‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 45 sur 84 · SCÈNE II LES MÊMES, LE SUISSE · texte numérisé non relu

SCÈNE II LES MÊMES, LE SUISSE

LE SUISSE, ouvrant la porte. D'une voix terrible.

Il n'entre pas !

Le Bourgmestre et l'Instituteur se réveillent en sursaut. Tout le monde se lève.

LE BOURGMESTRE, indigné.

Comment ! 11 n'entre pas ?

LE SUISSE

Non. On essaie avec le chat, à présent, et aussi avec le hibou.

LE SECRÉTAIRE

Qu'on essaie aussi avec le crapaud.

LE SUISSE, repartant.

Ah ! Mon Dieu ! Mon Dieu !

LE BOURGMESTRE, se laissant retomber sur son siège.

Je crains que la puissance ne nous manque. Il faudra peut-être employer la douceur.

L'INSTITUTEUR

C'est mon avis. Mais le Vicaire est trop violent.

L'ABBÉ

C'est la violence qu'il faut ; la douceur ne sert à rien. Le royaume du ciel ne s'emporte que par la violence.

Il faut en tous cas que ce scandale cesse. L'administration de la commune deviendrait impossible avec ce dieu au milieu de nous.

L'ABBÉ, reprenant.

Ce démon...

LE BOURGMESTRE

Ou ce démon, peu importe. Je ne puis répondre de l'ordre dans le désordre; et le miracle, c'est le désordre.

L'ABBÉ

C'est l'abrogation de toutes les lois naturelles.

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