SCENE PREMIERE
HERMANN, sur le devant, à gauche, disposant des couleurs sur une palette ; BEN-SAMUEL, remuant, et examinant des tableaux dans le fond.
HERMANN
Eh bien ! maître Ben-Samuel ?
BEN-SAMUEL
Eh bien ! M. Hermann, il faut voir; vous êtes donc toujours le seul élève de maître Palma, jeune homme?
HERMANN
Le seul, oui, père Samuel... Il s'en présente tous les jours... c'est une cohue ; mais nous les refusons tous.
BEN-SAMUEL
Il est arrivé hier au soir de voyage, maître Palma, venait-il de loin?
20 PALMA
HERMANN
Eh! comment cela?
BEN-SAMUEL
D'où venait-il?
D'un pays !
Qui est situé?
Quelque part.
HERMANN
BEN-SAMUEL
HERMANN
Oui... mais où à peu près ?
HERMANN
Entre cette maison... et la Chine...
BEN-SAMUEL
C'est un peu vague... Mais que fait-il donc de tout l'argent qu'il gagne, maître Palma?... Sa faconde vivre est d'une simplicité extrême.
HERMANN
Il fait ce qu'il veut de son argent, et moi ce que je veux de ma langue.
BEN-SAMUEL, tOUJOUVS CtU fond.
Savez-vous, M. Hermann, qu'il faut être attaché à maître Palma comme je le suis, pour ne pas le perdre de vue dans la vie nomade qu'il mène?... Une séjourne jamais deux ans de suite dans le même pays... Il faut aller le chercher tantôt en Belgique, tantôt en Autriche...
HERMANN
Puisque vous venez l'y chercher, c'est que vous y trouvez votre compte, père Samuel.
BEN-SAMUEL
Non, c'est que je l'aime, jeune homme; j'ai pour maître Palma une affection que j'ose appeler paternelle... Est-çc tout ce que vous avez à me faire voir, mon ami?
HERMANN
Comment ! si c'est tout ? il y a dans la salle en bas,