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I. Schelle, p. 27I. — Hnberl, ibiil.. p

PALESTUI.NA

(Alexandre Farnèse), (jiii Dtciipîiil cli'puis le i i ortobrc 1 534 ''' li<»iif ponlilical cl dont le rèfj^ne, marijiK' dans son ensemble d'un caractère df « réaction religieuse », voyait s'a(M'oniplii- tic grands événements : l'entrée de Charles(^)uint a Home, le 5 avril i536; la fondation de l'ordre des jésuites, officiellement approuvée en i54' ; 1 Ouvcrliire des sessions du C.oncilc de Triante, le 1 3 décembre i545. Paul III était un pape d'originiî romaine, — le premier depuis Martin V; — dans sa sollicitude pour tout ce qui concernait la ville qui était à la fois sa capitale et sa patrie, il n'oublia point la musique; peu de temj)s après son avènement, il confirmait à la « cliapelle Julia », fondée par Jules II en la basilique de Saint-Pierre, le rolc d'é(;ole préparatoire et de pépinière pour le recrutement des chanteurs de la chapelle jionlificale (Sixtine). Ce lut au jjonIc tle niailie des enfants de cette chapelle Julia que Pierluigi lui apj)elé, au mois de septembre i55i.

Il ne devait sa nomination à rien de moins qu'à la bienveillance d'un pape : Jules 111 ^Giovanni Maria del Monte), que" le conclave avait donné pour successeur à Paul III, le 7 février i55o, était (Il puis ir)43 cardinal-évéque de Paloslrina; dans su cathédrale, Saint-Agapit, il avait pu chaque jour entendre à l'orgue le jeune maître, apprécier ses pr(wniers essais de com|)()sition, el <]ui

sait, peut-être, — en ce temps où princes et prélats se piquaient de cultiver les beaux-arts, — proliler de son enseignement. Fort de tout l'espoir (jue pouvaitlui donner une telle protection, Pierluigi quitta donc le poste qu'il avait promis d'oc- ( uper sa vie durant à Palestrina, et vint s'établir à Rome, où devait se dérouler toute sa carrière. Ses prédécesseurs à la chapelle Julia avaient été Arcadelt, Rubino, Basso, Domenico Ferrabosco et Francesco Rosselli. Le nombre des chanteurs variait de douze à dix-huit, plus trois enfants. A son entrée, il lui fut alloué un traitement de six scudi par mois, qu'augmentaient fréquemment des recettes extraordinaires '.

S'il avait réellement habité Rome de i54o à 1544? pour le temps de ses études, Pierluigi, en y revenant sept ans plus tard, ne trouvait pas de changements dans l'atmosphère artistique qu'on y respirait. La chapelle pontificale, — la plus en vue, naturellement, de toutes les organisations musicales de la ville des Papes, — se partageait bien, sous le rapport du personnel, en « nations», et réunissait, en nombre dont la proportion variait, des chanteurs italiens, français et espagnols : cette séparation n'avait pas d'effet sur le répertoire, et les maîtres du Nord restaient les

I. Baini. t. I, p. 3o. — Ilaberl, Die rômische Schola Canlorum, j). 88 el suiv.

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coiulii» Uur^ tlo la imisiquo universelle. Instruit tr;n)rès leurs principes, Palestrina n'était, à ses débuts, entouré (jue de leurs œuvres, du moins dans le domaine de la musique religieuse.

(Vest dans la musicpH; profane que se traduisaient les premières aspirations nationales dos compositeurs italiens. Mais Tinfluence des Néerlandais s'étendait jusque dans ce domaine, et la subslilulion du ^HMirc plus recherché du madrigal à celui très priiiiilif des frottoles s'était effectuée sous le patronage de Verdelot et de Willaert. On avait vu tout aussitôt la vogue s'emparer de cette forme musicale, dont les premiers modèles avaient paru vers i533, et que cultivaient brillaïunient, avec; les deux maîtres que nous venons de nommer, Arcadelt, t'esta, Jhan Gero dit maître Jhan, Gorteccia, Antoine et Léonard Barré, Domenico Ferrabosco, Gipriano de Rore. Nous avons vu que Gimello et ses élèves s'y exerçaient, et que le premier morceau iinprinif de l'ierluigi de PalestriiKi avait étr un inadi'igai. (^elte j)ièce, sur les paroles Cou doLcc alticro, futinsérée en 1 554 dans // quarto libro de madrigali a quatlro voci a note blanche^ que fit paraître Antonio Gardano, à Venise, et qui renfermait une trentaine de morceaux de divers auteurs. Celui de Pierluigi y rii,nirait sous le nom de Gianetto, appellation

familière que lui donnèrent souvent, et pendant assez longtemps, les éditeurs de semblables collections.

Vers la fin de la même année i554, Palestrina, pour témoigner au pape Jules 111 sa gratitude, ou pour obtenir de lui quelque nouvelle faveur, lui dédia un livre de cinq messes à quatre et cinq voix, qu'il fit imprimer à Rome par les frères Valerio et Aloysio Dorici. Outre l'épître dédicatoire, l'ouvrage contenait, dans ie titre et le choix de la mélodie fondamentale de sa première messe, Ecce sacerdos magniis, une allusion flatteuse à la personne du souverain pontife. La récompense ne s'en fit pas attendre : le dimanche i3 janvier i555, par commandement exprès (motu proprio) de Jules III, « Joannes de Palestrina » fut admis dans le corps des chanteurs de la chapelle pontificale. Il prit rang parmi eux comme trente-troisième chanteur par ordre d'ancienneté, aux appointements mensuels de 9 scudi^ On ne saurait affirmer que sa messe Ecce sacerdos magnus, non plus que ses autres messes du premier livre ou celles, publiées plus tard, mais qui comptent parmi ses œuvres de jeunesse, aient été dès cette époque chantées à la chapelle pontificale. Plusieurs le furent du

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