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A. FÊTES SEPTÉNAIRES ET CHRONOLOGIQUES

a. Le Sabbat.

La célébration du septième jour de la semaine, comme symbole de la création (Exode, 20, 11; 31, 17), remonte avant la législation mosaïque.

Souviens-toi de sanctifier le sabbat, dit ledécalogue, et dans l'histoire de la manne où il est question , pour la première fois, du repos du sabbat, on paraît en parler également comme d'une chose connue (ib. 16, 23). On sait que, selon la Genèse, Dieu luimême sanctifia le septième jour et le bénit; car eu ce jour le Créateur avait cessé (schabath) son ouvrage; aussi ce jour est-il destiné avant tout à la cessation du travail et au repos ; de là il s'appelle schabbath (cessaior).

Dans l'histoire des patriarches nous n'en trouvons pas de traces, bien qu'il y soit question de la semaine ; les nomades, dont toute l'occupation consistait à faire paître les troupeaux, ne pouvaient guère interrompre leur ouvrage. Il paraîtrait donc que l'usage de célébrer le sabbat avait commencé en Egypte, avant la servitude ou immédiatement après la sortie d'Egypte , comme le disent les rabbins , qui pensent que le sabbat faisait partie des lois publiées à Marah (ib. 15 , 2.5).

La célébration du sabbat, comme l'indique le nom lui-même, consistait principalement dans le repos. Les travaux devaient cesser ce jour-là; les esclaves et même les animaux devaient aussi jouir d'un repos absolu, et ce repos rappelait non-seulement la cessation des œuvres de la création, mais aussi la délivrance de l'esclavage d'Egypte, comme le dit la deuxième rédaction du décalogue (Deut. 5, 15).

Le repos du sabbat était le signe de l'alliance que Jéhovah avait conclue avec lesHébreux(Exode, 31, 13-17). En violant le sabbat on rompait cette al-

liance; c'était un crime de haute trahison contre le roi Jéhovah, et la loi veut que ce crime soit puni de mort.

Elle se montre sévère pour la violation publique du sabbat, fût-ce même par un travail insignifiant, et Moïse décréta la peine de mort contre un homme qui avait publiquement ramassé du bois le jour du sabbat (Nomb. 15, 32-36). Au reste, la loi mosaïque qui défend tout travail, ne spécifie pas les occupations auxquelles il était défendu de se livrer le jour de sabbat '; outre le casque nous venons de rapporter, elle défend de recueillir la manne (Ex. 16, 23) , de faire des excursions (ib. v. 29) ^ et d'allumer du feu (ib. 35 , 3). Quant à cette dernière défense , on l'a mise en rapport avec celle qui interdit de faire cuire les aliments ^ et qui résulte indirectement du passage de la manne que nous venons de citer.

Mais le texte ne renferme aucun indice à ce sujet, et il ne serait pas impossible que la défense d'allumer du feu eût pris son origine dans qiielque usage païen , dans quelque rite inconnu du culte de Saturne que Moïse craignait de voir imiter par les Hébreux.

Les travaux nécessaires pour les pratiques du culte suivaient , le jour de sabbat , leur cours ordinaire ; les prêtres faisaient tout ce qui était prescrit pour les sacrifices, et on opérait aussi la circoncision 4.

Quant au service militaire, quoique la loi ne renferme aucune disposition spéciale à cet égard, le simple bon sens

' Le prophète Jérémie ( M , 2i ) défend de porter des fardeaux, et Nehémia (10,32) interdit le commerce. La tradition énumère trente-neuf travaux défendus, qu'elle appelle travaux-pères , ei elle défend en outre plusieurs occupations de second ordre. Voy.

Mischnah, Schabbâth, ch. 7, § 2.

