‹ Palestine et SyrieChapitre 26 sur 119 · Tabae · texte numérisé non relu

Tabae

Le fumeur habitué au cigare se fera difftcilement aux tabacs orientaux, surtout à Tart de rouler une cigarette. Il n'aura cependant pas d'autre ressource , car il n'est guère possible de se fournir de cigares en Syrie, si ce n'est à Beyroût; en outre, tout mauvais qu'ils sont, on les achète à des prix exorbitants. On peut sans doute en apporter, mais les droits déjà élevés sont encore arbitrairement augmentés par les employés, et de plus on est soumis à de nouvelles exactions à l'entrée et à la sortie de chaque ville. Il en est de même si Ton veut emporter avec soi du tabac arabe ; partout les droits sont si forts et il en résulte tant d'embarras, qu'on finit par prendre le tabac en aversion.

En Orient, tout le monde fume la cigarette ou une pipe qui s'achètera dans le pays. On met dans le tabac quelques morceaux de carotte pour le maintenir en état de fraîcheur. Dans les villes, on en achètera peu à la fois pour l'avoir toujours frais. U y a du tabac fort (tutun taktl) et du tabac léger (kkaftf). Une o^^ (2 livres ^2) do ^i^ tabac à fumer peut coûter 10 à 12 fr.

Le tabac de Syrie n'est pas coupé en longs filaments comme le tabac turc (ëtamboûli) mais d'une manière irrégulière, de sorte qu'il est mêlé de brins plus ou moins grossiers. On finit par le trouver plus agréable que le turc, parce qu'il est meilleur au goût et dessèche moins la langue et le palais. Le tabac de couleur blonde s'appelle korâni; le brun foncé, djébeli; on sèche ce dernier, durant sa fabrication, à la fumée de bois résineux. On désigne cette espèce en Europe sous le nom de latakiah, terme inconnu en Orient. Le toumbâe est le tabac persan , qu'on humecte et qu'on allume avec un charbon particulier ; il ne se fume que dans le narghUéj qui se compose d'un récipient contenant de l'eau , et dont on aspire lentement la fumée au moyen d'un long serpenteau de cuir. Il faut s'habituer au narghilé pour en apprécier la saveur. Les femmes fument généralement le narghilé, les paysans le djôzé (v. p. 494).

P. Kotquées.

Jusqu'à l'époque de la guerre de Grimée , aucun chrétien n'était admis à visiter une mosquée. Dès lors, grâce à l'influence plus marquée des Français et des Anglais sur la Porte, elle a levé l'interdiotion ; mais ai]|jourd'hui encore le musulman orthodoxe voit de très mauvais œil que des infidèles (chrétiens et juifs) entrent dans ses sanctuaires. Il est à peine besoin de dire, qu'en visitant. cer

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