‹ Palestine et SyrieChapitre 63 sur 119 · Directement j en 8 h. (v. p · texte numérisé non relu

Directement j en 8 h. (v. p

Le chemin suit la direction du S.£. A 7 min. de distance, à dr., un vaste cimetière musulman, et quelques min. plus loin (on peut y aller à cheval directement de Ramlé), un grand réservoir d'eau, le Birket el-Djâmoûa (fontaine des buffles), près duquel .campent souvent des caravanes. Au bout de 5 min. , un petit chemin à g. ; puis à 10 min., un pont sur le Ouâdi er^RamU, la vallée de Ramlé, où il y a un peu d'eau au printemps. A 7 min., un poste, à g., dans les champs. La contrée est bien cultivée, mais peu à peu les arbres disparaissent et la vue s'étend sur de longues chaînes de montagnes. A 29 min., un autre poste, à g.; à dr., au delà du lit d'un ruisseau (ouâdi), un petit village nommé Berfiyet er-Ramlé (ouvrage avancé de Ramlé). Partout, dans les villages, de grands

à Jérusalem. LÀTROUN. Boutée. t45

tas arrondis de famier dessécha, destina à faire du feu. Au N.E.,

sur une colline, le village de 'Énnâbé\ à dr., au S., sur une groupe

de hauteurs formant comme une île dans la plaine , le outfii Abou

Choûehé.

Près d'Abou Choûehé (éruptions de basalte), Tarchéologue français Oanneau à trouvé les ruines de Oéser dans Tell el-Djézer. Qézer était une ville royale des Cananéens et une ville frontière de la tribu d''£ph'raim, mais elle resta aux mains des premiers (Juges i, 29). Pharaon s en empara et la remit à Salomon comme dot de sa femme (III Bois iXy 16). Cet endroit joua encore un rôle du temps des Maccabées. Ses ruines sont étendues, on y voit des grottes sépulcrales, des carrières de pierre et un grand réservoir. La maison Bergheim de Jérusalem possède une ferme à Djézer.

Sur la g., les ruines insignifiantes de Kefr Tab, le Caphat' Toba de l'antiquité, dont il est parlé à propos de la guerre de Judée, et où se trouve le ouéli d'un certain Cheikh SoiUéimân. Le chemin est ici ennuyeux et détrempa à Tépoque des pluies ; on est au bout de 50 min. à dr. de la petite colline sur laquelle est situé, au milieu d'oliviers et de cactus, le village à.''el- Koubâb {ou el-Oubâbj dans le Talmud Cçhé), On voit toujours RamM et sa belle plaine. Près d'el-Koubàb , beaucoup d'anciennes citernes servant aujourd'hui de magasins; la seule eau de source Bîr Ytrdé est à 25 min. dans un vallon. Entre le village et la route, se trouve une grande aire ; à quelques min. £. du village, un poste. Puis on descend sur la plaine d'une vallée où il y a un pont (6 min.); au N. se rejoignent deux vallées. Devant soi, on voit Latroûn, 'Amouâs, Y&lo, Beit Noûba, et, sur la montagne, les deux Beit 'Oûr. A 20 min. , à dr. , un poste ; 6 min. après , le chemin remonte. A 12 min., source à droite; auprès, un khàn et un café; un peu à dr. de la route, VhôUl des tombeaux des Maccabées, louéî par Haward et tenu par Batato ; après une forte montre de 10 min., à g. , une tour de garde ; à dr. , sur la colline , le village de Latroûn. Ce nom , qui peut dériver de toron (colline) , a été formé au moyen âge du mot latin «latro», larron, et il se peut qu'il y ait eu un repaire de brigands dans cette contrée, à l'issue des défilés des montagnes. De là est venue plus tard la légende qui en fait le pays natal du bon larron, Luc xxni, 40 (boni latronis, nomm^ Dismas) ou même des deux larrons de l'Évangile. Les ruines parais-

I sent être celles de la forteresse de NieopoUsf les vieux murs en partie détruits, datent d'époques très différentes : on croit aussi y reconnaître les restes d'un chœur d'église. Au sommet de la colline, la route passe à travers le cimetière ; on remarque des restes

' d'aqueduc le long du rocher.

