‹ PalestineChapitre 16 sur 98 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Coup d'okil uistorique f.v,v. les différen-*

L'histoire primitive de la Palestine ne nous est connue que par quelques traditions conservées dans les livres sacrés des Hébreux. Ce que nousavons à dire à ce sujet se réduit à un trèsnetit nombre de dates , et il s'agit seulement de présenter, dans un certain ordre, les faits historiques ou traditionnels, disséminés dans l'Écriture sainte, ainsi que les données qui résultent de la combinaison de certains passages. Les peuples qui occupèrent, avant les Hébreux, les contrées dont nous avons donné la description peuvent se diviser en trois races , savoir : les Aborigènes ou les peuples géants, les Cananéens et les Philistins.

A. Les .Aborigènes ou lbs peuples cLvnts.

A côté des Cananéens, établis dans le pays dès le temps d'Abraham (Genèse, 12, G), nous trouvons les restes d'une autre race plus ancienne , que les Cananéens avaient exterminée en grande partie ou forcée d'émigrer. Les différents noms que la Bible donne à cette race, indiquent généralement

' Voy. la paraphrase rlialdalque de Yonathaii arc passage de la Gimôsc, et Bercschith nbbii , ch. 37.

des hommes de haute staUire it d'une grande force ; c'était une race gigantesque devant laquelle les Hébreux u'élaiciil que connue des sauterelles (Nombres, 13, 33) et que les Moabiles appelaient Linim, c'est-à-dire /ormidables (Deutér., 2, 11). Ou la désigne, eu général, sous le nom de Repliaim (ib. v. 1 1 et 20 ), mot que les versions chaldaïque et syriaque, ainsi que la Vulgale, rendent par géants.

Les Kephaïm se divisai^nteu pli: leurs peuplades, savoir : 1" Les liepliaim proprement dits, probablement les descendants de Rapha (2 Sam., 21, V. IG et 18); ils habitèrent le pays de HasAn, et leur capitale était Astharoin-Kaniuïm' (Genèse, 14, .'>). Du temps de Moïse, les Amorrhéens habitaient déjà leur pays; mais le roi Og était un des débris de leur race, et son sarcophage en basalte » qu'on voyait à Rabbath-Ammôn , avait neuf coudées de long et quatre coudées de large(Deut.3, li).IlpossédaitsoixaDte villes fortes, entourées de hautes nmrailles, avec des portes et des verrous, et , en outre, un grand nombre de villes ouvertes ( ib. v. 4 et 5 ). 2" Les Émim, établis dans le pays qui plus tard s'appelait iNIoab, et aussi dans \di plaine de Kiri/at/iaïm (Gen. 14, 5).

3° Les Zamziummim ou les Rephaïm du paysd'Ammôn (Deut. 2, 20). 4»

ïjesZouzimh/Jàm ^, pays inconnu. .5° Les ./nakim ou fils û\tnak , répandus dans les montagnes du pays de Canaan. De cette branche étaient les jSephilim que la Vulgate appelle monstra quxdain de génère giganteo, cl les familles d\Ic/iimany Sésai et Thalmaï, qui demeuraient à Hebron, ville d'Arba l'Anakite "* (ÏNomb., 13, v.

' C'est-à-dire Astliarôth nuxdnix cornes : c'est 11 ville tï.-lsthardtli dans la Pérée; on rappelait ainsi par allusion aux cornes de taureau, emlilème de la déesse Aslarté qu'on y adorait.

' Voy. ci-dessus, page 17.

* Voy. Gené.se, M, ô, texte hébreu; les Septante remplacent ces mois par ê8vTi lax'jç^ â(ia aÔToï; , et la version syriaque traduit dans le même sens. La Vul};atc porte : Zuzim nim cis. Selon les rabbins, iesZouzhit sont les '/jimzummtm.

< Voy. notre Topographie, pageW.

23 et 34). Il y avait aussi des Anakîm h Debir, à Anab, dans toutes les montagnes de Juda et d'Israël , de même à Gaza, Gath et Asdod ( Josué, 1 1 , v. 21,22).

Outre ces peuples de géants, on mentionne encore, comme habitants primitifs de ces contrées : Les Horim ( c'est-à-dire Troglodytes ), qui taient surtout les montagnes de maintenant El-scherah; les Jvvim^ qui habitaient la plaine au S. O. jusqu'à Gaza; enfin les peuplades Kéni, Kenizi et Kadmoni, mentionnées à côté des peuplades cananéennes (Gen.

