Jaffa
Arrivée. Une ligne de hauteurs bleuâtres (les monts de Judée), dans le lointain, un rivage jaunâtre, puis la ville de Jaffa qui s'étage sur une colline comme une forteresse annoncent la Terre-Sainte au voyageur qui arrive par mer. Au K. de la ville, on aperçoit des vergers et des palmiers. Les consulats se font reconnaître à leurs pavillons.
Pour le débarquement, on tâchera d'être muni de pièces de 50 centimes et de sous, afin de ne pas être dans rembarras pour payer les bateliers, etc. ^ ils refusent Targent égyptien (v. p. 11).
Jaffa n''ayant pas de port pour les grands bateaux, ceux-ci sont obligés de jeter Tancre à un quart de lieue de la terre ferme, et la mer y est souvent si mauvaise que les steamers ne s'y arrêtent point ^ il n'y a, dans ce cas, pas autre chose à faire que d'aller jusqu'à Çaïfa, la station suivante, ou mieux jusqu'à Beyroût, ou bien, si l'on vient du K., jusqu'à Port-Sa'îd, afin de faire de là, à la première occasion, une nouvelle tentative pour arriver à destination. La barque qui conduit le voyageur à terre n'y parvient qu'avec beaucoup de peine ^ la mer est presque en tout temps plus ou moins agitée à Jaffa.
Le débarquement s'effectue dans ce port, comme partout en Orient, avec le moins d'ordre et le plus de cris possible. On prendra son temps pour choisir un batelier parmi tous ceux qui assiègent en tumulte le pont du paquebot. Il n'est guère possible d'avoir une barque pour une personne seule à l'époque de Pâques; le mieux est de se réunir 3 ou 4 afin d'en louer une ensemble, en se prêtant un appui mutuel. On s'opposera énergiquement à ce que le batelier prenne trop de monde. On prendra garde que les bagages soient déposés dans le bateau qu'on a loué et que dans la confusion souvent extrême du débarquement et l'agitation des flots, il n'y en ait qui s'égarent ou qui tombent à l'eau. Ordinairement, les propriétaires des hôtels de Jaffa envoient quelqu'un à bord pour recevoir les étrangers qui veulent loger chez eux ; ceux qui en ont l'intention peuvent confier à cet homme le soin de la dépense; il sera bon. si l'on peut, de préciser la date de son arrivée et d'écrire d'avance à 1 hôtelier (voir ci -dessous). Des Juifs qui écorchent l'allemand importunent le voyageur de leurs offres de services. Les drogmans abondent sur le bateau à vapeur, mais on n'a nul besoin d'eux pour aller à Jérusalem. Lorsque la mer n est pas trop agitée, le prix de 5 fr. suffit pour 3 ou 4 personnes avec leurs bagages; si l'on monte dans une barque commune, c'est assez de 1 fr. par place. Il va sans dire que les bateliers trouveront que c'est trop peu et chercheront, même pendant le trajet à soutirer un pourboire en attirant l'attention sur les dangers d'attemr; on ne prendra garde ni à leurs explications bruyantes ni à leurs gestes. Noter les expressions suivantes: mouch lâzim, ce n'est pas nécessaire; mouch ^âouézae , je n'ai pas besoin de toi; iscout, tais-toi; roûh roûh ou imchi ^ va-t'en (il n'est pas inutile, pour se faire mieux comprendre en disant cela, de lever la canne en guise de point d'exclamation); jfallah, yallah^ en avant; bœs.^ bœs, assez. — Ce n'est pas une chose facile que de débarquer. Aussi, d'après un proverbe allemand, «aller à Jaffa» est il synonyme de faire un voyage d'où l'on ne reviendra pas. Le port de Jaffa proprement dit est un petit bassin entouré d'écueils qui émergent en partie et sur lesquels on a prétendu reconnaître des traces d'une ancienne jetée. L'entrée du N. est large, mais dangereuse à cause des bancs de sable qui la barrent; celle du li.N.O., au contraire, est si étroite, que les bateliers ont besoin de toute leur vigueur pour faire entrer leur embarcation, à la faveur
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d'une vague, dans la passe et les eaux calmes. Parfois le voyageur est enlevé de la barque par un homme vigoureux qui le dépose sur la plage, bien qu'il y ait un escalier pour débarquer; il suffit de donner à cet homme un pourboire de quelques sous. On aborde près de la douane, dans Tangle S. du port. La visite des bagages se fait devant la douane ou à rintérieur.
Logement. Il existe depuis quelques années à Jaffa un "^hôtel de la VILLE DE JÉBDSALEM (plan, 14), tenu par M. Hardegg^ à 10 min. de la ville, une des premières maisons de la colonie allemande-américaine. Le prix de la pension y est de 10 fr. par jour sans le vin. A Tépoque des voyages, il est souvent plein, mais on y trouve toujours un abri provisoire; cet hôtel avait précédemment 30 lits, il doit y en avoir maintenant de 45 à 50. T7n deuxième hôtel, Haward's Hôtel, se trouve sur la place Maslakh, non loin de la porte, sur le chemin qui conduit à la colonie allemande. Il appartient à un indigène.
