‹ PalestrinaChapitre 27 sur 34 · VI · texte numérisé non relu

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La même messe ne portait pas rempreintc néerlandaise d'une manière moins sensible dans les formes graphiques de sa notation, où les combinaisons de signes de valeurs, différents selon les différentes voix, révèlent à la fois chez Palestrina la consciencieuse étude des modèles admis, et l'ardeur d'un jeune maître en quête de prouesses

Ces prouesses, il les accomplit en se jouant dans la messe Ad fuga m , qui est toute canonique et paraît avoir été écrite d'après celle, du même titre, de Josquin Deprés ', — de même que la messe Ut, rc, mi, fa, sol, la semble avoir <'f<''

Anihro<<, Gachic/ile <ler Mmifi, t. IV. p. 3o.

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inspirée par celle de Bruniel, qui figure dans le Liber quindecim missarum.Ln môme succession des six notes de la gamme par muances, prises alternativement en montant et en descendant, dans l'étendue de 1" « hexacorde dur » ou de r « hexacorde naturel », fut choisie encore après Palestrina par plusieurs de ses rivaux ou de ses successeurs pour sujet de nouvelles pièces sacrées ou profanes : André Gabrieli en fit le thème d'une « Giustiniane » à trois voix, imprimée en ijji ; Pietro Vinci la traita, dans le sens descendant, en messe à six voix ; Jacques de Kerle, pour Tune de ses messes dédiées à Grégoire XIII, imprimées en i583, prit le thème en montant et en descendant, et mélangea, dans le Christe, Thexacorde dur, noté en petites valeurs, àTliexacorde naturel, noté en longues. On retrouve le titre et le thème des six notes dans trois madrigaux d'André Rota, de Flaminio Tresti et d'Antonio Artusini, dans deux messes de Francesco Soriano et d'xVntonio Cifra, publiées en 1609 et i62i,etdans l'une des fantaisies instrumentales d'Eustache du Caurroy.

Mais c'est surtout pour les messes de L'homme armé que les points de comparaison abondentet permettent, tout en faisant mesurer l'influence exercée sur Palestrina par les maîtres néerlandais, de lui attribuer, au point de vue technique,

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1111 (les rangs les plus élevôs parmi les coinpooileurs, ou les jongleurs de noies, de l'école du «ontrepoint vocal. On ne connaît pas moins de vingt-trois ou vingt-(|uatre messes de L'/ioninir armé, dont les plus anciennes sont <elles île Hiisnois et de Dufay, et la dernière, celle de Carissimi '. Ce total est formé presque uiiicpiement d'œuvres Irançaises ou flamandes : seuls, Senfl, qui était originaire de la Suiss»^ allemande, Morales et Vaqueras, tous deux Espagnols, Palestrina et Carissimi, Italiens, lotit exception par leur nationalité : mais avec le thèmes original de la chanson, les traditions de son traitement restaient pour ainsi dire la propriété des maîtres septentrionaux, si bien que Morales ou Palestrina, descendant dans leur arène, se voyaient obligés de leur emprunter leurs armes, et composaient eux-mêmes des messes de |)nr style néerlandais.

Pendant son séjour de quelques années à la chapelle pontificale, Palestrina avait pu feuilleter,

I. M. Ticrsol (llisloire tie la chanson populaire, p. .J^i cl suiv. «•l Tribune de Saint-Gervais, i8yj. n"* (i cl .S) en a éniiinért- dix-neuf qui sonl lie Dufay, Faugucs, Ock<>gheni, Ilobrochl, Dusnois, Hogia|! Josquin Dcprés (deux messes), Urunn>l, Pierre de Lii Rue, Pij liirc, Loysel Compère, de Orlo, SenQ, Morales (deux messes)^ Piilcslrina (deux messes), Carissimi. On doil njouler ii colle lisl quatre messes de Caron, Mnlhurin Forcslyn (Foreslier), Philippoa (de Urufîes) et Vaqueras, contenues dans les Mss 14, 35, 4y f^ ilio] de» Archives de la chapelle ponliGcale, plus une messe anonyme, • contennc dans le Ms ,1) «les mûmes Archives cl qui sera peut» être un jour identiâce ù l'une des précédentes.

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chanter ou entendre non moins de dix-sept de ces messes de Vhomme armé, puisque treize d'enti(î elles existaient dès lors dans les livres manuscrits de la Sixtine, auprès d'exemplaires imprimés de celles de Josquin Deprés (publiée en iSoa), Pierre de La Rue (i5o3), de Pipelare (i5i6) et de ^Morales (if)44)- Peut-être, entre toutes ces compositions, les deux messes de Josquin Deprés furent-elles les modèles plus particulièrement visés par le maître préncstin. De ces deux « chefs-d'œuvre » très différents, que certainement les professeurs de composition firent longtemps admirer et étudier à leurs élèves, l'un est, dit Ambros, « une œuvre de virtuosité en contrepoint, et peut-être le plus brillant morceau de l'ancien style néerlandais », l'autre « paraît presque simple auprès de la magnificence éblouissante» de sa scjurMjamême définition pourrait à peu de chose près s'appliquer aux deux messes que Palestrina composa sur le même sujet.

La première, la plus considérable et la plus célèbre des deux, est écrite à cinq voix et porte en toutes lettres le titre de « L'homme armé » dans le troisième livre de messes de Palestrina, dédié à Philippe II, impriméen 1570. G'estcelle

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