‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 13 sur 84 · ACTE PREMIER 2"J · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER 2"J

PIERRE

Dieu ou démon, cela m'est égal. Il est sous mon toit, et il y restera. Et vous ne toucherez pas à sa personne. Mon Dieu, asseyez-vous. C'en est trop à la fin.

Pan se rassied. Le Chœur se prosterne.

L'ABBÉ

11 a des oreilles de bête (5) !

PIERRE

Eh bien quoi,ses oreilles! Qu'est-ce qu'il en peut s'il n'a pas les oreilles faites comme tout le monde?

L'ABBÉ

Plus de doutes. C'est bien lui-même.

PIERRE

Est-ce qu'on s'occupe de vos oreilles, à vous? Je vous dis de nous laisser la paix.

L'ABBÉ

Je comprends. C'est dans la nuit, sur les hauislieux, qu'ils viennent l'adorer et célébrer son culte. Je suis ici en plein enfer, mais je ne crains rien. (// se signe'). Ah 1 ils sont venus pour lui prêter

main- forte et pour le défendre! Et ils ont amené leurs tigres! Et c'est chez l'homme qui garde le bouc qu'il est descendu , chez quelqu'un dont l'odeur seule est une infamie, chez quelqu'un qui vit comme les bêtes, aveccette vieille sorcière... et dont la fille court les bois, demi-nue, comme une faunesse.

PIERRE

Prêtre !

LE SACRISTAIN

Calmez-vous, monsieur le vicaire; vous tremblez tellement. Buvez un peu d'eau.

II veut prendre la cruche sur la table. L'ABBÉ

Ne touchez à rien ici. Je veux secouer sur eux la poussière de mes souliers.

LE SACRISTAIN

Asseyez- vous un instant.

L'ABBÉ

Non, allons-nous-en; j'étouffe. Cela empeste le soufre ici.

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