‹ Palestine et SyrieChapitre 15 sur 119 · ARTICLES DIVERS · texte numérisé non relu

ARTICLES DIVERS

CoiFïrraB. Il suffit d'un chapeau de voyage ordinaire. Pour un long séjour , on peut recommander les chapeaux en forme de casque, dits chapeaux Indous que Ton fabrique depuis peu en feutre. A la partie stip Prieure et autour des bords du chapeau, on pourra attacher une pièce de forte mousseline blanche. Le procéda est bon (y. p. 31}, mais il a Tinconv^nient de signaler de loin un yoyageur européen. Si l'on veut user de ce préservatif, on laissera pendre l'tftoffe sur la nuque et les épaules , pour se garantir deà coups de soleil. Il y a des voyageurs qui préfèrent porter comme les Arabes un fez (tarbouch, à Ôfr.}, bonnet rûuge avec une bouffette de soie noire, et un foulard du pays ou keffîyé (15 à 20 fr.; v. p. 94), qui, passant sous le menton, enveloppe la tête, et dont on laisse pendre l'extrémité sur le dos. Cette coiffure protège parfaitement les joues et le cou contre le soleil, si l'on y ajoute encore un inouchoir plié en deux sous le fez^, ou, à la façon des indigènes, une calotte de laine blanche qui, sans être trop chaude, absorbe la sueur. Une ombrelle blanche finit par fatiguer lorsqu'on est ^cheval ; mais elle est d'une très grande utilité dans les villes comme Beyroût f on en trouve, mais de qualité inférieure, à 4 ou Ô fr. dans toutes les villes. Un parapluie est presque inutile en Syrie ; il ne protège guère en route lorsqu'il pleut, et en cas d'averse, les maisons ofbrent un abri. Au lieu d'un manteau en caoutchouc , on se trouvera bien d'un manteau de Bédouin ou ^abâyé , de fabrique indigène. Un large manteau brun de qualité fine , dit de Bagdad , coûte jusqu'à 30 fr. ; ceux qui sont plus grossiers et rayés, de 15 à 20 fr. Il y a aussi des espèces de pardessus légers du même genre, en laine blanche, qui sont très bons contre la poussière.

Quant aux armes, v. p. 32 (sûreté publique).

Articlbs divers. — Il y a encore un certain nombre de petits ustensiles que le voyageur devra emporter d'Europe : un gobelet de cuir ou de fer-blanc, un bidon, un bon couteau (il est difficile d'en trouver en Syrie et ils sont chers), un thermomètre, une boussole de poche qui ne soit pas trop petite, et de bous carnets. On peut se procurer partout les choses nécessaires pour écrire, mais il n'y a pas grand choix. L'éclairage de grands espaces obscurs peut se faire au moyen de fil de magnésium (sous forme de bandes). Les montres & remontoirs épargnent la peine de remplacer , non sans difficulté, une clé perdue.

Les voTAQBs s^EXPLOBATioM à IMiitérieur du pays exigent de plus grands préparatifs. Dans ce cas, il faudra acheter beaucoup plus d'objets, peut-être même une tente qui, dans la saison, ne coûtera guère moins de 120 à 160 fr. , tout compris. On se munira aussi d'ustensiles dé cuisine * d'un tapis , d'un escabeau ou d'une chaise. Selon qu'on sera fait à la aure, on couchera sur le sol ou sur un tapis; on se procurera dans ce cas un coussin de coton et de l'étoffe qu'on achètera au point de départ et qu'on fera coudre par un tailleur. L'Arabe dort dans son léhdf^ courte - pointe carrée qu'un tailleur peut faire de même: on s'en enveloppe au besoin et l'on y dort très bien. Ceux qui voudront avoir des draps de ûl devront en emporter d'Europe; en Orient, il vaut mieux se aervir de draps de coton, que l'on peut se procurer dans le pays. V^

3lO précautions hygiéniques.

hamac ne peut être accroché dans une tente qu^vec des pieux^ mais il est tout à fait pratique, si le filet est muni à la têie et aux pieds , de bâtons transversaux destinés à maintenir un certain écartement, et si, d''autrê part , on fixe entre les deux montants , une traverse supérieure qui les empêche de fléchir sous le poids du dormeur. En couchant sur la terre, il est bon dV étendre une toile cirée ou de caoutchouc, afin de se garantir de Thumidité. Pour s''éclairer dans la tente et dans les maisons de paysans, acheter une lanterne arabe (/dnoûs) et un nombre suffisant de bougies. On a pour les bougies des boites de fer-blanc très pratiques et qui servent en même temps de chandeliers \ leur prix varie selon les dimensions et Télégance. Les provisions de bouche ne manquent pas dans le pays; Il faudra se bien fournir de riz et de graisse pour en donner an besoin à une escorte ou aux moucres. Le bon chocolat est rare en Syrie , il est plus facile de sV procurer de bon thé et des spiritueux j les boissons fortifiantes sont Utiles après de grands efforts physiques. Pour rendre potable Teau impure, on se servira de petits filtres en charbon. On n'^oubliera pas non plus de se munir de cordons , de ficelle , de fil, d'aiguilles, d''épingles, d'un marteau et d'une hachette. Quant à une selle, voir p. 22. Si Ton se propose de faire au loin des excursions avec une escorte de Bédouins, on prendra avec soi des présents tels que : des armes, des montres avec un mouvement bien net etc. On achètera aussi en Europe de gros papier à imprimer sans colle. ou du papier brouillard pour prendre des empreintes d'inscriptions. On humecte le papier, on le place sur l'inscription à copier et l'on trappe dessus avec une brosse ordinaire et dure|^ puis , on attend qu'il soit sec et se détache de luimême. Les empreintes faites de cette façon ne s'effacent pas; elles se conservent dans de longues boîtes rondes en fer-blanc, qu'on trouve partout en Orient. Les voyageurs qui voudront faire des explorations s'en rapporteront, pour leurs oesolns divers, au c Manuel du voyageur» de Kaltbrunner, Zurich 1879, ou à l'ouvrage d'Ascherson, Bastian etc. cAnleitung zu wissenschaftiichen Beobachtungen auf Reisen», Xeumayer, Berlin 1875, ou enfin à celui de Oalton, «The art of travel», ôe éd., Londres 1872.

