‹ Palestine et SyrieChapitre 71 sur 119 · Chemin descendant au sud dans la vallée. Le groupe de · texte numérisé non relu

Chemin descendant au sud dans la vallée. Le groupe de

(Porte d4

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deJ^miaUm. UONT DES OLHIsRS. Route 4. 233

l bitiments qni est &d S. du minaret, & uae entrée h l'O. Aisnt d'y . ■rriiei, un «hemln i dr. descend k Oeths^man^. Imm^diMement ï g. de l'entrée, se trouve la place où Ui dlaciplea fominUrent, diton, la eonftisiiM de foi apottolïque. La traditloa enr l'enilroit dû l elleseflt,ïpsBs£âe lïTlUeïceltea; auiv«8.,llB'ytronva)t une . ' église dédiée à St Mue. Aujourd'hui, ce sont àei voûtes dont le toit forme une terrasse peu éleneê au-desans du sot. Sur lea calés, le , tronTeut des niches qui portaient jadis 12 arceani; deui u^lves existent enrore à la ^tlte face du N, — Le gardien auquel on s'adresse ponr Tialter l'église de Notre Père, demeure k. dr. (I^.). On traverse la conr, puis on tourne k g. après avoir monté un large ' escalier. L'habitation du chapelain s'élève su N. contre le mur \ d'enceinte (k g.). I.a tradition montre à dr. un endroit oi) Jésus ' aurait enseigna le Pater k ses disciples. Ce récit, suivant k de vagues traditions, n'a été appliqué k ce lien qn'au tempa des crol- ; sades ; Pierre d'Amiens y tint un discmirB Pt une éRlise y fut bâtie. Une dame riche, Mme la princesse de la Tour- d'Auvergne, comtesse de Bouillon et parente de Napoléon 111, y a fait eonstruire en 1868 une nouvelle église ressemblant k un Campo-.'^anto. Autour d'nne belle cour sont des galeries coq vertes, t l'intérieur desquelles on voit 31 tables portant le >Pater> en autant de langues dif- I férentes. La princesse, qui vit encore , s'est (ait (aire au S. un 1 tombeau, svec une statue de grandeur naturelle. ~ En sortant, on ' prend la dr. ; le cbemln monte k un couvent de Cannéllles (5 religieuses] ; en se dirigeant encore k dr. on arrive par une porte qni ; est k l'angle, k une vaste église neuve occupant tout le cité S. de 1» ' conr du couvent. On a déposé dans le portique de l'église des inti- \ quités trouvées en creusant les fondations, entre autres un cercueil ^ de plomb et beaucoup de fragments de mosaïques.

A l'E. de ces blitiments, se trouve le bel édidce dit la maiion mue, dont la construction amena la découverte de mosa'îqnes inl^ ressantes et de tombeaux avec inscriptions en ancien arménien, i formées de mosaïque. Mons descendons maintenant dans la vallée I par le chemin qui est le plus au ' S. (vers le S.O.). Arrivés k l'endtoitoù ce chemin faitune courbe au N.O,, nous nous en écartons , de 50 pas pour aller au S. 0. visiter ' ce qu'on appelle les tembeanz de» FrophitM ou le pclfl labyrinthe. L'entrée(j>l. s) est iaslgniflaute; en descendant quelques marches, et «pria «Tolr suivi une voûte basse taillée dans le roc, on se trouve d'abord dans une rotonde (pi. 1) qui est éoUlrée pai le haut. De la rotonde, pénètrent , dans la montagne quelques galeries disposées en rayons, et oelles-

234 Route 4, CAREM ES-SAYYAD. Environs

ci se trouvant couples par deux autres en hémicycle , il en résulte de gros piliers naturels ayant jusqu'à 30 m. de tour. Ces galeries sont en partie comblées et le sol en est inégal. Dans la paroi de la galerie extrême sont pratiqués environ 25 tombeaux en forme de fours à cercueils (p. 123).

