Sb&yicb wj Llotu a.vt&ichibn
Ligne de Trieate à Alexandrie (toutes les semaines).
Aller. De Trieste Yendr. à midi
De Gorfou Dim. 10 h. du soir.
A Alexandrie Jeudi 6 h. du matin.
Retour. D'Alexandrie ..... Mardi Ô h. du soir (avec
la malle des Indes).
De Oorfou . . . .' . . Samedi 6 h. du m.
A Trieste Lundi 11 h. du m.
Ligne d'Alexandrie-BeyroûU-Smyrne'ConBiantinople (départ tous les 15 jours ; entre Smyme et Constantinople, tous les 8 jours).
Stations. Abbiy^b. DiPABT,
Alexandrie Yendr. 11 du mat.
Port Sa'îd Samedi 5 h. du mat. Samedi ô du soir.
Jafifa Dim. 7»/4 - Dim. 3 -
Beyroût Lundi 41/2 - Lundi 7 -
Lamaca Mardi 3 - Mardi 7 -
Rhodes Jeudi 472 - Jeudi 8 du mat.
Chio Yendr. 2V2 - Yendr. 4 -
Smyrne Yendr. 11 - Samedi 3 du soir
Correspondance entre les lignes du. Llcyd es les Messageries maritimes (p. 16) pour Syra-Pirée (Athènes) -Naples-Trieste-MarseiUe, etc.
M^t^in Samedi 10 du s. Samedi llV2.du s.
T^ntfdos Dim. 52/4 du m. Dim. 6V2dum.
Dardanelles Dim. 91/2 - I>im. IOV2 -
Qallipoli Dim. 1 du s. Dim. 1^2 ^^ b«
Gonstantinople Lundi 1272 du m. '
C'est à Constantinople qu^aboatissent les diverses lignes du Lloyd autrichien, des vapeurs français et russes de la mer Noire A Varna (ch. de fev pour Roustehouk-Boukarést-Boudapest, bat. à vapeur pour Orsova-Boudapest), Soulina-Oalatz (ch. de fer à Lemherg), Odessa etc.
Stations. Ab^yiôb. Dépabt.
Constantinople Jeudi 4 du soir.
Gallipoli Yendr. 5 du mat. Yendr. ÔV2 du mat.
Dardanelles Yendr. 8 - Yendr. 9
Ténédos Yendr. 12 midi Yendr. l^Vs du soir.
Mét^in Yendr. 68/4 du soir. Yendr. 8
Smyme Samedi 3 du mat. Samedi 12 midi
Ohio Samedi 7 du s. Samedi 8 du soir.
Rhodes Samedi 21/2 - I»™- 9V2 -
Lamaca Mardi 7 du m. Mardi 4
Beyroût Mercredi ô - Mercredi 7
Jaffa Jeudi 81/2 - Jeudi 6
PortSa'îd Yendr. 88/4 - Samedi 12 midi
Alexandrie Samedi 6
PAOUEBOTS.
Ligne d'-^Uxandrie-Haifa-Beyroût (tous les lô jours). Alexandrie
Port Sa'îd Jaffa Haïfa Beyroût Haïfa Jaff^
Port Sa'îd Alexandrie Prix dn ling s= 10 fl d'argent sssl
Samedi
Lundi
Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendr,
Samedi
5 du m.
4V2 - 7V2 du s.
9^2 du m.
4*/2 du m.
6Y2 du m.
Vendr.
Samedi
Lundi
Lundi
Mercredi
Mercredi
Vendr.
Samedi
9 du mat.
12 midi 12 nuit
7 du m.
11 du 8.
10 du m.
passage en florins autrichiens (valeur : une livre ster- , ; 20 fr. =8 fl. ; une livre turque = 9 fl. ; un rouble fl. 50 kr.).
de
es «
ht
Alexandrie. . .
Beyroût ....
Constantinople
Jaffa
Hûifa
Port-Sa'îd Smyme .....
Trieste
On a droit à une franchise de 79 kilogr. de bagages en première classe et de 50 en seconde ; Vexc^dant se paie selon le tarif. BiUets d'aller et retour avec 200/o de réduction et valables pour 4 mois. Même réduction de 200/o sur trois billets pris en même temps, réduction qui ne porte toutefois que sur le prix de passage
et non sur la pension à bord.
