‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 36 sur 84 · ACTE DEUXIÈME 6f · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME 6f

VOIX DIVERSES

Assurément.

L'ABBÉ

Le fait est qu'ils ont donné leur fille au démon.

C'est épouvantable. N'avez-vous pas honte?

PIERRE, se levant, avec solennité.

Nous l'avons donnée au bon Dieu et à son amour. Si nous avons mal fait, "qu'il nous châtie.

L'ABBÉ

Le châtiment aura son heure.

LE CAPUCIN

Enfin, comment ça s'est-il passé?

L'ABBÉ

Puisque vous y tenez^ voilà : la fille et le démon sont entrés dans la chambre. Puis les vieux sont montés derrière eux pour leur donner la bénédiction. Sur quoi je me suis enfui. C'était insoutenable.

LE CAPUCIN

C'est un tort. Il fallait tout voir. Le démon se juge à ses œuvres.

LE CURÉ, à Pierre.

Et puis ?

PIERRE

Nous avons prié en attendant l'aube.

ANNE

Et les anges ont fait de la musique.

LE BOURGMESTRE

Elle veut dire les gipsies.

PIERRE

A l'aube, ils se sont levés et nous ont offert ces présents pour nos enfants, ces vases, ces parures...

L'ABBÉ

C'est bon, nous savons.

ANNE, montrant la chambre, et en extase.

Et puis nos enfants sont sortis, tout resplendissants, tout nus, comme deux soleils.

Rumeur.

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