'' Selon la tradition rabbinique , on ne pouvait s'éloigner au delà de 2,u(jo coudées du camp ou de la ville; c'est pourquoi cette distance s'appelait chemin sabbatique. Actes des Apôtres, 1 , 12. -"\

3 Voy. Michaëlis, Mns. Reckt.t. IV, S 195, p. 122 et suiv. ; Salvador, Jnslit.de Moïse, t. T,p. 88.

4 Vov. les Évangiles, Mattli. 12, 6 ; Jeaa, 7 , 22. ■

dil (lu'il ne pouvait être dofi'iidii de combattre les eiiiieiiiis , le jour de sabbat, et de faire toutes les opérations nécessaires, surtout lorsqu'il s'agissait de repousser une attaque.

C'est un fait historiiiuo , bien que la traditionl'aitenveloppéd'un voile merveilleux , que les opérations du siège de Jériclio durèrent sept jours consécutifs (Jos. ch. G ) , dont l'un était nécessairement un sabbat. Cest donc tout à fait dans l'esprit de la loi que les codes rabbinitiues ordonnent de uoursuivre les opérations militaires le jour du sabbat, même dans une guerre offensive ' , et ce n'était que l'effet d'une déplorable exaltation si , après l'exil, nous voyons quelquefois les soldats juifs subir les attaques et même la mort, plutôt que de sortir de leur repos sabbatique*.

Il n'est pas probable, du reste, qu'on se soit borné à célébrer le sabbat par le repos absolu. A la vérité, la loi de Moïse ne parle expressément que de cette célébration négative; mais le sabbat et les autres jours de fête sont appelés par Moïse Mikha Kodesgh (convocation sainte)^, et on pourrait conclure de là que ces jours étaient consacrés à des assemblées publiques où on s'entretenait surtout des cboses religieuses 4. Plus tard, quand l'institut des orateurs ou des propbètes se fut développé, on se rendait auprès d'eux, aux jours solennels, pour entendre leurs discours, et les femmes elles-mêmes participaient à ces réunions (2 Kois, 4, 23). On s'occupait aussi de l'étude des lois^, et depuis l'établissement des synagogues on s'y réunissait le jourde sabbat pour prier, pour lire et expliquer les livres

' Voy. Maimonide , ^fain forte ou .4bréffc du Thalmud, 1. XIV, 4™i- seciion, Des rois tt des f/uerrfs , ch. G , § II.

' Voy. I Maccab., 2, 3i-38; Josèphe, Anlitl'i . X 1 1 , n, 2 ; a uerre des Juifs ,1,7,3.

^Lt'\il., rli 2i, V. 2 et suiv] Voy.. la traductiuii de M. Catien et la note au verset 2. La Vul(!ate ne rend pas bien ces mois.

* Voy. Salvador. I. c. j nous observerorvs Kuleinent (|iu" Ifs dr/ails que donne cet auteur sur les asseniblw's du sabbat sont des tictions (|ui ne s'appuient sur aucun texte positif.

=■ Vov. Joséplie, .Intiqii. XVI , 2, i.

saints'. Mais la loi mosaïque, qui insiste surtout sur le re/xi.s du sabbat, n'ordonne positivement d'autre célébration pul)li(|ue (|u'un sacrifice extraordinaire qu'on devait offrir dans le sanctuaire, entre les deux sacrilices quotidiens, et cpii se composait de deux agneaux offerts en liolocauste et acompagnés cliacun d'une offrande et d'une libation; en outre, on posait sur la sainte table les douze /;a«iA- de proposition qui se renouvelaient cbaque semaine.

Comme tous les jours de fête, W.

sabbat commençait dès la veille au soir et Unissait au couclier du soleil. Les aliments et autres objets nécessaires devaient être préparés la veille (Ex. 16, 23); de là le sixième jour de la semaine est appelé, dans le Nouveau Testament , Parasceué (j^r.o%- (j/.i'jYi) ».

b. Les Néomcnies et le mois sabbatique.