Le service d'* Alexandrie se fait aussi ptv des paquebots italiens partant de Gênes, Kaples, Brindes et Venise; de même, la compagnie anglaise Péninsulaire et Orientale fait régulièrement celui de Venise- Anoône- Alexandrie. Départ de Venise, tous les vendr. matin. On touche Ancône le matin suivant,
Suis Brindes, le samedi matin. Là, on attend la malle des Indes qui met 3 h. pour le tri^t de Londres à Brindes par Paris et Tarin. Lundi, départ pour Alexandrie où Ton parvient le jeudi matin. (,D''Alexandrie, retour à Brindes et Venise, ordinairement anx mêmes heures que les paquebots du Lloyd autrichien*, v. «i-aprèss.)
De Venise k Brindes, 1« cl. 65 fr., 2« cl. 45; de Venise à Alexandrie, 1« cl. 800 fr., 3« el. QSX^, De Brindes à Alexandrie, ligne subventionnée
par le gouyernement italien, la dépensé, y compris la table, «st la même que de Venise à Alexandrie. Jl en résalte qu''un billet direct procure gratis Tentretien et la traversée jiisqa''à Brindes.
Les ports de Syrie sont touchés par les paquebots russes qui partent de Constantinople le mercredi soir de 15 en 16 j.; de Smpmej vendr. matin; de Tripoli, ^eudi 4 h. du soir ; de Beproût, vendr. matin ; de Jaffa, dim. matin
Îour arriver mardi à Alexandrie. [Retour d'Alexandrie samedi soir de 15 en 5 j., dç Jaffa lundi, de Beyroût mercr. matin, de Tripoli ^eudi 10 h. du matin, de Smyme vendr. 4 h. du soir pour arriver samedi matin à Conliantinople.l Quelques navires de cette compagnie sont assez petits, et parfois Ton n''y parle aucune des langues de TEurope occidentale.
Il faut enfin mentionner les tapeurs anglais de commerce qui font le trajet entre Alexandrie, Beyroût et Mersine, mais sans date fixe. La table y est bonne mais on n'y reçoit qu'un nombre limité de passagers.
F. Koyens de transport et modes divers de voyage sur terre.
La Syrie n'a pas encore de chemins de fer. Le projet d'en construire un de Jaffa à Jérusalem a ét^ souvent discuta durant les dernières années; on a même fait des études de terrain et des travaux préliminaires, mais Texécntion en a été ajournée. Le mouvement commercial est en effet trop insignifiant dans l'espèce de cul-de-sac de la Palestine méridionale et le transport des pèlerins se réduit à un temps trop limita. Il n'existe pas encore de grandes loutes en Syrie, sauf la route postale de Beyroût à Damas par le Liban, construite par une compagnie française (R. 26), et la route de Jaffa à Jérusalem. (Il y a dans le pays de nombreuses traces de voies romaines.) Le voyageur en est donc réduit à se conformer à l'usage reçu d'aller à cheval.
CHBYAtJX. — Les chevaux (kheil, cheval de caravane guéé^h) sont en général d'humeur d^onnaire , et l'on peut s'y fier même sans être bon cavalier (v. ci-dessous). Ils sont d'une agilité étonnante à grimper, de sorte qu'on peut rester en selle dans des en^ droits où l'on oserait à peine en Europe conduire un cheval. La selle et les harnais sont généralement mauvais (v. p. 22). Les loueurs de bêtes de somme s'appellent moucâri, terme dont les
Français ont fait moucres.
Chameaux. -^ Le chameau ne s''emploie que pour les grands parcours du désert (v. B. 10 et 32). Celui qui sert de monture, s''appell.e déloûl (en Egypte, héçin) et celui qui porte les fardeaux djémel ; on ne rencontre en Syrie que le chameau à une bosse. Cet animal d^un naturel si patient a toujoiUrs Tair hargneux } on finit bien par Tapprécier , mais on ne s'y attache ;}amais. Pour qu'il puisse être monté , il faut le dresser comme le cheval; on ne peut pas plus se servir du djémel comme monture que d'un gros cheval de trait dans nos contrées. En revanche, lorsqu'^on n'^est pas cavalier, on est assis sur lé dos élevé d'un déloûl , d'une façon tout au moins aussi agréable et aussi sûre qu'à cheval, et ce mode de transport ne mérite nullement les calomnies (mal de mer etc.) inventées à plaisir par des ignorants.
Avant de louer un cheval ou un chameau, il faut toujours l'essayer. Il importe qu'il ait un pas doux et régulier. Quand on a trouvé une monture convenable, il faut en remarquer exactement la couleur et les autres particularités, afin de pouvoir la reconnaître le lendemain au moment du départ, car une ruse très ordinaire hXJi
loueurs, consiste à remplacer de nuit par de moins bonnes les betes qu'on a choisies. Il arrive assez souvent que la selle blesse les ânes et lés mulets ; qu'on voie donc d'abord en louant une monture si elle n'a pas de blessure sur le dos. Les animaux qui' ont longtemps porté des fardeaux ont aussi l'habitude de se rouler, au grand dommage de la selle et des bagages. — Il est d'usage de donner des arrhes (ghaboûn) que l'on, déduit ensuite du prix convenu.