15, 19). Kenizi et Kadmoni sont inconnus du reste; quant aux Kénites , Bileam les voit d'une hauteur, à côté d'Amalek (Nomb. 24, 21), et il résulte aussi d'un passade du F*" livre de Samuel (15, 6), qu'ils étaient établis parmi les Amalécitcs, au midi de la Palestine. Une de leurs branches s'établit parmi les Hébreux '.

' Gesénius dit dans son Dictionnaire, au mot 'J'p, que, selon deux passages du livre de5 Juges ( l, 16; 4, H), les Kénites descendirent de Hoi)ab, beau-frère de Moïse. Comment alors ce peuple est-il mentionné du temps d'Abraham? Jahn, frappé, sans doute, de cette difficulté, dit qu'il faut distinguer les Kétiites de la Genèse, peuple inc<)nnu, des Kénites mentionnés dans le livre des Juges (5i6Z. Archœologie, 1. 1,1'* partie, p. 194, et t. II , I™ part., p. 87 ). M. Bohlen, dans son commentaire sur la Genèse (p. 182 ), aime mieux citer ce passage comme un de cpux qui prouvent que Moïse n'a pas écrit le Pentateuque. Mais quels qu'en fussent les auteurs , ils devaient connaître l'histoire de leur pays aussi bien que nos critiques modernes, et avoir assez de bon sens, pour ne pas-fau-e remonter les Kchiitcs jusqu'à-^ Abraham et pour ne pas faire prononcer à Bileam, contemporain de Hobab , un oracle sur les Kénites. Le fait est que Jahn, Gesénius et autres , se sont trompée sur le sens des deux passages des Juges, dont il ne résulte nulleluent que les Kénites descendirent de Hobab, mais seulement qu(^ Hobab appartenait au peuple des Kénites. Dans le premier passage (I , JG) on lit: nua'înn >2>p>32T,cequi veut dire : 1rs fils dir Kénile ,' beau-frére de 7V/oise ; dans le second passage (4, II) il est dit que hébcr le Kénite s'était séparé ( du peuple ) de Kaïn , des fils de Hobab , beau- Jrere de Moïse. Ici le texte , en nous disant que Héber était du peuple kénite, nous fait connaître aussi à quelle famille de ce peuple il appartenait, savoir à la famille de Hobab. La construction des mots »i2D V'p'O -3Tn c^t parfaitement analogue à cellequ'on

Les aborigènes de la Palestine, à l'ouest du Jourdain, avaient subi déjà du temps d'Abraham l'invasion de?

peuples cananéens. Les rois de Sodom, de Gomorrhe , d'Adania , de Seboïm et de Segor, dont on ne nous fait pas connaître la race ', étaient tributaires de Kedorlaomer, roi d'Élâm , ou de la Susiane (maintenant le Khouzistan).

Pendant douze années ils avaient supporté le joug ; dans la treizième ils se révoltèrent (Gen. 14,4). Le roi d'Élâm arriva donc, dans la quatorzième année,accompagnédetrois autres rois, ses alliés , pour punir les vassaux révoltés. Chemin faisant, ils attaquèrent et défirent les Rephaïm , les Zouzîm et les Émîm , établis à l'est du Jourdain; ils s'avancèrent même au midi et au S. 0. des villes révoltées et battirent les Horîm sur le mont Séïr, puis revenant par Kades-(Barnéa) et retournant à l'est , ils défirent les habitants du pays d'Amalek, et les Amorites qui demeurèrent à Hasason-Thamar ou Ên-Gadi. Les rois des cinq villes attendirent l'ennemi dans la plaine de Siddîm, où, peu de temps après , par suite d'une éruption volcanique , se forma le lac Asphaltite.

lis furent totalement défaits par Ke-* dorlaomer, leurs troupes prirent la fuite , et périrent en partie , en tombant dans les nombreux puits d'asphalte qui se trouvaient dans la plaine. Kedorlaomer et ses alliés s'en retournèrent avec un grand butin ; mais ayant emmené, parmi les captifs, Lot, neveu d'Abraham , celui-ci se mit à leur poursuite, avec trois cent dixhuit esclaves ^ , les battit et ramena tout le butin et tous les captifs. Les

trouve Nombres, i, 32 : 'il^h ^DV >3aS Q*T2{^./'^*'s Joseph, filiis Ephraïm. — Dans le livre des Nombres (10, 29) Hobab est appelé Midianile, parce qu'il s'était établi parmi ce peuple.

' Il me semble résulter d'un passage de la GeiW-se (13, 12) qu'ils n'étaient pas Cananéens ; car on y distingue la terre de Canaan des villes situées dans les environs de Sodom.