L'apparition de la nouvelle lune se célébrait par un bolocaustc extraordinaire offert entre les deux sacrilices quotidiens et composé de deux jeunes taureaux, un bélier et sept agneaux; on y ajoutait un jeune bouc , comme sacrifice dépêché, et les différentes victimes étaient accompagnées de leurs offrandes et de leurs libations respectives (Nombres, 28, ll-I.'i). Le texte de la loi ne dit rien sur la fixation des Néoménies ;;mais l'usage rapporté par la tradition est très-simple et naturel, et remontesans doute à une liante antiquité. Comme les Hébreux n'avaient pas de calcul astronomique , les Néoménies ne pouvaient êtres fixées que par l'observation matérielle de la nouvelle lune , et comme celle-ci ne pouvait s'observer que vers le soir, le sacrifice se célébrait le lendemain de l'observation, qui était considéré comme le premier jour du mois.

Le trentième jour de la lune on recevait, jusque dans l'après-midi, le témoignage de ceux qui pouvaient avoir découvert la nouvelle lune le

'Voy. Marc, l,2l; 0, 2, et l)enuPOup d'.mtrès passades du Nouveau Testami-nt.

' Malth. 27 , 02 , et paniiii.

L'UNIVERS

vingt-neuf au soir, et, s'il en était temps encore, on célébrait la INéoménic ce même jour; mais si aucun témoignage n'arrivait à temps , le lendemain du trente était célébré sans aucune observation préalable '. On annonçait la nouvelle lune par de grands feux allumes sur les hauteurs qui se reproduisaient de distance en distance; mais plus tard on expédia des courriers dans les provinces , parce que les Samaritains allumaient quelquefois des feux afin de tromper les Juifs par un faux signal.

Selon l'opinion de Maimonide ' et de quelques théologiens chrétiens ^, Je sacrifice des Néoménies, offert a Jéhovah, fut institué par opposition au culte que plusieurs peuples', et notamment les Égyptiens, offraient à la nouvelle lune. Chez les Hébreux le jour de la nouvelle lune n'était pas une fête proprement dite; la loi mosaïque ne le mentionne pas parmi les jours de fête appelés Mikra Kodesch CLév. ch. 23) , et il en est question seulement dans le rituel des sacrifices additionnels (Nomb. ch, 28 et 29).

rsous savons cependant par les livres iiistoriques et prophétiques que les Néoménies se célébraient par des reoas solennels. On interrompait les affaires et on se réunissait chez les prophètes, comme au jour du sabbat *.

Le premier jour du septième mois était un véritable jour de fête , on le célébrait par le repos comme le sabbat, dont il porte aussi le nom ( Lév. 23, 24). Mais il était permis ce jourlà de préparer les aliments, et la loi ne punit pas de mort celui qui aurait rompu le repos de ce sabbat. Moïse yàç^QMejourderetenUssementÇHQmh.

29, 1 ) et soiwerdr de retentissement (Lév. 1. c), parce qu'on l'annonçait au

' Cet usage est suivi encore maintenant par les Caraîtes du Caire et de Jérusalem , qui n'ont pas adopté le calcul aslronomiqui' des rabbins.

^ More yeboitchtm, III, 46, version de Buxtorf, p. 488.

•* Spencer, i. c. I. III, dissert. 4, c. i.

Michaelis , I. c. § 200, p. i70.

* Voy. I Samuel, en. 20, v. 5,6, 18 et suiv. ; 2 Rois, 4, 23; isaie, l, i3; Amos, 8, 6.

son des trompectes'. Pennant le sacrifice des jours de fête et des Néoménies on sonnait toujours de la trompette pour îin souvenir devant Dieu (Nomb.

10, 10). La loi veut que la septième Néoménie s'annonce par des sons retentissants, plus forts et plus solennels que ceux des autres Néoménies »; car c'est le commencement du mois sabbatique, danslequel on célèbreaussi le grand jour des expiations. Outre les sacrifices additionels des Néoménies ordinaires , on offrait ce jour-là un jeune taureau , un bélier et sept agneaux en holocauste et un jeune bouc comme sacrifice de péché, ainsi que les offrandes et les libations respectives.

