‹ PalestineChapitre 15 sur 98 · IV. La Pérée · texte numérisé non relu

IV. La Pérée

Le nom de Péi'ée (Hcpaîa, Peraea), qui, dans son acception ia plus vaste, désigne tout le pays des Hébreux à l'est du Jourdain , est la traduction grecque du mot hébreu Èbe}' (ce qui est au delà). En hébreu cette province fut appelée Éber ha-yardm (trans Jordanem) ou Gilead (Leutéron. 34, 1).

Ce dernier nom , comme celui de Pérée, se prend souvent dans un sens plus restreint : on va voir que, depuis la période grecque, le nom de Pérée désignait une province entre le Yabbok etl'Arnon ; Gilead, dans les temps anciens, avait désigné particulièrement la partie septentrionale, occupée par les descendants de Machir, firç de ]\Ianassé (Nombres, 32, 40). En outre, le nom de Gilead se prenait souvent pour le pays wo^fegr;;^»^; des deux côtés du Yabbok, opposé au pays bas ou à la plaine; dans ce sens on dit souxeni : Montagne de Gilead {\oy.

Deutéron. ch. 3, v. 10—13).

Trois petites rivières, l'Hiéromax, le Yabbok et l'Arnon , coulant dans des ravins profonds et escarpés, divisent naturellement le pays à l'est du .Jourdain et de la mer Morte en quatre plateaux, qui, à Test, se perdent dans l'Arabie déserte et, à l'ouest, tombent presque à pic dansleGhôr ou la plaine du Jourdain. Le plateau le plus méridional, formant le pays des Moabites , n'entre pas dans notre description. Au nord deMoab, entre l'Arnon et le Yabbok, habitèrent du temps de Moïse, à l'est les Ammonites et à l'ouest, jusqu'au Jourdain, une peuplade amorite gouvernée par le roi Sihon, qui fut vaincu par les Hébreux. Au delà du Yabbok était le royaume de Basân, habité par une autre peuplade amorite sous le roi Og, qui fut éga-

l'ALESTINE.

IcmcJit vaincu par Moïse. Ce i(»y;iijiii(' s'étendait, au N. <). et au nord, jusqu'aux districts dedtssur cl de iNlaacliaet auniont Ileriiion,et a^est,jusu'au de*ert. Il rcnlVrinail le district 'Ar^iobavecCD villes. Il parait cpie le Itisàn proprement dit ne tonnait (pie lu partie S. E. de ce royaume, plus lard la Hulanée. INIoïse donna le pays de Sillon aux tribus de Ruben et de Gad ' , et celui de Oga la •,'rande moitié de la tribu de Manassé. Dans la période gréco-romaine la Péree ou la Transjourdaiiie fut divisée en cinq provinces, savoir : la Trachonitide, la Gaulanitide, l'Auranitide, la Batanée et la Pérée. Les quatre premières, auxquelles plusieurs auteurs ajoutent l'ituree, formaient l'ancien pays de Basàn.

Il est bien difficile de fixer exactement les limites et les localités de ces. provinces : les anciens monuments nous laissent bien des doutes; les voyageurs ont rarement pénétré jus- <|ue dans ces contrées infestées par des hordes barbares. Au commencement de ce siècle le pays au delà du Jourdain était encore une (erra inco- (jnita; mais depuis la publication des voyages de Seetzen et de Burckhardt ' il est beaucoup mieux connu. Parmi les noms de districts et de villes donnés par ces intrépides voyageurs, nous retrouvons beaucoup de noms anciens; nous voyons même reparaî-

' La tribu de Gad occupait aussi, au delà du Yal)bok , la plaine du Jourdain , jusfju'au lac de Kinnéreth ou de ïil)ériade.

' Seetieû visita ces contrées en I80G ; st s relations se trouvejit dans le recueil allemand publié par Zach sous le titre de ^foivatliche Ci/rrerpondcnz ( Ck)rrespondance mensuelle), tome xviii, Gotha, I8O8. — Burckhardt lit ses voyages dans les années I8I0 et 1812; mais son important journal, que nous avons déjà cité plusieurs fois , n'a él>i

SuMié que dix aius plus lard, apre.s la mort el'auteiir, sous le Btre suivant : Traveh in Sifria and the hol'j Laiid , by thc laie John J^etris Iturckhardi. London, *i8.22, un vol. in-4" de G6S pajies. Il est accompagné de plusieurs carte»; et plans. Quelques autres voyageurs ont marche depuis sur les traces de See- Uen et de Burckhardt; nou.s nomraerons surtout Otto de Richler ( ff'allfahrlen , Berlin, 1822 ) et Buckingham ( Traveh in PaUstine , thmitijh the countries 0/ Bashan and Gilead. Lundon, 1821).

6' Livraison. (Pm.FSTI.m:.)

tre plusieurs noms qui nous sont conserves dans le Pcnlatcufpie, et qui n'ont pas changé depuis Moïse jusqu'à nos jours.

Le faraud plateau qui s'étend du Ilermon au scheriat-.Mandhour (Hieroniax) emhrasse maintenant les districts snivoiits : 1" /)J()l(i;i, près du Jourdain et du lac de Tibériade. 2" Djedour , au nord , le long de la pente orientale du Djebel-IIéïsch. 3" llauràn, qui, au nord, est limité par les montagnes appelées Djebel- Kessoué et Djehel- Kh'uira, et, au midi, se perd dans ledésert; à l'ouest, le Hauràn est séparé du Djedour et du Djolàn par la route des pèlerins qui va de Ghebarib a Remtlia (Burck., p. 28-5). Ce district est riche en blé, mais sans arbre. 4" El-Ledja, à l'est de la plaine de Haurûn, un sombre labyrinthe de rochers de basalte. Seetzen dit (p. 33.5) que les villages du Ledja, presque tous ruinés, sont situés sur des hauteurs rocailleuses, et que la couleur noire du basalte, les maisons, les églises et les tours tombées en ruine, le manque d'arbres et de buissons, donnent à cette contrée un air sauvage et mélancolique qui fait frémir le voyageur.

5° Djebel Hauràn, au S. E. du Ledja, couvert de forets de chênes qui varient avec d'excellents pâturages. On comprend quelquefois les trois derniers districts sous le nom commun de Hauràn.

