POSTE. TÉLÉGRAPHE
qui s'en servent en posent le fonmean sur nn plateau de cuivre plactf exprès sur le sol. Souvent on demande au visiteur s'il désire un narghilé (p. 39) ; le domestique qui l'apporte, l'allume lui-même.
Les visites en Orient comme en Europe sont réciproques. Celui qui, après une absence, revient dans le même lieu , doit attendre que ses connaissances viennent le voir.
Il est recommandé aux étrangers de ne jamais parler au musulman de ses femmes ; ces sortes de relations sont considérées comme étant sous le voile (sitr). Un simple regard Jeté sur une femme dans les rues ou dans les maisons passe pour une inconvenance, et peut quelquefois avoir des conséquences dangereuses. Évitez du reste une trop grande familiarité avec les gens ; une véritable amitié est chose rare en Orient, et le désintéressement y est de toutes les qualités la plus rare. Sous la multitude d'interminables protestations d'amitié dont l'Européen est accablé, perce l'égoïsme et l'attente d'un bakhchîch d'autant plus considérable qu'on les prend plus au sérieux. Autant que possible, on payera comptant tous les services pour obvier aux inconvénients d'une discussion et l'on fixera toujours d'avance le prix de tout service à rendre; on s'épargnera par là des réclamations sans fin.
L'étranger qui sait se mettre en rapport avec les indigènes, remarquera bientôt qu'il n'existe pas chez eux de véritable prolétariat ; que des gens sans la moindre éducation, et même les enfants , ont dans la conduite une dignité naturelle, dont on est souvent surpris. Il y a aussi entre eux un esprit d'union qui inspire le respect; malgré tout l'égoïsme qui y règne, la religion n'est nulle part plus qu'en Orient un parti, et quand les coreligionnaires se disent «yâ akhoûi»y mon frère, ce n'est pas un mot vide de sens.
En somme, l'étranger ne doit pas montrer trop de défiance à l'indigène ; cela lui gâterait le plaisir du voyage. Il ne faut pas oublier qu'on a affaire à des gens qui, sous bien des rapports, sont des enfants. C'est pourquoi on doit garder avec eux sa dignité et s'en tenir le plus possible à sa parole. Kilmé frendjîyé, une parole f ranque , est une [expression qui a cours et valeur invariable en Orient.
S. Poite aux lettres. Télégraphe.
PosTB ATTX LBTTBBs. — Boyroût ost la résidence du directeur général des postes de Syrie et de Chypre. La Turquie fait, depuis 1875, partie de l'union postale universelle ; cependant le service postal pour l'étranger se trouve aujourd'hui comme du passé sous la surveillance des consulats , et dans les ports de mer les bureaux de poste sont adjoints aux agences des sociétés de navigation des pays respectifs. Le port des lettres de lô gr. est d'une piastre et celui des envois sous bande, de 10 para par 50 gr. Les oartes postales sont admises. Les plus importants de ces bureaux sont ceux de la poste française et de la poste autrichienne, qui ont chacune leurs timbres particuliers.