Dans un site également favorable, mais à g. de la route, 7 min. plus loin, se trouve le village de 'Amenai. Pour y voir VEmmaus de

\ l'Evangile on est obligé d'admettre que la distance indiquée par Luc (xxiY, 13), est de 160 stades, leçon que portent quelques manu-

\ scrits (v. p. 149). L'Emmaûs que nous avons ici est déjà mentionné

, .du temps de Maccabées (I Macc. ni, 40, etc.). An iu« s. de notr^ Palestine et Syrie. 10

146 Boute 2. BÂB EL-OUADI. De Jaffa

are , on lui donna le nom de Nieopolis, en souvenir des victoires de Titus, et plus tard ce fut le siège d'un évêdhé dont nous connaissons quelques titulaires. 11 y eut loi au commencement de l'islamisme de violents combats dans lesquels périrent quelques compagnons de Mahomet. Un peu au S. du village est située une fontaine célèbre à laquelle on attribuait autrefois des vertus curatlves. En fait d'antiquités , il n'y a à mentionner que les ruines d'une église, à 3 min. au S. du village ; une abside en forme de coquille et une voûte à plein cintre sont restées debout. L^arcbéologue Toblei en fait remonter la construction au iv^ s., parce qu'on y voit de grandes pierres de taille à refends.

Au bout de 3 min. , on descend dans le Ofiâdi el-KhalU, direction S.O. A 8 min. à g., une tour de garde, et une autre à 16 min.; U se trouve, à dr., un puits, dit le puits de Job (Bîr Eiyoûb)» A g. , sur une hauteur , à une certaine distance , un bâtiment en ruine, le couvent dt Job (Deir Eiyoûb). Nous traversons un pont au bout de quelques instants et nous atteignons , % 16 min. du puits, l'entrée étroite du Ouâdi (Imâm) 'Ali, à g. duquel est un poste et à dr. une maison avec l'enseigne: «Restaurant des Moines de Judée»; cet endroit porte le nom de Bâb el-Ouâdi, porte de la vallée. On peut avoir du café et d'autres rafraîchissements et même, au besoin, un logis ; la maison est tenue par un juif.

£n suivant le ravin du Ouâdi 'Ali, où le chemin était autrefois extrêmement mauvais, nous arrivons en 15 min. aux ruines d'une vieille mosquée, à l'endroit le plus reserré, uMa'aara». A 6 min. de là, des oliviers dans le fond de la vallée ; à 15 min., après qu'on a passé le ravin, â la Jonction des vallées, les «arbres de l'imâm 'Ali» ; près de là, une mosquée en ruine ombragée de grands arbres et une mauvaise citerne. Les montagnes sont couvertes d'arbrisseaux; on y voit beaucoup d'oliviers sauvages et de caroubiers. On chemine 6 min. au N., puis tournant à l'E., toujours en montant, on arrive en 20 min. sur un terrain élevé, planté d'oliviers. Lieu convenable pour une halte, eau dans lé voisinage, mais l'on est souvent importuné par de petits mendiants du village voisin, Sârts (à dr.). D'ici le chemin s'élève par des sinuosités tracées sur les flancs d'une autre vallée; on a devant soi de hautes collines avec les ruines de Vieux-SârU, où Ton parvient en 12 min. et d'où l'on jouit d'une belle V4ie sur la plaine, les dunes et la mer. Au bout de 12 min. , on découvre à l'Ë. le village de 8ôba (p. 147) et au S., on a un coup d'oeil sur la vallée déserte dite Ouâdi SâHa. Toutes ces vallées si profondes n'ont d'eau qu'après de fortes pluies. Encore 18 min. et nous rencontrons, à g. de la route, un tas de pierres connu sous le nom de Maktal 'Ali Mehsin, c.-à-d. l'endroit où fut assassiné 'Ali Mehsin. 11* min. après, nous sommes au point culminant de la route et nous devons dire adieu à la vue de l'O. En face, sur la montagne, les ruines de Kastal (p. 148); au N. de la colline de dr. , un peu dans le bas, le vil-

àJéruiaUm. ABOU GHOGH. HouUS. 147

lage d'Aboa Ohèeh que l'on atteint en quelques min. d'une descente raide. La route contourne le ylllage. Celui-ci ne s'appelle Abou Ghdoli que depuis une soixantaine d'années y du nom d'un cbeikb puissant, qui, avec ses 6 frères et leurs 85 enfants, furent longtemps l'effroi de toute la contrée , surtout des pèlerins ; leurs brigandages furent réprimés durant la domination égyptienne ^en Syrie (p. 78) , mais les conducteurs de mulets ne sont pas encore rassurés quand ils passent devant les «châteaux» de cette famille redoutée. Le village s'appelait auparavant Karyet el-'Enab, la ville des raisins. H n'en est pas question sous ce nom avant le xv^ s., mais ou a reconnu à sa situation (depuis Robinson), que c'était l'ancien Kiriat- Ye^artm (ville des bois), qui paraît être identique avec Kiriai-Ba'ala (Jos. xv, 9, etc.) ou Kirjat? (Jos. xvm, 20). Allié d'abord avec Gabaon (Jos. ix, 17), Kiriat fut plus tard donné à la tribu de Juda (id., xv, 60). Ce lieu devint ensuite célèbre parce qu'on y déposa l'arcbe de l'alliance , qui y resta longtemps (I JRois vn, 1 ; II Rois vi, 2).