Entrelescheriat-MandhouretleZer ka (Yabbok) sont, du nord au midi, les districts d'/iV-yio^/e/n, ou Belàd Erbad, de Beldd-Iieni-Obéid, (ÏÀdjeluun et de Morad. A l'est de ces districts s'étend celui (i'Ez-zouéit. Le pays entre leZerkaetle Wadi-Moudjeb (.Arnon.

s'appelle maintenant El- Jiel/ca' . %

Nous reviendrons maintenanq(jùjr la division ancienne, et noustâcherûns de fixer les limites des différentes pl&-

vinces.

1° La Trachonitide. Ce nom vient

ient\

' Ceux qui désirent de plus amples détails sur les divisions actuelles du pays, sur les villapes qu'il renferme et sur ses habitants, peuvent lire Burckhardt , Traveh, p. jhû- .'109.

L'UMVERS.

du mot grec T:x/û-(^;)aln';! ro^n!-v.

leuse), et il embrassait tout le pays qui s'étend depuis les montagnes au midi de Damas (Djebel Kessoué) jusqu'à Bostra ou Bosm ' , c'est-à-dire, Djedour, Djolân , une grande partie du Haurân el le Ledja. Tel fut, à ce qu'il paraît , le seiiJ du mot Trachonifis dans son acception la plus large'; mais ce nom désignait plus particulièrement le district du nord-est , appelé maintenant Ledja^. Vltarée, ainsi nommée de Yetour, Ois d'Ismaël, était une contrée monta.^neusc'i ; on ne saurait donc la retrouver, avec Burckhardt (p. 28G), dans le district de Djedour, qui est un pays plat {àflat countnj). Mais il paraît que c'était une partie de la Trachonitide, ou, comme le veut Eusèbe, cette province ellemême. Reland (p. 106"> prend l'Iturée pour l'Auranitide.

2» La GAULANiTitÊ , ainsi appelée de la ville de Golâa dans l'ancien royaume de Basàn (Deutéron. 4, 43).

Le nom se trouve encore maintenant dans celui de Djolàn , qui n'est autre chose que Golan, selon la prononciation arabe. C'est en effet dans le Djolân que nous devons chercher l'ancienne Gaulanitide, qui probablement «mbrassait aussi le Djedour actuel.

Ses limites étaient, au nord et au N.

O. , le Djebel Héisch ou IJermon , au midi le scheriaf-Mandhour , a l'est V AuranUide , à l'ouest le Jourdain supérieur et le lac. de Tibériade.

3" L'AuKANiTiDE. Dans ce nom on reconnaît facilement celui da Hawrân ou Haurân^, que le prophète Ezéchiel, dans une de ses visions (ch. 47 ,

' Voy. Re!and, p. I09.

'-.Voy. Ritfer, Erdhunde, t. Il, p. 354.

3 Dans les ruines de Missema , sitné dans leLedja.Burkchardt trouva plusieurs inscriptions grecques dont l'une commence par ces mots : 'Io'jXo'.ç SaTOijpvrvo; <ï>atvr,(7iot; \):r,- •zçiOv.u)\i.'.<x toù Tpayôjvoç /aïoeiv. JuUus Saturninus aux Phœnésiens, au chef-lieu de la Trachonitide, salut. \oy. Travels , p. 117.

4 Voy. Reland, p. I07.

5 Le nom de Hauràn (pin) vient sans doute de lin trou, caverne. Il y a dans ces contrées beaucoup de cavernes qui aujourd'hui, comme dans les temps anciens, servent de flraile aux brigands.

1 6 et 1 8) , nomme parmi les districts limitrophes du territoire de Damas.

On a vu que ces contrées portent encore aujourd'hui le même nom ; mais le llauràn actuel embrasse , outre l'ancienne Auranitide, une partie de la Trachonitide et de la Batanée. On voit que l'Auranitide avait la Trachonitide à l'est, la Gaulanitide à l'ouest; au midi était probablement la Batanée.

4" La Batanée. Ce nom vient sans doute de celui ÛQBasàtion BaschàUj mais nous avons déjà vu que la province de Batanée n'embrassait qu'une partie de l'ancien royaume de Basân, On n'est pas d'accord sur la position géographique de cette province, et il règne àcesujet une certaine confusion dans les auteurs anciens, et notamment dans Josèphe, qui, sous le nom de Batanée comprend tantôt tout le pays de Basan , tantôt le district de ce nom». Nous ne devons donc ici avoir égard qu'aux passages oi'i Josèphe distingue la /îa/«?iée des autres provinces transjourdaines. Or, dans quelquesuns de ces passages, il dit que ia Batanée est limitrophe de la Trachonitide*; il n'est donc pas probable que ce soit le district appelé maintenant E -Bottéin, comme le disent Geséniuy et Rosenmùller^, car ce distrtet est séparé, par le Haurân , de la Trachonitide proprement dite. La ressemblance des deux noms ne prouve rien, s'il est vrai , comme le dit Burckhardt {Travels , p. 287), que le district de Bottien tire son nom de la principale tribu qui l'habitait-i.Sije ne me trompe, nous devons chercher l'ancienne Batanée à l'est du Bottein, dans la partie méridionale de la plaine de Haurân , et elle s'étendait très-probablement au midi du Ledja jusque dans le Djebel-Haurân^, de sorte qu'elle limi-

' Voy. Reland, p. 202, 3i7et 318. , => Voy. Antiqu. Jud. L. 17, c. '2, § C, Guerre des Juifs ,1. i , c. 2o, ,^ 4. ^Archéol. biblique ,t. II, impartie , p. 127 4 Burckhardt dit cependant lui-même, nous ne savons sur quelle autorité, que le district de Botlein renferme la plus grande partie de l'ancienne Batanée

* Selon Ptolémée (1. 5, c. 15) , le pays habité par les Arabes Traclionites,so«.5 le mont Alsadamus, faisait partie de la Batanée; le

PALtSTINlL

cr

l.iit !'nn('i(>nneTrnchoniiide'OulcT.eilj;i au sutl-ouesl et ;iti sud. Il est prohah\e qu'on aura coiiscivi' le nom tl»î Hasôn ou Hatanéc partiniliercnient au district (lui rcnrcriiiail li's villes d'Kdrri ot d' \stliarotli , capitales de l'ancien royaume de Basûn, et dont les ruines se trouvent dans la jjlaine «le MaurAn. Je citerai, à l'appui de cette oi)iiiion, que, encore du tenq)S d'Eiirisi, la ville d'AV/zf^i ou .îdraât ctoit désignée aussi sous le nom de Bathan'Kjtia ou IJat/inia-.