Une autre galerie au N.O., conduit par quelques marches à une chambre latérale (pi. 2} ; mais on ne peut aller jusqu'au bout de cette galerie (il faut apporter de la lumière). Ce sont là de très beaux spécimens de grottes sépulcrales antiques. La façon grossière dont elles sont creusées annonce une haute antiquité; mais il n'y a aucun témoignage historique que des prophètes aient été inhumés ici. La forme des fours ou cases à cercueils (kôktm) prouve qu'ils datent de l'époque juive. Les Israélites ont ces tombeaux en grande vénération ; cependant il s'y trouve des inscriptions grecques qui prouvent qu'on s'est de nouveau servi de ces excavations du moins à l'époque chrétienne.

A quelques pas au S. de la courbe du chemin, on arrive à une ouverture étroite pratiquée dans le roc, et par celle-ci , dans une petite chambre sépulcrale qui contient une série d'auges où les morts qu'on y découvrit en 1847 étaient encore intacts et recouverts de chaux. Il y a encore à l'O. une chambre grossièrement creusée dans le roc et renfermant neuf fosses à côté les unes des autres. Plus à l'Ë. près de là, une autre chambre sépulcrale remarquable.

2. Du sommet du mont des Oliviers au nord. De ce côté, à un petit quart d'heure de distance, se trouve une cime secondaire de la montagne, à g. du chemin qui conduit sur la croupe au village de ^Uaoutyé (p. 340). Cette cime s'appelle maintenant le Carem es- Çayyfcd (vigne du Chasseur), Oalilée ou Viri OalUaei. Ce dernier nom lui vient de! ce que la tradition fixe en ce lieu l'apparition aux disciples des deux hommes vêtus de blanc après l'ascension -j*. Cette tradition remonte jusqu'au xm^ s., mais elle ne s'est précisée que depuis le xvi^ s. On a aussi appliqué à cet endroit un passage de St Mathieu (xxvi, 32), où il est question d'une apparition de J.-C. Les Galiléens y avaient, dit-on, des réunions. On voyait, jadis ici de grandes ruines ; quelques pèlerins y mentionnent même un village. Un misérable bâtiment en ruine, au sommet de la colline, appartient actuellement aux Grecs. Le coup d'œil sur Jérusalem est encore plus beau d'ici que du point ci-dessus mentionné.

Nous pouvons maintenant faire le tour de la vallée du Cédron, en suivant toujours la croupe de la montagne. La vallée s'élargit peu à peu, le versant devient plus escarpé j il s'appelle ^Akabet es- Sououân à l'endroit où la montagne tourne au N.O. Nous arrivons ainsi sur la route qui conduit de Jérusalem à ^^nata (R. 13). De ce point la vue de Jérusalem est intéressante en ce qu'on s'y

t . . . Hommes de Galilée , pourquoi demeurez-vous là regardant les cieux? Ce Jésus qui du milieu de vous s'est élevé dans le ciel, en reviendra de la même manière que vous Vy avez vu monter (Âct. des Ap. i, 11).

de Jérwalem, TOMBEAU D'ABSALON. Route 4. 235

rend très bien compte de la situation de cette ville sur une croupe rocheuse, et que le lÂur dentela du N., qui rappelle une forteresse du moyen &ge, les tours, les nombreux minarets et les mosquées se dessinent admirablement. Cependant plusieurs monuments, entre autres le Harâm, sont déjà beaucoup trop loin du regard.

On atteint en une petite demi -heure Tangle N.E. de l'enceinte de la ville , en laissant à g. un chemin qui descend dans la fertile vallée de Josaphat. La vieille tour de T angle N.O. s'appelle BourdJ LakUik (tour des cigognes). D'anciens tombeaux se trouvent près du grand pignon de Kerm ech-Cheikh. Une tour en saillie entre l'angle N.Ë. du mur et la porte de Damas, était autrefois elle-même percée d'une porte que les chrétiens appellent depuis deux cents ans la porte d'Hérode ; les Arabes la nomment-ils Bâb esSâhiri. — Pour la porte de Damas et les antiquités voisines, v. p. 255.

De la route de 'Anata, on peut atteindre par les hauteurs celle de Naplouse (Nâboulous). A l'E. de cette route, près de l'endroit que les Arabes appellent Aféeftârt/ (hauteurs), doit se trouver le SoopuB, où campa Titus avec ses légions.

