ACTE DEUXIÈME t
seul, de contenir la foule à la barrière du verger. Il y en a qui escaladent les haies.
L'ABBÉ
Comment cela?
LE GARDE-CHAMP ÊTRE
Ils veulent voir le miracle, comme ils disent.
L'ABBÉ
Il faut les chasser.
LE BOURGMESTRE, énergique.
Certainement.
LE GARDE-CHAMPËTRE
Oui, monsieur le Bourgmestre, mais ce n'est pas possible à moi seul. C'est à en perdre la tête. Tout le village accourt de ce côté. Ils ont déjà mangé des pommes, malgré ma défense.
L'ABBÉ
Il faudrait requérir la gendarmerie.
LE GARDE-CHAMPÊTRE, menaçant.
J'y retourne. Nous verrons si...
L'ABBE
Dites-leur bien qu'il est défendu, sous peine de mort, je veux dire sous peine de péché mortel, de toucher aux fruits de ce jardin.
LE GARDE-CHAMPÈTRE
Ce qui n'empêche que ma femme en a mangé.
LE CAPUCIN
Comment!
Oui, je l'ai trouvée en train de mordre dans un fruit défendu. Je l'ai battue et j'ai fait appeler le médecin.
LE SECRÉTAIRE
Pourvu qu'il n'arrive pas de malheur!
LE GARDE-CHAMPÈTRE
Il en arrivera sûrement, monsieur le Secrétaire. Les enfants grimpent dans les arbres.
LE SECRÉTAIRE
Il faut que j'aille voir si le mien n'y est pas.