6" La I'krke proprement dite comprenait tout l'ancien pays des Amorrhéens ou Amorites entre le Yabbok et l'Arnon, gouverné, du temps de ?S[oïse, par le roi Sihôn. Voici comment,loscpliPS'exprimo sur le royaume des Amorrhéens : » Ce pays est situé entre trois fleuves et il ressemble à une île-, car l'Arnon le limite au midi; le côté septentrional est circonscrit par le Jabacch (Yabbok), qui, se jetant dans le fleuve de Jourdain , lui abandonne aussi son nom; la partie occidentale du pays est bordée par le Jourdain ^ » — Dans un autre passage, où Josèphe compare la Galilée avec la Pérée, il donne sur cette dernière les détails suivants : « La Pérée est beaucoup plus grande, mais elle est, en grande partie, déserte et raboteuse (Tsaxe-a), et trop sauvage pour la production de fruits d'une noble espèce. Cependant le sol est doux et tres-fertile et les champs sont parsemés d'arbres variés; on y cultive surtout l'olivier, la vigne et les palmiers. Klle est arrosée par les torrents qui descendent des montagnes, et pour le cas 011 ceux-ci viendraient à manquer par l'effet du Sirius, elle est assez pourvue de sources perpétuelles.

Elle s'étend en longueur depuis Marhxrous jusqu'à Pdia, et en largeur depuis Philadelphie (Rabbath-Am-

mont .\ls.i(laniiis parait ("■tr" celui qu'on appelle niaiiiteiianl ki-lh-Hnuràn el qui forme le sommet le plu.s élevé du Djebel-Hauràii. Voy. la préface de Lœke aux voyages de Burckhanlt . p. xii.

' Voy. Edriii, traduction française de M. Jauberl, (. I. p :i(il.

» AJit. Jud. IV, j, j.

mon) jusqu'au iuurduin. Pella, que nous venons de nommer, est sa limite septentrionale; celle de l'occident est le Jourdain; au midi elle a pour limite la IVIoabitide, et à l'orient elle est bornée par l'Arabie et la Sili)0nitide, et, en outre, par le territoire de Philadelphie et de Gerasa'. »

Machaerous était \\m\ forteresse située à soixante stades du Jourdain; c'est là tout ce que nous savons sur sa position'. Quant à celle de Pella, nous n'en savons rien de positif; mais comme Josèphe fait monter la limite orientale de la Pèrée jusqu'au territoire de Gerasa, Pella, qui était à l'extrémité septentrionale de la Pérée, devait être située au delà du Yabbok , de sorte que la Pérée s'étendait au nord plus loin que l'ancien royaume des Amorrhéens, maintenant lé /A.'Ma.

Josèphe appelle même Gadara métropole de la Pérée^^ de sorte que cette province s'étendrait jus(jue vers l'Hieromax; mais il se peut que le nom de Pérée soit pris ici dans son acception la plus large.

Avant de parler des Villes de la Trxansjourdaine , nous devons encore expliquer un terme géographique qui se trouve plusieurs fois dans les Évangiles; c'est celui de DécapoUs ou district des dix villes^. C'étaient dix villes situées dans différentes contrées et probablement confédérées. Pline dit ^ qu'on n'est pas d'accord sur les villes qui formaient la DécapoUs, mais que la plupart comptent les villes suivantes: Damascus, Philadelphia, Paphana, Scythopotis , Caddara , nippon, Dion, Pella, Calasa (Gerasa) et Canatha. Ces villes étaient,

' Guerre des Juifs, III , 3, 3.

* Cette forteresse, la pîos célèbre du pays des Juifs, fut bAHe par .\Jexandre Tannée, l'iiséc par GaLiruus et relevée par Hérode. C'est la que Jean -Baptiste fut décapité. Selon Seelzeji, celte place existerait t-nwjresous le nom de A/A(ii(/", ou plutôt Om-Kaur; mais la place qu'il indique me parait un peu trop éloignée de l'Ajruon , limite méridionale de la l'en'c.

^ Guerre des Juifs, I V , 7 , .3.

' Vov. Matth. 4 , 2:, ; Marc, 5 , ao et 7 , 31

^ HL'^t. n.»t. V, l.S.

L'UNIVERS

pour la plupart, habitées par des païens.

Nous allons maintenant énumérer les principales villes de tout le pays au delà du Jourdain, en allant du nord au midi.

Paneas ou C^sarea Philippi, au pied du Hermon, dans la Gaulanitide. Cette ville est sans doute d'origine syro- macédonienne, comme paraît le prouver le nom grec de Paneas on Paneade, dérivé dudieuPa/i, que l'on adorait dans ces contrées. Au nord-est de la ville est une grotte qui, avec le bois voisin, était consacrée à Pan et portait le nom de Panéum (riaveï&v). C'est de cette même grotte que sort l'un des ruisseaux qui forment le Jourdain. Encore maintenant on voit dans le rocher qui est au-dessus de la gi'Otte des niches destinées autrefois à recevoir des statues. Toutes ces niches portent des inscriptions que Burckkardt n'a pu déchiffrer; mais il donne de l'une d'elles quelques fragments où l'on reconnaît très- distinctement les mots îepEÙ; ôsou navo; (prêtre du dieu Pau)'. Dans ces environs, Hérode bâtit un temple en l'honneur d'Auguste; le tétrarque Philippe, fils d'Hérode, agrandit et embellit la petite ville de'Panéade et changea son nom en celui de Césarée', auquel on ajouta le nom de Philippe pour distinguer cette ville de Césarée en Judée, dont nous avons déjà parlé. Cxsarea Philippi est mentionnée dans les Évangiles; Jésus visita ses environs (MaUh. 16, 13; Marc, 8, 27).

Selon la tradition chrétienne, la femme que Jésus guérit du flux de sang était de cette ville, et s'appelait Bérénice.

On dit que, par reconnaissance, elle éleva devant sa maison un monument qui se composait de la statue de Jésus et de celle d'une femme à genoux.

L'empereur Julien, dit-on, fit renverser ce monument ^. Du temps de

1 Voy. Travcls, p. 38, 39.

2 Herocle Agrippa H l'appela Nerotiins, pour flatter ISéron; mais elle ne conserva ce nom que peu de temps.

3 Voy. RelaïKl, p. 922. Eusèbe prétend avoir vu ce monumertt (Hist. ecclés., 1. 7, cli. 18); mais des savants moderncs> ont pensé

Constantin il y avait déjà à Césarée une grande communauté chrétienne; elle avait un évêque dépendant du patriarche d'Antioche. Sous les Arabes la ville s'appelait Baniâs, nom corrompu de Paneas et dont les croisés ont fait Belinas ». — Aujourd'hui Baniâs n'est qu'un village d'environ cent cinquante maisons; les habitants sont pour la plupart Turcs, mais on y trouve aussi des Grecs, des Druses et des Nozairiens. Burckhardt dit que Banifis dépend de l'émir de Hasbeïa.