Suivant les ressources dont on dispose et le désir de jouir d^uu certain confort, on peut voyager de plusieurs façons: a. avec drogman et tente (v. ci-dessous) ; b. avec un drogman ou simplement un moucari, sans tente (v. p. 25); c. et d. de la façon mentionnée p. 27, mais dans des cas tout exceptionnels.
a. Le plus grand nombre des voyageurs n'étant au fait ni des usages, ni de la langue du pays, ' après s'être munis de tout l'attirail convenable : tente, cuisine et domestiques, se mettront sous la conduite d'un drogman (ar. ierdjoumân). Moyennant les clauses d'un contrat, les drogmans méritent pour la plupart une entière con^ fiance. Les messieurs qui consentent à renoncer à certains conforts (il ne peut en être question pour les dames), trouveront, p. 25, les conseils nécessaires.
Les drogmans de Syrie sont à proprement parler des entrepreneurs de voyages et de caravanes ; ils épargnent aux étrangers les difficultés que rencontrent les préparatifs et les relations avec les indigènes: Ils procurent au voyageur tout ce dont il a besoin. D'un autre côté leur connaissance du pays et surtout des antiquités laisse beaucoup à désirer. Ils sont, de même que tes loueurs de chevaux et leurs bêtes, accoutumés à suivre invariablement les mêmes routes, et s'en laissent difficilement détourner. Celles des caravanes sont certainement les mêmes depuis les temps les plus reculés. Il sera bon, suivant l'usage, de passer avec le drogman un contrat, par écrit, de le lui faire signer et de le faire légaliser au consulat.
Les drogmans comprennent le plus souvent le français, l'anglais ou l'italien. Nous donnons ici in extenso un projet de contrat passé avec l'un d'eux et accompagné des éclaircissements nécessaires.
Contr<U, — Entre les voyageurs . . . d'une part et le drogman . . . d'autre part, a été passé le contrat suivant.
Art. i. Le drogtian . . . s'oblige envers les voyageurs . . ., au nombre de . . ., à les conduire de Jérusalem à Beyroût par Naplouse, Djennîn, le Carmel, Acre, Nazareth, Tibériade, Safed, Bâniy&s, Damas, 'Aîn Fîdjé, Zébédâni, Ba'albek et Chtôra*. Le drogman ne pourra, sans le consentement des voyageurs, eu conduire
d'autres sur le même parcours.
Il 8era bon de préciser exactement la tournée et si possible, les routes accessoires, car les conducteurs prennent volontiers le plus court cbemin et ne comprennent pas qu^on puisse Voyager pour son plaisir ou son instruction.
Art. 2. Surtout ce parcours, le drogman paiera toujours de sa poche tous les frais de voyage, tels que frais de transport, de nourriture
et de séjour, les pourboires et les gratiflcations nécessaires dans les excursions ou les visites de mosquées et dVglises, de sorte que le voyageur demeure à l'abri de toute exigence ou de toute réclamation ultérieure.
Si Ton €st content des moucâri , ou peut leur donner un petit bakhchich à la fin du voyage. L'efironterie avec laquelle ils réclament un pourboire au moindre service quMls rendent pendant le voyage, ne mérite que le silence pour toute réponse.
Art. 3, Le drogman s'engage à fournir tous les jours aux voyageurs, pour leur usage, . . . -chevaux de selle, avec de bonnes rênes et des selles européennes, entre autres . . . selles de dame, ainsi que . . . mulets ou chevaux vigoureux pour transporter les bagages des voyageurs. Les chevaux seront toujours bien entretenus ; s'ils ne peuvent marcher convenablement faute de nourriture, les voyageurs auront le droit de s'en procurer et d'en déduire le prix
en payant le drogman.
