SCÈNE m
LES MÊMES, LE CAPUCIN, LE SECRÉTAIRE, puis le GARDE-CHAMPÊTRE
LE CAPUCIN entre avec le secrétaire. Il porte le costume de l'ordre de Saint-François, et tient un seau et un goupillon d'une main et de l'autre un gros livre à reliure de parchemin.
En voici dans ce seau.
LE CURÉ
Bien.
LE SECRÉTAIRE. Il est vêtu de noir, porte un registre sous le bras et une plume d'oie derrière l'oreille.
On ne peut écrire à cause de ces vases...
L'ABBÉ, au suisse.
Débarrassez la table.
L'INSTITUTEUR, examinant une coupe qu'il a prise sur la table.
Non ! mais c'est de l'or.
AHTE DEUXIÈME 4^
C'est aux gipsies.
L'instituteur remet vivement la coupe sur la table. Le sacristain laisse tomber à terre le vase qu'il avait en main. Celui-ci se brise.
ANNE, ramassant les débris et les mettant dans son tablier.
Faites donc attention ! Ce sont les cadeaux de noce de mes enfants.
LE GARDE-CHAMPÊTRE. Il entre essoufflé et avec précipitation. Il est en grande tenue : sarrau bleu.bicorne de gendarme, plaque en bandoulière, ceinturon et sabre, guêtres jaunes.
Ouf! Je ne sais où ils sont. Je n'ai pu arriver jusqu'au bout du jardin, à cause des fleurs. C'est à mourir asphyxié. Les rosiers ont poussé comme des arbres. On ne peut avancer. C'est un fouillis du diable. On marche et on culbute sur des tas de fleurs. Ça coupe le souffle. Et les pommes !...
LE CURÉ
Sont-ce réellement des pommes?
LE GARDE- CHAMPÊTRE
Il y en a des milliards.
LE CURÉ, très troublé.
C'est bien un miracle.
LE GARDE-CHAMPETRE
On ne peut faire un pas sans qu'il vous en tombe sur la tête.
Et l'air en est si empesté que j'en suis comme ivre.
LE BOURGMESTRE
Remettez-vous.
LE SECRÉTAIRE
Voulez-vous boire un peu d'eau?
Il lui verse de l'eau dans une coupe qui est sur la table.
LE SACRISTAIN, buvant et voulant remettre la coupe.
Merci.
L'ABBÉ, lui arrachant la coupe et la jetant à terre.
Mais c'est la coupe où le diable a bu !
LE SACRISTAIN
Ça ne fait rien, c'est passé.
LE GARDE-CHAMPÊTRE
Le fait est qu'il n'est pas possible, à moi tout