Bethsaid A, village dont letétrarque Philippe fit une ville qu'il appela ju- LiAS, en l'honneur de la fille d'Auguste *. Reland (p. 654) fut le premier à s'apercevoir qu'il y avait deux Bethsaïda, l'un en deçà, l'autre au delà du Jourdain. Bethsaida-Julias était situé au nord-est du lac de Génésareth, là oii le Jourdain tombe dans ce lac ^. Reland pense que. dans les Évangiles on ne parle que de Bethsalda en Galilée^ parce que du temps de Jésus l'autre Bethsaïda s'appelait déjà Julias; cependant, en prenant celui qui est mentionné dans l'Évangile de Luc (ch. 9, V. 10) pour Bethsaida- Julias, on fait disparaître plusieurs grandes difficultés de la topographie évangélique.

Gamala, sur une hauteur, non loin du lac de Génésareth, ville forte prise par Vespasien. Le district dans lequel elle était située, s'appelait Gamalitica.

Gadara, située, selon Pline, non

qu' Eusèbe s'est trompé et que le monument qu'il a vu était consacré à un empereur romain. Voy. Beausobre, dans la Bibliothèque germanique , t. XIII.

• C'est sous ce nom qu'elle est mentionnée pai- Benjamin de Tadèle (p. 54) , qui dit que Belinas est l'ancienne Z»d«, erreur qu'il partage avec les anciens rabbins et avec saint Jénime dans ses Commenlaims (Ezéoh. 27 , 15 ; Amos, 8, U) , et qui a été reproduite par l'éditeur de Burckhardt (p. 39). Selon Eusèbe, dans rOnomasticon, Dàn était à 4 milles de Paneas (à l'ouest). Voy. ci-dessus, page 33.

2 Josèphe , Aniiqu. 18, 2 , 1. Ce Bethsaida , situé dans le domaine du tétrarque Philippe , ne pouvait être qu'à l'est du Jourdain : aussi Pline dit-il expressément que la ville de Ju lias était à l'orient (Hist. nat. 15, 15).

■* Voy. Josèplie, Guerre d. J. IIl, 10, ''.

PALKSTINE.

loin de riliéroipax ■ , et, selon saint J(T(împ, en face de Scytlinpolis et de l'ibcriade, sur une niontannc au pied (le laquelle il y a des cauv thermales et des bains. Josèohe ra|ipell(' h forfe métropole de fa Périr. — Près iVOm- Kéis, villa^^e situé à une lieue au sud du iMandliour, Seetzen trouva des ruines qu'il prejid pour eellcs de Gadara.

Hurekhardt eroit que ee sont plutôt eelles de Gamala; mais M. Loeke, l'éditeur des voyages de Burckliardt, se déelare pour l'opinion de Seetzen, qui s'accorde parfaitement avec tout ee que rapportent les auteurs anciens que nous venons de citer'. Dans les ruines on trouve surtout un grand nombre de sarcophages en basalte ornés de bas-reliefs, où l'on voit des génies, des festons, des guirlandes de fleurs. A l'ouest et au nord, Burckliardt trouva les restes de deux grands théâtres. — Ce fut dans les environs de Gadara que se passa, selon les Kvangiles, la guérison des démonia- (lues, qui fut si fatale à un troupeau (le pourceaux 3. — Gadara faisait parlie de la Dér.apoUs; plus tard c'était \\n évcché. — A Om-Kéis on ne trouve maintenant que quelques familles vivaut dans des cavernes. A une lieue de là, près du Mandhour, se trouvent les eaux thermales dont parle saint .Jérôme. La principale source est celle qu'on appelle maintenant //«n277îe^e/- Schéikh; l'eau est si chaude qu'il est difûcile d'y tenir la main; les pierres sur lesquelles elle coule sont couvertes d'une épaisse couche de soufre.

On préfère le bain iï Ll-Scliéikk à relui de Tahariijijah, et au mois d'avril les habitants de Nablous et de ^azareth s'y rendent en grand nombre.

Kn remontant le ÎNIandhour on ren-

' Gadara , Ilieromiace prirjlucnlc. Hisl. nat. V, 18.

' Voy. Burckliardt, 7'ratc/s, p. 271, et la Prt'facfl, p. IV.

i .Mallh. 8, as; Marc.r,, i; Luc, 8, 26. D.ins tous CCS passage» la Vul{;a1e porte : « in ;i;:ru[0 Cerascnorum ; » de inéini' le texte ;.rec deMalth. r£paTr,v(Tjv. Maii il faut lire partout Griduti riorniii , eoinme l'a la version ■-vria(jue; car 6't n/.sii e>t l)ien loin du lac de l ilt^nade , dans Iu6 cm irons duquel se pas^a rttle soèoe.

contre encore neuf autres sources dont Burckhardt a donné les noms (p. 277, 278).

De (liidnra nous tournons à l'est pour eluMcluT quelques villes qui devaient être situées à l'intérieur, jusque vers le désert. Du nombre de ces villes était Golam, ville lévitique et l'une des six villes-asile, mais dont nous ne saurions fixer la position géographique. Comme il est probable que I.' Djolân actut\ tire son nom de cette ville, elle devait t^tre situ('>e dans les environs du lac de Tibériade, au nordest de Gadara et au nord de l'IIieroniax(Mandhour).— Plusàl'estélaient les villes d'Jst/iarofheld'Edréi, résidences (les rois de Basàn. Quant à Edrci, il ne peut plus y avoir de doute sur sa position; Seetzen et Burck- , hnrdtont retrouvé dans lellaurân les ruines de cette ville, qui portent encore le nom de Draa ou Adraa. Olio de Richter y trouva des débris de colonnes d'ordre ionique et dorique, et les restes d'un bazar où il crut reconnaître l'architecture arabe'. La position d'y/5/Aarc»/A est incertaine; Laeke pense (j^ue cette ville se trouvait à l'endroit ou est maintenant le château de Mezârib, à quelques lieues au sudouest de Draa, et il appuie cette opinion de quelques arguments fort concluants ».

A l'est de Draa la ville de Ke^jath (Canatha), appelée aussi Nobah (Nombres, 32, 42), et qui plus tar(i était une (les villes de Décapolis, a été retrouvée dans Kanouaf, dont Burckhardt a décrit les ruines (p. 83 — 8G); il estime la circonférence de l'ancirnn ville à deux et demi ou trois milles anglais. Il n'y trouva que deux familles druses cultivant le tabac.