1. Ifarnais. Dans un long voyage à cheval, le bien-être du touriste dépend en grande partie de la monture et de son harnais. La fatigue est bien moindre si Ton a une bonne selle et tous les jours la même. Les selles arabes sont étroites, très hautes en avant et en arrière et ne sont pas rembourrées, ce qui fait qu'acnés unissent par blesser si Ton n'y met une couverture de laine. Il est de plus impossible d'y changer de position. On exigera donc avant tout du drogman une selle à Teuropéenne avec une forte sangle. Celui qui voudra faire de grandes excursions à Tintérieur de la Syrie, en achètera une soit à Alexandrie, soit à Jaffa, ou l'apportera de chez lui. 11 existe de petites caisses de bois, où la selle, fixée par des courroies, est à Tabri de tout accident de voyage. Les loueurs de chevaux font quelquefois des difficultés pour mettre a leurs chevaux les harnais des étrangers, parce qu'ils préfèrent avoir les leurs pour le retour ; on persistera néanmoins dans "sa résolution. Les selles dont on s'est servi peuvent être vendues à la fin du voyage. II est très difficile de se procurer des selles de dame en Syrie; et souvent le loueur s'entend avec le drogman ou le voyageur pour en fournir moyennant un bakhchîch extra. L'Arabe a d'ordinaire sur sa selle une petite sacoche à double compartiment (en arabe ihourdj)^ qu'il faut attacher à une selle européenne avec un cordon ou des courroies. Cette sacoche qu'on se procurera à Damas pour 5 ou 6 fr., ou qu'au besoin on fera faire à Jérusalem, est très commode, mais doit toujours être bien boutonnée. Le harnais est ordinairement très défectueux ; il faut surtout prendre garde que les brides soient de cuir, celles de cordes, en usage en Syrie, sont très désagréables. Il vaut mieux ne pas se servir d'éperons , mais simplement d'une houssine. Si l'on passe par le Caire on en trouvera de peau d'hippopotame pour le prix de 3 à 4 fr.
2. Bagage. Pour un voyage à l'intérieur, on réduira son bagage au strict nécessaire, car de grandes malles augmentent les frais et parfois ralentissent sensiblement la marche. La charge d'une bête de somme doit être bien équilibrée ce qui, à l'entrée du voyage, prend toujours beaucoup de temps. Des malles fort lourdes ne sont donc point pratiques et deviennent un embarras dans un voyage de montagne: Les colis de faible dimension sont les plus commodes, tels que de solides valises et des sacs de nuit en cuir, munis d'une bonne fermeture.
Art. 4. En cas de vol d'un animal, de chute ou de tel autre accident non imputable aux voyageurs, ceux-ci n'en sont point responsables. Us ont le droit de se servir tous les jours et à volonté de leurs montures, aussi bien que de faire un détour pendant que les bétes de somme suivent la voie la plus courte. Le drogman et les ^oucres ne doi'vent pas les surcharger au point d'entraver la marche.
Dans les longues tournées, oh fera garder une bonne allure aux chevaux de selle ; et tout le temps, on s''abstiendra du galop et du trot qui les fatigueiLt inutilement. Du reste si Ton nY veille soi-même, les harnais seront rarement mis de façon à ce que Ton soit ferme en selle avec une allure rapide. Il ne faut pas oublier enfin que sMl arrive un accident, on n'*a pas de médecin à sa disposition. Les conducteurs de caravanes en Orient ont coutume de ne Mre le premier jour qu''une faible étape, afin que les bêtes, qui peut-être n^ont pas servi depuis quelque temps, se remettent
EBu à peu à la marche ; ce procédé est également avantageux aux hommes, es chevaux sont habitués a marcher à la suite Tun de Tautre, .mais on aura soin, de peur des ruades, de laisser entre eux une distance suffisante. Avec un peu de patience on pourra les amener à marcher de front; cela est plus difficile avec des mulets. Il est très ennuyeux de suivre les bêtes de somme qui vont très lentement; nous indiquerons dans nombre de cas des chemins latéraux, que Ton suivra diaprés les indications de ce livre, sans tenir compte des remontrances ni des cris des moucres. Bn montant à cheval, on commandera toujours au moucre de tenir Tétrier de droite, et en descendant, on ne laissera pas Tanimal en liberté, mais on gardera les rênes en main et Ton appellera un homme auquel on les remettra.
Art, 5. Le drogman fournira : une bonne tente (ou x tentes, chacune pour 2 personnes), plus un lit complet pour chaque voyageur, avec matelats, couvertures, draps et coussins propres. On réservera pour les dames une tente -cabinet. Tout le matériel de campement, y compris une table et des chaises , sera en bon tftat, sinon les voyageurs les feront réparer aux frais du drogman.
Art. 6.' Le drogman répond de la sûreté des voyageurs et de leurs bagages, il est toujours tenu de procurer des guides quand il ignore le chemin. Il à de même à payer une garde de nuit lorsqu'elle est nécessaire, ainsi que l'escorte de jour dont ou peut avoir besoin ; enfin et surtout, à pourvoir aux diverses mesures de sûreté, le tout à ses frais.