3. Enfin deux chemins conduisent à Vest du mont des Oliviers à Béthanie (p. 274). On a trouvé, il y a peu de temps, entre le mont des Oliviers et Béthanie des ruines et une pierre portant des fresques, qui prouvent qu'à l'époque des croisades, c'était ici qu'on cherchait le village de Bethphagé (Marc xi, 1). On atteint le village en lô min. environ; le retour à Jérusalem prend 40min. (v. R. 7.).

n. Vftllée du Oédron. — A l'O. du jardin de Oethsémané un chemin descend dans la vallée. Il se bifurque à peu de distance ; par la g., on va aux tombeaux juifs (p. 237); par la dr., au pont inférieur. On arrive aussi à ce pont en longeant l'enceinte du Harâm, à partir de la porte St-£tienne jusqu'à la porte Dorée et ensuite par une conversion à g., dans la vallée. Le premier tombeau que nous rencontrons à g. du chemin est celui qu'on appelle le tombeau d'AbialoiLy en arabe Tantoûr Fif'aoun (bonnet de Pharaon). Ce monument est un grand cube ayant 6 m. de chaque côté à la base et 6 m. 50 de hauteur. 11 est taillé dans la paroi du rocher et se trouve dégagé de trois cotés et isolé du roc dans lequel il a été taillé, par un passage de 2 m. 60 à 2 m. 90 de large ; à l'E. cependant, 11 s'enfonce dans les décombres. Comme le rocher environnant n'était pas assez haut pour qu'on y taillât un cube d'un seul bloc, on a construit sur cette base massive un complément de forme carrée, en grosses pierres de taille. Au-dessus s'élève un tambour surmonté d'une sorte de flèche basse dont l'extrémité s'élargit un peu , de façon à imiter une fleur qui s'épanouit. Ce monument, d'un aspect singulier, mesure 14 m. 60 au-dessus des décombres. De chaque côté du massif se trouvent quatre demi -colonnes à chapiteaux très saillants, d'ordre ionique; ceux de la face occidentale sont les mieux conservés. Us supportent, avec les pilastres

236 itoutt i. TOMBEAU DE ST JACQUES. Envinmi

daa HDglee une frisa et una architraie d'oidie doriiiae. L'antr^e propTement dila de l'édifice eat obstruée, m&ts on peut se gllaaet â l'intérieur pu un trou qui est lu N.

Cette construction porta le nom de tombeau d'Absalon d'après an psauge du 11« livra de9 Kols ivm, 18 f, et elle est mantioiinde pour la pramièta fois l'an 333 de iiotte ère. Toutefois let opinions demeo rirent putsgdes jusqu'au STi» s.

ir le vrai aom de ce monument et des itrea qui ae trouieut ici. Les atneents, surtout les chapiteaux ioniques, inoncent que le tombeau date de l'époque gr jco-romaine ; mais la cliambre est peut-itre plua ancienne et les oiuamenta peuvent y avoir été ajoutas plus tard. En sou- Tuiir d'Absaloii et de sa d^sobi^issaiice envers son pire, les Juifs avalent coutume de jeter des pierres contre ce monument.

Derrière ce tombeau , ï la paroi perpendiculaire du rocher, i l'E-, ae trouve le tOHbmi de Josaph&t. Venixéo eu est large, mais elle est en très grande partie obgtruée ; on voit au-dessus une sorte de pignon. L'intérieur est irtéguliet. La première chambre (pi. 1) communique par des portes avec trois chambres latérales, dont celle du 8. I^pl. 2) donne encore aur une sorte de caveau supplémentaire il deux ailes (pi. 3). Des trace» de crépissage et de peintures ï fresqne font supposer que la chambre principale a servi autrefois de chapelle chrétienne. Peut-être eat-oe la chapelle qui, du temps des roïa latins, renfermait le tombeau de St Jacques. Un trouve parfois dans la chambre du foud des conrroies h prières etdee bandes de parchemin endommagées que les juifs jettent par une ouverture du plafond.

