‹ Pamphlets politiques et littérairesChapitre 53 sur 79 · Ï20 GAZETTE DO VILLAGE · texte numérisé non relu

Ï20 GAZETTE DO VILLAGE

Un dimanche, Tan ^assé, après la Pentecôte, en ce temps-ci justement, il chassait aux cailles dans mon pré, Therbe haute, prête à faucher et si belle!.... C'était pitié. Moi , voyant ce ménage, monsieur, mon herbe confondue, perdue, je ne dis mot, et pourtant il m'en faittait grand mal; mais je me souvenais de Christophe,' quaad le maire lui prit sa fille unique, et au bout de hait jours la lui rendis gâtée. Je le fus voir alors : si j'étais de toi , Christophe, ma foi je me plaindrais, lui dis-je. Ah ! me dit-il, n'est-ce pas monsieur le maire? Pot de fer et pot de terre.... Il avait grand raison; car il ne fait pas bon cossër avec telles gens, et j'en sais des nouvelles. Me. souvenant de ce mot , je regardais et laissais monsieur le maire fouler, fourrager tout mon pré, comme eussent pu faire dou^e ou quinze sangliers , quand de fortune passent Pierre Houry d'>Azai, Louis Bezard et sa femme , Jean Proust , la petite Bodin , allant à l'assemblée. Plei;re s'arrête, rit, et en gaussant me dit : La voilà bonne ton herbe ; vends-la-moi , Nicolas; je t'en donne dix sous et tu me la faucheras. Moi , piqué , je réponds : Gageons que je vas lui dire !.... Quoi ? Gageons que j'y vaâ. Bouteille, me dit-il, que tu n'y vas pas! Bouteille? je lui tape dans la main. Bouteille chez Panvert, aux Portes de Fer. "Va. Je pars tenant mon chapeau , j'aborde monsieur le maire. Monsieur, lui dis-je, monsieur, cela n'est pas bien à vous ; non , cela n'est pas bien. Je gagiîai la bouteille ainsi ;' je nie perdis. Je fus miné dès l'heure.

Page 1