BAZARS
même quartier , rue on ruelle , qui doit son nom à l'article qui s'y vend et quelquefois aussi au nom d*uue mosquée; ainsi: «<oâ(ft) en'nahhâiîn» marché des ohaudronniers ; «(d^ohardjîyé», des joailliers ; «leftouniac^îy^», des quincailliers ; tihoêiâbin» des bouchers, etc. Il y a aussi dans tous les lieux d'une certaine importance des corps de bâtiment considérables, des khâns^ où sont les entrepôts des marchands en gros» qui Tendent aussi généralement en détail aux étrangers.
Une boutique orientale (douceân) est un enfoncement entièrement ouvert du côté de la rue, de grandeur variable et généralement de 2m. de large. Le sol est à la même hauteur que le siège (mastaba) qui se trouve sur le devant, et où le marchand fait même ses prières. Si celui-ci s'absente, il prie un voisin de garder sa boutique ou bien il pend un filet sur le devant. Pour acheter quelque chose, on s'assied sur la mas^ba et l'on demande oe qu'on désire. La conclusion d'un marché, si petit qu'il soit, lorsqu'on ne veut pas donner un prix exagéré, exige un temps et une patience dont on n'a pas d'idée en Europe.
Les Orientaux ont l'habitude de surfaire ; rien n'est à prix fixe chez eux, et l'aeheteur doit toujours marchander et souvent rabattre sans gêne. Si l'on connaît la valeur réelle d'un objet et qu'on l'énonce au marchand, il vous dit que c'est peu (kalU) mais finit cependant par vous le laisser. Chaque rue du bazar a son cafetier de chez lequel les marchands font parfois venir du café qu'ils offrent au chaland. Si vous croyez que le prix demandé est exagéré, adressez-vous ailleurs ; chaque pas que vous ferez pour vous éloigner aura pour résultat une réduction de prix et votre rappel. La somme offerte devra toujours être telle que vous puissiez y ajouter quelque chose en disant min ehânae, par égard pour toi, sinon le marchand, tout flegmatique qu'il est, perdra patience. Une expression favorite des Orientaux , toujours un peu cérémonieux, est khotidou halâehy prends-le pour rien , ce qui ne doit pas plus se prendre au pied de la lettre que beitî heitaCf ma maison est ta maison.
Celui qui sait s'y prendre avec les Orientaux, a encore une ressource , s'il croit qu'un marchand surfait un objet, c'est de lui demander quel en est le prix d'achat ; quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, on lui dira la vérité. Si vous doutez de l'exactitude del«. réponse d'un musulman, faites-le jurer sur le Korân ou par le triple divorce (talâk). Rien n'impose plus à un Oriental que lorsqu'on réduit ses prétentions à leur juste mesure ; l'étranger paiera néanmoins toujours plus que l'indigène. Les indications de prix que nous donnons dans ce livre ont plutôt pour but de servir de point de comparaison que de prémunir contre une grossière duperie ; mais nous ne les donnons pas pour rigoureusement exactes.
Les drogmans et les domestiques de place s'entendent toujours avec les marchands et touchent une part des bénéfices, de 10 à ^/q. Vour les antiquités, v. p. 129.