I. Brenet, Claude Goudimel, p. 7 et suiv
de l'Oratoire, à Santa-Maria in Vallicella, et dont la date de copie, aussi bien que la provenance, sont inconnues. Les écrivains musicaux de l'Italie du xvi® et du xvii® siècle ignorent jusqu'à son nom. Les éditeurs de la péninsule n'ont placé dans leur recueil aucune de ses œuvres; et lui-même n'aurait pas vécu dans Rome sans rapporter quelque trace d'une influence étrangère, sans s'essayer, par exemple, dans la composition des madrigaux, dont les formes nouvelles attiraient alors les maîtres de toutes nationalités. Souvenons-nous aussi que les musicologues modernes, s'appuyant sur les procédés de composition des premières messes de Palestrina, s'accordent à le regarder comme l'élève d'un Flamand, ou tout au moins d'un professeur formé d'après les doctrines des contrapuntistes flamands : or, ni par sa naissance, ni par ses Duvrages, le franc-comtois Claude Goudimel ne peut être classé dans cette école de composition.
On ne peut désigner avec certitude aucun musicien pour remplacer le maître huguenot, et le jeu des hypothèses reste seul accessible à ceux qui tentent de résoudre une énigme apparemment insoluble. Si tout l'échafaudage relatif à Goudimel n'a été élevé que sur une imparfaite ressemblance de nom, ne peut-on rechercher si
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de pareilles analogies conduiraient à de meilleures suppositions?
Le prénom de Claudio, que Pitoni substitue à celui évidemment erroné, de Gaudio, n'a guère été porté en Italie, à Fépoque voulue, que par Claudio Veggio, auteur d'un livre de madrigaux imprimé deux fois à Venise, en i54o et en i545, et de quatre pièces du même genre, insérées en i544 dans le Dialogo délia musica^ d'Antonio- Francesco Doni. Un certain Claudio, qui figure parmi les interlocuteurs de ce dialogue, doit, selon toute apparence, personnifier Claudio Veggio qui, par conséquent, aurait habité Venise. Si l'on pouvait ajouter foi à quelques mots de Cerone, d'après lesquels Pierluigi aurait en sa jeunesse voyagé par diverses contrées et visité les maîtres les plus renommés*, cette résidence dans ritalie du Nord ne mettrait pas obstacle à la possibilité de leçons données par Veggio au futur auteur de la Messe du Pape Marcel. Mais, outre que rien ne semble confirmer ce dire de Cerone, Claudio Veggio ne répond pas à la qualité de Flamand que Ton exige, matériellement ou moralement, du maître de Palestrina.
Essayons d'examiner si Tommaso Cimello ne pourrait pas personnifier l'énigmatique Gaudio