- Josèphe en fait autant de chefs de bande , qui avaient chacun un grand nombre de troupes sous leur commandement. Voy, Guenr des Juifs, V, 9, § 4, édit. de Uaveccamp, t. II, p. 348.

PALKSTINK.

villes (Jo Sodom, Goinorriic, Ad.nn.i cl Scboïin tïiirnt dotruites (|uel(|(ie touips après p.ir la catastroplu' dont nous avons déjà parle dans la partie j;éofi:raphique.

Le pays des Rephaïni à l'est du Jourdain fut envalii, sans doute, par les Aniorites , car on appelle Silion et Os. rois di's .îmoritex ( Deut. 3 , 8), quoique Ou descendit des llephaïni.

lies Kiniin turent dépossédés par les Moabites (il). 2, '.)), et les Zamzionviim par les Ammonites (ib. v. 20).

Les HuiUn furent vaincus par les Kdomites ou Iduméens ( ib. v. 12 et 22); cependant, dans la Genèse (oO, V. 20, 21 ), nous trouvons des tribus liorites à côté de celles des f^domites. Les Acvini furent envahis par une colonie de Caphthorîm ( Deut. 2, 23), qui, comme on le verra plus loin, sont les Philistins; maison-' core du temps de Josué nous trouvons des Avvim à côté des Philistins (Jos. 13, 3). Quant aux ./naki/n, ils étaient encore nombreux et redoutables du temps de Moise : « Écoute Israël, dit Aloise, tu passes aujourd'hui le Jourdain , pour déposséder des nations plus grandes et plus puis- •îantes que toi, des villes grandes et fortiliées jusqu'au ciel; un peuple grand et de haute stature, les enfants des .inakim que tu connais, et dont tu as entendu dire : Qui peut se tenir devant les enfants d'Anak.' » ( Deut.

Josué extermina tous les Ànahbn, à l'exception de ceux qui étaient établis à Gaza , a Gath et à Asdod (Jos. 11, 22). Peut-être le géant Goliath était-il un descendant de ceux de Gath.

Depuis le temps de Josué les noms des peuples géants disparaissent de l'histoire; quelques desvendants de liapha sont encore mentionnés sous David (2. Sam. 21, 10).

B. Les Cananékns

Selon la table généalogique de la Genèse (10, 1j ), Canaan, fds de (Ihaui, ciit onze fils, savoir : Sidon, lieth, Ycbouii, Ktnori , Guirgasi ,

l/iroi, Arlii, Siiii , .Invatli, Scmuri, /Jumathi. Ces noms, a l'exception des deux premiers, ont tous l'article et la terminaison qui, en hébreu, indique la relation de famille ou de race, et il est évident que ce sont les noms de différents peu|)les que la tradition faisait remonter à la même origine et qui se trouvent ici personniliés. Ce sont ces peuples que les écrivains grecs appellent <i''.îi»t/.e; (Phéniciens), en prenant ce mot dans son acception la plus large; il est vrai que les auteurs grecs classifjues ne désignent généralement par le nom de Phéniciens que ceux des peuples cananéens qui liabitaient au nord de la Palestine, mais la version grecque de la Bible le met aussi quelquefois pour les Cananéens de la Palestine dé|)ossédés par les Hébreux '. Or, Hérodote (liv. I, ch. 1) nous apprend que, d'après les historiens des Perses, les Phéniciens étaient venus de la mer Iiou(/e s'établir sur les cotes de la Méditerranée. Dans un autre endroit ( I. 7, ch. 89) Hérodote rapporte que les Phéniciens disaient eux-mêmes avoir anciennement habité sur la mer Rouge. Mais ce qu'//e/o(/o^e api)elle la mer Rouge (KjijOfifî OaXauax) est tantôt tout l'océan austral, d'où sortent le golfe Persiqne et le golfe Arabique, tantôt, dans un sens plus restreint, l'un de ces deux golfes. Les opinions sont donc divisées sur les deux passages que nous venons de citer : les uns prétendent qu'Hérodote parle ici de ce

3ue nous appelons la mer Rouge, ou u golfe Arabique; les autres, s'appuyant de l'autorité de Strabon, qui dit expressément (jue les Phéniciens vinrent du golfe Persique à la Méditerranée , pensent, avec plus de vraisemblance, que c'est de ce même golfe que parle Hérodote '. Quoi qu'il en

' Par exemple Josué, 5, l : ot (îadiXei; Trj; Ootvîxr,;, et V. 12 : èxapniaavToôèTi^vxwpav Tiûv «l'oivixwv.

