Les chefs des tribus et des familles
A côté des Anciens nous trottons les représentants démocratiques qui formaient seuls le noyau des assemblées populaires et réglaient les intérêts nationaux'. Ils se composaient^ des douze chefs ou princes desft"ibu3 et de nombreux chefs ou députés inférieurs qui représentaient des fractions de tribus ou des familles. Dans l'insurrection de Korah nous trouvons deux cent cinquante de ceschefs(Tsomb.
16,2). Les chefs des tribus et des familles étaient des hommes distingués par leurs capacités et désignés par l'élection. A la vérité , le texte ne se prononce pas sur ce dernier point, mais le fait ne m'en paraît pas moins positif. Les chefs des tribus portent le titre de Nasp, qui convient parfaitement à un chef élu^. Si ensuite
' Voy. Josué , ch. 22, v. I4 et 30.
' Voy. Nombres , ch. 2, v. 3 et suivants , rh. 7, v. 2 et suiv. Nous ne pouvons adopter l'avis de Michaêlis (1. c. t. I, § 46 ), qui croit que les I\'asis étaient les mêmes aue les Anciens, ni celui de Winer qui voit dans les chefs des tribus et des familles un pouvoir héréditaire, et dans les Anciens un pouvoir électif. Realwœrlerbuch , t. Il, p. 59S, note I.
3 Voy. ci-dessus , page 80.
nous comparons les noms des Nasis (iNoinb. ch. 2 el 7) avec quelques tables généalogiques qui nous sont conservées dans les Chroniques , nous y trouvons également une preuve contre l'hérédité. Ainsi, par exemple, \eIVasi de la tribu de Juda , appelé T^ahschôn , fils d'Aminadab , ne descend point de la première ligne de la tribu' ; le Nasi de la tribu d'Issachar s'appelle Nathanaël , fils deSuar, noms qu'on ne rencontre pas parmi les aînés de cette tribu^. Enfin dans le tableau desNasis que Moïse , vers la fin de sa vie , charge de présider au pai'tage des terres de Canaan^, et qui étaient, sans doute, les chefs des tribus , nous ne rencontrons aucun des fils des Nasis du désert. Il me paraît donc évident que la i\ign\té de chef de tribu était élective. Il a dû en être de même de celle cfe RoscH BÈTH-AB OU chef de famille :
ces chefs secondaires portent aussi le titre de Nasi^; ils étaient sans doute sous les ordres du chef de la tribu , qui , dans un passage des Nombres (3 , .32), est appelé le Nasi des Nasis. Tous ces chefs étaient les défenseurs des intérêts communs de leurs familles (villes) et de leurs tribus (provinces) respectives. Ils se réunissaient sur la place publique aux portes de la ville , et le peuple pouvait assister à leurs réunions. De temps à autre , dans les circonstances graves et lorsque les intérêts natjonaux l'exigeaient, ils formaient tous une grande assemblée délibérative qui se réunissait près du sanctuaire central. Au nombre des fonctions que la loi leur attribue, on mentionne particulièrement celle de présider auxrecensements^. En Palestine ils étaient convoqués, sans doute , par des messagers ; dans le désert la convocation se faisait au son de deuxtrompettes pour réunir toute l'assemblée , et d'une seule pour la réunion des chefs des tribus^.
' Voy. IChron. ch. 2, v. 9 et lo.
^ Voy. ib. ch. 7, v. i — 3.
^ Nombres, ch. 34, v. 17 — 28.
' Voy. ib. ch. ?,, v. 24, 30 et 35; ch. lo, V. 2; ch. 25, v. 14.
"> Nomb. ch. i, v. 5; ch. 7, v. 2.
" Voy. Nomb ch. 10, v. 3 et 4.