‹ Pamphlets politiques et littérairesChapitre 57 sur 79 · II · texte numérisé non relu

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quelquefois aller au parterre » et les Suisses toujours se souvenir du lo août.

— Lebrun trouve dans mon Hérodote un peu trop de vieux français , quelques phrases traiBantes. Béranger pense de même, sans blâmer cependant cette façon de traduire. On est content de la préface.

-^ Le boulevard est plein de caricatures , tontes contre le peuple. On lé représente ^ossier, débauché , crapuleux , semblable à la coût, mais en laid. Afin de le corrompre, on le peint corrompu. L'adultère est le sujet ordinaire de ces estampes. C'est un mari avec sa femme sur urî lit et le galant dessous, ou bien le galant dessus et le mari dessous. Des paroles expliquent cela. Dans une autre , le mari lorgnant par la serrure, voit les ébats de sa femme , scène des Variétés. Ce théâtre aura bientôt le privilège exclusif d*en représenter de pareilles. Il jouera seul lés pièces qu*on appelle grivoise:*, c'est-à-dire sales, dégoûtantes, comme la Harehan'de de goujons. Les censeurs ont soin d'en ôter tout ce qui pourrait inspirer quelque sentiment généreux. La pièce est bonne, pourvu qu'il n'y soit point question de liberté , d'amour du pays; elle est excellente , s'il y a des rendez-vous de charmante^ femmes avec de charmans militaires , qui battent leurs valets, chassent leurs créanciers , escroquent leurs par eus ; c'est le bel air qu'on recommande. Corrompre le peuple est l'affaire, la grande affaire maintenant. A Pégltie et dans les écoles , on lui enseigne rhypocrisie, au théâtre l'ancien régime et

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toutes ses ordures. On lui tient prêtes des maisons

où il va pratiquer ces leçons.

En Angleterre, tout au contraire , les carrcatures.

et les farces se font contre tes grands , livrés à là

risée du peuple, qui conserve ses mœurs et corrige

la cour.

— Un homme que j*aî vu arrive d* Amérique. Il

y est resté trois ans sans entendre parler de ce que nous appelons ici Fautorité. Nul ne lui a demandé son nom, sa qualité, ni ce qu*il venait faire , ni d'où, ni pourquoi , ni comment. Il a vécu trois ans sans être gouverné, s*ennuyant à périr. Il n'y a point là de salons. Se passer de salons ! impossible au Français, peuple éminemment courtisan. La cour a*étend partout en France; le premier des besoins c'est de faire sa cour. Tel Ifrave ^ la tribune les glands, les potentats , et le sofr devant.... s'incline profondément, n'osé s'asseoir chez..., qui lui frappe sur l'épaule et l'appelle mon chet*. Qub de maux naissent^dit ^abrnyère, de ne ^pouvoir (être seul I

— A Boulogne -suroMer , M. Léon de Gfaanlalre avait établi une école d'enseignen;ient mutuel ^^ dans une salle bâtie par lui exprès avec beaucoup (le dépenses. Là , trois cents enfans apprenaient Tarithinélique et le dessin. Les riches payaient pour les pauvres , et de ceux-ci cinquante se trouvaient habillés sur la rétribution des autres; tout allait le mieux du monde. Ces enfans s'instruiraient et n'étaient point fouettés. Les frères igno^ ItintiBSy qui fouettent et n^instruisent pas, ont

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fait fermer Técole , et de plus ont demandé que la salle de M. de Chanlaire leur fût donnée par les jésuites, maîtres de tout. Chanlaire est accouru ici pour parler aux jésuites et défendre son bien( iVbtoy que toute affaise se décide à Paris ; les provinces sont til^aitées comme pays conquis ). Il va voir Frayssinous qui lui répond ces mots : Ce que j'ai décidé, nulle puissance au monde ne le saurait changer. Parole mémorable et digne seulement d'Alexandre ou de lui.

