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I. Rivista musicale italiana, t. X, igoj, p. 5i

ment à ses deux fils, à charge par eux d'indemniser pécuniairement leurs deux sœurs par un versement de 4o ducats ; — secondement, en une médiocre somme d'argent et un mobilier composé d'un si grand nombre de matelas, d'objets de literie, et d'ustensiles de cuisine, que M. Cametti en est venu à supposer que la veuve Jacobella exerçait, dans quelque faubourg de Rome, le métier d'aubergiste.

Santé Pierluigi, — le père du musicien, — habitait Palestrina, où il possédait quelques biens, de son chef et du chef de sa femme, Maria Gismondi. Il payait au chapitre de l'église cathédrale Saint-Agapit une redevance pour la possession d'une vigne et d'une maison ; en i54o et i54i il vendit une châtaigneraie, puis une maison qui lui était échue en partage après la mort d'une parente nommée Maria Veccia. Sa famille était nombreuse. Avec Giovanni sont mentionnés comme ses fils Silla et Bernardino, et Ton connaît aussi le nom de sa fille Palma ^ Peut-être doit-on établir une corrélation entre ses aliénations de biens, en i54o et i54i, et le départ de son fils Giovanni, dont parle en ces termes l'annaliste Petrini : « Vers cette année i54o, un de nos concitoyens, nommé Giovanni Pierluigi, se

I. Schelle, Die pdpsiliche Sàngerschtde, p. 272. — C/ecilie.nhalender fur 1870, p. 6 et suiv.

rendit à Rome pour y étudier la musique \ » Il serait conforme aux habitudes du temps de supposer que le jeune homme avait commencé son éducation musicale comme enfant de chœur, et que, arrivé à l'époque de la mue, forcé de renoncer au service du chœur, il allait passer de la pratique du chant aux études théoriques. Une explication si simple ne pouvait pas contenter les auteurs accoutumés à orner d'anecdotes romanesques toutes les biographies d'artistes. Deux écrivains du xviii® siècle, Pitoni et Gecconi, se sont donc plu à conter comme quoi les dispositions naturelles de Giovanni Pierluigi, fortuitement révélées, lui avaient valu la sympathie d'un musicien, aussitôt devenu volontairement son maître. D'après Pitoni, ce musicien aurait été le maître de chapelle de la basilique de Sainte-Marie-Majeure, et il aurait remarqué les aptitudes de Giovanni un jour que celui-ci serait passé devant son église, en chantant quelque mélodie « d'une manière enfantine » : car le chemin suivi par les paysans de Palestrina pour amener aux marchés de Rome les produits de leurs jardins passait précisément devant cette basilique, après avoir franchi la Porta Maggiore, formée d'une arche de l'aqueduc de Claude.

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