Dans Salkliat, à quelques lieues au midi de Kanouat, se retrouve l'ancienne Salcha, ville frontière du royaume de Basàn (Deutéron, 3, 10). Burckhardt, qui donne la description de Salkhat (p. 99 — «01 ), dit que c'est une ville avec un château fort ; le clià-

' îVallfahrten , p. 172.

' Murck. Travrl.i, pr<^face, p. XII. Sur Mézdtib voy. ib. p 241 et suiv -

L'UNIVERS

teau est situé sur une colline , au pied de laquelle est la ville, à l'ouest et au midi. Elle a plus de 500 maisons ; mais lors de la visite deBurckhardt, elle était entièrement abandonnée.

A quelques lieues à l'ouest de Salkhat nous trouvons la ville de Bosra , qui est appelée, par Aboulféda , capitale du Haurân, et où Burckhardt trouva des ruines considérables de trois quarts d'heure de circonférence ( Travels, p. 226). C'est là sans doute la ville célèbre que les Grecs et les Romains appellent Bostea, et à laquelle les Pères de l'Église donnent l'épithète de metropolis Jrabix'.

Selon Eusèbe, elle est à 24 milles romains d'Adraa, ce qui s'accorde bien avec la position de Bosra, capitale du Haurân. Dans les inscriptions grecques que Burckhardt a copiées dans cette ville, nous trouvons deux fois le nom de Bostra ( p. 228 et 2.32 ) , et il est étonnant que, malgré cela, le célèbre voyageur place la ville de Bostra bien loin de là au nord , près des sources du Jourdain », ce qui est une erreur manifeste. — Reste à savoir maintenant si Bostra est mentionné dans la Bible. Je ne le pense pas , quoique Gesénius et Rosenraiiller n'hésitent pas à prendre le Bosra de la Bible, pour le Bosra du Haurân, c'est-à-dire pour Bostra. Mais, dans la Bible la ville de Bosra est toujours présentée comme métropole du pays d'Edom^, qui était situé loin de Bos-

I Voy. Ritter, Erdkunde, II, p. 358.

» Voy. Travels, p. 41. Burckhardt dit : Bostra must not be confounded wHh Boszra in the Haouran ; both pinces are mentioned in the Books of'Moses. Il me semble qu'il y a ici double erreur : le Bostra des Grecs est sans doute le Bosra du Haurân , mais rien ne prouve que celle ville soit mentionnée dans les livres de Moïse, ou dans quelque autre livre de la Bible.

3 Voy. Genèse, 30, 33; Isale, 34, 6; 63, l; Amos, I, 12; Jérémie,49, I3el22; I Ciiron. 1 , 44. Si Ton veut que Bostra se trouve mentionné dans la Bible , ce pourrait être Bosorra, I Maccab. 5 , 26, et une ville de Bosra comptée par Jérémie (48, 24) parmi les villes de Moab, en supposant que les Moabites aient fait des conquêtes dans le Haurân. Reland(p. 666) dit fort bien , en parlant de JBustra : Non confundenia hœc est cum Boizra { Bosra J Idumœorum Jcrem. 49, 13 et

tra, au midi du pays de Moab et de la Judée. Selon Reland et Ritter, il faut chercher Bostra dans Beésthra (Jos 21 , 27 ) ou Astharoth, assertion qui n'a que la valeur d'une simple conjecture, ïl est à remarquer que le nom de Bostra ne se trouve nulle part dans la Vulgate, ni même dans la version des Septante, qui cependantremplacetrèssouvent les noms hébreux par ceux usités parmi les Grecs. Ainsi il refete douteux si Bostra est une ville bœn ancienne et à quelle époque elle Remonte. L'empereur Trajan embellit cette ville et y mit une légion; on trouve encore "des monnaies portant pour inscription : Trajana Bostra ».

Dans les actes de plusieurs conciles il

est question d'évêquesde Bostra»

liCS ruines de cette ville présentent la forme d'un ovale , s'étendant de l'est à l'ouest; les principaux édifices, tels que temples, théâtres, palais, se trouvaient à l'est; tous ces monuments datent du temps des empereurs romains. Une grande mosquée , remontant aux premiers temps de l'islamisme , est encore debout.

Au sud-ouest de Bosra (à la distance de 10 ou 12 lieues) Seetzen retrouva les ruines d'une autre viUe célèbre dans l'antiquité, qui iv'est pas mentionnée dans la Bible , et qui a été placée par d'Anville et d'autres géographes au N. E. du lac de Tibériade, à plus de 20 lieues N. O. de son véritable emplacement 3; c'est la

alibi memorata , uti nec cum Botzra Moabiiarum Terem. 48, 24. Aec mirum nomen mï3 5 guod locuvi munitum notât , pluribus urbibus commune fuisse. — Le Bosra édomite de la Bible se retrouve peut-être dans Bosséira, village du Djebàl, ou Burckliardt trouva également des ruines considérables (Travels, p. 407).

1 Voy. Reland, p. 665. On trouve encore d'autres monnaies, jusqu'à Trajan Dèce, sur lesquelles Bostra est appelée co/orjjo (colonie romaine). Selon DamrMÙus, cité par PhoUus, la colonie ne fut fondée que sous Alexandre Sévère. Vov. Belley, dans les Mémoires de TAcad. des"inscr. T. XXX, p. 307 etsuiv.

2 Reland, p. 666.

^ L'erreur de d'Anville est due principalement à la fausse leçon des Évauail- -, ou on lit Gcrasenorum au lieu de Gadarcnorum , et dont nous venons de parler dans une note précédente Mais il est incoQCS-

célèbre ville de Gebasa , dont ieë ruines portent tncore chez les iudi^L•nes le nom de Djerasch. .Nous traduirons ici la relation de Seetzen et nous y Joindrons quelques notes d'après la relation de Ikirckhardt, qui a egalenient visite (jorasa, et qui donne de trèsloiif^s détails sur ses ruines remarquables '. Seetzen , après avoir parle du village de Souf, continue ainsi * :

<• Le jour suivant l'ut un des plus intéressants de tout le voyage. Ce jour j'eus le plaisir d'examiner les magnill-

3ues ruines de Djerasch, situées à eux heures de marche à l'est (de Souf), et qui sont un pendant remarqual)le des ruines justement admirées de Palniyre et de Baaibec. Je ne conçois pas que cette ville jadis si lloiissànte ait pu rester jusqu'ici aussi totalement inconnue aux amateurs d'antiquités.

