AVIS DU LIBRAIRE-ÉDITEUR
' Tfous ne donnons que des extraits du Livret de Paul- Louis , vigneron , dans lequel se trouvent beaucoup de choses intelligibles pour lui seul , d'autres trop hardies pour le temps , et qui pourraient lui faire de radieuses affaires. X^ous avoiis supprimé ou adouci ces traits. Il faut respecter les ppissances établies de Dieu sur la terre , et ne pas alm^er de la liberté de la presse. *
— M. de Talleyrand, dans son discours au Toi pour rempêcher de faire la guerre, a dit : Sire, je suis vieux. C'était dire, vous êtes vieux; car ils sont du même âge. Le roi , choqué de cela, lui a répondu : Non , monsieur de Talleyrand, non, vous n'êtes point vieux; Pambition ne vieillit pas.
Talleyrand parle haut, et se dit responsable de la restauration. ^
* Nous n'avons pas besoin de diro que cet avis est de Courier lui-même; il $e trouve en têle de la première édition àa Livret, nous Tavons conserve. (Nute de l'éditeur.)
LIVRET DE PAUL-LOUIS, VIGNEROIT. laÇ
Ces mots vieillesse et mort sont dures à ]a vieille cour. Louis XI les abhorrait, celui de mort surtout, et, afin de ne le point entendre, il voulut que quand on le verrait à rextrémité, on lui dit seulement/^ar^^ peu, pour l'avertir de sa situation. Mais ses gens oublièrent Tordre , et lorsqu'il en vint là, lui dirent crûment le mot, qu'il trouva bien amer. (Voir Philippe de Commines.)
— Marchangy , lorsqu'il croyait être député, se trouvant chez M. Peyronnet, examinait Tappartement, qui lui parut assez logeable ; seulement il eût voulu le salon plus orné , l'antichambre pins vaste, afin d'y faire attendre et la cour et la ville , peu content d*ailleurs de l'escalier. Le Gascon , qui connut sa pensée , eut peur de cette ambition* et résolut de l'arrêter, comme il fit en laissant paraître les nullités de son élection , dont sans cela on.n*eût dit mot.
— Quatre gardes-du- corps ont battu le parterre au Gymnase dramatique. On dit que cela est contraire à l'ordonnance de Louis XIII , qui leur défend de maltraiter ni frapper les sujets du roi sans raison. Mais il y avait une raison : c'est que le'parterre ne veut point applaudir des couplets qui plaisent aux gardes-du-corps et leur promettent la victoire en Espagne, s'ils y font la guerre , ce qui n'est nullement vraisemblable.
— Près des Invalides, six Suisses ont assailli quelques bouchers. Ceux-ci ont tué deux Suisses et blessé tous les autres, qui sa sont sauvés en laissant sabres et schakos. Les bouchers devraient