eu demanda trente au.x Philistins, comme prix d'une gogr-iire (Juges, 14, 13). Ces exemples prouvent que les gens aisés en avaient un grand nombre, pour pouvoir changer plus souvent. Les deux sexes avaient des habillements de luxe pour les occasions solennelles ; ce sont ceux qu'Isaïe ( 3 , 22 ) mentionne sous le nom de MACHALACÔTH , et qui paraissent désigner aussi ( comme la Khil'a des Arabes) l'habit d'honneur dont les grands et les j)rinces revêtaient ceux qu'ils jugeaient dignes d'une distinction particulière ( Zacharie , 3,4).
— On a déjà vu que les prêtres portaient, pendant leur service, un costume particulier ; il en était probablement de même des dignitaires de la cour (Is. 22, 21 ). — rsous parlerons plus loin des vêtements de deuil.
Les vêtements qu'on quittait, pour en mettre d'autres, se nettoyaient par le blanchissage ou le foulage (voy.
plus loin : arts et métiers ).
Pour la propreté du corps , qui , dans les pays chauds, demande un soin tout particulier, on prenait souvent des bains , soit dans les rivières ( Lev. l.j, 13 ), soit dans des bassins qui se trouvaient dans, les cours des maisons, notamment pour les femmes (2 Sam. 11 , 2). On a déjà vu (p. IGô) que, dans certains cas, le bain était ordonné par la loi. Dans l'Ancien Testament il n'y a pas de traces de bains publies; il n'en est question que plus tard, dans le Talmud. On
■ La Vulgate rend ceUe expression de dif férentes manières et elle supprime souvent le mot de rec/ianges; la Iraduction la plus exacte est mitlaloriu vculimvntorum ( Vulg IV.; II. Ro|s 5, 5).
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se lavait aussi avec une substance pour laquelle on employait le nitre et l'alcali végétal ( boiith ) ' ; il paraît que , dans la saison froide, on se lavait avec de la neige (Job. 9, 30), qui n'était pas rare sur les montagnes. — La forte transpiration, et peut-être aussi les fréquentes ablutions qui desséchaient la peau , nécessitaient l'emploi des parfums, ainsi que des huiles et des onguents avec lesquels on s'oignait les différentes parties du corps et les cheveux, comme on peut le voir dans un grand nombre de passages de la Bible. Nous aurons l'occasion de revenir sur la composition des parfums et des onguents , auxquels on attachait un grand prix (Prov. 27,9).