Ilaberl, Die rdmische Schola Cantorum, p. 94 ^t suiv
moins à la chapelle Jiilia, dont les archives mentionnent, au mois de novembre i554, un paiement fait à « Giovanni Belardino Pierluigi » pour l'achat du premier livre de messes : ce qui renseigne sur la date de l'apparition de l'ouvrage, et sur la présence à Rome de ce frère du compositeur.
Moins de trois mois après l'entrée de Pierluigi à la Sixtine, Jules III mourut, le 28 mars i555. Marcel II (Marcello Gervini), qui lui succéda, ne régna que six semaines et mourut dans la nuit du 3o avril au i^"" mai i555, regretté de tous ceux qui, connaissant son activité et sa haute piété, voyaient en lui « l'image vivante de cette réforme de l'Eglise », dont tant d'autres n'étaient que les « parleurs* ». L'une des plus belles et des plus célèbres messes de Palestrina porte son nom. On ne sait si elle fut écrite pour lui être dédiée, — il arrivait souvent alors qu'une œuvre fût dédiée en manuscrit, — ou, après sa mort, pour rendre hommage à sa mémoire. Il paraît en tous cas certain que des rela lions pej>> sonnelles avaient existé entre le prélat et l'artiste. Lorsque le cardinal Gervini s'était rendu pour la première fois au Goncile de Trente, c'était en compagnie ducardinal-évêque de Pales-
i. Ranke, Histoire de la Papauté, édit. française, t. I, p. 297.
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Iriria, ce même Giovanni-IVlaria del Monte, qui, une fois pape, devait appeler Pierluigi de sa cathédrale à Rome. On remarque aussi que le poète Annibal Garo, sur la mort duquel le même musicien composa plus tard un chant funèbre, était au nombre des familiers, — ou des courtisans, — de Marcello Gervini. Ge n'est, en outre, pas une pure supposition que de dire que ce prélat, doué d'un « esprit universel », devait « envisager avec le plus vif intérêt » les questions relatives à l'amélioration de la musique religieuse : car M. Dejob a découvert une lettre que lui adressait en 1646 le futur cardinal Sirleto, précepteur de ses neveux, dans laquelle étaient signalés des chants « déplacés », entendus en l'église de San Salvator di Lauro, à Rome^
Le successeur de Marcel II fut le cardinal Giovanni Pietro Garaffa, élu le 28 mai i555 et qui prit le nom de Paul IV. Agé de soixante-dixneuf ans, fondateur en 1624 de l'ordre des Théatins, réorganisateur de l'Inquisition en 1 542, il passait pour « le plus rigide de tous les cardinaux ». Sa bulle d'avènement annonça une « réforme de FEglise universelle et de la cour de Rome » et l'on vit bientôt qu'il l'entendait dans le sens d'une sévère observation des