En montant vers le S.

par la colline rocheuse, on arrive, au bord du rocher, k une entrée pareille k celle d'un puits de mine, et dont le sol forme nu plan très incliné qui recouTre d' anciennes marches. On parvient par ce couloir au tOi»b««E d« Bt JMquw, qui est situé Juste en face de l'angle S.E. de la plate-forme du temple. Cotte

t Of, AbiBlon avait dietié pour lui, quand il vivait, n

de Jérusalem. SILOÉ. Boute 4. 237

excayation qui a aussi une entrée au S., consiste en une sorte de galerie ayant à VO. une ouverture de 5 m. de large (pi. 1). En avant, du eôttf de la vaUëe (pi. a), le plafond est support4$ par deux colonnes doriques de 2 m. 30 de hauteur, flanquées de deux pilastres qui se relient au rooher. Au-dessus règne une frise dorique à triglyphes ; il y a une inscription en h^reu au-dessus de la corniolie. Cette galerie est suivie d'une salle à TE. (pi. 2), d'où Ton entre dans une autre salle qui suit la même direction (pi. 3), et où sont trois fours à cercueils de profondeur différente; on monte par un escalier dans une petite chambre au N.E. (pi. 4). Au N. de la ehamhre n^ 2 s'en trouve également une avec trois fours à cercueils (pi. 5) et au S. une galerie (pi. 6) avec un banc taillé dans le roc , où l'on monte par trois degr<^s et au-dessus duquel sont quatre fours à cercueils. La «grotte St- Jacques» est surtout vi^nérée des chrétiens parce que St Jacques s*y serait réfugié lorsque Jésus eut été arrêté et y serait resté sans manger jusqu'au jour de la résurrection de son maître. Cette tradition remonte au vi<* s. , de même que celle qui veut que l'apôtre soit enterré au mont des Oliviers ; ce n*est que depuis le xv^ s. qu'on place ici son tombeau. Les frères prêcheurs y demeurèrent, dit-on, quelque temps ; plus tard la grotte servit de bergerie, usage auquel elle sert parfois aujourd'hui.

Du vestibule de la grotte St-Jacques, un passage conduit vers le S. à un quatrième tombeau, la pyramide de Zaeharie. Selon les chrétiens, c'est le Zaeharie mentionné dans St Mathieu (xxin, 35) ; selon les Juifs , c'est celui du II® livre des Chroniques (xxiv, 19 et suiv.). Ce monument ressemble à celui d'Absalon , mais il est moins haut (9 m.) et taillé tout entier dans le roc vif. La manière dont cette taille a été faite est des plus curieuses ; on voit encore au S. des trous dans lesquels furent placées sans doute les pièces de bois de l'échafaudage des ouvriers. Le monolithe mesure ôm 20 de chaque côté; ses faces sont ornées de chapiteaux et de demi-colonnes ioniques, tandis qull y a des pilastres carrés aux angles. Au-dessus régne une corniche sans ornement et plus haut une pyramide tronquée. Une multitude de noms hébreux sont écrits sur ce monument sans entrée. La tradition qui concerne tous ces tombeaux est incertaine ; ils remontent sans doute à l'époque grécoromaine.

Au-dessus de ces monuments , à l'Ë. , toute la montagne est couverte de pierres tumulaires juives. Nous en voyons encore en prenant au S. le chemin du village de Siloé (arabe SUouân), où l'on arrive en 4 min. Il est comme collé à la paroi de la montagne , et de face il échappe facilement à la vue parce que ses maisons sont de la même couleur que la roche. Une rue le traverse dans toute sa longueur du N. au S. ; 11 compte en tout 80 maisons, et quoiqu'elles soient fort misérables il en est beaucoup en Palestine qui sont encore pires. Les nombreuses et anciennes grottes de la Décr(^-<