Tous ces célibataires fouettant les petits garçons et confessant les filles, me sont un peu sus- . pects. Je voudrais que les confesseurs fussent au moins mariés; mais les frères fouetteurs, il faudrait, sauf meilleur avis, les mettre aux galères, ce me sembHe. Ils cassent les bras aux enfans qui ne se laissent point fouetter. On a vu cela dans les journaux de la semaine passée. Quelle rage! F/agellandi tàm dira cupido !

— Un A,nglais m'a dit : Nos ministres ne valent pas mieux que les vôtres. Ils corrompent la, nation pour le gouvernement, récompensent la bassesse, punissent toute espèce de générosité. Ils font de fausses conjurations, où ils mettent ceux qui leur déplaisent, puis de faux jurys pour juger ces conspirations. C'est tout comme chez vous. Mais il n'y a point de police^. Voilà la différence.

Grande, très-grande celle différence, à l'avantage de l'Anglais. La police est le plus puissant de tous les moyens, inventés pour rendre un peu-

pie vil et lâche. Quel courage peut avoh* rhômme élevé dans la peur des gendarmes, n'osant ni parler haut, ni bouger sans passe-port, à qui tout est espion, et qui craint que son ombre ne le prenne au collet?

Pour faire fuir nos conscrits, les Espagnols n*ont qu*à s*habilleren gendarmes.

— Quand Marchangy voulut parler aux députés, il fut tout étonné de se voir contredit, et perdit la tête d*abord. Il lui échappa de dire , croyant être au Palais : Qu'on le raye du tableau ; en prison les perturbateurs; M. le président, nous vous requérons.^.. Plaisante chose qu'un Marchangy à la tribune, sans robe et sans bonnet carré; mais avec son bonnet.... Jefferies, I^ubardemont! Il sera , dit-on , réélu et songe à exclure les indignes.

— Les journaux d» la cour insultent le duc d'Orléans. On le hait; on le craint; on veut le faire voyager. Le roi lui disait l'autre jour : £h bien! M. le duc d^Orléans, vous allez donc en Italie? — Non pas, sire , que je sache. — Mon Dieu si, vous y allez; c'est moi qui vous le dis, et vous, m'entendez bien. — Non, sire, je n'entends point, et je ne quitte la France que quand Je ne puis faire autrement.

— Ce Deffiat , député en ma place, est petit-fils de Rusé Deffiat qui donna l'eau de chicorée à madame Henriette d'Angleterre. Leur fortune vient de là. Monsieur récompensa ce serviteur fidèle. Monsieur vivait avec le chevalier de Lorraine,

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que Madame n'aimait pas. Le ménage était troublé. DefBat arrangea tout avec l'eau de chicorée. Monsieur, depuis ce temps, eut toujours du conr tre-poison dans sa poche , et DefBat le lui four^ Hissait. Ce sont là de ces services que les grands n'oublient point, et qui élèvent une famille noble. Mon remplaçant n'est pas un homme à donner aux princes ni poison ni contre-poison ; il ferait quelque quiproquo. C'est une espèce d'imbécille qui sert la messe, et communie le plus souvent qu'il peut. Il n'avait, dit<on , que cinquante voix dans le collège électoral : Sies scrutateurs ont fait le reste. J'en avais deux cent vingt connues.

^ L'empereur Alexandre a dit à M. de Chateaubriand-'Pour l'intérêt de mon peuple et de ma religion , je devais faire la guerre au Turc ; mais j*ai cru voir qu'il s'agissait de révolution entre la Grèce et le Turc-, je n'ai point fait la guerre. J'aime bien moins mon peuple et ma religion que je ne hais la révolution , qui est proprement ma béte noire. Je me réjouis que vous soyez venu; je voulais vous conter cela. Quelle confidence d'un empereur ! £t le romaneier qui publie cette confikience! Tout dans son discours ,est bizarre.

Il entend sortir les paroles de la bouche de l'ompereur. On en|end sortir un carrosse ou des jchevaux de l'écurie; mais qui diantre entendit jamais sortir de» paroles? Et que ne dit-il : Je les ai vues sortir , ces paroles , de la bouche de mon ^)on ami qui a huit cent mille hommes sur pied !

