‹ Palestine et SyrieChapitre 23 sur 119 · BAINS · texte numérisé non relu

BAINS

descend alors du divan, on met de petites socques (kàbkâb) et Ton se rend on l'on se fait conduire dans les espaces chauffas de Tintërieur. Là se trouvent les ^tuves, chambres voûtées dans lesquelles un vitrage ne laisse pénétrer qu'une faible lumière. Des garçons de bains étendent près d'un bassin des linges sur l'un desquels on se place après avoir ôté ses socques. On n'appellera le garçon que lorsqu'on aura subi une forte transpiration. Le bain présente ordinairement les phases suivantes. Le garçon masse tous les membres du baigneur et lui fait craquer les articulations l'une après l'autre par l'effet d'une douce pression ; on épargne le plus souvent cette opération aux Européens. Mais il est très agréable d'être frictionné par Yabou hU ou abou sâboûn, l'homme au gantelet ou au savon, qui vous frotte le corps avec un morceau de feutre (kU) un peu rude: on lui dit «keiyisni» frictionne -moi. Après cela, il fait mousser dans un bassin une eau chaude de savon pour opérer une ablution complète du baigneur. Puis il lui verse à plusieurs reprises de l'eau chaude sur la tête et le reste du corps ; si on la trouve trop chaude, on en demande de la froide en disant: «dpb môyé hâridé», ou bien on lui dira de s'arrêter : «bcts». On peut ensuite rester dans la salle et se verser soi-même à volonté sur le corps de l'eau chaude ou froide ; le mieux sera de passer graduellement à l'eau froide dont on se fait apporter seau après seau pour se rafraîchir. Quand on veut quitter l'étuve, on dit au garçon: ndjtb elfottouat», apporte le linge, et il vient avec des serviettes, qu'il applique, l'une autour des reins, l'autre autour de la poitrine et vous fait de la troisième une sorte de turban; Ayant alors rechaussé les socques, vous sortez des chambres intérieures et vous allez reprendre votre place dans le vestiaire. Lorsque vous vous débarrassez des Vab^àb, on vous jette de l'eau froide sur les pieds. Puis vous changez de linge et vous vous accroupissez sur le divan. Il y a dans chaque établissement un cafetier qui a des pipes et du tabac ; il est d'usage de prendre du café. L'eau sucrée chaude est une boisson favorite dans les baius comme dans les cafés. Le garçon vient encore deux ou trois fois apportant sur la tête des linges de rechange, dont vous faites usage jusqu'à ce que vous soyez bien sec. Le bain est ainsi terminé. — Un certain nombre de ces établissements sont des fondations pieuses ; l'indigène y est admis gratuitement ou paie peu de chose ; mais on attend davantage de l'Européen , environ 5 piastres pour un bain ; le garçon masseur reçoit à peu près une piastre de pourboire. Quant au café, v. p. 35. — Un bain à l'orientale est surtout très bon après un long voyage de même qu'au début d'un refroidissement. Il y a cependant des personnes qui prétendent qu'un usage trop fréquent de ces sortes de bains occasionne des ulcères.

N. Buars.

En Orient, le» magasins avec les ateliers respectifs sont souvent réunis , et suivant leur genre d'affaires, toujours groupés dans ui

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