238 RouUé. FONTAINE DE LA VIERGE. Environs

pôle juive qui se trouvait jadis ici, étant aujourd'hui habitées ou transformées en étables, il n'est pas possible d'y faire des recherches exactes. A l'entrée du village , se trouve dans la paroi du rocher à dr. une pyramide monolithe comme le tombeau de Zaoharie ; environnée d'un mur par devant, elle se présente mieux d'en haut. En bas, dans la paroi du rocher se voit une série d'entrées de chambres sépulcrales, parmi lesquelles il y en a de fort bien taillées. Une preuve que ce sont des restes de tombeaux, dont en général la partie postérieure est seule conservée, c'est qu'on y trouve des niches pour lampes. On voit aussi de ces grottes à l'intérieur du village, et même plus loin au S. , en descendant du côté du puits de Job, on trouve une quantité de restes de tombeaux, à g., contre la montagne. Les habitants de Silouàn ont la réputation de se livrer au vol; ils sont tous musulmans. On obtient facilement d'eux avec un petit pourboire qu'ils vous montrent les grottes. Ils vivent de la culture de la terre et de l'élève du bétail ; plusieurs aussi transportent à dos d'âne pour la vendre en ville de l'eau de la fontaine de Siloé ou de celle de Job. Les grottes furent jadis habitées par des solitaires ; le village mrabe n'existe que depuis quelques siècles.

Silouân est situé sur le versant de la sommité S. du mont des Oliviers, laquelle se nomme Baten el-Haouâ ou mont du Scandale» mona offenaionta ou acandaliy d'après le III® livre des Rois (xi, 7). Cependant il n'est pas prouvé que ce soit bien le lieu où Salomon érigea des autels aux faux dieux , bien que la traduction latine de la vulgate en fixe la scène ici. L'ascension se fait en ô ou 7 min. La vue est loin de valoir celle qu'on a du mont des Oliviers proprement dit , néanmoins elle est intéressante surtout vers la vallée de Hinnom. A l'E. s'étend le Ouadi Oattoûn ; à l'O. , la vaUée de Josaphat ; au S. , celle du Cédron ou vallée du feu.

Au N. du village est un chemin qui conduit en 4 min. à la fontaine de la Vierge ; au S. , un autre mène à l'O. en 4 min. à la fontaine de Siloé, et un troisième en 5 min. à celle de Job.

L'entrée de la fontaine de la Vierge, en arabe 'Ain Sitti-Mcuryam ou 'Ain Oumm ed-Déredj (source de l'escalier) se trouve à l'O. des restes d'une petite mosquée ; on remarque au-dessus des degrés un singulier emblème de tailleur de pierres. L'eau coule sous la paroi occidentale de la vallée de Josaphat dans l'intérieur du rocher. On descend d'abord par 16 degrés sous une voûte pour arriver à un palier, puis encore 14 degrés jusqu'au bord de l'eau. Le bassin a 3 m. 50 de long et 1 m. 60 de large et le fond en est couvert de petites pierres. Une partie de son eau s'écoule vers la fontaine de Siloé qui est située plus bas (v. p. 239). Les investigateurs de la Palestine, Robinson, Tobler et d'autres se sont glissés jusque là par la galerie qui les réunit ; elle est très grossièrement faite et d'inégale hauteur, de sorte qu'il faut quelquefois ramper pour y passer. Chose cuiieuse) cette galerie n'est pas droite, mais elle fait