Selon la tradition des rabbins, cette fête était l'anniversaire delà création, et ilsl'appellentRoscHHASGH-scHANAH (le commencement de l'année): mais l'année des anciens Hébreux commençait évidemment vers l'équinoxe du printemps, et Moïse dit expressément, en parlant du mois Abib qui est la lune du printemps : ilserca^our vous le premier des mois de ranhée (Exode, 12, 2). Il n'existe pas de trace, dans toute la Bible, d'une solennité pour le premier jour de l'an ^. Cette' solennité, rattachée par les rabbins au premier jour du septième mois , était inconnue aux anciens Hébreux et n'a commencé probablement qu'après la mort d'Alexandre le Grand, lorsque les Juifs, sous la domination syro-macédonienne, adoptèrent l'ère des Séleucides ; car l'année des Syriens commençait à l'équinoxe d'automne, par le mois d'octobre 4.

c. Les années sabbatiques.

La terre aussi devait célébrer son sabbat; après avoir été labourée pen-

' La Vulgate porte dans le passage des Nombres: Qidadics clanf/orLsestet tiibaritrn; el dans celui du Lévitique : Sabbatum memoriale claiiç/entibiis lubts.

'' Voy. Réflexionf:, p. 54, note 2.

3 Le prophète Ézéchiel , a ce qu'il parait , voulait intro;laiie un sacrilice particulier pour le premier et le septième jour de la lune du printemps. Voy. Ez. cli- 43, v. 18—20.

* Voy. Réflexions, p. 53.

cJant six ans, elle devait rester on friche la septième année, appelée année de sabbat. Le cultivateur devait se reposer; il ne devait ni ensemencer le champ ni tailler la vif^ne et l'olivier, et il lui était même prescrit d'abandonner tout ce que la terre produisait spontanément, et les fruits des arbres, aux pauvres, aux étrangers et aux animaux '. y\ l'abandon de la terre se rattachait aussi celui des créances dont le payement ne pouvait être réclamé pendant la septième année. A cause de ce double abandon, l'année sabbatique s'appelait aussi ScHEMiTTA {relâche^ abandon). Nous reviendrons plus loin sur l'année sabbatique considérée sous le rapport social et économique. Ici où nous ne nous occupons que du culte, nous indiquons seulement cette cessa-' ^/o« de l'agriculture, travail par excellence du peuple hébrru. Sous le rapport religieux le repos de la septième année avait le même but qui celui du septième jour ; c'était le symbole de la création. Mais le repos de l'année sabbatique ne pouvait être analogue à celui du sabbat ; on se bornait donc seulement à interrompre le travail principal, celui de la terre. Chaque année sabbatique, pendant la fête des Tabernacles, la loi devait être lue près du sanctuaire, en présence de tout le peuple. Les femmes et les enfants, et même les étrangers établis parmi les Hébreux, assistaient à cette lecture.

La loi ne Gxe rien sur le commencement des périodes sabbatiques qui n'étaient établies que pour la Palestine. Selon la tradition, elles auraient commencé quatorze ans après l'entrée des Hébreux dans le pays de Canaan ; car la conquête avait duré sept ans (Jos. 14, 10), et le partage des terrains, selon la tradition, en aurait duré autant '.

Après la révolution de sept périodes

• Voy. Exode, ch. 23, v. 10 ot II; ch. 34, V. 21 ; Lévilique, ch. 25, v. 2—7; Joscphe, Jiitiqu. m, 12, 3.

