‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 18 sur 84 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ANNE

Et que soit faite la volonté des dieux.

Tous deux se tournent vers la porte ouverte.

PIERRE

Entends-tu la mer? Gomme elle chante plus haut.

ANNE

Mais est-ce bien la mer? Ne sont-ce pas plutôt les oiseaux qui s'éveillent, car déjà l'aube est proche.

PIERRE

Non, écoute; ce sont les cloches.

Ils sonnent les cloches; ils vont prier.

ANNE

Si nous priions aussi?

PIERRE

Oui, prions aussi. Femme, tu pleures?

ANNE

Je pleure de bonheur. Mais toi, tu trembles, père. As-tu peur? Avons-nous fait mal?

PIERRE, solennellement.

Je tremble de joie. Parce qu'un Dieu est venu sous notre toit, je tremble de joie.

Nous avons fait comme faisaient nos pères lorsqu'ils recevaient un hôte sacré.

ANNE

Nous avons cru en sa parole.

PIERRE

Nous lui avons tout donné.

On entend toujours le son des cloches. Le jour se lève.

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