' Voy. a w sujet Rilter, Erdkunde , t. Il, p. 16;J(l''^- t-dilioni. L'ar^iimciU ()uc Rillrr tirette i|uel(]ueà villes iioiuoin ini'S que l'on trouve sur le (;olfe Persi(|ue et tlaiis la Fliéiiicie, ti'lles (|ue. Tyriis, Arailus, ne proUNerail rieu à lui seul ; car ces villes du golfe Per»i-

L'UNIVERS

soit, ce qu'il nous importe de constater ici, c'est que les Cananéens n'étaient pas indigènes en Palestine et qu'ils y étaient venus d'un autre pays'. Les anciennes traditions ne nous t'ont pas connaître Tépoque de cette migration des Cananéens, mais elle a dû avoir lieu environ deux mille ans avant l'ère chrétienne, car lorsque Abraham vint en Palestine les Cananéens y étaient déjà établis ^.

Sur" les onze peuples descendus de Canaan, six s'étaient établis au nord de la Palestine, où ils avaient fondé des villes, savoir : Sidon ( les Sidoniens) sur la côte de la Méditerranée; Arki, à Arca, au nord deTripolis; Sini, probablement au S. O. du Liban, où se trouvait, selon Strabon, une forteresse appelée Slnna ^ ; Jrwadi sur la petite île à'Aradus ; Semari, probablement in-Simyra, près

que pouvaient être des colonies phéniciennes. Mais les historiens des Perses que cite Hérodote nous indiquent plus naturellement le ijolfe Persique. Celte opinion s'accorde aussi avec les traditions bibliques sur les migrations des peuples, qui se font de l'Asie centrale vers l'ouest.

I Ce fait se trouve aussi conlirmé par Juslin, l. 18, ch. 3 : '< Tyriorum gens condita n Phœnicibusfuit, qui terrœ motu vexnti, relicto palriœ solo, Assyriitm staynuia priino, mox mari proximum littiis incolucrunt. » L\issyrium stagnum est, sans doute, le lac Asphalti te, ou celai de Génésareth.

■ Le texte de la Genèse (12, 6) porte » jyjDm T?1ï<3 ■){<, le Cananéen (était) alors dans tt'pnt/s. Le mot fî^, alor.^, peut s'expliquer ad ribitinn par déjà ou par encore. Déjà Ibn- Ezra, célèbre rabbin espagnol du I2'ne siècle, a remarqué qu'il vaut mieux adopter le sens de déjà , et supposer que les Cananéens avaient enlevé la Palestine à d'autres habitants plus anciens, et il fait entendre en même temps que, si on traduisait encore, on pourrait inférer de là que Moïse n'est pas l'auteur delà Genèse. Les paroles obscures dont Ibn-Ezra a enveloppé sa pensée ont été longuement commentées par Spinosa {Tract, theologicopolil., cap. 8), et les critiques modernes se sont emparés de ce passage de la Genèse pour prouver que Moïse n'est pas l'auteur de ce livre. Mais le sens de encore ne nous étant nullement démontré, nous n'hésitons pas à nous ranger du côte des partisans du déjà ; les philologues et les historiens jugeront si c'est là abuser du langage et de V histoire ( comme le prétend M. lJonlen(£>te Genesis, p. 1C2.)

^ Stral). 1. 16, c. 2, § 18. Voy. aussi saint Jérôme, Quasi, in Geues. X, 17.

d'Antaradus à l'ou-est du Liban ' ; //aniathi à Hamath (Epiphanie ) en Syrie. Nous n'avons pas à nous occuper ici de ces peuplades qui appartiennent à la Phénicie proprement dite , ou à la Syrie.

11 nous reste cinq peuples cananéens établis en Palestine; savoir :

1° \eslléthites, 2°, les Yebousites {on Jéhusites) , 3° les Émorites (ou Amorltes), 4° les Guircjasites , .5" les Hivvîtes (ou Héviles). A côté de ces cinq peuplades nous trouvons encore mentionnés : 6° les Canaa7iUes (probablement d'un autre Canaan, descendant de l'un des onze fils du premier Canaan), et 7" les Phériziles, qui ne formaient peut-étrt pas une tribu particulière, mais qui étaient en général les campagnards ^. Ce^ont là les sept peuples que la Bible mentionne comme habitants du pays et que les Hébreux devaient expulser ^. Voici sur ces peuplades quelques détails géographiques et historiques.