* Vnv. .SVrf.r Oliim Rnbha . c. II. Lcideckir, Uc Rep , Ihbr. p. 314.

sabbatiques ou de quarante-neuf ans , on ccicbrait le Jubilé. Si'Ion le texte (Lév. 2;j , 10), l'année du Jubilé était la cinquantième et non la quaranteneuvième, de sorteque les périodes salv batiques recommençaient l'année cinquante et un. l'outês les diflicullés (ju'on a élevées à cet égard ' doivent céder devant la lettre du texte. La célébration du .Jubilé, sous le rapport de l'agriculture, était la mèmequeccllede l'année sabbatique. En outre, on devait restituer les terrains qui avaient été vendus et rendre la libertéaux esclaves hébreux. JNous reviendrons plus loin sur les lois du Jubilé destinées à rétablir l'équilibre, tous les cinquante ans, dans les familles et les tribus.

Le Jubilé se proclamait le dixième jour du septième mois, qui était le jour des expiations, par le son retentissant du YoEEL (probablement une espèce de cor); de là le nom de Jubilé. On voit que le Jubilé, et par conséquent aussi l'année sabbatique, coiiiiiiençait vers l'équinoxe de l'automne, après la fin de toutes les récoltes.

Nous avons déjà dit » que l'année sabbatique et le Jubilé ne turent probablement pas observés avant l'exil de Babylone ; mais , après cet exil , ils le furent rigoureusement^, et nous voyons par quelques passages de Josèphe qu'on interrompait quelquefois les opérations de guerre pendant l'année sabbatique •*, ce qui n'était nullement dans l'esprit de la loi.

B. FÊTES HISTORIQUES ET AORO.NOMIQUES.

Outre le but général des jours solennels, cette seconde classe de fêtes avait encore un but particulier; les trois grandes fêtes étaient en rapport avec l'agriculture, base de la consti-

' Voy. des Visnoles, Chronologie de l'hit- U/ire saillie, t. 1, p. 693 et suiv. Winer, Bibl. RealwœrUrbuch , t. I, p. 7.34.

' Voy. ci-dessus , pa^e l4o.

^ Voy. Nélu'inia, JO, 32; I Maccab. 6, 49 Comparez Tacite, llisl. V , 4 : Septimo die otiinn plncuisse Jerunt , aiiia is Jinem laboritm tulcrit; dein, blanaicnte iiicrtiâ, seplimiim qiioque aiinum ignaiiœ daliini.

' \oy. inliqu. XIII, 8, I. Alexandre le Grand exempta les Juifï de payer le tril>ut

L'UNIVERS

tution du peuple hébreu, et en mcine temps, elles se rattachaient aux événements les plus mémorables de l'histoire de ce peuple. Elles étaient, sous ces deux rapports , des fêtes nationales par excellence , et devaient réunir toutes les tribus, ou du moins tous leshommes capables d'entreprendre le voyage, autour du sanctuaire de Jéhovàh. Le pèlerinage ordonné pour les trois fêtes • devait rapprocher les tribus à différentes époques de l'année, et c'était un moyen de maintenir toujours l'esprit public et l'unité de la nation, ces grandes réunions populaires donnant toujours un nouvel essor à la vie religieuse et à la vie politique. C'est probablement de ce pèlerinage que les trois fêtes de la Pâque, de la Pentecôte et des Tabernacles ont reçu particulièrement le nom de hag ^.'Les pèlerins ne devaient pas apparaître devant Dieu les mains vides (Deut. 16 , 16) ; ils apportaient les prémices et la seconde dîme, ils offraient des sacrifices pacifiques et donnaient des repas solennels auxquels ils invitaient les lévites, les pauvres et les étrangers (ib. v. 11 et 14). Quant au degré de sainteté attribué à ces fêtes , il était le même que celui de la septième Wéoménie; tout travail était interdit, excepté la préparation des aliments. Telles étaient les règles communes aux trois fêtes, dont chacune cependant avait ses rites particuliers. Nous allons les considérer chacune sous son point de vue spécial.

pendant l'année sabbatique, et plus tard César leur accorda la même faveur. Voy. ibid. XI, 8, 5; XIV, 10, 6.

' Voy. Exode, ch. 23, v. I4 — 17; ch. 34, V. 23; Deutéronome.ch. 16, v. 16.

