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4i*avance le profit, la récompense toujours proportionnée à rinfamie de l'action ; celui-là se proposant TapprobatioD publique et la gloire à venir.
— Les fournisseurs de Tarmée sont tous bons gentilshommes et des premières familles. Il faut faire des preuves pour entrer dans la viande ou dans la partie de souliers. Les femmes y ont «ie gros intérêts^ les maîtresses, les amans partagent; comtesses, duchesses, barons, marquis, on leur fait à tous bon marché des subsistances du soldat. ' La noblesse autrefois se ruinait à la guerre; maintenant s'enrichit et spécule très- bien sur la fidélité.
— Les bateaux venus de Strasbourg à Bayonne par le roulage coûteront dé port cent mille francs et seront trois mois en chemin. Construits en un mois à Bayonne , ils eussent coûté quarante mille francs. Les munitions qu'on expédie de Brest à Bayonne, par terre, iraient par mer sans aucuns frais. Mais il y a une compagnie des transports par terre , dans lequelle des gens de la cour sont intéressés, et Ton préfère ce moyen. Il faut relever d'anciennes familles, qui relèveront la monarchie si elle culbute en Espagne.
. — Les parvenus imitent les gens de bonne maison. Victor, sa femme, son fils, prennent argent de toutes mains. On parle de pots*de-vin de cinquante ipille écus. Tout s'adjuge à huis-clos et sans publication. Ainsi se prépare une campagne à la manière de l'ancien régime. Cependant Marcellus danse avec miss Canning.
— La guerre va se faire enfin (malgré tout le inonde. Madame ne la veut pas. Madame du Cayla y parait fort contraire. Mademoiselle, ayant consulté sa poupée , se déclare pour la paix, ainsi que la nourrice et toutes les remueuses de monseigneur le duc de Bordeaux. Personne ne veut la guerre. Mais voici le temps de Pâques, et tous les confesseurs refusent Tabsolution si on ne> fait la guerre ; elle se fera donc^
— Le duc de Guicbe Tautre jour disait dans un salon, montrant Le confesseur de Monsieur et d'autres prêtres: Ces cagots nous perdront.
— On me propose cent contre un que nos jésuites ne feront pas la conquête de l'Espagne; et je suis tenté de tenir. Sous Bonaparte > je proposai cent contre un qu'il ferait la .conquête de l'Es- ^ pagne : personne ne tint ; j*aurais perdu; peut-être cette fois gagnerai-je.
— Mille contes plaisans du héros pacificateur , pointes^ calembourgs de toutes parts. Il crève les chevaux sur la route de Bayoune, fait, dit-on, quatre lieues à l'heure, va plus vite que Bona-^ parte, mais n'arrive pas sitôt, parce que ses dé-
■ votions l'arrêtent en chemin; Il visite les églises et .baise les reliques. Le peuple, qui voit cela , en aime d'autant moins Téglise et les reliques.
— Il n'y a pas un paysan dans nos campagnes qui ne dise que Bonaparte vit, et qu'il reviendra. Tous ne le croient pas, mais le disent. C'est entre eux une espèce d'argot, de mot convenu pouo narguer le gouvernement. Le peuple hait les Boui>
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hoBB, parce qu'ils Font trompé, qu'ib mangent un milliard et servent Fétranger, parce qu'ils sont toujours é^iigrés , parce qu'ils ne veulent pas être aimés.
Barnave disait à la reine : « Il faut vous faire aifner du peuple, -^ Qélas I je le voudrais , dit-elle; mais comment? — Madame, il vous est plus aisé qu'il ne l'était à moi. — Comment faire ? — Madame, lui répondit ]Çarnave, tout est dans un ibot| bonne foi. >
— On va marcher , on avancera en Espagne ; pn renouvellera les bulletins de )a grande armée avec les exploits dé la garde; au lieu de Murât, ce sera La Roche- Jacquelein. Sans rencontrer personne, on gagnera des batailles, on forceia des villes ; enfin on entrera triomphant dans Madrid, et là commence la guerre. Jamais ils ne feront la conquête d*£spagne. M. Ls.
Je le crois; mais ce n*est point r£spagne, c'est la France qu'ils veqlent conquérir. A chaque balr letin de Martaînville, à chaque victoire de nies«> sieurs les gardes-du-corps , on refera ici quelque pièce de l'ancien régime , et qu'importe aux jé« «uites que les armées périssent , pourvu qu'ils coo* fessent le roi ? •
— A la chambre des pairs, )iier quelqu'un disait: Figurez-vous que nos ^ens en Espagne seront des saints.Ils ne feront point de sott'ses;on paiera tout • et le soldat ne mangera pas une poule qui ne soit achetée au marché. Ordre, discipline admirable; pn mènera jusqu'à' des filles, afin d'épargner Ie9
DE PAUL-LOUIS, VIGNERON. iBg
infantes. La conquête de la Péninsule va se faire sans fâcher personne, et notre armée sera comblée de bénédictions. Là dessus M. Galelan a pris la parole et a dit: Je ne sais pas comment vous fere^ lorsque vous serez en Espagne; mais.. en France votre conduite est assez mauvaise. Vous paierez là, dites-vous, et ici vous prenez. Voici une réquisition de quatre mille bœufs pour conduire de Toulouse à Pau votre artillerie , qui a ses chevaux ; ihaia ils sont employés ailleurs.. Ils mènent les équipages des ducs, et des marquis, et fies gardes* du-corps. Le canon reste là. Vous y attelez nos bœufs au monient des labours. Vous serez sages <en Espagne, à la bonne heure; je le veux croire ^ (et vous agirez avec ordre; mais je ne vois que confusion dans vos préparatifs.
— Guilleminot a fait un rapport dont la substance est que Tarmée a besoin de se recruter d'une ou de deux conscriptions, pour étreen état, pon de marcher, car il n'y a nulle apparence, mais de garder seulement la frontière; que Tétat-major ^ bon et fera ce qi^'on voudra ; mais que les officiera defoiiwte, et surtout les sousK>ffîciers sem? blent peu disposés à entrer en campagne, pensent que c'est contre eux que |a guerre se fait. Guillemicot est rappelé pour avoir dit ces choses*ià , et son aide-de-camp arrêté comme correspondant de Fabvier. Victor part pour Farmée.
— AT armée une cour ( voir là-dessus Feu* quières , Mémoires ) , c*est ce qui a perdu Bona-' parte, tout Bonaparte qu il était. La cour de son
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frère Joseph sauva Wellington plus d'une fois. Partant, où il y a une cour, on ne songe qu'à faire sa cour. Le duc d'AngouIéme a carte blanche pour les récompenses; et Ton sait déjà ceux qui se distingueront. Hohenlohe sera maréchal ; c*est un Allemand qui a logé les princes dans l'émigration, il commandera nos généraux, et pas un d'eux ne dira mot. La noblesse de tout temps obéit volontiers même à des bâtards étrangers, comme était le maréchal de Saxe. Les soldats, quant à eux, font peu de difTérence d'un Allemand à un émigré; ils l'aimeront autant que Goigny ou Vioménil. Personne ne se plaindra. Jamais, en Anglerre, on ne souffrirait cela. Nous aurons tout l'ancien régime; on ne nous fera pas grâce d'un abas.