‹ Palma, ou La nuit du vendredi saint, drame en cinq actesChapitre 20 sur 70 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

HERMANN, sur le devant, à gauche, disposant des couleurs sur une palette ; BEN-SAMUEL, remuant, et examinant des tableaux dans le fond.

HERMANN

Eh bien ! maître Ben-Samuel ?

BEN-SAMUEL

Eh bien ! M. Hermann, il faut voir; vous êtes donc toujours le seul élève de maître Palma, jeune homme?

HERMANN

Le seul, oui, père Samuel... Il s'en présente tous les jours... c'est une cohue ; mais nous les refusons tous.

BEN-SAMUEL

Il est arrivé hier au soir de voyage, maître Palma, venait-il de loin?

20 PALMA

HERMANN

Eh! comment cela?

BEN-SAMUEL

D'où venait-il?

D'un pays !

Qui est situé?

Quelque part.

HERMANN

BEN-SAMUEL

HERMANN

Oui... mais où à peu près ?

HERMANN

Entre cette maison... et la Chine...

BEN-SAMUEL

C'est un peu vague... Mais que fait-il donc de tout l'argent qu'il gagne, maître Palma?... Sa faconde vivre est d'une simplicité extrême.

HERMANN

Il fait ce qu'il veut de son argent, et moi ce que je veux de ma langue.

BEN-SAMUEL, tOUJOUVS CtU fond.

Savez-vous, M. Hermann, qu'il faut être attaché à maître Palma comme je le suis, pour ne pas le perdre de vue dans la vie nomade qu'il mène?... Une séjourne jamais deux ans de suite dans le même pays... Il faut aller le chercher tantôt en Belgique, tantôt en Autriche...

HERMANN

Puisque vous venez l'y chercher, c'est que vous y trouvez votre compte, père Samuel.

BEN-SAMUEL

Non, c'est que je l'aime, jeune homme; j'ai pour maître Palma une affection que j'ose appeler paternelle... Est-çc tout ce que vous avez à me faire voir, mon ami?

HERMANN

Comment ! si c'est tout ? il y a dans la salle en bas,

Page 1