de Jérusalem. FONTAINE DE SILOÉ. Route 4. 239

des sinuosités et présente même de petites impasses, de sorte qull semble qne les ouvriers aient souvent perdu la direction qu'ils devaient suivre. La distance est de 335 m. en ligne droite, la longueur de la galerie de 533 m. Si un touriste voulait renouveler la tentative, il devrait se munir d'une lanterne et se déshabiller; mais c'est une entreprise très dangereuse, attendu que l'eau peut tout à coup remplir le canal. — Le capitaine Warren y a découvert, dans le haut, une galerie qui va en s'élargissant et se termine à l'O. du sommet de l'Ophel en une chambre voûtée de 12 m. de large. Il y avait là des vases, des lampes de verre, etc. , ce qui fait supposer qu'elle a servi de refuge à des Juife au temps de la conquête romaine. La fontaine de la Vierge est une source intermittente, dont les eaux coulent trois à cinq fois par jour en hiver à l'époque des pluies, deux fois en été et une fois seulement en automne. Ce phénomène s'explique comme suit: à l'intérieur du rocher se trouve un profond bassin naturel qui recueille les eaux d'un grand nombre de veines , pour les écouler ensuite par un canal étroit solidement encaissé. Ce canal commence un peu au-dessus du fond du bassin, puis s'élève au-dessus du niveau de celui-ci pour s'abaisser ensuite jusqu'à l'oriflce de décharge. Il fait donc l'office de siphon, c'est-à-dire que lorsque l'eau s'est élevée dans le bassin à la hauteur de la courbe, elle s'écoule jusqu'à ce que le niveau du réservoir soit à la même hauteur que l'orifice d'écoulement. Il y a eu beaucoup de discussions pour savoir quelle source correspond dans l'antiquité à celle de Marie. En faveur du nom actuel, on n'allègue qu'une légende du xiv® s. d'après laquelle la Vierge aurait lavé ici les langes de Jésus ou y aurait puisé de l'eau. Cette source s'est appelée aussi la fontaine du Dragon ou la fontaine du Soleil, et on l'a identifiée avec les sources anciennes les plus diverses. Nous r pensons avec Furrer qu'il faut y voir celle de Qihon, mot signifiant «qui bouillonne» (III Rois i, 33). On a cherché cette dernière à tort, sans doute, au N.N.O. et à 1*0. de la ville (p. 157). Le Gihon ne pouvait être compris dans l'enceinte de Jérusalem. Ezéchias, afin d'empêcher que des ennemis n'en profitassent et l'utiliser pour la ville , fit creuser le canal du côté du Tyropœon, y établit un réservoir et fit fermer la fontaine supérieure (II Chron. xxxii, 30 ; IV Rois xx, 20). Le bassin près du Gihon se nommait aussi l'étang du Roi (Néh. ii, 14). L'eau servait du reste à arroser les \ vergers qui faisaient déjà du temps de Salomon, comlne aujourd'hui, ) l'ornement de cette partie de la vallée. — Un chemin monte au N. de la fontaine de Marie à l'angle S.E. du mur du temple.

La fontaine de Siloé (JAm Silouân; Es. vni, 6) est donc située plus bas, à l'extrémité de la vallée du Tyrojpœon ; elle était jadis à l'intérieur de l'ancienne enceinte, à la porte de la Fontaine (p. 159). Un chemin monte aussi de cet endroit à la ville , d'abord dans la vallée du Tyropœon, sur les cotés de laquelle on voit des vestiges de culture en terrasse , puis à g. vers la porte de Sion ou à dr. vers la

240 lUuted, FONTAINE DE JOB. Envirans

porte des Immondices. Le réservoir de la fontaine de Siloe a 16 m. de long et 5 m. 60 de large ; on voit an N. plnsleurs colonnes qui semblent avoir servi de piller8~l)outants, et il y a aussi un tronçon de colonne au milieu du bassin, le tout provenant d'anciennes constructions. Cette fontaine ^tait v^ner<fe par suite de ce qu'en dit St Jean f ; il y avait Tan 600 sur cet emplacement une basilique avec des bains et au xii' s. un bâtiment qui ressemblait à un couvent. — Il se trouve un canal d'écoulement dans l'angle S.E. du r<^servoir. L'eau a mauvais goût ; elle est saumâtre, mais pas toujours au même degré, ce qui peut provenir de la nature des différentes parties du sol à travers lesquelles elle suinte ; les blanchisseuses et les tanneurs qu'on rencontre souvent à la fontaine la salissent aussi beaucoup. Cette eau se perd dans les jardins du bas de la vallée et ne va plus remplir la grande piscine inférieure de 8iloé à TE. de la piscine supérieure. Le petit ruisseau passe déjà depuis des siècles à côté de ce bassin, dont le fond est maintenant couvert d'arbres. Les Arabes le nomment Birket el-Hamra , l'étang rouge. Très probablement, la vieille muraille de la ville près de la source de Siloé était double; l'extérieure comprenait la grande piscine Inférieure, et l'autre la source de Siloé proprement dite. Au S. du grand étang est un vieux mûrier, entouré d'un tas de pierres destiné à le protéger ; il marque, dit-on, l'endroit où le prophète Ésaïe fut scié en deux sous les yeux du roi Manassé. Les Pères de l'Église font mention de ce martyre ;' mais il n'est question du mûrier que depuis le xvi^ s.