1° Les Héthites demeurèrent dans les montagnes (Nomb. 13, 29>, surtout dans les environs de Ilëbron.

C'est là que, après la mort de Sarah, Abraham s'adresse aux Héthites pour acquérir un tombeau de famille ( Ge»

nèse, ch. 23). Ésau épousa detPx femmes héthites (ib . 26 , 34). Nous trouvons les restes de ce peuple encore longtemps après l'invasion des Hébreux. Le malheureux Uria, l'un des généraux de David (2. Sam. 23, 39) et mari deBathséba, était Héthite; dans le harem du roi Salomon se trouvaient des femmes héthites (I Rois, 11 , 1).

Le mot Héthites se trouve quelquefois pour Cananéens en général (.les.

1 , 4) , et c'est sans doute dans ce sens qu'on mentionne encore des rois des Héthites 4 , après que les derniers res-

' Voy. RosenmûUer Archéologie, t. Il,

lière pattic , p. 9.

^ Le mot hébreu Pherizi ou Phernzi désigne, selon son étymologie, un habitant de la campagne ou des villes ouvertes.

3 Voy. Deutér. 7, l; Josué, 3, lO. Dans d'autres passages on se contente d'en nommer une partie seulement.

4Voy. IRois, lo,29;IIChron. 1, 17; IIRois, 7, G. Aux rois des Héthites, mentionnés dans

PALESThNK.

tes de ce peuple eurent M: subjugués par Salomon.

2» Les Jébusiles ou Yebousites étaient établis (laiis la ville de Jérusalem et dans ses environs. Jusqu'au temps de David i'. restèrent maîtres du tort de Sion , et même après la perte de eeforl, ils demeuraient en paix parmi les Hébreux; David acheta d'un J fbiisite, nommé Aravna, la place où SJlomon lit bâtir le temple (2. Sam. 24, 16 etsuiv.)

3° Les Jmorites, de hatite stature comme les cèdres, et forts comme les cliénes (Amos, 2,9), occupèrent, .comme on l'a vu plus haut, les environs d'En-Gadi, à l'ouest de la mer Morte.

TS'ous les trouvons aussi dans les montagnes (Nomb. 13, 29), et même jusque dans les en\ irons de Yafo et de Yabné ; car on lit da^s le livre des Juges (1, 34) qu'ils forcèrent la tribu de Dan de rester sur les montagnes et ne la laissèrent pas descendre dans la plaine. Il parait que les Amorites étaient les plus puissants des habitants des montnenos; c'est jjourquoi ceux-ci se trouvant quelquefois désignés en général sous le nom tWtmori/es {Jos. 5, l; 10, 5), qui s'étend même à tous les peuples de Canaan (Genèse, 15, 16; Amos, 2, 10). Les montagnes de la Judée sont appelées montagnes des. /morites {Deut. 1, v.

7, 19 et 20). A l'est du Jourdain, les Amorites avaient fondé, avant le temps de Moïse, deux royaumes : l'im dans le RasSn, au nord "du Yabbok , ayant pour capitales Aslharoth et Èdréi; l'autre entre le Yabbok et \\4rn6n , dont la capitale était Hesbôn '. A l'arrivée des Hébreux sous Moïse, le royaume du nord était gouverné par le'roi Og, celui du midi par le roi Sihôn, qui avait arraché ce pays aux Ammonites » et aux Moabitês.

Un antique poème dit : « Un feu est « sorti de Hesbôn , une flamme de la

le dernier passage , Josèphe substitue le mi des Iles. Anliqu. I.\, i, 5.

' Voy. sur les llniiles et les villes de ces royaumes notre Topographie de la Pérée.

' Trois sÎHclos après, les Amnaonites firent encore valoir leurs tlroils sur ce pavs. Voy. Jiujesy 11 , 13.

» ville de Sihôa , qui a dévoré Ar (la « ville) de Moab, les maîtres des hau- « leurs de l'Arni'iri. Malheur à toi, « Moab! tu es perdu, peuple de Ca- " môs ; on a rendu ses Jils fuyards, « et ses liiles captives du roi d'Amori, « Sihùn. » (Nomi)r. 21 , v. 28, 2'.),i.

Les deux rois furent vaincus par Moïse, comme on le verra dans l'histoire des Hébreux.

4° Les (jitiryasites ou Gergesites.