On peut aussi loger dans le couvent latin (pi. 7), où Ton ira en suivant le quai à g. de la douane; au bout de 3 min. environ, à dr., on voit une porte avec Tinscription Hospitium latinum. Il est habité par trois religieux, ordinairement italiens. Ce couvent s'élève sur le versant de |la colline, et possède de magnifiques terrasses (qui donnent sur la mer et le port. Les cellules sont petites mais propres ; le drogman de Thospice est complaisant et plein d'attentions pour les étrangers; on lui en témoignera sa satisfaction par un supplément de pourboire en rapport avec ses services. La cuisine est à l'italienne et le vin médiocre. — En dernier lieu, on trouve dans quelques maisons juives un gîte qui n'est pas toujours très propre, mais suffisant pour iine nuit.
Lorsque le bateau arrive de bonne heure, la plupart des voyageurs ont coutume de partir le même jour, à midi, pour Ramlé (v. p. 139). Quoiqu'il en soit, on peut fort bien consacrer une demi-journée à Jaffa, à des promenades à cheval dans les environs, ce qui permet en outre, si l'on veut voyager à cheval, d'essayer sa monture et surtout sa selle avant de se mettre en route pour Jérusalem.
Vice-eonauls: de France, M. Philibert, rue de Jérusalem, devant la ville à dr.; de Russie, Iskander Maravoui^ un peu au-dessus du consulat allemand; d'Angleterre, Amsalek; d'Allemagne, i^tm^on J/btirod, Arménien. Il possède un beau jardin et demeure dans une petite rue, qui, de l'extrémité S. du quai, conduit à la ville. Il y a en outre un vice-consul auttichien, espagnol, grec et américain; ce dernier est M. Hardegg, le propriétaire de l'hôtel. Pour trouver les consulats, il suffit de s'adresser dans la rue au premier garçon venu, en lui disant, par ex., konsoulâfo fransâoui (consulat de France); bakhchîch, i/s ^ 1 piastre.
Bureaux des paquebots. En suivant le quai vers le X., on arrive d'abord à l'agence russe» puis, en montant un peu plus loin, à l'agence atitriehienne: cette dernière fait aussi le service de la poste entre la Syrie et la France. — Pour le service des paquebots^ v. p. 14.
La poaté et le bureau du télégraphe sont situés près du moulin à vapeur, sur le quai, un peu à g. de la douane. Un courrier turc fait tous les jours le service de Jaffa à Jérusalem et retour.
Ohevanz. On en trouve devant l'hôtel et entre la ville et la colonie (v. p. 138); ce sont en général de bonnes montures. Les prix dépendent tout à fait des circonstances. Pour Jérusalem, que le trajet se fasse en 1 ou en 2 jours, cheval de selle, 10 à 15 fr. ; bête de somme, 9 à 10 fr. Pour une promenade, 1 fr. l'heure. En payant ces prix, on doit avoir une selle à l'européenne.
Si l'on a besoin d'articles de voyage européens et d'autres objets, s'adresser à M. Friedel^ négociant allemand; services réels. Bons ouvriers (tailleur et cordonnier) à la colonie wurtembei^eoise tout près de l'hôtel de Jérusalem. On peut se renseigner à la colonie.
Histoire. Jaffa était dans l'antiquité une colonie phénicienne du pays des Philistins. La signification de son nom ancien, Japho (Joppé) est douteuse; les Juifs lui donnaient le sens de «la belle». On lit dans le II« livre des Chroniques (ii, 16) que le roi Hiram écrivit à Salomon: «l^ous ferons couper dans le Liban tout le bois dont tu auras besoin, et
qu-Androinède, Hlle de kéfhée el de CaMiopép (Bile ri-Éole) fit encbninée an nnlicT pour èltn Aiyorée par nn monstre muln, et fut délirrée par Perlée. C'ut onisi iprii s'ître embarqué à Jriffé que le prophète Janu fat englouti pur un polsBon', pour Stre rejeté enanite mi le rirsge. Ob > montré, non lenlemest jniqu'^ 1* An dels période romulne, mais jusque bien avant dans le xvl° •., l'endroit ou Andtomide fnt attachée au rocher dam le port, ou du moins dei chaînes et un anneau de fer qui rappelaient le vieni mythe. De mSme, on y fit roir pendant longtemps les règles d'ossemnita d'un énorme poiMon. La lille Attnre dans l'inscription
sous le nom de Js-ap-pou. Ce furent les Maccah^es qui soumirent dëflni-