ACTE IV, SCÈNE IV. t
palm a, souriant avec amertume.
En effet, j'espère que le terme de nos malheurs est prochain.
GERTRUDE
Oui, j'ai l'espoir que Dieu nous garde enfin, au bout de cette dernière épreuve, une retraite ignorée et tranquille... (La foule murmure au dehors.) palm a, à part.
Hélas!... (Haut.) Oui, ignorée et tranquille.
GERTRUDE
Allez, Johann, croyez-moi, il ne faut pas que les malheureux se fatiguent de prier : Dieu finit toujours par entendre. Il est bon, s'il est juste.
palma, amèrement.
Juste et bon, oui, ma mère. Nous n'aurons plus désormais qu'à le remercier...
Murmures el cris plus violens.
GERTRUDE
Mais quel est donc ce bruit de voix dans la rue?
PALMA
Ce sont les pèlerins qui descendent de la chapelle du iac.
GERTRUDE
Ah! les jeunes fiancés qui viennent faire à Notre- Dame d'Arnheim l'offrande de leurs amours ? j'aime cette douce fête, et ces cris de bonheur autour de nous. Vous voyez, Johann, tous les présages sont heureux. Ces bruits de fête vont nous accompagner comme des bénédictions.
PALMA
Des bénédictions î... Oui, ma mère, que le ciel les leur rende.
GERTRUDE
D'où vient cette amertume, mon fils? Je ne puis voir votre visage; mais il doit contredire vos paroles. Que se nasse-t-tl donc, dites ?
66 PALM A
PALMA
Rien , ma bonne mère, rien : il y a fête au château pour les fiançailles de la jeune baronne, et fête dans le bourg à cause de ce pèlerinage... Il ne se passe rien de plus, en vérité.
GERTRUDE
Vous me trompez, Johann; je suis aveugle, mais je suis votre mère, et je vois que vous me trompez!
PALMA
Je vous jure, ma mère... (Des cris violens : A mort ! à mort! Tumulte.)
gertrude, se levant.
Taisez- vous , taisez-vous! ces cris ne mentent pas! Laissez-moi les écouter...
Hermann rentre les traits bouleversés , il fait à Palma un geste de désespoir.