Il ne résulte d'aucun passage de la Bible de donnée certaine sur les lieux qu'habitaitcette |)eup!ade ; mais, cequi est certain, c'est qu'elle demeurait parmi les autres peuples cananéens à l'ouest du Jourdain. Selon quelques éditions des Évangiles (Matth., 8, 28), nous trouvons le territoire des GergeséensQwGergesites à l'est du lac de Tibériade ; mais le mot rep-ciTrivwv n'a été placé ici que par une simple conjecture d'Origene , qui ne s'ajjpuie sur aucune autorité plus ancienne'.

5° Les IJévites étaient établis principalement au pied du Hermon ou de rAntiliban(Josué, 11, 3; Juges, 3, 3).

Mais nous trouvons aussi des familles bévites à Sichem; Hamor, prince des Sichemites, du temps de Jacob, est appelé lîécite ( Genèse , 34 ,2 ). Les Gahaonites ou habitants de Gabaon, qui, par une ruse , obtinrent la paix des Hébreux ( Josué, ch. 9), étaient également des Hévites ( ib. 11,19 ). Josué en fit des scieurs de bois et des porteurs d'eau pour le service du tabernacle.

G" I,es Canaanites demeuraient à l'est et à l'ouest ( Jos. 11,3), c'est-àdire dans l^'s plaines, à l'ouest du Jourdain et .i^i la Méditerranée (Nombres, 13, 29). Nous les trouvons à Gazer près d'Emmaùs ( Jos. 16, 10; I Rois, 9, 16 ); ils occupaient Rethscheàn et ses environs, ainsi que la plaine d'Esdrélon; et, par leurs chariots de fer, ils se rendirent redoutables aux Ephraïmites (Jos. 17, 19).

7° Les P/térisites. Du temps d'Abraham nous les trouvons dans les environs de Beth-el (Genèse, 13 , 7).

» Voy. ReJand, p. «on, 807, et notre Topographie , p. iji. ucHe 3.

L'UJNIVERS.

iMus lard nous les voyons dans les montagnes d'Ephraïni (Jos. 17, 15) et de Juda ( Juges ,1,4).

Lorsque Josué ût la conquête du pays de Canaan , ce pays était divisé enun grand nombre de petites principautés dont chacune avait son roi {Mélech). Le catalogue des rois vaincus par Josué en compte trente et un (Jos. ch.l2, V.9 — 24 j^ Les noms de plusieurs de ces rois nous sont conservés dans le livTe de Josué; tels sont : Adoni-Sédek, roi de Jérusalem ; Uohwn, roi de îlebron ; Piream, roi de Yarmouth ; Yaphia , roi de Lacliis ; Debir, roi d'E^lon (Jos. 10,3); Horam , roi de Gazer ( v. 33 ) ; Yatrln, roi de Uasor; Yobab, roi de Madon (ib. îl,l).

II paraît que plusieurs de ces principautés formaientdes confédérations, sur lesquelles l'un des princes fédérés exerçait une certaine suprématie.

Ainsi Adoni-Sédek fait un appel aux rois du midi, pour aller combattre les Gabaonites , qui avaient fhit la paix avec Josué (10, 1-5); Yabîn invite à la guerre contre les Hébreux

' Les villes royales menlionnées dans ce catalogue sont : i" Jéricho. -I-" Ai, à l'est de Beth-êl. 3» Jérusalem , ou Jebus. 4° Hebrôn. 5" Yarmouth , dans la plaine appelée Schefélah. 6° Lirhis, dans la même plaine.

7° Eglôn, prol)ableme<it entre Lachis et Hebrôn. 8° Gazer, selon Eusèbe a 4 milles romains au nord d'Emmaûs (Xicopolis). 0° Debir, appelée aussi Kirijath-Sanna ou Kiryuth Sepher, dans les montagnes de Juda. \\)''Gader, peot-étre la même que Guidera dans la plaine (Jos. 15, 36). IP fJornia ou Sephalh, àrexlrémité méridionale ou S. E. du pays de Canaan , près de la montagne de Séir. 12° Arad, a l'ouest de Horma, près du désert de Kades. 13' Libnah, dans la plaine Schephéla. 14° Adullâm, dans la même plaine. 17," Mackédah, ilùd. IG" Beih-él. 17" ihappouâh, position incertaine, mais dans la Samarie. is" Hépher idem. I0° Aphék, incertaine. 20" Sarôa dans la plaine de Saron ( le texte porte ^Tl-wV, nous prenons le S pour une préposition ; selon d'autres, le nom de la ville était Lassaron). 21" Madôn , nord , incertaine. 22" Hasor, au-dessus du lac Samochonitis. 23' Simron-Merôn nord, incertaine. 2 i« v/cisapA iGaliléej. 2b" et 26' Thaanach et Meghiddo, dans la plaine de Meghiddo. 27" Kédes, en Galilée. 28" Yokneâm , près du Carmel. 29" I)6r, au midi du Carmel. 3o" Goim, incertaine. 31" Thirsa, plus tard capitale des rois d'Israël.