Parmi les antiquités^ on visitera ici les restes de réélis* appartenant au gouvernement français, situés entre le village et la route; ils frappent immédiatement les regards. Il ne faudra pas se laisser rebuter par les difûeultés qu'on éprouve pour monter dans l'intérieur , par une ouverture encombrée de pierres, oii se trouvait autrefois le portail principal. Oet édiûce bien conservé présente en particulier de petits ornements en spirale qui se retrouvent dans les constructions arabes, oti ils sont imités des monuments chrétiens du vi« et du vii« s. C'est une église tournée vers TE., avec trois nefs terminées par autant d'absides , qui ne sont pas visibles à Textérieur parce qu'elles sont masquées par des murs. Les bas côtés sont moins larges que la nef centrale, qui est aussi plus haute. Cette nef a trois piliers de chaque côté et ses arcades reposent sur des supports d^une forme toute particulière, dans lesquels M. de Vogiié prétend reconnaître Tinfluence arabe. Les arcs, de même que les fenêtres qui sont au-dessus et celles àtè bas côtés, ne sont que légèrement terminés en ogive. Il n'y a pas de transept, et par conséquent le niveau est paijtout le même. Sous le sol s'étend une crypte correspondant à l'église et de même longueur, aujourd'hui en partie comblée; on y descend par une petite porte au S. Les murs de l'élise, surtout ceux des absides, et ceux de la crypte étaient couverts de fresques de style bysantin et même de mosaïques, dont il reste encore des traces bien visibles. L'intérieur de rédifice mesure 32 pas de long et 20 de lai^e; il semble avoir souvent abrité des troupeaux. — Il est question de cette église pour la première fois en 1619, sous le nom de St-Jérémie, qui lui fut donné parce qu'on a confondu Karyet el-^£nab avec Anatôt (p. 341) , où naquit le prophète lérémie, dont le nom a passé aussi à la source qui se trouve au-dessous de réglise.

A droite, vers le S., on aperçoit bientôt, sur une montagne conique, le village jadis fortifié de 8ôha. On a voulu y reconnaître Modin, la patrie des Maceabées (I Macc. ii, 1, 15, 70\ surtout parce qu'un pèlerin y avait vu de vieux tombeaux en lÔ9o, et qu'on en parlait encore lorsque Tobler visita cet endroit; mais cette supposition a été reconnue fausse par suite de la découverte des restes de Modin avec ses intéressants tombeaux , à el-Médyê, au N.Ë. de Lydda. Au bout de 27 min. à partir de l'église, le chemin traverse un pont; à dr. , près d'une source appelée 'A'in DUb^ un café arabe (lieu de campement); à g., sur la hauteur

148 Route 2. KALÔNIYÊ. De Jaffa

I ■ le village de Beit Nakoûb. ô min. plus loiTi (vergers), un autre pont

I et des ruines; plus loin .au S. , au bas de la vallée , les ruines de

' KébâkLy restes probables d'un oouvent. Le chemin monte rapide-

I ment sur le flanc- S. d'une colline ronde, sur laquelle sont les

ruines d'une petite localité oh quelques-uns voient la maison

d'Obed Edom (II Rois vi, 10). 14 min. après, on a gravi la hauteur

sur laquelle se trouve , à dr. , la bourgade de Kastalj dont le nom

dérive évidemment de easiellum et date du temps des Romains.

On aperçoit N^i Samouîl au N., et 15 min. plus tard, le village

de 'Aïn Gârim , dans le lointain au S. (p. 293). 11 y a de belles

1 plantations d'oliviers dans la vallée du Ouâdi Kalêniyé, où nous.

descendons par de brusques contours (v. p. 294). Après 20 min.

) de chemin, nous atteignons à g. un café qui a bonne apparence et

bonne réputation. Du même côté est situé, dans le haut, le village

de Kalôniyé ; on a voulu en faire dériver le nom de celui de eolonia.

C'est là , comme l'historien Sepp a voulu le prouver, qu'il faudrait

chercher VEmmaûs du Nouveau Testament (v. cep. p. 149). Un peu

plus loin est situé Beit Mizzé, qui est peut-être l'ancien Moza

(Jos. xvni, 26).