Art. 7. Le drogman s'engage à emmener un bon cuisinier, un nombre suffisant de domestiques et de palefreniers afin que les voyageurs ne soient pas gènes dans leurs mouvements et que le chargement et le déchargement des bétes de somme ne durent pas trop longtemps. Les gens ainsi engagés ont à se montrer complaisants et serviables avec les voyageurs, à ne pas les troubler dans leur sommeil, etc.
Les loueurs de chevaux ont la mauvaise habitude d''attaeher leurs bêtes tout près des tentes et de passer devant elles la nuit à causer.
Art. 8. Le premier déjeuner à servir aux voyageurs se composera tous les jours de . . . plats, avec café (thé, chocolat, etc.); le second déjeuner, en route, de mets froids, de rôti, de poulet, d'œufs et de fruits, et le dîner, à la fin de la journée, dans le camp, de . . . plats. Dos oranges seront toujours tenues à la disposition des voyageurs. Le drogman fournira le vin, chaque jour à raison de 1/2 bouteille à 1 bout, par personne. Ou bien : le drogman s'engage à transporter sans indemnité la bière et le vin achetés par les voyageurs.
Chaque voyageur peut établir son menu comme il Tentend. Le dîner se remettra toujours à la fin de la journée. Pendant la chaleur, des boissons spiritueuses , sauf peut-être une gorgée de bon cognac , causent un assoupissement fort désagréable à cheval. Le thé froid est un excellent re
mède contre la soif. On ne pent natnrellemenl avoir de viande de boucberie que dans les grandes localités et le plus souvent Taprës-midi ; oii trouve partout des poulets et des œufs, mais on 8*en fatigue vite. Le voyageur se fera montrer d'avance le pain dont s''approviBionnera le drogmaa. Le pain arabe, sorte de galette mince, ronde et grande comme une assiette, n'*est bon que lorsqu'au est frais; le drogman prend d^babitude une grande provision de pains francs, qui naturellement se dessècbent avec le temps. Les pains d''une livre et au-dessus sont ceux qui se conservent le mieux. On -peut stipuler aussi qu''on aura des conserves qui se trouvent partout dans les villes. Quant au «m, il vaudra mieux en général Tacheter soi-même; un verre 'de bon vin rouge de France est excellent en voyage, et nous conseillons d'en prendre une provision suffisante. Dans le trajet de Jérusalem à Damas, on n'en trouve qu'à Haïfa. Kous ne saurions recommander pour la route le vin doux du pays. ' Si Ton charge le drogman d'acheter le vin, ce qui se fait rarement, il faut préalablement le goûter. — Ajoutons encore qu'il importe de se munir d'assez de k^foe pour en offrir dans Toccasiim aux mouives ou à l'escorte que l'on peut avoir. On le choisira d'une qualité ad hoc.
Art, 9. Le drogman se oondtdra toujours convenablement pendant le voyage, sinon le contrat peut être rompu. Les voyageurs sont libres de déterminer les haltes à faire, les endroits où Ton campera et les heures des ropas ; ils entendent rester complètement libros de leurs mouvements et le drogman n'a pas à les contredire à ce sujet.
Si le voyageur n'est pas au fait des habitudes orientales, il est tel drogman qui s'en prévaudra peut-être pour )Ouer du grand seigneur. Afin d'éviter cet inconvénient, il faut, dès 1 abord, lui faire comprendre que vous ne vous méprenez pas sur son rôle de subordonné. De plus, il est dans l'intérêt de tous les voyageurs, qu'en délivrant un certificat au drogman, on ne supprime point un reproche en raison de l'heureuse issue du voyage, mais qu'on procède dans ce témoignage avec une rigueur de vérité qui produise l'amélioration désirée. L'éditeur de ce manuel sera très reconnaissant des renseignements qu'on voudra bien lui communiquer sur le nom du drogman, sa conduite, ses prix, etc. Les étapes se fixent suivant les puits et les lieux d'approvisionnement qui ne sont pas très nombreux en Syrie. U fttut partir de bonne heure, afin de pouvoir se reposer le plus tôt possible le soir,~et se remettre par une petite promenade.
Art, 10, Comme la durée du voyage n'est pas encore tout à fait déterminée et quHl peut y avoir des jours de repos, il est convenu que le voyage sera de 18 jours au minimum ou du moins payé comme tel, à partir du . . . avril . . . , jour où le drogman s*engage à tenir à X heuros du matin toutes choses prêtes pour le départ. Le drogman n*aura pas droit à une indemnité de retour. Si , par sa faute, la durée du voyage se prolongeait, les voyageurs n'auront à lui payer
aucun supplément.