On trouve des détails sur plusieurs de ces villes dans notre Topof/raphie.

tous les rois du nord , depuis lelîermôn jusqu'au midi du lac de Génésareth et jusqu'à Dor (11, 1-3 ) , et on nous dit expressément que la ville de Hasor était à la tète de tous ces petits royaumes du nord ( ib. v. 10).

Au milieu des petits royaumes de Canaan, il y avait sans doute aussi plusieurs républiques avec des formes plus ou moins aristocratiques. Il est à remarquer, par exemple , qu'on ne fait mention nulle part d'un roi de Gabaon, l'une des principales villes de Canaan. Dans le livre de Josué (10, 2 ) elle est appelée une ville grande, comme une des villes royales. Les député.s des Gabaonites parlent à Josué , au nom de kurs anciens et de tous leurs compatriotes {'d ., il). 11 est évident que Gabaon formait avec trois autres villes, Caphira, Beérotli et Kiryath-Yearîm (9, 17), un petit État républicain. I^es liabitantsdeGabaon , comme nous l'avons déjà dit , étaient Hécites ; il paraîtrait que les institutions républicaines avaient été, de tout temps , en faveur chez ce peuple. Le /lévite Hamor, prince de Sichem , pour traiter avec les fils de Jacob , a besoin de porter l'affaire devant l'assemblée du peuple (Genèse, 34, 20 «j il n'a pas le titre de Mélech {roi f., mais celui de Ndsi ( prince) ', et , du temps de Josué, la ville de Sichem ne figure pas non plus parmi les villes royales.

Les princes cananéens succombèrent presque tous dans la lutte qu'ils eurent à soutenir contre les Hébreux; les peuples de Canaan furent exterminés en grande partie. Il est probable que pendant cette guerre si désastreuse pour les Cananéens, une partie de la population aura émigré dans d'autres pa\'s ; et si nous eu croyons une tradition vague répandue en Afrique depuis les temps anciens et jusqu'à nos jours, les peuplades de l'Atlas seraient en partie les descendants des Cananéens émigrés sous Josué. Nous avons déjà dit au

' Le mot "iSq, Mélech, vient d'une racine qui a le sens de posséder, régner; Hf^^, I^idsi, participe passif de ï<'»yj, veut dire élevé , élu.

Si

cominoncemcnt de cet ouvrapo qiio , encore du temps de Sctiiit Auj^uslin , les p.iys.ms des environs d'Hippone (nKiintenanl Ikme) s'appelaient euxmêmes ('haiiaiii ou Cananéens '. Selon Kusèl)C(('.liron.L. I),les('ananéens emii^rèrenl à Tripolis en Afrique. Proeope, auteur prec païen du sixième siècle, qui ne paraît pas avoir connu le li\re de Josueet (jui puisa, comme il le dit lui-m('nie , dans les écrivains fjui on/ ccrit l'hiafoire ancienne des Phéniciens, parle des Phéniciens (Cananéens) qui prirent la fuite devant Josué et qui se répandirent en Afriquejusqu'auxcolonnes d'Hercule :

« I.à, dit-il, ils habitent encore, et » ils se servent de la langue phéni- « cienne. Ils bâtirent un fort dans une « ville numidienne, là où est mainte- •< nant la ville qu'on appelle Tigisis. « Il y a là , près de la grande fontaine, « deux colonnes faites de pierres blan- « elles, et sur lesquelles sont gravés « des caractères phéniciens, qui, en <> langue phénicienne , disent ce qui <^ suit : Nous sommes ceux qui ont « pris la fuite devant le brigand Jo- " sué , fils de iXaué '. » — Les auteurs arabes ont aussi entendu parler de l'origine palestinienne de plusieurs |)euples d'Afri(|ue : selon Alasoudi , tous les peuples répandus dans l'intérieur de l'Afrique sont descendus

• ■ Voici comment s'exprime saint Augustin' iJU commencement de son Exposition de l'I';" pitre aux Romains : Inlerrogali rusti-i tiostri (juid sini , punicé respondenlcs Chaiiani , corriiptà scilicet voce, siciit in latibus solrt, (fuid aliud respondenl quam Chii- «awtfjVSamt Auç., qui ne savait pas riiél)reti ou l'ancien pliénicieu, se trompe en disant que le mot Chanani ( ^3"33 ) est corrompu.