Précautions hygiéniques. — Ce n'est que dans les yllles, à Jérasalem , à Beyioût , à Alep et à Damas|, qu'on trouve de bons médecins, dont nous donnerons les noms ; on n'en trouve nulle part à la campagne. Le olimat de la Syrie n'est pas malsain, sans doute, mais il faut se l>ien tenir en garde contre la fraîcheur du soir et du matin. Des fièvres, surtout la fièvre intermittente, sont les conséquences habituelles d'un refroidissement ou d'un campement dans des lieux humides. L'accès se déclare par un frisson violent. On aura pour y remédier du sulfate ou des pilules de quinine (doses de 50 centigr.), qu'il faut préserver de Thumldité , comme tous les articles de pharmacie ; on en prendra de 1 à 3 doses à la fois entre les accès, et l'on se mettra au lit pour tâcher de transpirer abondamment.

Une maladie ordinaire est la diarrhée, qui n'est pas l négliger, car elle peut dégénérer en dyssenterie. 11 faut se défier des fruits qui en Orient sont souvent cueillis et vendus avant maturité. Des refroidissements troublent aussi facilement les fonctions digestives. £n cas de diarrhée survenue depuis peu, on prendra un purgatif, tel qu'une cuillerée h bouche d'huile de ricin dans du café noir bien Chaud, ou du oalomel, 20 à 30 centigr. dans un pain à cacheter ou autrement. Si la diarrhée persiste, on recourra d'abord au purgatif, puis, à de la teinture d'opium, jusqu' à 20 gouttes par jour. Contre la dyssenterie, c'est-à-dire, si les selles sont sanguinolentes, on emploiera aussi Tun des deux purgatifs mentloimés. Durant

MENDIANTS. BAKHOHICH. 31

ces indispositions, qu'on fasse diète, qu'on j\fi mange ni viande ni fruits, mais seulement des potages composas de farineux, sans corps gras, et qu'on boive de bon thé ou du vin louge non aucré. U est quelquefois utile, en cas de fièvre et de diarrhée, de changer de climat, surtout si l'on se trouve dans une contrée marécageuse et malsaine.

On obvie aux constipations chroniques par les pilules suivantes dont on prendra 1 ou 2, matin et soir, à jeun : Ëxtr. de coloquinte, 0,6; extr. d'aloê, 1,0; gomme gutte, 0,2; racine de rhub. pulv., 1,0. Mêlez, faites 30 pil.

Des poudres effervescentes sont non seulement agréables en voyage comme rafraîchissant, mais de plus très utUes contre les embarras d'intestins et les. aigreurs.

On doit se tenir bien en garde contre les oqi^s de soleil, même au printemps, quand l'air est encore frais ; on s'enveloppera la tête d'un foulard dont on laissera pendre l'extrémité sur le dos(v. p. 29), Les maux de tête provenant d'insolation demandent du repos et de l'ombre. Il faudra en cas pareil desserrer aussitôt ses vêtements, se mettre des compresses froides ou prendre un bain chaud avec des douches froides sur la tête et sur la nuque. L'ophthalmie est une maladie moins fréquente en Syrie qu'en Egypte; on portraa cependant, pour amortir le vif éclat du soleil, des conserves à verres fortement convexes bleu-foncé ou mieux, gris de fumée. Si l'on est forcé de passer la nuit en plain air, qu'on suive la coutume du pays, savoir, de se couvrir les yeux (auxquels la cosée peut faire grand tort, par suite de la fraîcheur qu'elle produit. Contre l'inflammation de la conjonctive de l'œil, on emploiera une solution de sulfate de zinc (2 centigr. pour 10 gr. d'eau), qu'on introduit entre les paupières avec un petit pinceau, ou mieux, avec une petite baguette de verre arrondie à l'extrémité, et appliquera des compresses froides de solution d'acétate de plomb (2 gr. pour 250 d'eau).

Quelques gouttes d'Hoffmaun sur du sucre, remédient aux évanouissements par suite de chaleur ou de fatigue.

En visitant des ruines loin des habitations, qu'on prenne garde aux entorses et qu'on évite les escalades téméraires ^ puisqu'un petit accident gâterait le plaisir du voyage. Cependant si •p&r malheur on se foulait le pied, on y mettait des compresses d'eau froide et d'arnica, en laigsant le plus possible le pied au repos.

Les piqûres de scorpion et les morsures de serpent, lesquelles toutefois "sont rares, se cautérisent avec de l'ammoniac ou de l'acide acétique ; contre les piqûres d'insectes, frictions de sel ammoniac.

H. Mendiant». BftkheMoh.

' iSn Orient l'homme du peuple regarde tous les voyageurs européens.comme des Crésus (et en partie aussi comme des fous, parce qu'il ne comprend, ni pourquoi l'on voyage ni le plaisir qu'on y trouve). U croit que la pauvreté. n'existe pas chez nous, tandis qu'en réalité

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