Le fond de la vallée, que nous traversons sur un pont de bois, offre un coup d'œil agréable. C'est près d'ici que la tradition place le combat de David contre Goliath. T^ous gravissons maintenant la dernière grande côte; la route fait des courbes considérables qu'on peut abréger en suivant l'ancien sentier. Au bout de 30 min., à dr., un poste; à g., sur une montagne, le village de Beit lésa, <^t plus près, dans une vallée, celui de Lifta ^ avec une grande source et quelques restes de pierres de construction antiques, à l'entrée du village du côté de l'Ë. Ce village correspond à l'antique Nephtoa, sur la frontière de Juda (Jos. xv, 9). La contrée présente de plus en plus le triste aspect d'un désert couvert de pierres. A 12 min. , à g. une tour de garde et des jardins avec le tombeau du Cheikh Bedr; bientôt l'on aperçoit à g. la maison des orphelins de Schneller (p. 250) ; k dr. , le couvent grec de la Croix (p. 292), Mâr Elyâs etBethléhem; devant soi, quelques bâtiments neufs aux abords de Jérusalem, et deux moulins à vent. Au bout de 15 min., àdr. une tour de garde et des maisons de campagne. Parvenu sur la hauteur on aperçoit d'abord le grand corps de bâtiments des Russes , avec son église à cinq dômes ; plus loin , audessus, les chapelles du mont des Oliviers, les dômes de la mosquée d'Omar, de l'église du St-Sépulcre, etc., se montrent aux regards, mais la ville même est cachée par les constructions qui la précèdent, surtout par celles des Russes. Un peu plus loin cependant on découvre enfin les murs de Jérusalem, et en 20 min. on est à la porte dite de Jaffa.

Koutes aeoondaireft. — 2. De Bamlê à Jërusalkm pab Kefb Tâb st Beit NoOba (8 b. Va)- ^^ f^ce A^eî-Berrtpé (p. 144), où la grande route de Jaflfa tourne plus au S.E. , on prend à g. et Ton marche pendant 10 min. %ix N.E., jusqu'à ce qu'on rencontre les beaux r^Btes d'une voie romaine

à Jéruialem. BEIT NOÛBA. Route 2. 149

venant de Lydda, voie que Ton suit dès lorsi Beit ^Ennâbi (p. 145) reste à g., sar la hauteur. En 35 min., on est à Ktfr Tâb (v. p. 145). Ensuite, on descend dans le OuAdi eWAîn. A dr. , el-Koubâb (v. p. 145). Au bout de 25 min., à dr. sur une colline, les villages de SiU>H et de Deir NakhU (Michel); à côte une source et des presf^oirs à huile, etc., dans les rochers. 65 min. après, le gros village de B«it Hoikba. Il n''est pas certain que ce soit la NÔb de l'antiquité (I Bois xxi, 1; xxii, 9); cependant cet endroit est ancien. Richard Ck£ur-de-Lion y établit son camp en 1192. Restes d'une église de Tépoque des croisades; un bénitier du xii« s. 'A dr. , le village de Yâlo sur une colline; c'est sûrement Fantique Agalon aux environs duquel la Bible place le miracle de Tarrèt du soleil (Jo9. x, 12). A g., un autre village, Lékffé (v. ci>de8sous). — De Beit Noûba , on arrive en 18 min. à une colline avec des ruines (Soudn)^ à dr. , à l'entrée de la vallée. On cherche dnn.s les envirrnr, mais jusqu'ici sans résultat certain, le Gastellnm Arnaldi des croisés. Ici la route est taillée en plusieurs endroits dans le roc; le chemin devient mauvais. En 35 min. on est aune ruine, el-BoureidJ (petit château fort); 25 min. après, à une autre ruine, el-Mouêka (ancien khân), et 60 min. plus loin, à el-Kovbethé (v. ci-dessous). De là à l^ébi Samouîl et à Jérusalem (2 h. 1/2)^ v. ci-dessous.

