‹ Palma, ou La nuit du vendredi saint, drame en cinq actesChapitre 12 sur 70 · CHRISTIAN, FRANZ · texte numérisé non relu

CHRISTIAN, FRANZ

Christian, haussant les épaules.

J'avais hâte qu'il fût parti avant l'arrivée de nos deux Italiens.

FRANZ

Ne se pourrait-il pas que, lassé de nos poursuites... il se lassât de son silence?

CHRISTIAN

Non, c'est une âme loyale!

FRANZ

C'est une tête exaltée... et...

CHRISTIAN

C'est une âme loyale, vous dis-jc !...

të FALSlâ.

FRANZ

Soit... Cependant, sa vie troublée... ses souffrances continuelles pourraient...

CHRISTIAN

C'est un honnête homme, monsieur... Àssezsur lui..* l'heure avance... ces étrangers devraient être ici...

FRAKZ.

Êtes-vous sûr, mon père, qu'ils viendront précisément à celte auberge?

CHRISTIAN

C'est la seul de ce pays... Ce retard m'inquiète cependant... Donnez-moi, je vous prie, ce portrait, ce portrait de femme... cette sotte relique que vous avez emportée de Rome.., Il nous servira tout-à-l'hcurc, je pense...

pranz, lui remettant un petit êcrin.

Le voici, monsieur.

CHRISTIAN

Quand je songe, Franz, combien des hasards peuvent faire manquer cette rencontre si laborieusement combinée et de laquelle dépend le succès de mon unique ambition... d'une pensée si longtemps, si ardemment poursuivie... tout mon calme, tout mon sang-froid m'abandonnent!...

FRANZ

Je comprends votre émotion, monsieur, à cette heure décisive... Mais je ne saurais vous dire que je la partage; jamais je ne me suis sentis le cœur plus vide d'espoir ou de crainte qu'en ce moment...

Christian. Franz!

FRANZ

Mon père, c'est ainsi.

Oui, le cœur vide de ces sentimens et de tout autre, vous dites vrai!...

FRANZ

Ne me demandez pas plus que je ne puis, monsieur. N'ai-je pas, à votre premier mot, quitté cette belle vie

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