■^ Les lexicographes font venir le mot j;-^ du verbe jjj^ auquel ils donnent le sens de danser , fêter ; mais il est plus probable que le verbe vient du substantif. Le mot h\g ou H,\DJ désiii;ne , chez les Arabes , le pèleriiiof/e de la Mecque; chez les Hébreux il désigne particulièrement les trois fêtes depèlerinaye. Il s'emploie ensuite dans le sens de fête cri

fénéral, de là le verbe hagag ou hago , célérer une fête, être joyeux , danser. Le Hadj des musulmans n'est pas une instilution de Mahomet , les traditions arabes le font remonter jusqu'à Abraham. Voy. Pococke, Spécimen his-toriœ Arabum , p. 311'

a. La Pdque.

La fête de Pâque, célébrée en commémoration de la sortie d'Egypte, commençait le quinzième jour du mois à\4bib, c'est-à-dire le quatorzièmeausoir; elledurait sept jours et finissait au soir du vingt et un. La veille de la fête, le quatorzième jour du mois, entre les deux soirs, chaque famille devait immoler, dans le parvis du sanctuaire, un agneau ou un jeune bouc, âgé d'un an et sans défaut, et le sang reçu par les prêtres devait être versé au pied de l'autel.

La victime rôtie tout entière sur le feu était consommée le soir même, avec des pains azymes et des herbes amères et on n'en devait rien laisser pour le lendemain ; ce qui ne pouvait être mangé le soir devait être brillé.

Si une famille n'était pas assez nombreuse pour consommer la victime, elle pouvait s'associer avec une autre.

Cette victime, appelée l'agneau pascal, devait rappeler chaque anpee le rite observé par les Hébreux la'Veille de leur sortie d'Egypte (Ex. 12 , 3 et suiv.)'; les pains azy.mes rappelaient le départ précipité , qui n'avait pas^ permis de faire lever la pâte , .^t les' herbes amères étaient le symbole des amertumes de la servitude d'Egypte.

L'usage des joains azymes était ordonné pour les sept jours de la fête, pendant lesquels on ne pouvait pas même conserver le levain dans la maison (ib. v.l9) ; la loi menace de la peine du retranchement (dont nous parlerons dans la troisième partie) celui qui, pendant la Pâque, aurait mangé du pain fermenté; c'est pourquoi la Pâque s'appelle aussi hag HAMMAççÔTH (fête des azymes).

Pour iV culte public la loi prescrit un sacrifice e.xtraordinaire : chacun des sept jours on offrait, outre le sacrifice quotidien, un holocauste

' Voy. ci-dessus, page I2i , où nous avons indiqué l'origine du mot Pâque. Ceux qu'une impureté ou un long voyage empêchait de se rendre au sanctuaire le 14 du mois (VAbib , célébraient le rite de l'agneau pascal le H du deuxième mois ( Nombres » ch. 9, V. 9— li).

PALESÏINK.

(.•Dinposc (le doux jcum s taureaux, un bélier et sept agneaux, ainsi que des otïraudes et des libations , et un bouc comme sacrifice (te péché. (Cependant le preniier et le septième jour étaient seuls considérés eonune jours de repos et de fête, et il était permis de travailler pendant les cinq jours intermédiaires '.

La Pàque était aussi la première époque des récoltes; elle était la fête de la moisson de l'orge, la plus bâtive des céréales, et c'est aussi dans ce sens que la fête devait être célébrée par un rite particulier. Le lendemain du premier jour de Pàque, ou le seizième jour de la lune ' , on présentait dans le sanctuaire une gerbe d'orge de la nouvelle moisson; un prêtre faisait avec cette gerbe la cérémouie de l'agitation ^ , et , en même temps, on offrait un agneau en holocauste, accompagné d'une offrande et d'une libation. Avec cette cérémonie la moisson était déclarée ouverte, et alors seulement il était permis de manger du blé nouveau (Lév. 23 , 9— 14).

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