3. De Ltdda à JAbubalbh pab Djimzou et el-KoubeibA (8 h.). A l'E. du village de Lidd se trouve une prairie avec un'e fontaine; c'est un excellent endroit pour y dresse^ sa tente. De là, le chemin se dirige vers le S. E., pendant 10 min. à travers des plantations d'oliviers et entre des haies de cactus ; le ruisseau qui y passe (à dr.) a encore un peu d'eau au printemps. En face, Djimzou, sur la montagne. Au bout de 28 min., on laisse à g. un chemin qui y conduit (on commence en cet endroit à monter doucement) ; au delà , à g. , un vieux bâtiment avec un réservoir, et 13 min. après, dans le haut, à dr., le village de DJimtou, entouré de verdure, et de haies de cactus: il en est déjà question dans l'Ancien Testament sous le nom de Oimzo (II Ghron. xxvin, 18). Le chemin se bifurque de nouveau derrière le village; en prenant à g., on s'enfonce dans les montagnes; à dr. , on atteint en 15 min. une hauteur sur laquelle se trouve, à dr. du chemin, une caverne contenant un peu d'eau. 10 min. plus loin, à g., dans le haut, le onéli Beit DJinné. A 3 min. de là, on traverse un chemin. On entre dans les montagnes, en pansant par un vallon verdoyant. 17 min., à dr., dans le haut, le village de Berfllya; 5 min., du même côté, au loin, les ruines de Silbft (V. ci-dessus); puis, à g., le village de Beit'Oûr (p. 160). 45 min. plus loin, à dr., un ouéli; 5 min., le village de Bir el-MaHn; 10 min., on traverse un chemin. Au S. ou à dr., Beit Noûba et Yâlo, mentionnés ci-dessus; an bout de 10 min., le village à^el-Bourdj^ au loin, à g. 20 min. après, le lit d'un ruisseau, puis un chemin qu'on laisse à g. La montagne devient plus âpre. 20 min., un village, B^t Lékyi; il semble qu'il y ait là des restes d'anciennes constructions. Puis une montée; à g., dans le bas, le grand Onâdi JSouléimân. A 45 min., à g., une petite ruine; 35 min., le gros village de Beit ^Enân^ qu'on traverse pour monter ensuite; 15 min., un chemin qu'on laisse à g.; beau coup d'oeil en arrière sur la plaine; 17 min. encore, et l'on est à el-Çonbeibé.

La tradition du moyen âge a cm trouver dans el-Koubeibé VEmmails^ si souvent et si jpéniblement cherché, dont parle le Nouveau Testament. La di^ance de oO stades de Jérusalem (Luc xxiv, 13), serait en faveur de Koubeibé, tandis que Kalôniyé (v. p. 148) n'est qu'à 45 stades de Jérusalem. Le village, dans iin très beau site, possède beaucoup de ruines (débris d'une église du temps des croisades). Pour visiter le couvent et l'église des moines latins, il faut être muni d'une lettre de recommandation de Jaffa. Il n'y a pas ici beaucoup de choses à voir, sauf cependant quelques vieux murs (le couvent existe depuis le xii« s.); on y a découvert auelques antiquités. On prétend que l'église occuperait l'emplacement de la maison oii Jésus fot reconnu par ses deux disciples, etc. — Après la visite, on peut donner 1 ou 2 fr. pour l'église ou les pauvres. Au bas de la vallée, une belle source.

Ensuite, on laisse toujours à g. le Ouâdi Souléimân, que traverse d

150 Boutée. BEIT'OÛR. De Jaffa

même une route pour Jérusalem^ en face, Kébi SamOQîl et quelques montagnes de la Vi^ée du Jourdain, dans le lointain. Après 10 min. de marche, un chemin aboutit à g., à un endroit où sont des figuiers •, après 5 min., le village de Biddou; au S., sur une hauteur, Beit Sourik. Biddou est entouré de tas de pierres et dépourvu d'arbres^ on y a déjà un avant'goât du désert pierreux de Tancien pays de Juda. Cest à Biddou que les croisés aperçurent pour la première fois Jérusalem ; en eflfet la route qui passe par Beit Noûha^ puis Biddou est ancienne , et Ton y voit encore des traces de pavés. On longe sur la hauteur le flanc g. de la vallée, puis, en conservant cette altitude, on tourne vers la dr. les vallées qui s''abaissent au S. En 96min., on parvient au côté S. de la colline de Nébi Safnavfl; à partir de là, il n'y a plus beaucoup à monter pour arriver au sommet» De Nébi Samouîl à Jérusalem^ v. p. loi. (De Biddou à Beit Toulnu», 1 h. 15 min.*, à la route de Jaffa près du 4e poste, 35 min. De Biddou à Beit Ie$a^ 1 h.; par la vallée à Jérusalem, 45min.)