L'article 10 est la contrepartie du 9*. il garantit au drogman que les voyageurs ne l'abandonneront pas arbitrairement en route et qu'ils ne le congédieront pas sans indemnité, dans une localité par exemple , d'où il aurait beaucoup de chemin à foire pour retourner chez lui. Un drogman fait rarement plus de 2 ou 3 grands voyages par année et demande par conséquent à être engagé pour le plus long temps possible. Cet article est aussi pour lui une garantie que les étrangers ne précipiteront pas leur marche outre mesure en vue de faire des économies.
Les prix des droginans sont élevés, sans doute parce que la saison des voyages dure peu, mais aussi, parce que les étrangers cèdent trop facilement à leurs exigences. Les membres de diverses expéditions officielles ou privées ont habitué les drogmans et autres guides à ne rêver plus que livres sterling (lira inglizîyé) et à se faire payer au poids de l'or tous les menus services excepUonnels.
Art. 11. Les voyageurs paieront de leur c6té au drogman chacun . . . francs par jour pendant toute la dur^e 'du trajet. Le paiement sera effectué en or. Dans les villes ou localités comme Damas, Haïfa, etc., les voyageurs auront la liberté de se loger % leur convenance dans les bôtels et les couvents ou sous la tente, et tous les frais seront à la charge du drogman.
[Ou hien : pendant le séjour à Damas, à Beyroût, les voyageurs logeront à l'hôtel à leurs frais et ne paieront rien au drogman ou seulement pour la location des chevaux de selle (3 à 4 fr. chacun),
qui alors resteront à leur disposition.]
Hôteh. Le touriste éprouve quelquefois le besoin de se reposer dans une chambre au lieu de coucher sous la tente; c''est pourquoi il doit se réserver la faculté de se loger à Thôtel comme il Tentend, lorsqu'il arrive dans une ville. Le drognonan obtient des hôteliers une réduction considérable sur le prix de pension (de 8 à 10 fr.), il a en outre le logement et la nourriture gratis. Parfois, dans un endroit où les voyageurs séjournent quelque temps , les drogmans louent d^autres animaux ; pendant cet intervalle on n'est pas tenu de lui payer le prix complet, couvent aussi les chevaux de selle et les bêtes de somme appartiennent à différents propriétaires , il peut se faire que le drogman n^n garde qu'une partie, si 1 arrêt des voyageurs se prolonge.
Art. 12. En cas de différend entre le drogman et les voyageurs, le premier se soumet sans condition à la décision du consul français (italien, russe, etc.) de la résidence la plus voisine.
Art. 13. La moitié (un tiers) de la somme stipulée pour le voyage sera payée au drogman avant le départ , l'autre moitié (les deux autres tiers) , seulement à la fin du trajet ; il n'a pas le droit de demander d'argent en route.
Suivent les signatures N. N.
Visa du consulat Drogman.
Reçu comme à-oompte de MM. . . . , pour le voyage ci-dessus mentionné, la somme de . . . fr. N. N.
Date. Drogman.
b. Les voyageurs qui consentent à renoncer à de petits conforts peuvent, en se bornant aux petites tournées dites des pèlerins (Jérusalem - Ramallah - Naplouse - Djennîn - Nazareth - Tîbériad« - Nazareth - Haifa - Oarmel - Acre - Soûr - Saïda -Beyroût ; de plus, Beyroût - Damas - Zébédâni - Ba'albek - Ohtôra - Beyroût), se passer de tente en Syrie, attendu qu'ils trouveront un logement dans les auberges et les couvents ou dans les maisons particulières des lieux qu'ils auront choisis pour passer la nuit (comp. p. 34). On peut même se tirer d'affaire sans drogman , pourvu que le moucre prenne un palefrenier, sans lequel on se verrait obligé de remplir soi même cet office. Vu la fadlité extraordinaire des Syriens à apprendre les idiomes d'autres pays, on trouve chez eux des gens de toutes les classes qui savent assez de français ou d'italien pour aider tant bien que mal un étranger qui a lui-même de l'aptitude pour les langues, en attendant qu'il sache les termes indispensables de l'arabe : le langage des signes et le savoir-faire sont encore ici d'une grande utilité.
On n*a besoin de se pourvoir de provisions que pour les deux premiers jours, peut-étro de th^ et de cognac pour les suivants; qnant aii vin et an manger, il s'en trouve suffisamment partout.
Si cependant on engage un drogman pour une tournée de cette espèce^ comme les meilleurs ne s'occupent guère de pareilles bagatelles, et que les autres ne songent que trop à leur intérêt personnel, on aura soin de convenir que son entretien , celui du moucre et des chevaux seront à sa charge. Un voyage de ce genre qui se fait encore à meilleur compte sans drogman spé'eial, coûtera aviec un drogman , de 30 à 3Ô fr. par jour pour une personne seule, 25 fr. environ pour deux, 20 pour trois, et de 15 à 18 fr. pour un plus grand nombre. Nous ajouterons seulement que, vu les nombreux inconvénients qu'elle entraîne, cette deuxième façon de voyager est, comparée à Vautre, très rarement adoptée.
