I. Ccronc, L'I Melopeo, p. ga
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ou Claudio Mell. Il serait facile, en considérant la fréquence des déformations orthographiques au xvi' et au xvii* siècle, d'imaginer comment ;i j)u s'opérer le déguisement du nom : mal écrit ou mal lu, un document quelconque pouvait avoir remplacé un i par un/, et Cl. mello aurait ensuite paru former un nom précédé d'un prénom, qui ne pouvait plus guère être que Claudio ; et de fait Claudio Mello se trouverait, pour l'œil et pour l'oreille, plus proche de Cimello que PellestrinodePalestrina, Carchillion deCrequillon, Holreghan de Ockeghem, ou Adrien le Vieillardde Adrien Willaert — toutes altérations relevées dans des écrits du même temps. Mais des arguments plus sérieux peuvent être invoqués.
Selon les titres de ses compositions, Tommaso ou Gian Tommaso Cimello était Napolitain. L'époque de sa naissance est inconnue, et nous verrons qu'il existait encore en 079 : il était alors certainement fort âgé, car dans l'un de ses écrits, il dit se souvenir d'avoir jadis conversé, à Sora, «ville fameuse de l'Equipole », avec le célèbre imprimeur Ottaviano Petrucci, lequel mourut le 7 mai loSg. Le plus ancien ouvrage imprimé que l'on connaisse aujourd'hui sous son nom parut en i545 à Venise, chez Antonio Gardano. C'est un « libro primo » de Canzone villa-
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ncsclicdl m^'clo iiapolilano. L'al)sonco de dt-dicace pourrait faire croire à une réédition, malgré les mots « nouvellement mis en lumière » qui précèdent au IVontispice le nom de l'imprimeur. En 1 T).!-. un motet de Cimello. Ahua /hdcmptoris, parut chez le même éditeur dans un livre de Lucario, son élève. En 1548, il dédia à Fabrizio Colonna et fit paraître, toujours chez Antonio Gardano, un lihro primo de CaïUi a qiiatro voci sopra iiiadriali (sic) clallrc riiiic, dans lequel. — ciiose rare en ce temps, — était iniliqué à chaque morceau le nom du poète dont les vers « enlano^ue vulgaire » se trouvaient mis en musique. Ces poètes étaient avec Pétrarque, Sannazar, Arioste, Vittoria Colonna, Alfonso d'Avalos, le cardinal Bembo, etc., et Cimello lui-même, qui avait versifié une stance sur la mort prématurée de son fils Lelio. Un autre madrigal du même livre avait été composé « pour la comédie des académiciens Sereni, de Naples». Celui qui commeueait j)ar les mots Aon c lasso lut rej)roduit l'année suivante dans un recueil collectir (|iie publia Antonio Gardano '. D'autres œuA'res de Cimello, dont il sera parlé tout à l'heure, paraissent n'avoir jamais été imprimées : du moins
I. Vogcl, Bibliothek cier gedruchlen welllichen Vocalmuxik Italiens, t. I, p. i-i cl suiv. — Onspnri cl Torchi, Catalogo délia liiblioteca del Liceo musicale in liologna, t, III, p. Go.
n'en a-t-on signalé jiis(nrici aucun exemplaire. La rareté des deux livres (jue nous venons de citer, et Tabsence de toute réédition, rendent très dilïicile l'étude de son style. Nous ne regarderions pas une éventuelle conformité de pro(;édés comme suffisante pour étayer l'hypothèse de ses relations avec Palestrina, si d'autres documents ne nous montraient pas en lui un professeur estimé, et un disciple des Néerlandais.
En 1547, Giovanni Giacobbi Lucario se déclare l'élève de Cimello, et place dans un premier livre de motets, qu'il appelle ses « prémisses musicales», une épigramme latine et un motet de son maître \ Tomaso Giglio, Martello, le P. Orazio de Caposele, Giulio Belli, dans les dédicaces ou dans le courant de leurs œuvres, se réclament tour à tour de leur maître Cimello, <[u'ils déclarent « un très docte et excellent musicien », « un homme habile dans tous les secrets de l'art ». Lui-même adresse à ses élèves des pièces de vers italiennes ou latines, qu'ils impriment dans les feuillets liminaires de leurs livres, et l'un des derniers d'entre eux, Grammatio del Métallo, y joint en i5j7 une Caiizone de Cimello '.
I. Cataîo^o... ilfl Licen musicale, t. II. p. ^5i. — Monatshefte fur Miixt/igesc/tichtf, t. XVI, p. 114.
a. Pour les titres et dédicaces de tous ces ouvrages, cf. Vogel,
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Un man.îsrril théorique conservé au Liceo musicale de Bologne donne à penser que le maître napolitain avait puisé sa science à Técolo des Néerlandais. C'est un petit traité consacré aux problèmes do notation proportionnelle, thers aux musiciens flamands. Cimello l'avait rédiyfé à la demande d'un compositeur inconnu, qui lui avait envoyé un travail à corriger; il s'y riTèrc à l'autorité de Tinctoris, auquel, dit-il. il a plus de créance cju on tous les autres auteurs, et à celle de Jean Llurilicr, élève deJosquin Deprés, dont il rapporte une conversation relative au traitement de la chanson de « l'homme armé* ». A la fin de son livre de madrigaux de i548, (Cimello place trois morceaux dont les titres seuls indiquent une prédilection pour les recherches techniques de la même école; ce sont un madrigal composé sur des fragments de ihèmesdéjà traités j)ar d'autres comj)ositeurs; des stan(;es notées de façon à pouvoir se chanter avec pauses et sans pauses; et une pièce mesurée sous un signe nouveau de « temps imparfait redoublé ». Ce sont des études semblables, icmanjuées dans les premières messes de Palesliina, qui ont conduit ses biographes à lui -
ouvr. KiU-, passiin, \cCalalogo... drl Liceo mmicalr, t. I, p. J7I, I II. p. 457, 45a. t. III. p. lo.î. a56, etc., cl le (jnellcnLrxikon, «le II. Eilncr, aux noms cités.