4. De Ltdda à Jérdsalem par BbIt ^06r et el-Djîb (8 h. */«)• Jusqu^à Djimzou, v. ci-dessus. Le chemin se bifurque au delà du village et monte \ il conduit en 2 h. 10 min. aux ruines à'Omnm Roûch. De là, on descend en 10 min. à une source au bord du chemin. A g., à quelque distance, le village de Saffa. Au bout de 50 min., on atteint, toujours par le chemin battu, le village de Beit 'Oùr et-tahta, à mi -hauteur de la montagne, sur une colline peu considérable. Après une vallée que traverse un chemin pierreux, commence une montée rude, quelquefois sur des plateaux de roche glissants. Le chemin est, en divers endroits, taillé dans le roc, où sont pratiqtiés des degrés; il passe entre deux vallées. A 25 min., des murs de fondation, faits de grossses pierres; à 35 min., Beit *Oûr el-fôka^ très bien situé à l'endroit le plus élevé de l'escarpement de la montagne, entre les deux vallées. Ce point était déjà important dans l'antiquité*, le Beit 'Oûr cinférieur» et le Beit 'Oûr «supérieur» désignent l'emplacement des deux Beth-Horon de l'antiquité. C'est à Beth-Horon que Josué battit les Cananéens (Jos. x, 10). Salomon fortifia la ville inférieure (III Rois ix, 17). Il paraît, qu'il y passait anciennement un chemin menant de Jérusalem à la Méditerranée, et très fréquenté, parce qu'il n'y avait ici ni pente ni contre-pente. On a là une vue très intéressante, surtout du toit de la maison du cheikh. On aperçoit Lydda, Bamlé et même Jafia lorsque le ciel 'est clair; à l'issue du Ou&di Souléimân, à TE., vers Bamlé un bas fond fertile du nom de Merdj Ibn-'Omêr\ à l'O.S.O., Yâlo; à dr. de Yalo, Beit Noûba; derrière, el-Koub&b; versleN.O.^ sur une hauteur, Deir Kaddis; plus auN. , Deir Abôu Mecb'al; au V., Ras Kerker; à dr. de là, BeitEUou et Deir Ebziyé.

Le reste du trajet est fatigant, les montagnes sont rocheuses et sau- Tages; il ne faut pas se risquer dans cette solitude sans un bon guide. Cependant on y voit encore des vestiges de culture en terrasses et d'anciennes routes de même que des khâns en ruine. A dr. (S.), le village d'ei-Tïr^, dont la verdure ressort avantageusement. A 1 h. 40 min. de Beit 'Oûr, on est au sommet du passage et Ton aperçoit el-Djib et Nébi Samouil. Traversant ensuite un bas-fond fertile, on atteint en 2B min. la colline isolée sur laquelle est situé 0l-Djlb. Ce village est petit et les maisons sont enfoncées dans de vieilles ruines; il s'y trouve un grand bâtiment qui a l'air d'un chftteau fort. Sur le versant oriental de la colline , à une centaine de pas du village , on voit un grand réservoir avec une source, et plus bas encore un second réservoir, mentionné peut-être II 8am. II, 13. La vue s'étend au S. sur Nébi Samouîl et le village de Biddou; au N.B., Djediré et Kalandiya (p. 344); à dr. de là, la colline de B&mallah; à l'E., dans le bas, Bîr-Neb&la. Bl-Djib est certainement la ville antique de Oahaon^ qui parait avoir été la principale de plusieurs villes confédérées: ses habitants échappèrent par une ruse aux Israélites (Jos. IX et X). Oabaon devint plus tard une ville lévitique, et le tabernacle y resta pendant un temps (I Par. xvi, 39). Il en était encore question sous les rois; Salomon y offrit un sacrifice (III Rois, ch. m).

D'el-Djib, un chemin conduit par Beit Hanina à Jérusalem, en passant à côté de Bîr Nebâla (v. la carte p. 254). Vers le S., à travers un pays cultivé et des vergers, on atteint en Vs ^ lo mont de Nébi Samouîl,

à Jérusalem. NÉBI SAMOUÎL. Route 2. 151

dont le sommet domine au loin la plaine, puis on gravit la pente K.O. par un chemin escarpe et pierreux jusqu^au sommet, sur le point le plus élevé et le plus occidental duquel on voit, à fO., le [célèbre sanctuaire.