Un chemin descend plus loin dans la vallée ; il mène en quelques minutes à l'endroit où se réunissent les vallées de Josaphat et de Hinnom. On est là sur la route de Mâr Sâba (p. 291) et 2 min. plus loin se trouve la fontaine de Job (Bîr EiyoÛb, nom qui repose sur une légende musulmane stupide et assez récente). Le fond de la vallée du Cédron y est déjà à 106 m. au-dessous de la plate-forme du temple (45 m. à Gethsémané); au N.O. se dresse le versant escarpé de la colline de Sion. Le bâtiment voisin de la fontaine est une vieille mosquée en ruine. Il y a des auges de pierre qui servent à abreuver les bestiaux à côté de l'endroit où l'on puisait de l'eau. Le puits de la fontaine est revêtu d'une maçonnerie et mesure 38 m. de profondeur. L'eau y est d'un niveau très variable, qui s'élève quelquefois, après de longues pluies, au point de la faire déborder. Il est extrêmement rare qu'elle tarisse, et elle est célèbre à cause de sa qualité. Pendant l'hiver humide de 1873-74, il s'en écoula pendant quelque temps un véritable ruisseau dans la vallée du Cédron. — Le nom de fontaine de Job vient des Arabes , les chrétiens francs l'appellent depuis le xvi® s. la fontaine de Néhémie, parce que c'est, dit-on, ici que le feu sacré

t Et il lui dit: Va-t-en, et te lave dans la piscine de Siloé (mot qui signifie TEnvoyé). Il y alla donc, et se lava, et revint ayant recouvré la voe (IX, 7).

de Jérusalem, VALLÉE DE HINNOM. Route 4. 241

fut cache pendant la captivité', jusqu'au retour , où il fut retrouve par Néhémie, Ce qui est conforme à l'iiistoire et, au fond, la seule chose intéressante, c^est que nous avons devant nous la fontaine de Roguel (la source des Foulons) de la Bible, déjà mentionnée dans le livre de Josué (xv, 7 et suiv.) comme marquant la limite des tribus de Juda et de Benjamin. Quand Adonia se fit proclamer roi, il donna ici une fête à ses amis (III Rois i). On a voulu de nos jours reconnaître dans la pierre nommée maintenant ez-ZéhouéU celle qui est désignée III Rois i, 9 sous le nom de ZohéUth; mais il faut pour cela admettre que la fontaine des Foulons était près de celle de la Vierge. — A Të. de la fontaine de Job se trouve une maison dans laquelle on soigne des lépreux (établissement musulman). En suivant d'ici le chemin qui descend dans la vallée, nous voyons à g. dans le roclier des grottes et de grandes citernes. Au bout de 9 min., nous tournons à dr. et nous montons en 8 min. au village de Beit 8à]|^oâr el-^Atlka* Nous y voyons quelques misérables huttes, mais aussi des grottes et une tour qui sert de colombier^ on a trouvé ici beaucoup d'instruments de silex. Nous continuons notre chemin à TE. Plus bas, sur le versant de la colline, une série de grottes qui contiennent des tombeaux à banquettes. Quelques unes de ces grottes ont des portes, présentant des niches et des arcades, et d'autres sont arrondies à leur extrémité. Plus au N.E. de la colline se trouvent de grandes chambres sépulcrales. Les entrées en sont ordinairement bouchées avec des pierres à cause des bestiaux, mais on y Rencontre d'habitude quelques jeunes pâtres qui les écartent. Plus loin à l'E. du côté du vallon on voit dans le sol des traces de pressoirs à huile et une grande grotte sépulcrale. Il y a des tombeaux creusés dans le roc tout le long du côté N. de la colline de Beit Sahoûr. Nous en trouvons d'abord un avec un vestibule et un beau portail;* à côté est une grotte dont l'entrée est fort obstruée. En-dessous, un tombeau considérable, nommé par les Arabes Moffhàret er-Rai>ff; le vestibule donne sur divers caveaux. Plus loin à l'O. on trouve, creusé dans le rocher, un autre beau toinbeau avec vestibule; il a 21 pas de long, et des bancs des deux côtés. La seconde chambre a trois autres portes, donnant sur l'intérieur des grottes (sarcophages voûtés). Il y a encore une foule de tombeaux du même genre dans le voisinage (caveaux et auges sépulcrales). Il est .permis de supposer que la plupart datent de l'époque judaïque. Nous arrivons ici tout près de la route de Har Saba et vis-a-vis d'une vallée qui s'abaisse de la montagne du Scandale. Après 15 min. de marche, nous nous retrouvons au point d'où se détache à dr. le chemin .du village de Silou&n.