Les prix auxquels se louent les chevaux varient beaucoup, comme nous l'avons dëjà dit p. 10. Durant la saison des voyages, il sera difficile d'avoir de bonnes montures à Jérusalem à moins de 6 fr. et même quelquefois de 8 et de 10 fr. par jour ; de temps à autre on trouve de Nazareth ou même de Beyroût des occasions de retour à moitié prix. Lorsqu'on louera des chevaux, on fera toujours les prix en piastres. Il sera bon aussi, pour de longues tournées, de dresser un contrat ou d'en faire dresser un en arabe par le drogman du consulat, à peu près en ces termes (comp. aussi le contrat p. 21).
Entre le moucre ... et le voyageur ... a été passé le contrat suivant :
Art. 1. Le moucre fournit au voyageur bêtes, savoir
un. bon cheval de selle avec une selle européenne (ou sans selle) et 1 ou 2 chevaux de somme (ou mulets).
Art. 2. Le voyage se fait de Jérusalem à Damas, par ;
il commencera le . . . au matin et durera au moins . . . jours. Le voyageur sera pleinement libre dans ses mouvements et aura partout le droit de déterminer le lieu où l'on fera halte et où Ton s'arrêtera pour la nuit.
Art. 3. Les animaux seront bien nourris, sinon le voyageur les fera soigner aux frais du moucre ; ils n'auroirt à porter que les objets appartenant au voyageur.
Les moacres ont Thabitude , par économie , d'emporter de ches eux une partie de Torge quMIs veulent donner aux animaux, et ils chargent ainsi outre mesure les bêtes de somme, ce qui cause du retard dans la marche. Souvent ils prennent pour cela un âne qui leur sert en outre de monture.
Art. 4. La nourriture des bêtes et celle de leurs conducteurs
sont à la charge du moucre. Les conducteurs seront au nombre
de deux et devront connaître les bons chemins.
Le voyageur qui sera content de son moucre lui donnera volontiers les restes de ses repas et un peu de pain; ces gens reçoivent la mioindre chose avec plaisir.
Art. Ô. Le voyageur paie pour le loyer des trois animaux ....
piastres par joar, dont un à-compte de .... fr. au moment du départ et le reste à Tarrivée. Le moucre ne doit rien exiger pendant la durée du. voyage.
Art, 6. En cas de différend quelconque, le moucre se soumet au jugement du consulat le plus prochain.
Suivent les signatures, etc.
On a fait remarquer ci-dessus qu'un voyage de cette espèce, sans tente ni drogman, ne s'adapte qu'aux routes fréquentées. Dès qu'on les quitte, un drogman est absoluâient nécessaire à quiconque ignore la langue. L'auteur laisse a chaque voyageur de juger jusqu'à quel point il croit pouvoir se passer de tentes pour des tournées lointaines et écartées. On trouve sur toutes les routes fréquentées des caravansérails (khâns) et, dans les grands villages, des baraques où les étrangers peuvent s'abriter la nuit : mais 11 faut se rappeler que la vermine y pullule à l'ordinaire (v. p. 35). Les maisons des paysans sont généralement d'argile ; le plancher qui n'est que de la glaise battue fourmille de puces. En pren&nt une chambre dans une de ces maisons, on fera enlever et battre soigneusement les nattes, puis on fera arroser le sol et transporter ailleurs ■ par les paysans tous leurs vêtements et leurs lits : cette mesure sera de quelque utilité, mais ne remédiera pas entièrement au mal. Les punaises ne se trouvent que là où il y a de vieux bois. Les Bédouins n'ont pas de puces dans leurs tentes, mais d'autant plus de poux. On ne peut acheter de bonne poudre insecticide qu'à Jérusalem et à Beyroût, ou elle est relativement chère. Les scorpions sont nombreux en Syrie ; souvent il suffit de lever quelques pierres pour en trouver ; mais ils ne piquent d'ordinaire que lorsqu'ils sont provoqués (v. p. 59); il suffit d'exhausser un peu sa couche pour s'en garantir parfaitement. Les moustiques sont surtout désagréables près des marécages et au fort de l'été ; à part cela , la fraîcheur des nuits les rend peu redoutables en Syrie.