Elle est située dans une coiitree fertile, assez ouverte , qui autrefois dii être ravissante. La ville est traversée d'un beau ruisseau*. Déjà avant d'y entrer je trouvai beaucoup de sarcophages ornés de jolis bas-reliefs, et j'en vis un sur le chemin qui portait une inscription grecque. Le mur est entièrement renversé, mais on aperçoit toute son étendue qui est d'environ trois quarts de lieue ou d'une lieue^. Ilétait bâti en pierre de taille. L'enceinte de la ville présente un terrain inégal qui s'abaisse du côté du ruisseau. Il ne s'est conservé aucune maison privée, mais je trouvai plusieurs édilices pu-

vabte que la faute de d'Aiiville ail été reproduite après les découvertes de Seel/en et de Burckliardt; ainsi dans i'alias de la Bible de Venœ, publié en 1833, on n'a fait que suivre l'ancienne routine, tant pour (ierasa que pour tteaucoup d'autres villes de lu Transjourdainc , ce qui prouve combien peu on s'est ocrup<* en France des importantes découvertes faite.s dans ces coiùrw's. Cep(!ndanl les relations de Seetzen ont été consultées par Malte-Brun.

' Voy. Traveh, p. 25r— 264;on y trouve aussi lin plan des ruines de ficrasa que nous avons reproduit : voy. PI. .38.

» Voy. Monall. Corresponde m, t.- XVIII, p. 421.

> C'est le ffndi-Déir, qui se jette dans le ffadi-Zcrkn ; on rappelle aassi Kerouan ou Seil-Vjerasch. Il traverse la ville du nord au midi.

■* Selou Durck. une lieue un quart.

blics, qui se distinguent par une arciiitecture exquise. Deux amphithéâtres d'un marbre beau et solide, avec des colonnes, des niches, etc., sont trèsbien conservés; de même quelques palais et trois temples. L'un de ces derniers avait un peristvle de douze grandes colonnes d'ordre corinthien, dont onze sont encore debout « ; dans un autre je trouvai une colonne renversée du plus beau granit égyptien ayant la surface polie. Je vis aussi une des portes de la ville ; elle était magnifique et bien conservée, et se composait de trois arcades ornées de pilastres» . Ce qu'il y a de plus beau dans ces ruines , ce sont deux longues rues qui se croisent , et qui des deux côtés étaient encadrées d'une suite de colonnes de marbre d'ordre corinthien ; l'une de ces rues ^ aboutissait dans une place , entourée de soixante colonnes, d'ordre ionique, rangées en demi-cercle. Là où les deux rues se croisent , il y a à chacun des quatre angles un grand piédestal de pierre de taille; autrefois on y voyait probablement des statues. On voit encore une partie du pavé, qui était en pierres carrées. Je comptai en tout plus de 200 colonnes , qui , en partie , portent encore leur entablement ; mais le nombre des colonnes renversées est infiniment plus grand. Je ne vis que la moitié de l'espace qu'occupait la ville ^; mais il est très-probable que dans l'autre moitié , de l'autre côté du ruisseau , on trouve encore mainte chose remarquable 5

■ Ce temple, selon Burckhardl (p. 254 ) , (Hait supérieur en goût et en inagnilicenci- a tout c^' ((ue la Syrie possédait en a> genre , a l'exception du temple du soleil à Paimyre.

* Celte porte est au midi : « Jlis ajlne arch , and apparenlly in perject prtxervation , UHlh a srnaller onc on earh aide admlied irith toveral pilaslers. » Burckhardl.

3 Cesl la plus longue, qui traveree la ville du nord au midi et qui est parallèle au Waili. L'hémicycle est au midi , et à cinq minutes de là est la porte dont nous venons de parler.

* Ce.st-à-dire la partie qui se trouve .i l'ouest ou à la rive droite du Wadi.

* Celle partie de la ville est la plus élevée. Malheureusement Bnrckliardt , qui n'a pu employer que 4 heures a visiter les ruines de Djerascli, n'a examiné que la partie septentrionale de la rive ;;auche du Wadi ; il y

L'UNIVERS

Djerasch ne peut être que rancienne

Cerasfi , ville de Décapolis Un

fragment d'inscription grecque que je copiai ici me porte à croire que l'empereur Marc-Aurèle Antonin avait beaucoup de part aux constructions de cette ville ^ »

La ville de Gerasa avait donné son nom à tout le district. Saint Jérôme tlit que la contrée d'Arabie autrefois appelée Galaad ( Gilead ) s'appelait de son temps Gerasa^. Le rabbin Saadia, du X*^ siècle, dans sa version arabe du Pentateuque , rendle nom de Gilead par Belâd-Djerasch. Les évêques de Gerasa sont cités dans les actes des conciles (Reland, p. 808). Il y existait encore une citadelle du temps des croisades ; les historiens de l'époque l'appellent Jarras; le roi Baudouin II en fit le siège 3.

C'est aussi dans ces environs, au jN'.O. de Gerasa, que nous devons chercher les villes de Yabesch , ou Jabes- Galaad, et d'ÉPHRÔx. La première était célèbre par un événementraconté dans le li\Te des Juges (c. 21 ). A la fin du F"^ livre de Samuel on raconte que les habitants de Jabes-Galaaddér obèrent pendant la nuit les cadavres de Saùl et de ses fils, suspendus aux murs de Beth-Schân (Béisân). Cette ville «'tait donc très-probablement située non loin du Jourdain en face de Beth- Schân , près du ruisseau qui porte en-

trouva , en face du grand temple , les restes «l'un édilice qu'il suppose avoir été un bain. Une source qui est près de là, dans la montagne , et dont l'eau , coulant de l'est a l'ouest, se verse dans le Wadi , est probablement la D)iime dont parle saint Épiphane (voy . Reland, p. 807). Burckhardt croit que vers le midi il n'y avait que des maisons privées, et qu'il ne s'y tjouvait aucun édilice remarquable (p. 26-3;.

' Il parait qu'on rencontre fort peu d'inscriptions dans les ruines de Djerascli; car Burckhardt, qui copiait toujours avec une -scrupuleuse exactitude toutes les inscriptions qui se présentaient à ses regards, ne donne ici que quatre fragments indéchiffrables. Le premier (p. 259) est sans doute celui dont parle Seet/.en; on y reconnaît les lettres M\PKONAYP... N....