. m. Vallée de Hinnom. — Partant de la fontaine de Job, nous tournons à TO. pour aller à cette vallée. Elle est bornée au S. (g.) par le JOjibel Abou Tôr, appelé aussi mont des Tombeaux, montagne du Champ du sang, et le plus souvent par les Francs, montagne du Mauvais-Conseil, L'ascension de cette hauteur se fait le plus commodément du chemin de Bethléhem (v. p. 255) et non du côté N. où elle est fort escarpée. Le nom de montagne du Mauvais-Conseil lui vient d'une tradition chrétienne datant du xiv^s., d'après laquelle Oaïphe aurait eu U une maison de campagne et y aurait délibéré avec les Juifs sur le moyen de faire mettre Jésus à mort.

La vallée de Hinnom sépare cette montagne de celle de Sion. Venant de l'O., elle contourne les côtés S.O. et S. de la ville. Il n'y coule jamais d'eau. Le sol est bien cultivé à certains endroits,

Palestine et Syrie. IQ

242 Rouit 4. VALLÉE DE HINNOH. Environ$

bien qn'ii «bondB en petite» pierres. Cette ï«lWe est raentionntfe danels Bible ï propos dee frontlèrea entre Judi et BeiijamlD (Jos. iT, 8). Son nom signifle proprement >ï»IKe des descendants de Ulnnom»; mais pins exactement gi beni hinnôm, signifie: nvillée des enfantsdn gémissement», obm qnl s'appliquait surtout à U moitié Inférieure, le Ouadi er-Rtbâbi.

C'est dans cette contrée qu'on offrit dans l'antiqnlté des enfants & Maloch ; les rois Acbaz et Uanassé saoriflirent euxœémesleurs propres BU |^1 V Bols ïiin, 10); Vendrait où cela se faisait s'appelait Tophtt, place de U crémation. Jérémie combattit ces atrocités et Josias fit BonlUer le lieu afin qu'il ne servit plus 11 de tels sacrifices.

Longtemps après, il était encore un cbjet d'horreur pour les Jnifs, de 11, dans le Nouveau Testament, le nom de Oéhenna, «bréilation de 'gê bené hinn6mu, pour désigner l'enfer. Le nom actuel de la vallée inférienre du Cédron, la «vallée dn feu. (Ouâdl en-Mr) viendrait-il aussi de It, c'est ce qui n'est pas prouvé. On a confondu autrefois celle de Hinnom avec la vallée supérieure du Cédron, et on l'appeUe aussi, t tort, «vallée de Olhon» Cp. 239). Au lieu de suivre la route dans le fond de la vallée, noua montons sur le versant de la monttgne, %f., k la vieille nécropole. Dn peu après avoiT quitté l'endroit où se réunissent les vallées, nous trouTUiia des tombeaux t g. contre la montagne. Superposés en réalité dans deux parois de rocher,

de Jérusalem. VALLÉE DE HiNNOM. Route d. 243

ils sont tons tailMs dans le roc vif et ont des entrées basses qu'on prétend avoir été munies de portes de pierre. Il y a à l'intérieur plusieurs caveaux de famille. A partir des premiers temps du christianisme jusqu'au moyen âge, ces grottes ont été habitées par des ermites, et plus tard, elles ont logé des familles pauvres ou du bétail.

Ces vieilles grottes sépulcrales , dont un certain nombre sont précédées d'escaliers, ont des entrées souvent bien décorées. Elles ont sans doute servi dans le cours des temps à différentes personnes. Le plan que nous donnons d'après Tobler, n'est malheureuse-' ment pas parfaitement exact.

1. Groupe de chambres noircies à l'intérieur par la fumée, autrefois habitées par des anachorètes.

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