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Cela serait plus positif, et l'on douterait moins de sa haute faveur à la cour de Russie.

Notez qu'il avait lu cette belle pièce aux dames; et quand ou lui parla d'eu retrancher quelque chose, avant de la lire à la Chambre, il n'eu voulut rien faire, se fondant sur l'approbation de madame Récamier. Or, dites maintenant qu'il n'y a rien de nouveau. Avait-on vu cela? Nous citons les Anglais : Est-ce que M. Canning , voulant parler aux Chambres, de la paix, de la guerre, consulte les ladys, les mistriss de la Cité ?

Les ^ens de lettres, en général , dans les emplois, perdent leur talent, et n'apprennent point les affaires. Bolingbroke se repentit d'avoir appelé près de lui Addisson et Steele.

— Socrate , avant Bobsy d'Anglas, refusa, au péril de sa vie, de mettre aux voix du peuple assemblé une proposition illégale. Bavez n'a point lu cela ; car il eut fait de même dans l' affaire de Manuel. Il est vrai que Socrate , présidant les tribus, n'avait ni traitement de la cour, ni gendarmerie à ses ordres. Manuel a été grand quatre jours; c'est beaucoup. Que faudrait-il quil fit à présent? Qu'il mourût, afin de ne point déchoir.

— D'Arlincourt est venu à la cour , et a dit : Voilà mon Solitaire et mes autres romans, qui n'en doivent guère au C/tristianisme de Chateaubriand. Mon galimatias vaut le sien ; faitesi-moi conseiller d'état au moins. On ne Ta pas écouté. De rage, il quitte le parti , el se fait libéral. C'est

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le maréchal d^Hocquincoury jésuite ou janséniste, selon rhumeur de sa maîtresse , et laccueil qu'il reçoit au Louvre.

— Ravez maudit son sort, se donne à tous les diables. Il a fait ce qu*il a pu. dans l'afTairede Manuel, pour contenter le parti jésuite. Il n^a point réussi. Ceux qu*il sert lui reprochent de s*y être mal pris, disent que cest un sot, qu'il devait éviter. Tesclandre , et qu'avec un peu de prévoyance, il eut empêché l'homme d'entrer, ou Feùt fait sortir sans vacarme. Fâcheuse con^ dilion que celle d'un valet ! Sosie l'a dit ; les maîtres ne sont jamais contens. Ravez veut trop bien faire. Hyde de Neuville va mieux, et l'entend à merveille : je vois, je vois là*bas Içs ministres de mon roi. Il a son roi comme Pardessus : mon roi m'a pardonné. Yoîlà le vrai dévouement. Le dévouement doit toujours être un peu idiot. Cela plaît bien plus à Un maître, que ces gens qui tranchent du capable.

— Serops-nous capucins, ne le serons-nous pas? Voilà aujourd'hui la question. Nous disions hier: Serons-nous les maîtres du monde ?

— Ce matin me promenant dant le Palais- Royal, M... 11... rd passe, et me dit: Prends garde, Paul-Louis, prends garde; les cagots te feront assassiner. — Quelle garde veux- tu, lui dis-je , que je prenne? Ils ont fait tuer des rois; ils ont manqué frère Paul , l'autre Paul, à Venise, Fra Paola ScàrpL Mais il l'échappa, belle.

— Fabvier me disait un jour : Vos phraseors

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gâtent tout: voulant être applaudis, ils mettent leur esprit à la place du bon sens, que le peuple entendrait. Le peuple n*entend point la pompeuse éloquence , lés longs raisonnemens. Il vous paraît, lui dis-je , aisé âe faire un discours pour le peuple; vous croyez le bon sens une chose com« mune et facile à bien exprimer.

— Le vicomte de Foucault nous parle de sa raee; Sesançêtres, dit-il, commandaient à la guerre. Il cite leurs batailles et leurs actions d*éclat. Mais la postérité d'Jlphane et de Bayard, qUaiid ce n'est qu'un gendarme aux ordres d'un préfet, ma foi, c'est peu de chose. Le vicomte de Foucault ne gagne point de batailles; il empoigne les gens. Ces nobles ne pouvant être valets de cour , se font archers ou geôliers. Tous les gardesrdu-corps veulent être gendarmes.