^ Comment, in Obadiam,v. 19 : Cunctam jifisùdebit Arahinm , quœ prius vocabaiur (iiiland r( nunc Gerasa nuncupatur.

■' G esta Dciper Francos, p. 615. On y fait déjà observer que Jarras est l'ancienne Geïasa.

core maintenant le nom de fVadi Yabcs et qui se jette dans le Jourdain près de Béisàn (Burck., p. 289). — Ephrôn était une grande forteresse près d'un défilé (I IVIaccab. 5 , 4(3); il paraît qu'elle se trouvait également près du Jourdain , en face de Beth- Schân (ib. V. 52).

Au S. O. de Gerasa était Mah- NAÏM, sur les limites de Manassé et de Gad, non loin de la rive septentrionale duYabbok. Selon la Genèse (.32, 2), Jacob rencontra à cet endroit des mesi,agers de Dieu ou des anges, et il appela l'endroit Mahnalm (deux camps), faisant allusion à son propre camp et à celui des messagers célestes. De là il passa le Yabbok (ib. v. 23). Dans ces environs était probablement la ville d'Jmathous, grande forteresse sur le Jourdain, dont parle Josèphe (Ant. xiii, 13, 3) et dont les ruines subsistent encore sous le nom à\imata (Burck., p. 34G). Près de là était aussi Penouel ou Phanuel (face de Dieu) , dont on fait également remonter le nom au patriarche Jacob (Gen. 32, 31). lien estde mêmedeSuc- COTH (cabanes), endroit oii Jacob établit son camp après avoir passé le Yabbok et fait la paix avec Ésaù ( ib. ^ ch. 33, V. 17), et où plus tard Qp bâ-' tit une ville.

Une des plus grandes villes de la tribu de Gad, au midi du Yabbok, était Ramoth ou Rasiathmisphé, ville lévitiqueet ville-asile. Les Syriens s'en étaient emparés sous Achab, roi d'Israël; celui-ci, en attaquant les Syriens, fut mortellement blessé. Selon Eusèbe, cette ville était àl 5 milles ouest (ou plutôt N. O. ) de Rabbath- Ammôn, capitale des Ammonites. — Dans ces environs on trouve maintenant la forteresse A'As-salt, située sur la pente d'une colline, et entourée de hauteurs escarpées. Selon Burckhardt ( p. 349 ), c'est la seule place habitée dans le Beika, et les habitants sont entièrement indépendants. Les pachas de Damas ont essayé plusieurs fois de s'emparer de cette ville, mais toujours sans succès. La population se compose d'environ 400 familles musul-

inaucs et 80 familles chrétioniios de rfj;lisefj;n'C(]iic, (|i(i vivent on pnrfaite ;iniitii'et oj^alile les mies avec les autres. Une vieille mosquée est le seul monument (|ue présente cette ville.

Dans les environs il va des jardins; la |)lupart des habitants s'occupent d'agriculture.

Au S. O. d'.Is-suU, là ou le .loiirdain reçoit un ruisseau, appelé /f'adi- Schu(it>\ sont des ruines qui portent le nom de .Minrin; c'est là, sans doute, le Betu-m.mka. delà liible' quis'a;)pelait aussi ^'i^nri^n (Isaïe, lô, G). A coté de cette ville, nous trouvons mentionné Beth-H.a.ran , qui, selon Kusèbe, était a cinq milles au sud de Hetli-Nimra, et qui reçut d'Hérode le nom de Licias '. Non loin de là, sur le Jourdain, était sansdoute Bethhara (Ju^es, 13, 24) ou Bethabara (lieu de passage), où, selon saint Jérôme (Onomast.)et Oritrèue, Jean bap-' tisait dans le Jourdain ^; et un peu plus au midi étaient Abel-schitlim, et lietk-i/eschiniôth, où les Hébreu.x campèrent quelque temps avant de passer le Jourdain (Nombres, 33, 49). Selon Joséphe, ^/W/«(Abel-Sittim) était à 60 stades du Jourdain •*. Cet endroit était en face de Jéricho, et Beth-yeschimôth au S. E. de la même ville, près delà mer Morte.

A l'est ou au IN. E. de ces dernières villes était Aroer dernnt Rabbath {.tmmon), qu'il ne faut pas confondre avec un autre .-/rot;', sur l'Arnôn^.

A quelque distance, au midi, était Yaezeb, ville lévitique, selon Eusèbe à 10 milles à l'ouest (S. O.) de Philadelphie ( Rabbath-Ammôn). Seetzen (p. 429) trouva dans cette direction les ruines d'une ville appelée Sir, d'où une petite rivière du même nom

' Vov. Nomlirps, .32, 36; Jos. I3, 27.

' S«'fon Josi'phf ( Anli(iu. I. 18, cli. 2,^1), Hnrode Antipas lai duniia le nom de Julias.

^ Dans rftvanglle de Jean, I, 28, on lit Itethaiiiii. ()ri;zi''tic corrise Bvlhahara, parce que, dit-il, il n'y avait pas de Belhaniasur If Jourdain.

* Antiqu. V, i, l. Voyez sur le.s difftTonts lieux nommés Ahrl vi'Abila, les Di.sserta- Uons de M. de Boissi, t. I, p. 283 et suiv.

• Voy. Josuc, cil. 13, V. IG et 26.

coule dans le Jourdain ' . Comme F'usèbe parle aussi d'une rivière qui est près de Y(ie:,ei\ et qui tombe dans le Jourdain, il est trcs-probable que cette ville se trouvait a l'endroit où est maintenant A/r. Aroër et Yaëzer étaient sur les limites orientales de la tribu de Cad. En allant delà au sud et au S. E. nous trouvons les villes de Huben, qui, en partie, portent encore aujourd'hui leurs noms anciens. Ce sont les villes suivantes :

Elealé (Nombres, 32, v. 3 et 37).

Les ruines de cette ville ont été retrouvées parSeetzen (p. 430) et Burckhardt (p. 3G5) sous le nom d'/.7-./a/.

Le nom signifie hauteur, en hébreu comme en arabe, et en effet lÀ-Aal est situé, selon Burckhardt, surlesommet d'une colline qui domine toute la plaine, et d'où l'on a vue sur tout le Belka méridional. On trouve encore quelques parties de la muraille, qui était bien bâtie. Dans les ruines il n'v a rien de bien remarquable ; on y trouve surtout un grand nombre de citernes.

