I. La Galilée
Le nom de Galilée vient de l'hébreu Gain ou Cailla, qui signifie cerc/e, district. Le mot Galil se trouve déjà dans le livre de Josué (20,7, et 21 , 32) comme nom géographique désignant un district de la Palestine septentrionale, surtout le canton de Naphtali.
Salomon donna à Hiram , roi de Tyr,
viiif^t villes (]ii pays do finli! (I Rois, 9, 11); los l'Iiéiiiciens s'y ctalilin-iit , beaiu'ouj) d'autres ctraiii^crs vinrent fixer leur demeure dans le nord de la Palestine, et delà cette contrée fut appelée le GuUl {district) des païens '.
Riais la province de Galilée dont nous uarlons ici était beaucoup plus étendue que l'ancien Galîl. Kllecîait liuiileeau nord par le territoire de Tyr et par l'Antilibaii , à l'est par le Jourdain avec les deux lacs de Samocliohitis (Merôm) et de Tibériade, à l'ouest par cette partie de la Phénicie qui s'étendait, le long de la côte, depuis Tyrjusqu'au Carniel qui du teiujjs de Josephe appartenait aux Tyriens '.
Au sud-ouest et au sud la limite , par- ^ tie du Carmel, passait près de Ginée ' (Djemiîn) devant la montagne d'Epliraïm, et allait de là au sud-est jusqu'au Jourdain, un peu au-dessus de Scythopolis. On voit que la Galilée eulbrassait les montagnes de Naplitali et la plaine d'Esdrelon. Là où les montagnes s'approcbent du Carmel elles forment avec celui-ci le delilé que parcourt le Kison et par lequel les babitants de la province pouvaient communiquer avec la côte. Cette comiuunication, très-importante pour la province, la mettait continuellement en rapport avec le territoire pbénicien de la côte. Les relations forcées avec des voisins païens exercèrent de tout temps une grande influence sur le caractère des Galiléens. Ils montrèrent moins d'éloignementque les babitants du midi pour la religion et les mœurs de l'étranger et moins de zèle pour la religion de Moïse. A près le retour de l'exil de Babylone, les relations entre les Galiléens et les païens étaient bien plus étendues, car la province renfermait dans son sein un grand nombre de ces derniers. Delà le mépris que les Juifs affectoient pour les Galiléens, qui se faisaient reconnaître d'ailleurs par leur langage corrompu et par leur mauvaise prononciation.
La Galilée était moins grande que
' Isale, ch. 8, v. 23. Comparez I Maccab- 6,
' De Bell. Jud., I. 3,ch. 3, § i.
»* LivraUon (Pale.stiîœ.»
la Judée, mais un peu plus graiido (|ue la Samarie. Sa longueur du nord au midi était d'environ vingt lieues; sa largeur, de l'ouest à l'est, de.
neuf à onze lieues. Mais sa population était très-forte à raison de sa grande fertilité. Au nombre lesGaliléensajoutèrent le courai;;e guerrier et un certain esprit d'indépendance, et ils savaient tenir tète aux nations étrangères qui les entouraient. Dans la guerre contre les Romains .losèpbe y rassembla , sans beaucoup de peine', une armée de 100,000 liommes.
Composée de montagnes au nord et d'une grande plaine au midi, la province se divisa en baute et basse Galilée '. Nous allons énumérer les |)rincipales villes, en allant du nord au midi.
DA^, ainsi appelé par la tribu de DAn qui eu fit la conquête (Juges, cil. 18), est souvent nonmié dans la Bible comme ville frontière à l'extrémité septentrionale de la Palestine.
Avant la conquête elle s'appelait Laïsch ou Léschem ». Elleétait située, selon Eusèbe, à une distance de 4 milles romains à l'ouest de Paneas (Banias), et du temps de saint Jérôme il existait encore , à la même place, un bourg de ce nom 5. A Dân se trouvait l'un des deux veaux d'or de Jéroboam.
KÈDES, ville lévitique et l'une des six villes de refuge ■*, était également située dans les environs de Paneas, sur la limite du territoire de Tyr, et , selon saint Jérôme, à vingt milles de cette ville.
