PROCLAMATION
Soldats, vous allez rétablir en Espagne l'ancien régime et défaire la révolution. Les Espagnols ont fait chez eux la révolution; ils ont détruit l'ancien régime, et à cause de cela on vous envoie contrcpcux ; et quand vous aurez rétabli l'ancien régime en ce pays-là , on vous ramènera ici pour en faire autant. Or , l'ancien régime, savez-vous ce que c*est , mes amis ? C'est , pour le peuple, des impôts; pour les soldats, c'^est du pain noir et des coups de Uâtoo ; des coups de bâton et du pain noir, voilà l'ancien régime pour vous. Voilà ce que vous allez rétablir, là d'abord, et ensuit© chez vous.
DE PAUL-LOUIS, VIGNEHON. l4l
Les soldats espagnols ont fait en Espagne )a révolution. Ils étaient las de l'ancien régime , et ne voulaient plus ni pain noir, ni coups de bâton ils voulaient autre chose, de ravancement , des grades; ils en ont maintenant, et deviennent: of* ficiers à leur tour , selon la loi. Sous l'ancien régime , les soldats ne peuvent jamais être officiers sous la révolution , au contraire^ les soldats deviennent officiers. Vous entendez ; c*est là ce que les Espagnols ont établi chez eux , et qu*'on veut empêcher. On vous envoie exprès, de peur que la raénoe chose ne s'établisse ici, et que vous ne soyez quelque jour officiers'. Partez donc , battez-vous contre les Espagnols; allez, faites-vous estropier, afin de n'être pas officiers et d'avoir dés coups de bâtoo.
Ce sont les étrangers qui vous y font aller ; car le roi ne voudrait pas. Mais ses alliés le forcent à vous envoyer là. Ses alliés, le roi de Prusse , l'empereur de Russie et Tempereur d'Autriche suivent l'ancien régime. Ils donnent aux soldats beaucoup de coups de bâton j avec peu de pain noir, et s'en trouvent très-bien , eux souverains, ^ne chose pourtant les inquiète. Le soldat français, disent-ils, depuis trente ans ne reçoit point de coups de bâton , et voilà l'Espagnol qui les refuse aussi; pour peu que cela gagne, adieu la schlagne chez nous, personne n*en voudra. )l y faut remédier, et plus tôt que plus lard. Ils ont donc résolu de rétablir partout le régime du bâton , mais pour les soldats seulement ; c'es
I^ta LIVRET DE PiTIL-LOUIS , VIGNERON.
iroua qa*ib chargent de cela. Soldats , irolez à la victoire» et» quand la bataille sera gagnée, vous savez ce qui Youtf attend : les nomes auront de l'avan^ cernent, vous aurez des coups de bâton. Entrez en Espagne» marchez tambour battant, inêche allu* mée f au nom des puissances étrangères : vive la schlague ; vive le bâton; point d*avancement pour Usa soldats, point de grades que pour les nobles.
Au retour de Texpédition , vous recevrez tout Farriéré des coups de bâton qui vous sont dus de-r puis i789« Ensuite » on aura soin 4c vous tenir au courant.
-:» La police va découvrir une grande conspi^
.ration qui aura, dit-on, de grandes ran\îfications
dans les provinces et dans Tarmée, On nomme déj^
des gens qui en seront certainement, Mais Iç trai
irail n'e|t pas fait.