Uesboît , l'anciennecapitaledes rois amorites (Nombres, ch. 21 , v. 2G et suivants ). Selon Eusèbe elle étnit située à un mille A'Klealé; Seetzen l'a retrouvée sous le nom de llusbân, à une demi-lieue S. O. (ÏEI-.lat^. Sous ce même nom elle est mentionnée par Aboulféda, qui l'appelle une petite ville dans une vallée fertile.

Dans la Bible, cette ville appartient tantôt à Ruben, tantôt à Gad ^. Plus tard nous la trouvons, ainsi que Elealé et les autres villes de ces contrées, sous la domination des ÎMoabites •>.

Josèphe la compte parmi les villes moabitesquo les Juifs possédaieutsous Alexandre Jannée ^. « On trouve ici , di t Burckhardt, les ruinesd'une grande ville ancienne, ainsi que les restes de

' Comparez Burckhardt, p. 361.

* La même di.stance résulte de la relation de Burcktiardt (p. 360), qui, après être parti de Fcheis, compte de la cinq heures trois quarts à El-Aal et six lieurcs un quart à Httibdn.

^ A Ruben : Nombres, 32, 37; Jos. 13, 17 A Gad : Jos. 21, 37, et I Chron. 6, 66.

* Isaie, If), 4 ; 16, 9; Jéremie, 48 , 2. ^ .Vntiqu. XIII, 10, i.

L'UNIVERS

quelques édiûces bâtis de petites pierres -, quelques fûts de colonnes brisés sont encore debout. I! y a là un certain nonibrede puits profonds, taillés dans le roc, et un grand réservoir d'eau pour servir aux habitants pendant l'été. » Seetzen rappelle, au sujet de ce réservoir, les paroles du Cantique (7, .S) : Tes yeux comme les piscines à Hesbôn.

SiBMA était, selon les commentaires de saint Jérôme (Isaïe, 16 , 8), seulement à un demi-mille (500 pas) de Hesbon. Cet endroit était célèbre pour ses vignes '.

Baal-meon (Nombres, 32, 28).

Burckhardt trouva à environ trois quarts d'heure S. E. de Hesbôn les xuxnesde3/yo«/i, qui, selon lui, est Baalmeôii. Dans ces environs était aussi la ville-asile de Bécer (Bosor) , dont la position ne peut plus être exactement fixée.

MÉDABA (Nombres, 21 , 30). Les ruines de cette ville existent encore sous le même nom, à quelque lieues S. E. de Hesbôn; elles ont, selon Burckhardt (p. 3G6) , une derai-lieue de circonférence. Ouy voit une grande piscine, et à l'occident se trouvent les fondements d'un temple antique. A une demi-lieue à l'ouest de ÎMédaba, sont les ruines d'El- Teijm, que Burckhardt suppose être le Kin/athaïm de la Bible (Nombres, 34, 37).

Yahas (Jasa). Près de cette ville les Hébreux, sous Moïse , vainquirent Sihôn, roi des Amorrhéens, qui s'y était rendu à leur rencontre da)is le désert ^. Il résulte de là que Yahas était situé sur la limite du territoire amorite, vers le désert. Eusèbe la place entre Médaba et Dibôn (a-aocù;). Elle avait donc Médaba au N. O. et DibÔn au S. O. Au sud étaient Diblatliavn et Beér-Elim. Kedémoth, d'où Moi&e envoya des ambassadeurs à Sihon, et Mépliaath, qui se trouve plusieurs fois mentionnée à côté de Kedémoth et de Yahas (Josué, 13, 18, et ailleurs), devaient également être situées sur

' Voy. ce que nous avons dit à ce sujet dans le chapiU-e d'histoire naturelle, p. 2.3. 2 Voy. Nombres, 2I, 23; Deuléron. 2, :i2.

la limite orientale du pays des Amo-

rites.

Dibôn. Cette villeest appelée aussi Dibôn-Gad, parce qu'elle fut rebâtie par les Gadites '. Seetzen en retrouva les ruines dans une plaine magnifique.

Legh y arriva de l'Arnôn, à travers une plaine couverte de gazon et coupée par une ancienne voie romaine*. Selon Burckhardt (p. 372), Dibôn est situé à environ une lieue au nord de l'Arnôn, dans un bas fond. Ceci explique pourquoi dans l'oracle d'Isaïe (15,2), sur la chute de Moab, Dibôn monte sur les hauteurs pour pleurer. Dibôn appartenait alors aux Moabites, comme les autres villes voisines.

Aroer, sur la rive septentrionale de l'Arnôn, à la limite méridionale de la Pérée- On l'appelle souvent dans la Bible Jroêr sur l'Arnôn ^, pour le distinguer de l'autre Aroër, dont nous avons parlé 4. Burckhardt arriva de Dibôn aux ruines d'un endroit appelé Akeh el-Debs : « De là, dit-il (p. 372), nous suivîmes, en nous dirigeant à l'est, le haut du ravin au fond duquel coule la rivière (Arnôn), et au bout d'un quart d'heure nous arrivâmes aux ruines d^Araayr, \ Aroer des Écritures , situé au bord d'un préci-^ pice ; un sentier conduit de \\ à la rivière. »

Dans l'ouest, près de la mer Morte, nous nommerons encore les villes de Neho et de CalUrrhoë.

Nebo était située près de la montagne du même nom , probablement celle qui maintenant s'appelle Attarous^. Il paraît que les Moabites ado-

' Voy. Nombres, 32, 34; 33, 43. On l'appelle aussi Z)m(5«. Isaïe, 15, 9.

2 Voy. William Macmichaels , Journey fromMôscow to Constantinople, p. 242.

3 Deuléron. 2 , 36 ; 3 , 12 ; 4 , 48. Josué , 12 , 2; 13, 16.

* Il y avait un troisième Aroer dans la Judée, voy. I Samuel , 30, 28- — A cause d'un passage d'Isaïe ( 17 , 2), plusieurs commentateurs supposent un quatrième Aroër sur le territoire de Damas; mais il n'existe pour cela aucune autre autorité. Voy. Geséoius, Commentar ûher den Jesaia, t. I, p. 556, 557.

â Burckhardt, p. 370. Gesénius (1. c. p. 519) pense que le nom A'Attarous vient ne la ville d'Atarôlh (Nombres, 32, 33), située dans ces eavlroas.

raient dans cet endroit le dieu Nebo; c'est le nom de la planète de Mercure chez les Clialdi'cns.

Callibiuiok sur la mer .Morte , célèbre pour ses eaux thermales. Selon le« anciens rabbins, c'est Lascha ou Lasa mentioimé dans la Genèse (10,19) ■.

Saint Jérôme, dans son commentaire sur ce passage, est du même avis.

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