KiNNEEETH, qui a douué son noui au lac de Génésaretb , était situé sans doute à l'endroit où le Jourdain tombe
' Joièphe,de Bellojitd.. 1. 3, ch. 3. Mischna, traité de Schehiilh (aiint-e sabbatique), ch.
* Il peut paraître sinsiilicr, lorsqu'on considère le Peutaleuquc comme l'ouvrage de Moïse, d'y trouver le nom de 1.1 ville de Ddn (Genèse, 14. li; Deutéron. :u , i ). Mait il se peut que Moïseail écrit Luîsch, et qu'on se soit permis plus lard de substituer le nom de D.'in , qui était plus connu.
' Onomasticon sous le mot Ddn.
* \ oy. Nombres, cb. 35, v. P cl suiv.. et Joeufl, ch. 20, V. 7.
L'UNIVERS
dans ce lac. A deux lieues de là était Caphabnaoum (village de IN'ahoum). Cette ville ifest pas mentionnée dans lAncien Testament, mais elle joue un certain rôle dans les Evangiles. Jésus V avait fixé sa demeure ,
quelle il avait fallu détruire beaucoup d'anciens tombeaux. Tibériade resta capitale de la Galilée, jusqu'à l'époque ou Hérode Agrippa II lui préféra Séphoris , l'ancienne capitale. Tibériade se soumit, sans attendre un siège,
etTfvsp'ioVrnait très- souvent pendant à Yespasien arrivé de Svrie; ce qui les trois années de sa vie publique. Il lui valut dans la suite plusieurs ta-
préchait dans la synagogue de cette ville et y opérait plusieurs cures merleilleuses. Boniface, evêque de Dalmatie , qui visita la Palestine au XVI' siècle, vit les ruines de Capharnaoum au milieu desquelles s'élevaient deux palmiers. Quaresmius, au XVIP siècle, vit également ces deux palmiers, et non loin de là un caravansérai nommé Meniéh. Les ruines de Capbarnaoum queBurckliardt vit, non loin de Meniéh , sont appelées par les Arabes Tell-Houm.
Bethsaïda (lieu dépêche) sur le lac, au-dessous de Capharnaoum, lieu de naissance des apôtres Pierre et André. A côté de Bethsaida, les Évangiles mentioiment Chorazin ou Corozaïn ', qui devait être situé dans les mêmes environs, mais dont on ne trouve aucune trace dans les anciens auteurs. En continuant de suivre les bords du lac, on trouve, à environ quatre lieues de Capharnaoum , la ville
de
Tibériade (ou Tabariyya) , \xn& des principales villes de la Galilée, et encore assez cori.<^idérable dans les temps modernes. Elle fut bâtie par le tétrarque Hérode Antipas qui en lit sa capitale , et le nom qu'il lui donna était un hommage rendu à l'empereur Tibère. Située dans une plaine étroite entourée de montagnes, elle pourrait par une culture plus soignée obtenir tous les fruits des tropiques , mais elle est très-chaude et malsaine. Pour peupler la ville, Hérode y attira des .Tui^ pauvres et même des païens , en leur donnant des terrains et en leur accordant beaucoup de privilèges; car les Juifs orthodoxes avaient une certaine répugnance pour le séjour de celte ville, pour la fondation de la-
' MattU. M, 21; Luc, 10, 13.
veurs de la part des Boniains. Après la destruction de Jérusalem, les plus grands docteurs juifs, qui ne voulurent pas quitter la terre sainte, s'établirent à Tibériade, qui devint un point central pour l'érudition rabbinique.
