ACTE II, SCENE V
PALMA
Le courage, oui.
GERTRUDE
Que vous avez perdu la confiance dans le^ hommes, el la foi en Dieu !
PALMA
Hélas !
GERTRUDE. x
Eh bien ! voulez-vous donc perdre plus encore, mon (ils ?
PALMA
Plus encore !
GERTRUDE
Voulez-vous perdre le respect de votre mère ?
PALMA
Oh ! jamais! jamais !
GERTRUDE
llésignez-vous donc, mon enfant, je partirai quand vous voudrez.
palma, avec embarras.
Écoutez, ma mère, il pourrait y avoir une raison puissante qui m'engageât à demeurer quelque temps encore dans ce pays... Si cette raison existe ou non, je vous le dirai ce soir...
GERTRUDE
Vous avez un secret pour moi, Johann?
PALMA
Oui, même pour vous, il doit être caché, jusqu'à ce soir au moins.
GERTRUDE
La jeune dame du château d'Arnhcim , la fille du baron, ne doit-elle pas venir tout-à-l'heure, pour que vous acheviez son portrait?
PALMA
Elle doit venir, oui.
GERTRUDE
Elle est belle, dit-on.
34 PALM A
PALMA
Elle est belle.
GERTRUDE
Je suis devenue si étrangère au monde, que j'ignore où il en est maintenant. De mon temps, c'était un grand malheur, Johann, que d'élever ses yeux au-dessus de la condition où l'on était né.
PALMA
Le monde n'a point changé... Voici la jeune baronne, ma mère...