Celui qui ne craint pas ces inconvénients ou qui sait y remédier,
peut se passer de tente. On adoptera ce mode de voyage, surtout
si l'on désire se familiariser aves les mœurs des indigènes ; il est
d'ailleurs beaucoup moins dispendieux, en ce qu'il économise les
frais de transport. Il est indispensable de prendre avec soi des
plaids et des couvertures (comp. p. 29).
c. Un voyageur qui est pour longtemps dans le pays et qui en connaît la langue et les habitudes, peut se procurer lui-même les ustensiles nécessaires : une cantine, des lits et une tente, qu'il revendra à son départ ; ilpeut louer de même un cuisinier et un domestique pour le prix de 60 à 100 fr. par mois. Il importe toutefois de surveiller ces gens et de compter tous les jours avec eux,- car ils savent fort bien faire danser Tanse du panier. On peut aussi, avec un domestique, loger et manger dans les maisons en sV prenant comme nous Pavons dit ci-dessus. Il faut lui f^ire payer comptant tout ce dont on a besoin et remettre aussitôt à Thôte pour la coucbëe, de IVa à 2 fr. par personne. On se pourvoira de quelques friandises pour les enfants des paysans. Pendant la nuit on gardera toujours près de soi ses paquets et sa selle ^ il en sera de même des armes, autre-
28 EQUIPEMENT.
ment les curieux ne manqueraient pas de «''en amuser. Quant à acheter des cbevaui^, nous ne saurions que le déconseiller à' un étranger; car outre le risque à courir en Orient comme ailleurs, le vendeur d^un cheval ne connaît pas d''amis; en outre, des chevaux a toi exigent Tentretien d'^un Jiomme de plus, Auquel cependant on ne peut confier les soins importants que réclame leur nourriture. Lorsqu^on en louera, il sera bon de le faire soi-même, de peur d''être trompé par un domestique.
d. Ajoutons, pour conclure, qu^un marcheur vigoureux, prêt à sacrifier ses aises, pourra, s"*!! connaît un peu les usages et la langue du pays, louer simplement une bête de somme avec un moucre, et ainsi, avec les ustensiles de cuisine, les couvertures et les provisions nécessaires, parconrir à pied le pays en logeant dans les demeures des paysans. Très profitable au point de vue des connaissances, cette façon de voyager vous laisse toute liberté dans la disposition de votre temps, et n''est pas plus lente que si Ton est & cheval. Hais il ne faut s'y résoudre qu'après de mûres réflexions.
O. Sqnipement et préparatifs de voyage. Fiécautioas
hygiéniques.
VAtbmbnts. — Que le voyageur se pourvoie d'un plaid et de deux costumes de diap complets, car la fraîcheur des nuits l'oblige à ne porter que de la laine pendant les mois susmentionnés. Il suffira d'un costume de couleur claire pour monter à cheval et d'un vêtement de ville; un hahît noir n'est pas de rigueur pour faire* des visites. On recommandera à son tailleur des eoutures solides, attendu qu'en Orient on perd du temps et assez d'argent à faire raccommoder des habits et recoudre des boutons. Nul ne sera tent^ de se vêtir à l'orientale, car on se rendrait ridicule en ne parlant pas la langue du peuple dont on aurait adopta le costume. Afin d'éviter un refroidissement, il faut s'habituer à porter constamment un gilet de laine. Si le voyage devait se prolonger jusqu'en été, on trouverait facilement des habits plus légers à Beyroût ou ailleurs (80 à 120 fr. pour un costume). Des chemises de flanelle fine sont agréables pour le voyage, car on ne trouve que dans les villes des blanchisseuses capables de repasser le& chemises de toile. Trois ou quatre chemises de couleur et autant de chemises blanches suffiront parfaitement à un voyageur qui sait s'y prendre. On fabrique depuis peu des manchettes et des cols en papier, recouverts d'une mince pellicule de toile, afin de préserver la peau du contact du papier. Nous recommandons ces articles, quand ce ne serait que pour l'économie du blanchissage , car en Orient où l'on compte par le nombre de pièces, on paie de 2 à 4 fr. pour une douzaine de cols ou de chemises indifféremment. Quant aux bas (de laine), aux mouchoirs etc., chacun en prendra selon ses besoins. Comme nous l'avons déjà dit (v. p. 22), deux petites valises valent mieux qu'une grande, surtout pour les excursions à cheval.
La chaussure sera très forte, parce qu'il arrive qu'on est des journées entières sur pied. Il est agréable d'avoir des sous-pieds pour aller à cheval; on en prendra chez soi. Il faudra aussi des galoches pour les visites à faire aux Indigènes (v. p. 42). On trouve des pantoufles dans le pays; au besoin, on achètera des souliers arabes (15 à 25 piastres).