‹ Palma, ou La nuit du vendredi saint, drame en cinq actesChapitre 60 sur 70 · ACTE V, SCÈNE i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE i

à Notre-Dame d'Àrnheim le pèlerinage des fiançailles, selon le vieil usage du pays. Nous allons être mari et femme, enfin.

ROSCHEN

Eh bien ?

JUSTUS

Ah ! mon Dieu! ces femmes ne comprennentrienf... Eh bien ! je ne veux pas que ma femme aime la musique, puisque je ne l'aime pas, là.

ROSCHEN

Chut!...laissez-moiécouter. ..je suis lasseaussi bien... et je veux m'asseoir un moment... (Elle s'assied sur une pierre au pied de la colline. Chœur dans le lointain.) C'est une hymne à la Vierge de la chapelle. Je suis fâchée qu'ils s'éloignent.

justus, qui a regardé à travers les barreaux.

Eh ! Seigneur ! partons, Roschen, partons promptement î... savez -vous où nous sommes ici ?

ROSCHEN

Eh bien î quoi ! où sommes-nous donc?

JUSTUS

Ce mur, c'est le mur du cimetière d'Arnheim. roschen, montant sur le tertre où est la couronne, et regardant à travers les barreaux.

Oh ! qu'il est joli ! il est tout plein de roses d'avril ! Est-ce que vous avez peur, M. Justus. Ces cimetières fleuris sont les jardins des pauvres, comme dit ma mère ! Moi, j'ai peur dans les grands cavaux sombres des églises, mais ceux qui dorment là sous des roses ne me font pas peur.

justus, apercevant le bâton et la couronne.

Ehî mais, descendez donc de cette pierre, malheureuse» C'est là qu'à été enterré ce matin ce meurtrier qu'on n'a pas voulu mettre en terre sainte.

ROSCHEN

Qui donc?

mmmmmmm

72 PALMA

JUSTUS

Ce scélérat, l'homme qui était à notre auberge dans la nuit du Vendredi-Saint.

ROSCHEN

Et qui a été tué hier par ces médians paysans...

JUSTUS

Méchans ! ils ont bien fait.

ROSCHEN

Ce pauvre homme avait Pair si malheureux î

JUSTUS

Si malheureux ! Ah ! Seigneur î voilà bien les femmes! Chut!... il me semble que j'ai entendu du bruit... un bruit de pas... (// écoute au fond adroite.) roschen, riant.

C'est quelque revenant qui se promène au clair de lune pour se distraire.

justus, déplus en plus tremblant.

Que vous êtes enfant, Roschen ! vous croyez aux revenans... je... je suis sûr que vous y croyez... je... je veux bien, par égard pour votre faiblesse... m'en.», m'en aller...

roschen, regardant à droite.

Mais eneffet...j'entendsdespas... C'est une femme... voyez...

justus, au comble de Vèmotion.

Ah ! mon Dieu! une femme blanche. Venez, Roschen, et... ne craignez rien... je... je suis là... (// recule toujours jusqu* au fond.) Ah! mon Dieu !...

Il se cache derrière un arbre.

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