De l'académie de Tibériade émana la Mischna ou le texte talmudique, rédigé par Rabbi Juda le Saint, et plus tard la Masora, ou l'appareil critique du texte biblique ' . Sous Constantin le Grand une église chrétienne fut fondée dans cette ville , qui devint un des sièges épiscopaux de la Palestine. Les juifs et les chrétiens furent expulsés de Tibériade en 636, lorsque la Syrie fut conquise par les Arabes, L'éveché y fut rétabli pendant les croisades. — La ville moderne de Tabariyya , appartenant au pachalik dff Saint- Jean d'Acre, et entouré^e d'un mur en basalte, est beaucoup plus petite que l'ancienne Tibériade, qui, selon Burckhardt, était située un peu plus vers le midi. Elle avait dans les derniers temps 4000 habitants, pour la plupart musulmans: les habitants juifs, au nombre de 1000, sont origmaires d'Espagne , de Barbarie et de Syrie; 40 à 50 familles y sont venues" de Pologne. Leur quartier est séparé du reste de la ville par un mur n'ayant qu'une seule porte, qui se fermé au coucher du soleil. Il n'y a dans la ville que très-peu de chrétiens; leur église, consacrée à saint Pierre, se trouve, selon la tradition, à l'endroit où l'apôtre pêcheur jeta son filet. Des missionnaires de ?yazareth Y viennent dire la messe a la fête de saint Pierre. Selon les rapports des Juifs de Jérusalem que nous avons sous les yeux, le tremblement de
' Voy. l'ouvrage publié par Jean Buxtorf , le père, sous le titre de Tiberias, p. l —
tprredu 1*' janvier 1837 a presque ontièrement détruit la ville dcTabariyya, (lui lie |)résente plus qu'un monceau (le ruines. — Les célèbres thcrnies de Tibériade existent encore maintenant au sud-est de la ville, sur les bords du lac; ils ont quatre sources, et la masse d'eau , selon liurckliardt, serait suffisante pour faire marcher un moulin. Ces eaux thermales ont de l'analogie avec, celles d'Aix-la-Chapelle; les habitants les considèrent comme un bon remi^de contre les rhumatismes. On y vient de tous les points de la Syrie, surtout au mois de juillet.
La dernière ville sur les bords du lacest Tarichée, conquise par Vespasien. Son nom ne se trouve pas dans la Bible.
Si maintenant nous nous rendons dans l'intérieur de la province, nous trouvons, à 4 lieues N. O. de Tibériade, la ville de
Saphet, maintenant Safad, au N.
N. E. du Thabor. Elle est mentionnée dans le livre de Tobie, selon la Vulgate '. Avant le dernier tremblement de terre elle renfermait 7000 habitants et GOO maisons, dont L50 appartenaient aux juifs et environ 100 aux chrétiens grecs. Les juifs, au nombre de 300 familles, d'origine espagnole ou polonaise, y possédaient sept svnagognes et une école rabbinique. Safad est considérée par les juifs comme une ville sainte , de même que Tibériade, Jérusalem et Hébron ».
Sephoris, ancienne capitale delà Galilée, et, après la destruction do Jérusalem, siège du synedrimii, qui plus tard se transporta à Tibériade.
Elle était située sur une montagne.
Hérode Antipas, qui avait fait élever beaucoup de constructions et des fortilications, lui donna le nom de Diocxsarea. Dans la Bible on ne parle pas de cette ville; mais elle est men-
• Tobio, ch. I, V. I.
La ville de Sephath ou Saphet, mcnlionnée Jases, 1 , 17, était dans la Judée.
°Voy. les voyages de Burckliardt et de lowetl. Volney place Safad à7 lieues au nord deTabariyya, el, selou lui, cesiuo village presque auundouué.
tionnée par Josèphe et souvent dans 1»! Talmud. La tradition chrétienne v place la dcmcurt' des parents de Marid, mère de Jésus. En 3:iti elle fut détruite [jar les Bom;iins, parce que ses habitants s'étaient révoltes contre Gallus.
A sa place on trouve maintenant le village de Safouri , avec 000 habitants.
Kan.a (maintenant Kefcr Kaiina), à2lieuesS.E.deSephoris,célèbredans l'histoire de Jésus, qui, selon l'Évangile de saint Jean (ch. 2), y opéra son premier miracle. C'est un misérable village habité principalement par des chrétiens catholiques, qui prétendent indiquer aux voyageurs la maison où Jésus changea l'eau en vin. L'impera- ■ trice Hélène y lit bâtir une église dont on voit encore les ruines.