Nébi Samouîl («prophète Samuel»), situé à 914 m. au-dessus du niveau de la mer, sur la montagne la plus haute des environs de Jérusalem, est im lieu des plus vénérables; cYst remplacement de ifûixiA, la célèbre ville des Benjaminites. Cest ici, au centre même des tribus d'Israël, que se sont tenues sous les Juges des assemblées du peuple (Juges xx, 1; I Rois X, l'n» Asea, roi de Juda, fit fortifier ce lieu pour le défendre contre Israël (III Rois xv, 22). La tradition désigne Kébi Samouîl comme Tendroit ou naquit, habita et fut enterré le prophète Samuel, ce qu'on ne peut toutefois regarder comme certain; mais nous savons que Tempereur Jusr tinien (m. en 565) fit creuser, probablement ici, une fontaine dans le couvent de St-Samuel. Les croisés prirent cet endroit pour Sila et y construisirent une égUae «sur le tombeau de Samuel»; ils nommèrent la montagne monê ç^mdii (M ontjoie), parée qu'ils avaient aperçu Jérusalem de, Biddott pour la première, fois (p. 150). Il y avait Ici au xvi^ s. un beau sanctuaire, lieu de pèlerinage fréquenté. La mosquée actuelle, dans laquelle on peut entrer sans difficulté (par une cour), est ua peu délabrée, mais on en remurque les soubass^nents bien bâtis, qui datent sans doute du temps de la domination franque; l'abside est exhaussée. Une porte à l'angle "S.O. donne entrée dans un bâtiment qui a deux grandes fenêtres en ogiVe , dont l'une est murée. Le tombeau est dans la partie O. de l'église, mais on ne le montre pas volontiers, quoiqu'il soit sacré à la fois pour les juifs, les chrétiens et les musulmans; le voyageur perd peu à ne pas le voir, car le cercueil et l'étoffe qui l'enveloppe sont certainement modernes. Mais chacun se fera conduire sur le toit de la mosquée, au minaret; la vue y est magnifique et fort étendue. A dr., au N. d'el-DjSb s'élève la colline de B&mallah (p. 344) ; en avant dans le bas, le village de Bîr Kebâla. A l'E., Beit Hanina; plus loin du même côté, la colline de Tonleil el-Foûl (p. 344) ; derrière, dans le lointain , les chaînes de montagnes bleuâtres de la vallée du Jourdain. Au S.E., Jérusalem et le mont des Oliviers. Ensuite, au S., sur une hauteur, Mâr Elyâs; au-dessus, la eime arrondie de la montagne des Francs (p. 272), et plus loin, Betfaléhem. Le village très rapproché au S. est Beit Icsa (p. 148). Au S.S.O., Lifta. Au l'O.lf.O., Biddou. Dans le lointain à TO. on peut voir Ramlé et Jaffa, et apercevoir, quand il fait beau, a la fois la mer Morte et la Méditerranée.

Le village de Nébi Samouîl ne compte que quelques maisons, mais les parois de ses murs taillées dans le roc et les grosses et belles pierres de construction à l'extérieur de la mosquée, au K.E., témoignent d'une haute antiquité. Immédiatement au bas du village, à l'E., et à g. du chemin que nous prenons maintenant, à 1 h. et 5 min. de distance , se trouvent creusés dans le sol rocheux, deux réservoirs d'une haute antiquité; la source qui les alimente est un peu plus au K. Le versant que nous descendons sur une ancienne voie romaine, n'est pas trè» escarpé. A dr. sur le sommet de la colline, DJÔz^ ruine de l'époque des croisades, considérée au moyen âge comme la demeure de Joseph d'Arimathée ; à g., Beit Hanina. Au bout de 20 min., on voit une petite plaine; i5min. plus loin,' une route qu'on laisse à g. — La vallée oh nous arrivons maintenant (10 min.) est le Ouâdi Hanina, nommé ainsi d'après le village situé k l'extrémité de la hauteur entre les deux vallées qui se réunissent ici. On laisse un chemin à g., on passe le lit large et pl^in d'éboulis du ruisseau principal et l'on suit le lit du ruisseau de la vallée latérale pendant 13 min. Ensuite commence une montée raide ; au bout de 8- min., à g. du chemin, des grottes sépulcrales, les tombectux des Juges mentionnés p. 262. A 15 min. de là aboutit à dr. un chemin qui mène directement à el-Koubeibé par Beit Icsa. Il y a d'autres traces de grottes sépulcrales. t)n aperçoit enfin Jérusalem. 15 min. plus loin, prendre le chemin à dr.; à g., la nouvelle colonie des Juifs allemands ; 4 min. après, on passe devant un temple protestant arabe, et marchant encore 5 min., le long des bâtiments russes (p. 260) on se trouve à la porte de Jaffa.

S. Jémsalem,

Arrivé*. Les bagages ne sont plus visités aux portes depuis 1874 parce que 'le gouvernement turc a supprimé les droits à Tintérieur de Tempire.

