‹ Pamphlets politiques et littérairesChapitre 35 sur 79 · QUE L ON EMPECHE DE DANSER. \*J · texte numérisé non relu

QUE L ON EMPECHE DE DANSER. \*J

exemptes faits pour grandement coptribuer au maintien de la religion, ne soient en pure perte pour elle , par Timprudence des nouveaux prêtres qui la rendent peu aimable au peuple en la lui montrant ennemie de tout divertissement, triste, sombre , sévère , n'offrant de tous cétés que pénitence à faire et tourmens mérités^ au lieu de prêcher sur des textes plus convenables à présent : Sachez que mon joug est léger, ou bien celui-ci .• Je suis doux et humble de cœur. On ramènerait ainsi des brebis égarées que trop dé rigueur effarouche. Quelque grands que soient nos péchés , nous n'avons guère maintenant le temps de faire pénitence. Il faut semer et labourer. Nous ne saurions vivre en moines , en dévots de profession , dont toutes les pensées se tournent vers le ciel. Les règles faites pour eux , détachés de la terre , et comme du fumier re* gardant tout le monde, ne conviennent point à nous qui avons ici-bas et famille et chevance, comme dit le bon homme , et malheureusement tenons à toutes ces choses. Puis , que faisons-nous de mal , quand nous ne faisons pas bien , quand nous ne ^ travaillons pas? Nos délassemens , nos jeux , les jours de fête, n*ont rien do blâmable en euxmêmes ni par aucune circonstance. Car ce qu*on allègue au sujet de la |>lace d'Azai , pour nous empêcher d*y danser ; cette place est devant 1* église , dît-on ; danser là , c*est danser devant Dieu , c'est l'oflenser; et depuis quand? Nos pères y dansaient, plus dévots que nous, à ce qu'on nous dit. Nou) y flY0Q9 di^n^é après eux } I^ mm roi Payid dan^a

l8 PÉTlTiOW POUR LBS VfI.liAeBOIS> etc.

devani L%r«lia^ du Seigœur,. et le Seigneur le trouva i>on; il en fui aUey dît l'Ecriture^ et UjiMiS) qui ne ^oiiu^es saints ni. rols^ mais hoonêtes gtmi néewxkQins» ne> poajri\>ns danser devant nbtre église y qui n'e&t pas Tarche ^ mats sa figure selon les sacrés interprètes* Ce que Dieu aîaie de- sea saints, de' nous l'ofifense; L'église d'Azai sera pro» fanée du même acte qui sanctifia l'arcbeet le tempifi de Jérusalem ! Nos curéa» jusqu'à ce jour, étwentil» méeréans, hérétiques» impies, ou prêtres ca» thQliqufi&, aussi sages pane le. moins que des aémî* narisles? ils ont approuvé d& telà plaisirs et pris p^rt à uo». amusemens , cpii ne pouvaient scandaliser que les. élèves du plcpus. Voilà quelque^unea des raisons que nous opposons au trop de zèle de nos jeunes réformateurs^

Partant, vous déciderez ^ Messieurs,, s'il ne se* rait pas convenable de nous rétablir dans le droit de danser comme' auparavant sur la p^e d*Azai » les dimanches et les fêles ; puis vous pourrez examiner s^'il Qst temps d'obéir aux moiaes et d'ap- > prendre des oraisons , brsqu'on nous couche en joue de près,à bout touchant, lors^'autour de nous toute l'Europe en armes fait Tcxercice à feu » ses canons en batterie et. la mèche allumée.

Vcrctz , i5 jiiilîcl iiS22.

A MESSïKtmS LES JUGES

BÉÏ TRIBUNAL CIVIL ,

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