Au midi de Kana, en montant à travers des collines calcaires, couvertes de broussailles, on arrive à la petite ville de
Nazabeth, célèbre dans l'histoire du christianisme, et qui aujourd'hui porte le nom de Nasra. Cette ville, qui joue uji si grand rôle dans le Nouveau Testament, comme le lieu où demeuraient les parents de Jésus et où celuici reçut son éducation, était en ellemême très-insignifiante. Elle n'est mentionnée ni dans l'Ancien Testament ', ui dans les écrits de Josèphe, ni dans \eTa\in\x(\. '<■ Kat-ce que quelque chose de bon peut venir de Nazareth? » demande Nathanaël dans l'Évangile de Jean (t, 46), ce qui prouve assez le peu de cas que l'on faisait de celte petite ville. Cependant elle eut le privilège de prêter sou nom à Jésus et a ses partisans, qui furent appelés Nazaréniens ou Aazaréens , épithète d'abord injurieuse, mais par laquelle lessectateurs de Jésus nedédaignèrent pas de se désigner eux-mêmes jusqu'à ce que, sous le règne de Claude, ils
' Selon rKvangile de Matthieu (2 , 23), les prophules auraient prédit que le Messie serait appelé yaziirécu , c'est-à-dire habitant de la ville de Nazareth. Mais une pareille prédiction ne se trouve nulle part, el l'asserlioii de l'évangéliste ne repose probahlemeiil que sur une interprétation allégori(|ue du mol hébreu Aécer ( surrulus ), Is. ch. ii , V. i.Voy. lecoinmentairede St. Jéroiue sur ce passage d'Isale.
L'UNIVERS
adoptèrent le nom de Chrétiens '. Selon la tradition, rimpératrice Hélène lit bâtir a Nazareth l'cgiise de l'Annonciation. Du temps des croisades cette ville devint le siège d'un archevêché.
Après les victoires des musulmans elle tomba presque entièrement en mine.
En 1620, la confrérie de terra santa obtint la permission de restaurer l'église de l'Annonciation. Dans la seconde moitié du XVIir' siècle, Nazareth se releva un peu sous la domination du cheik Dàher » , qui traitait les chrétiens avec assez d'humanité. Du temps de Voluey, le.? chrétiens formaient les deux tiers des habitants; mais en 18(2 Burckhardt, qui appelle Nazareth une des villes les plus considérables du pachalik d'Acre , y compta 2000 Turcs et 1000 chrétiens^. Ce qu'on trouve de plus remarquable à Nazareth, c'est le couvent des franciscains avec l'église dite de l'Annonciation. Burckhardt y trouva onze moines, pour la plupart Espagnols. Sous le choeur de l'église, 17 marches conduisent dans un souterrain que les cl'.rétiens prennent pour le lieu de l'Annonciation de Marie. On y trouve deux colonnes de granit dont l'une est brisée au milieu. On sait que, selon la légende, la maison de Marie, qui s'y trouvait autrefois, fut, dans l'année 1291, transportée par les anges à Lorette. L'église de l'Annonciation est, après celle du Saint-Sépulcre, la plus belle de la Syrie. On montre, en outre, à Nazareth la demeure de Joseph , le puits de Marie , et, dans la partie occidentale de la ville , une église qui , dit-on , se trouve à la place de la synagogue dans laquelle Jésus avait prêché.
Enfln, du côté delà plaine d'Esdrc-
' Voj'. les notes de Lipsius sur Tacite, Annal.', 1. I5. ch. 44. Plus tard le nom de ISazaréens fvt donné a une secte hérétique. En Orient c'est encore aujourd'hui le nom des chrétiens en général.
^ Voy. un précis de l'histoire de ce cheik dans les Voyages de Volney, t. Il, cii. I.
' D'autre.s voyageurs modernes sont loin d'être d'accord avec Burckhardt. Tandis que Joliffe ne compte que 12 à l/too habitants, Prokesch, un des plus récents, en compte 6,OiiO.
Ion, on montre le rocher du haut du quel les Nazaréens voulurent précipiter Jésus (Luc, 4, 29).
En-d6r, au midi du ïhabor, est connu par la pythonisse que consulta le roi Saùl. On montre sa grotte près du village de Denouni, à 2 lieues et demie de Nazareth.