^ Procop. De bello randalico, 1 .11, cap. 2o. L'in.scription est rapportée par Procope en ces termes : 'Hixei; £T[A£v ol çuyôvte; àiio 7cpoiu)7toy 'Ir.ToO ToO Xr^aToO 'J.o'j Na-j/j . Sain t Auiiustin ne sait rien ilf. cette inscription , ce qui peut en faire suspecter l'autnenlicité. rob.ierverai cependant qu'elle ne peut èlrt' forgée par Procope, rar elle porte en efTet le cachet tiébreu ou ptiénicien : l'expression àr.à TîpoTiô-O'j, de la face, pour dire devant, n'est point grecque; elle ne se trouve que dans la \erslon grecque de la Bible et dans te Nouveau Testiment, et Procope, qui était païen, n'a pu s'en servir qu'en se faisant traduire des mots phéniciens.

«* Livraison. (Pale.sti.ne.)

desenfantsdedanaan'. lùlrisi dit que les peuples d'origine berbère habitaient anciennement la l\'ilestine; David ayant tue Goliath le berber, les Herbers [tassèrent dans le Maghreb, parvinrent jusqu'aux extrémités les plusreeuiées del'Afrifjue et s'y répandirent ^ Kniin les .[mis de Barbarie, encore aujourd'hui , donnent aux Rerbers le nom de Peliscltthim { Philistins ou Palestiniens). Ce[iendant la langue des Berbers ne paraît avoir aucun rapport avec le phénicien, ni avec aucune autre langue de cette famille.

— Quellequesoit d'ailleurs la valeur de ces différentes tratlitions , l'émigration en Afrique des peuples de Canaan n'a, en elle-même, rien d'invraisemblable; des tribus cananéennes refoulées vers la mer, par les Hébreux venus de l'est du Jourdain , ont pu s'embarquer et chercher un refuge sur les côtes de l'Afrique.

Nous passons sous silence plusieurs autres détails de l'histoire de Canaan qui devront nécessairement trouver place dans l'histoire des Hébreux.

Nous dirons seulement que, après l'invasion de ces derniers, les (Cananéens restèrent maîtres, non-seulement de toute la côte jusqu'au pays des Philistins, mais aussidebeaucôup de villes de l'intérieur. On peut voir, dans le premier chapitre des Juges (v.îJl et suiv. ), les noms des villes dont les Cananéens ne purent être expulsés ; avec le temps elles devinrent, en partie , tributaires des Hébreux (ib. v. 28). Plusieurs principautés cananéennes conservèrent leurs propres rois, comme nous l'avons dit en parlant des Héthites.

Près de deux siècles après la mort de Josué, Yabîn, roi de Hasor, opprima les Hébreux pendant vingt années ; il avait neuf cents chariots de fer. Son armée , conduite par Sisera , fut endn défaite par Barak. Dans le premier livre de Samuel (7 , 14) nous lisons qu'Israël etaiteu paix avec les Amori-

' \oy. Masoudi , cité par de Guignes, dans les IVntircs et extraits des manuscrits, t. I, p. li et suiv.

» Voy. la Géographie d'EdrisI, traduite par M. Jaubert, t. 1, p. 2o3.

L'UNIVERS

les, ce qui prouve que les peuplades cananéennes n'étaient pas encore entièrement soumises du temps de Samuel. Lorsque Joab, général de David, fait le recensement de la population, il va aussi dans les villes des Héoiteset des Canaanites ( 2 Sam. 24, 7). Enfin Salomon rendit tributaires toutes les peuplades qui restèrent des Amorites, des Héthites, des Hévites et. des Jebusites ( IRois , 9 , 20 ). Da;is les livres des Rois ( ib. v. 21 ) on lit : que ces descendants des Cananéens restaient tributaires et soumis aux aorvées jusqu'à ce jour, ce qui prouve qu'ils existaient encore parmi les Hébreux à l'époque où ce document fut écrit. Il n'est pas invraisemblable que dans quelques contrées ils aient pu proGter du schisme qui eut lieu sous Roboam , fils de Salomon , et des guerres qui en furent la suite, pour se rendre indépendants; ceci expliquerait l'apparition des rois des Héthites, du temps du prophète Elisa (II E-ois, 7,6). Enfin, encore après le retour de Texil, nous trouvons plusieurs peuples cananéens parmi ceux avec lesquels les Juifs s'étaient mêlés par des mariages mixtes (Ezra, 9 , v. 1 et 2). Plus tard il n'est plus question des Cananéens.

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