Hôtels: MxDiTBRBANBAN HoTBL (plan a), près de la porte de Jaffa, immédiatement à g. eii descendant à la rue des Chrétiens (propriétaire Moses Homstein); Damabcub Hotbl (pi. b, propriétaire A, Morcos, dont la voiture fait le trajet de Jaffa); Hôtbl Ecropa (propriétaire Aaron Homstein, frère du sus-nommé); Hôtbl Feil, hors de la ville près de la porte de Jaflfk. Le prix ordinaire est de 1() shellings (en été 5-6 fr.*) par jour, mais on peut traiter à meilleur marché. Second déjeuner à midi précis; dîner à 6 h. i|s; vin de Jérusalem, 1 à 2 fr.; bon vin rouge français, 4 fr. la bouteille. Tout y est généralement bon. La plupart des chambres sont petites, mais on y reste peu.

En dehors des hôtels, on peut trouver un logis à la Casa nu(»>a des /rtmeiseains (pi. c). Pour y aller, prendre la seconde ruelle à g. après la porte de Jaffa; la maison porte une enseigne (v. p. 224). L''hospice des pèlerins, tout à fait séparé du couvent, a été considérablement agrandi en 1873; les salles à manger sont très belles, quoique tout y soit simple. Les lits sont bons et propres. On donne 5 fr. par jour; les personnes sans ressources sont hébergées quinze jours gratuitement, d''une façon un peu plus simple. Les religieux sont pour la plupart des Italiens. — Il y a ensuite Vhospice (xutriehien (pi. e), près de la porte de Damas: on n^a pas de note à payer, mais le voyageur qui le peut donne de même ici 5 fr. par jour, ^hospice des Joatmites (prussien ; pi. d), préféré par les protestants, n''a que 3 on 4 chambres disponibles: mêmes conditions que dans les autres maisons; nourriture simple, mais bonne. — Au [milieu de Tété, beaucoup d'habitants de Jérusalem campent aux portes de la ville, sous des tentes, pour y jouir de Tair frais; on ne saurait cependant conseiller aux voyageurs d^en faire autant au printemps, avant Pâques, car il peut encore faire assez froid, et Ton aura d''ailleurs assez d'occasions de goûter de ce genre de vie; mais on est quelquefois obligé de s''y résigner faute de trouver un logis.

BMtaurants. Il n'y en a pas à Jérusalem, mais on peut prendre ses repas à Thôtel quand on demeure sous la tente. — Il existe deux cafésbrasseries tenus par des Allemands: Lendholt^ près de la grande entrée £. des bâtiments russes, et Bchraffi^ dans la colonie au S. de la ville; confiserie et spiritueux chez Lendholt et Bâcher.

Via, chez Duisberç et 0(e, à la porte de Jaffa. La maison Duisberg, fondée par Spittler de Bâle, mérite d'être particulièrement recommandée ; le voyageur y trouve tout ce dont il peut avoir besoin. Cette maison est encore connue sous le nom de «Spittler». Vins de Jérusalem chez Baper, à l'hospice des Joannites, et chez Kirchner (ami du Temple), à 1 fr. environ. On voit quantité de cabarets dans la rue des Juifs, prolongement de la longue rue du Bazar, au S. (p. 223). Le vin, 'généralement de Chypre (commendariyé) s'y vend au poids: les bouteilles coûtent 20 cent.; qu'on les fasse bien nettoyer avant le remplissage.

Oafés arabM. Il y en a un grand nombre « mais ils ne sont pas fréquentés par les étrangers; un des meilleurs est mentionné p. 228*

îtonnaiea oonrantes, v. l'introduction p. 11.

Banquiera. La Banque Ottomane, qui est en relation avec la plupart des maisons de banque étrangères, a une agence à Jérusalem, la maison Frutiger et Cie (autrefois Spittler), à la porte de Jaffa (pi. 1 ; C 4) : entrée par la ruelle derrière le magasin Duisberg. On peut aussi s'adresser à la maison Berçheim (pi. m ; D 4). Les maisons israéiites d'Europe émettent souvent des lettres de crédit sur Valero, rue de David (pi. n ; D 4).

Pour de la petite monnaie, dont on doit toujours être bien pourvu, on trouvera des changeurs au bazar; mais il faudra bien faire son compte, car le calcul en fractions de piastres donne facilement lieu à des erreurs.

OoBSQlltts. L'autorisation de visiter la mosquée ne s'obtient que par l'intermédiaire du consulat. En cas de difficulté, s'adresser à la chancelerie du consulat, où l'on donne volontiers des renseignements. — Consulat d'Amérique, no 14 sur notre plan; titulaire, le colonel Wilson; —

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