‹ Palestine et SyrieChapitre 18 sur 119 · SÛRETÉ PUBLIQUE · texte numérisé non relu

SÛRETÉ PUBLIQUE

les voyageurs en cas de vol, etc. C'est là une sorte de prime d'assu • rance qu'il ne faut en tout cas pas négliger, afin de pouvoir au besoin reclamer plus facilement l'intervention du consulat. Dans quelques districts de TE. du Jourdain, où la souveraineté de la Turquie n'est pas reconnue, les prix demandés sont beaucoup plus élevés. Là, notamment sur les frontières, les petits cheikhs sont insatiables dans leurs demandes , qu'ils formulent de préférence eu lires inglizîyé ou livres sterling. Le droit coutumier des Bédouins consiste en ce que chaque tribu, moyennant un bakhchîch proportionnel au parcours, s'arroge le privilège de conduite jusqu'aux limites de son territoire. Il est d'usage cependant qu'un seul cheikh se charge de faire traverser au voyageur les domaines des diverses tribus en désintéressant les autres cheikhs, ce qui mène, U est vrai, à d'interminables discussions.

Le désert proprement dit est moins dangereux que le district limitrophe de la steppe et des terres cultivées , car c'est surtout ce district que hantent les maraudeurs. Une fois sur le territoire d'une tribu avec l'un de ses cheikhs, ou celui d'une tribu amie, on jouit partout d'un accueil hospitalier. On courrait des risques à se trouver dans un pays frontière quand les Bédouins qui l'habitent sont en querelle, car alors les chemins n'offrent pas de sécurité. Nous connaissons des cas où les Bédouins, d'intelligence avec le drogman, simulaient une attaque, afin d'arracher aux voyageurs des bakhchîch qu'on s'est partagés ensuite. Des Bédouins de contrées éloignées font quelquefois des razzias; si Ton rencontrait une pareille bande (ils n'attaquent que s'ils ont la supériorité), il serait dangereux de se servir de ses armes, car on serait par là sous le

coup de la loi du sang.

Quant au salaire de Tescortc des Bédouins pour les contrées non soumises au gouvernement turc, il est fort difficile d'en établir l'évaluation. liTous en donnerons, pour chaque excursion, le chiffre approximatif, tel qu'il était dans les dernières années y néanmoins on s'en informera toujours au consulat. Ici encore, la dépense sera d'autant moins forte que la société sera plus nombreuse. Les négociations avec les Bédouins doivent être renouvelées dans chaque cas particulier. Ce sont des gens très tenaces et habiles à temporiser pour assouplir le voyageur; ils aiment à fixer vin prix avec chacun de ceux qui font partie d'une société, mais on trouvera bien mieux son compte à leur offrir en piastres une somme totale. Les transactions se feront au moyen de personnes sûres, et de préférence par le consulat, en écartant tout autre intermédiaire.

Abhss. ^- Des armes bien en évidence, un revolver à la selle de son cheval ou à la ceinture, toujours dans xui fourreau de cuir, ou bien un fusil en bandoulière, contribuent à faire respecter le «Franc» et procurent parfois aux amateurs de chasse le plaisir de s'y livrer, mais avec un mince résultat, vu la rapidité du voyage.

Dans les endroits qui ne seront pas sûrs, on fera veiller quelqu'un devant la tente, on mettra sous son oreiller les objets de valeur, et Ton écartera des bords de la tente tout ce qui pourrait être pris en allongeant la main du dehors. Si quelque chose a disparu, adresser immédiatement une plainte au cheikh el-béUd ou

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