‹ Pamphlets politiques et littérairesChapitre 51 sur 79 · I I 4 GAZETTE DU VILLAGE · texte numérisé non relu

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i*OFdre de Dieu. Maïs une autre bande vraiment no4re, ennemie du partage, prétend que toute terre lui appartient, propriétaire universelle de droit divin, acquiert tous les jours, ne vend point ; bande la pire qui soit et la plus malfaisante , si on ne ta connaissait.

— Quand Bonaparte reviendra, ou son (ils que voilà tantôt grand, il ôtera les droits réunis, et ne lèvera d'argent que ce qu'il en faudra pour les dépenses publiques. Il mariera les prêtres, car enfin ces gens-là ne se peuvent passer de femmes et ne s'en passent pas; cela fait du désordre. Il avancera les soldats, nos eofans seront officiers. Nous élirons nos maires, nos juges de paix; ce sera le bon temps qu'on attend depuis long-temps,

-^ Le maire de Véretz a battu le curé qui laisse danser, et en le battant lui a dit qu'il était mauvais prêtre, que sa messe ne valait rien , que cha-c que fois qu'il la disait il commettait ub sacrilège çt recruçi fiait JésiJS«Christ. Le curé est uti vieillard de quatre-vingt-deux ans , instruit et sage, le maire un jeune homme de trente ans , beauooQp plus occupé des filles que du sacrifice delà messe. Le soufflet qu'il a donné dans cette occasion parut tel aux témoins., qu*at|cmi prêtre^ disent-ils, n'en a reçu de pareil depuis Boaiface VIU. Le maire de Yëretz n'a pas n^is un gant de fer, comme fit l'ambassadeur pour souflQete^ ce pape au nom du roi son maître, mais du coup a jeté par (erre le (jonhomme , qui ne s'est pas relevé, ^rde encore

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le Kl. Les apparences sont que Yéretz ne dansera plus.

— On a volé au Polonais deax mille franos qu'il amassait depuis qu'il est ici. Qiiacun le plaint. Cest un homme doux, simple, bon, serviable comme tous ces déserteurs des armées étrangères. Il y en a plusieurs établis dans nos environs , mariés^ vivant bien, sans aucun regret du pays oà le seigneur leur donnait la schiague et leur vendait le brandevin au pri3( qu'il voulait. Mauvais laboureurs la plupart, pour gouverner les chevaux ils B*ont point de pareils,

— La veuve Raillard , qui vend du vin aux ba» teliers , a une cave secrète que nous connaissons tous, mais que les commis ignorent. Elle en venait hier, sa clef dans une main , dans Tautre une bottteiUe , quand les commis rarrétèrent au détour des Rnanx, saisissent sa bouteille. Elle , d*un coup de clef, la brise entre leurs nains. Tout le Vioode en a ri. La contrebande n*est point une chose qu'on blâmie. Peu de gens aujcurd'faui mettent dans un eontrat le vrai prix de la vente. Le gottveri|fiment trompe, et qui le peut tromper est approuvé de tous. Il enseigne lui-même la fourbe • le parjure, la fraude et Timposturt. Z>'w> #nywiv ti immt ia makié n 'est fondée.

— Des gen» ont conseillé au euré de Veretz , battu par le jeune maire, d'en demander justice, ayant preuves et témoins. Il Ta fait , il s'est plaint; les juges.... Ce curé est un de ceux de la révolution; il prêta le serment et même fut grand-vicaire

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constitutionnel , homme qui s'est as^s dans ?a chaire empestée ; il a contre lui toute sa .robe. Tout ce qui .pense bien le tient dûment battu et applaudit au Maire. Le procureur du roi, sans doute ignorant, cela , d'abord prit fait -et cause .pour l'église outragée, dans l'ardeur de: son zèle voulait couper le poing qui- avait frappé l'oint; mais averti depuis, il a changé de langage , trop tard; on ne lui pardonne pas d'avoir agi et fait agir la justice dans cette affaire , sans prendre le mot des jésuites. Messieurs les gens du roi , entre laxïhancellerie et la grande ^umônerie, n'ont pas besogne faite, et sont en peine souvent. Le préfet mieux avisé, instruit d'ailleurs, guidé par le coadjuteur, les moines , les dévotes et les séminaristes, en appuyant son maire , et criant anathème au prêtre de Baal , a montré qu'il entend la politique du jour. Les juges. Comment faire contre un parti régnant ? Ils en eurent grand honte , et sortant de raudiencé, ne regardaient personne après cette sentence. Ils ont , bien malgré eux, pauvres gens, en dépit de la clameur publique , des preuves , des témoins, condamné le plaignant aux frais et aux dépens. Le parti voulait plus; il voulait une amende . que messieurs de la justice ont bravement refusée: battu ne paie pas l'amende; c'est quelque chose*; e'est beaucoup au temps où nous vivons. Il n'en faut pas exiger plus , et ce courage aux juges pourra ne pas durer.

Le maire, ainsi vainqueur du prêtre octogénaire ; nprès avoir battu , dans une seule personne.

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la danse et la révolution , se flatte avec raison des bonnes grâces du parti puissant et gouveiTiant. Cest.une action d'éclat dont on lui saura gré, d autant plus qu'ayant pour tout bien une terre qui appartient à M. le marquis de Chabrillant^ bien d'émigré s'il faut le dire, il semblerait intéressé à se conduire tout autrement, et ne devrait pas être ami de la contre-révolution. Mais son calcul est fin, il raisonne à merveille. Se rangeant avec ceux qui le. nomment voleur, il fait rage contre ceux qui le veulent maintenir dans sa propriété» conduite très - adroite. Si ces derniers triomphent, la révolution demeure et tout ce qu elle a fait ; il tient le marquisat > se moqué du marquis. Les autres l'emportant, il pense mériter nonrseulement sa grâce et de n'être pas pendu, mais récompense, emploi, et peut-être, qui sait? quelque autre terre confisquée sur les libéraux lorsqu'ils seront émigrés.

— ÀNifOircE. Paul-Louis vend sa maison de Beauregard, acquise par lui de David Bacot, huguenot , et {pourtant honnête homme. La demeure est jolie , le site un des plus beaux qu'il y ait en Touraine , romantique de plus, et riche en sou-^ venirs. Le château de la Bourdaisière se voit à peu de distance. Là furent inventées les faveurs par Babeau; là naquirent sept.sœur» galantes comme leur mère et célèbres aous le nom des sept péchés mortels, une desquelles était Gabriel le, maîtresse de ce bon roi Henri , et de tant d'autres à la fois féaux et courtois chevaliers. Par le seigneur lui-

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