ACTE DEUXIÈME G
L'ABBÉ
Nous ne pouvons plus la voir. Elle est possédée.
LE CAPUCIN
Je voudrais savoir comment la possession a commencé.
PIERRE, tournant sa casquette entre ses doigts.
Mais cette nuit là-haut., dans la chambre Je ne sais pas.
L'ABBÉ, interrompant.
Le Révérend veut dire la possession du démon. Nous ne vous demandons pas de détails sur ces abominations-là.
PIERRE
Ils sont tombés dans les bras l'un de l'autre. Nous n'avons pas pensé que ce fût mal. Nous nous sommes mis à pleurer. Faut bien que cela arrive un jour. Nous les avons bénis... et j'ai dit : Que la volonté de Dieu se fasse.
L'ABBÉ
N'avez-vous pas honte de mêler le sacré nom de Dieu à vos turpitudes ?
C'est alors que nous avons entendu la musique, les cloches., les oiseaux, la mer, le inonde entier.
ANNE
Et que nous avons vu le paradis.
PIERRE
Oui, le jardin tout en fleurs.
LE CURÉ
C'est étrange. Je ne comprends plus.
LE CAPUCIN
Ni moi.
LE CURÉ, à l'abbé.
Quelle est cette histoire? Vous ne nous en avez rien dit ?
L'ABBÉ
Je me suis tu par pudeur.
LE CAPUCIN
C'est un tort ; nous devons tout savoir.