— Les Mémoires de madame Campan méritent peu de confiance. Faits pour la cour de Bonaparte , qui avait besoin de leçons, ils ont été revus depuis par des personnes intéressées à les altérer. L'auteur voit tout dans l'étiquette, et attribue le renversement de la monarchie à l'oubli du cérémonial. Bien des gens sont de cetavis. Henri III fonda l'étiquette, et cependant fut assassiné. On négligea quelque chose apparemment ce jour-là. L*éiiquette rend les rois esclaves de la cour.

Dans ces Mémoires il est dit qu'une fille de garde-robe, sous madame Campan femme de chambre, avait dix-huit mille francs de traitement, c'est trente-six mille aujourd'hui. Aussi tout le

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monde voulait être de la garde*robe* Que de gêna encore passent la vie à espérer de tels emplois ! Montaigne, quelque part se moque de ceux qui, de son temps, s'adonnaient à l'aç^riculture/et à ce qu'il appelle ménage domestique. Allez, disait-il, chez les rois, si vous voulez. \ous enrichir. £t Démosthènes : Les rois , dit-il , font Thomme i-îche en un mot, et d'un seul mot; chez vous. Athéniens, cela ne se peut; il faut trav^iiller ou hériter. Qu'on mette à Genève un roi avec un gros budget , chacun quittera l'horlogerie pour la garde-robe; et, comme les valets du prince ont des valets, qui eux-mêmes en ont d'auires, un peuple se fait laquais. De là l'oisiveté, la bassesse, tous les vices , et une charmante société.

Madame Campan fait de la reine un modèle de toute vertu ; mais elle en parlait autrement, et l'on voit dans O'Meara ce qu'elle en disait à Bonaparte; comme, par exemple , que la reine avait un homme dans son lit, la nuit du 5 au 6 octobre; et que cet homme, en se sauvant, perdit ses chausses, qui furent trouvées par elles, madame Campan. Cette histoire est un peu suspecte. M. de La Fayette ne la croit point. Bonaparte a menti , ou madame Campan.

£lle écrit mal , et ne vaut pas madame de Motteville, qui était aussi femme de chambre. Madame du Hausset, autre femme de chambre, va paraître. On imprime ses Mémoires très-curieux. Ce sont là les vrais historiens de la monarchie légitime. — Quelqu'un montre une lettre de M. Argueites

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où sont ces propres mots : Votre roi nous menace; il veut nous envoyer un prince et cent mille hommes pour régler nos affaires selon le droit divin. Voici notre réponse: Qu'il exécute la Charte , ou nous lui enverrons Mina et dix mille hommes avec le drapeau tricolore; qu'il chasse ses émigrés et ses vils courtisans, parce que nous craignons la con* lagion morale.

— Horace va faire un tableau de la scène . de Manuel. Mais quel moment choisira-t-il? Geluioà Foucault 4it: Empoignez le député; — ou bien quand le sergent refuse? J'aimerais mieux ceci. Car, outre que le mot empoignez ne se peutpeindre ( grand dommage sans doute), il y aurait là deux ignobles personnages, Foucault et le président, qui, à 4ire vrai* n'y était pas, mais auquel on penserait toujours. Dans cette composition , l'odieux dominerait, et cela ne saurait plaire, quoi qu'en cfiseBoileau. )li'(nstantdu refus; au contraire, offre deux caractères nobles, Manup) et le sergent, qui tous deux intéressent, non pas au même degré , mais de la même manière et par le plus bel acte dont l'homme soit capable, résister au pouvoir. De pareils traits sont rares; il les faut recueillir et les représenter, les recommander au peuple. D'autre pari, on peut dire aussi que >|anuel , Foucault, ses gendarmes, donneraient beaucoup à penser: et le président derrière la toile ! car il est ~ des objets que r art judicieux,,,, La contenance de Ma< nuel et la bassesse des autres formeraient un contraste; ceux-ci servant des maîtres et calculant

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