‹ Palestine et SyrieChapitre 62 sur 119 · De Jaffa h Ramlé par Lydda^ tn 4 h · texte numérisé non relu

De Jaffa h Ramlé par Lydda^ tn 4 h

Ce chemin est plus long que le précédent de */*^ h.; mais Lydda mérite une visite, et Ton devra y passer, soit en allant, soit en revenaat.

On suit le même chemin que ci-dessus jusqu'à la fontaine pids de Yâzoûr, à 1 h. de Jaffa (v. p. 140), et Ton tourne à g., au S.E. Au bout de 15 min. , on voit à g. 1« village de Sâkiya (c.-à-d. «machine à ^Qever Veau») ; 17min. plus loin, le chemin passe à g. de Beit Dedjan. Il est possible que le nom de cette petite localité ait quelque rapport avec le nom antique de «Dagon», le dieu national des Philistins (v. p. 331}; mais ce n'est que depuis Tère chrétienne qu'il est question d'un lieu du nom de Beit Dedjan, «maison de DagoU'). Ensuite, après 25 min. de marche, toujours entre des champs fertiles , nous atteignons le village de JSaflrîyé (à g. J, dans lequel on a voulu retrouver Sariphcea^ lieu connu comme siège d'un évéché en 536. Un chemin conduit d'ici à Ramlë, dont nous apercevons bientôt la tour (p. 141) à dr. Au N. dans la plaine se montrent quelques villages : Kefr ^AfMj l'antique Ono, de la tribu de Benjamin (I Chron. yiii, 12; Néh. xi, 35); Yéhoudîyé; plus à TE., Kefr DjénU et el-Kéntaé (^église) ; sur les contre-forts des collines au N. , et'Ttré, Deir Tarif et Beit héhâla. Au bout de 40 min., nous arrivons à des haies de cactus, qui, 20 min. après, font place à un bois d'oliviers (ne pas prendre le chemin & g.). Ensuite on arrive à des pierres tumulaires et l'on est en 4 min. à la petite ville de Lidd ou Lydda.

Histoire. — Lôd de TAncien Testament fut un des lieux habités par les Benjaminites après la captivité de Babylone. La Bible en fait souvent mention dans ses écrits plus récents. C'est Tendroit où St Pierre guérit le paralytique (Act. des Ap. ix, 32). Quoique brûlée du temps de Néron par Cestius Gallus, la ville de Lydda redevint bientôt assez importante pour être le chef-lieu d'un district de la Judée. Plus tard, elle devint célèbre par une savante école de rabbins. Les Romains rappelèrent Diospolis^ mais elle conserva son ancien nom, comme nous le voyons par la liste de ses évêques. Il s'y tint en 415 un concile devant lequel parut l'hérétique Pelage. Lydda perdit de son importance à partir de la fondation de Ramlé; mais les croisés en rétablirent cependant l'évêché. Saladin la détruisit complètement en 1191. Relevée de ses ruines, elle fut de nouveau ravagée par les Mongols en 1271 , et depuis elle n'a pas retrouvé son ancienne prospérité, bien qu'elle soit toujours située sur le principal chemin des caravanes entre l'Egypte et la Syrie.

La seule chose digne d'être vue à Lydda, c'est son église 8t- QeorgeSj au S. de la ville. Saint Georges, le vainqueur du dragon, figure de très bonne heure dans l'histoire de Lydda. D'un autre côté, d'après une tradition orale bien authentique de Mahomet, Jé9U8 doit, à la fin du monde, tuer l'antechrist à la porte de Lidd. Il y a là une analogie évidente avec la légende de St Georges. Dans les premiers temps de l'ère chrétienne, une église s'élevait déjà audessus de la sépulture du saint; les croisés y trouvèrent un «splendide tombeau», mais l'église était détruite. U est de nouveau question au milieu du xrv« s. d'une église qui est en ruine au commencement du xv«. Deux siècles plus tard , il est parlé de la construction d'une église à Lydda par un rai d'Angleterre. De nos

144 RouUS, LYDDA. De Joffa

jours les Grecs se sont emparas des raines du monument et Pont restauré il y a quelques années. L'église était grande, large et ressemblait beaucoup à celle de Sébas(îyé (Samarie, p. 360). £lle avait trois absides et trois nefs, celle du milieu plus élevée que les autres. Les absides de l'ancienne église, qui date probablement du milieu du xii^ s., existent encore ainsi que quelques arcades et des pilastres à TO. Il y a de petites colonnes accolées aux piliers carrés de la nef. Le plafond est restauré avec peu de goût; on distingue au premier coup d'œil les pilastres anciens des modernes. La crypte sous Tautel est également restaurée ; il en fut question de bonne heure , puisqu'il est dit qu'elle contenait le tombeau de 8t Georges. Cette église était déjà divisée au xy^ s. ; on construisit à sa place une mosquée et un minaret. S'adresser, pour se faire ouvrir l'église, au couvent grec, qui n'est habité que par un geul moine, et dans les belles salles duquel on peut se reposer et se rafraîchir (1 fr. pour le tout).

Après avoir passé devant l'église et la mosquée, prendre, pour aller à Ramlé, le premier chemin à g.; il est d'abord étroit, mal pavé et assez souvent sale, mais on le quitte bientôt pour arriver sur un chemin sablonneux et à des tombeaux, à g. Au bout de quelques minutes, on rencontre un chemin qui débouche à dr. La contrée est admirablement cultivée et couverte d'oliviers , de figuiers et même de quelques dattiers. Sur la hauteur, le village de Djimzou (p. 149) ; au S., 'EnnâbéÇy. ci-dessous). 18min. plus loin un ouéli (cheikh 'Abd er-rahmân) ; à g., un olivier qui est très vieux. A 23 min. de là, on passe entre des haies de cactus ; on aperçoit quelques minutes plus tard, à dr., une petite mosquée en ruine, et l'on atteint immédiatement après la route de Ramlé, à 70 pas environ à TE. de l'hôtel Frank (v. p. 140). On n'a pas à craindre de se tromper de chemin, car on a pour s'orienter les tours, c.-à-d. les anciens minarets de Ramlé et de Lydda.

B, De Bamlé à JéruBalem.

Page 1