Naïm, dans la plaine d'Esdrélon , près d'En-dôr. Cette petite ville, à la place de laquelle jMariti trouva des ruines et un petit village, est mentionnée dans l'Évangile de Luc (ch. 7, v. 11), où l'on raconte que Jésus ressuscita un jeune homme dont il rencontra le convoi à la porte de la ville.
Aphek , dans la plaine d'Esdrélon.
Près de cette ville se livra, entre les Hébreux et les Philistins, le combat dans lequel Saùl et son fils Jonathan perdirentlavie. Cette ville appartenait a la tribu d'Isachar. Un autre Aphek, appartenant à la tribu d'Aser, était situé près du territoire de SidoQ.
Deux autres villes de la plaine, Me- GiDDO et Thaaxach, se présenteront dans l'histoire des Hébreux.
Elles sont célèbres par plusieurs combats.
Sur la cote de la Galilée nous trouvons quelques villes qui de fait n'avaient pas été conquises par les Hébreux, mais qui, selon le plan de Josué, devaient faire partie du canton d'Aser '. Parmi ces villes nous remarquons Achzibet Acco.
AcHziB, appelé par les Grecs Ecdippa, à trois lieues au-dessus d'Acco. Maintenant on y trouve un bourg appelé Zib.
Acco (Ptolémaïde, Saint-Jean d'Acre), au nord du Carmel , ancienne ville phénicienne et port de mer. Le nom de Ptolémaïde lui fut donné, sans doute, par l'un des Ptolémées d'Egypte; mais on ne saurait dire positivement par lequel d'entre eux.
Sous Alexandre Jannée, elle était momentanément entre les mains des Juifs, mais elle fut bientôt prise par Ptoléniée Lathyre d'Egypte. L'empe-
' Voy. Juges, I, 31.
PALFSTINK.
rour dlaiali' on (it une colonie romaine. Dans les |)reniiers temps du oliristianisnu' elle était le siéi^e d'iiii evèqiie, dépendant du patrianlie d'Antioelie. Sous l'empereur Heraclius, en (i3G, elle tomba entre les mains des Arabes conduits par Omar.
A l'époque de la première croisade, elle ap[)arteiiait, coinme toute la Palestine, au sultan d'Egypte. Prise par Kaudouin l'' , roi de Jesusalem, en llOt, elle acquit bientôt une grande importance, surtout par son port, très-eommode pour le dcbaniuement des croisés et pour l'arrivage des provisions. Kn 1187 elle se rendit au sultan Saladin; mais en llUI elle fut prise de nouveau par les chrétiens, sous Richard Creur de lion et Philippe-Auguste, roi de France. En 1 192 elle devint le siège des chevaliers de l'ordre de Saint-Jean , d'où elle reçut le nom de Saint-Jean d'Acre. Lts chrétiens se maintinrent pendant un siècle dans cette ville, qui fut la dernière à se rendre aux musulmans. Ce fut en 1291 , le 1 mai, que INIélic Kl- Aschraph, ou Serapha , sultan d'Egypte, la prit d'assaut; 00,000 chrétiens y perdirent la vie. Depuis cette chutedle était restée presque déserte.
En 1517 elle fut prise par les Turcs.
Dans la seconde moitié du dix-huitième siècle le pacha Dàher et, après lui , le fameux l)jezzàr, y firent exécuter des travaux importants, qui la rendirent une des premières villes de la cote. Depuis elle a acquis quelque célébrité par l'expédition de IS'apoleon, et tout récemment par la victoire des Anglais. Chez les Orientaux In ville a toujours conservé son nom antique, que les Arabes prononcent .icca. On dit qu'elle a maintenant près de 15,000 habitants qui font le conmierce de blé , de soie et de coton. Les ruines anciennes et même celles du temps des croisades ont presque entièrement disparu ; elles ont été employées aux nouvelles constructions. Le port, un des mieux situés delà côte, est comblé. La campagne autour d'Acca est une plaine d'environ huit lieues de longueur, sur une
largeur de deux lieues; le sol est fertile et l'on y cultive avec beaucoup do succès le blé et le coton. Mais les ondulations du terrain y causent des bas-fonds où les nluics d'hiver forment des lagunes dangereuses en été par leurs vapeurs infectes '. Laplaiii(} est traversée par le Bclus.