‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 52 sur 84 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

LA MERE ANUS

C'est-yun démon! J'ai vu sa queue et ses cornes. La femme qu'a déjà une queue aussi. Sainte Vierge Marie ! Je lui ai jeté un ossement du cimetière, un morceau du cierge pascal, mais rien n'y a fait. C'est-y un démon !

LE BOURGMESTRE

C'est bon, vous pouvez vous retirer, la mère.

LA .MÈRE ANUS

M'en vas. Mais quel malheur ! C'est pas que nous n'ayons pas fait not' possible, m'sieu le Bourgmestre. On s'est donné bien du mal, allez ! Pauv' minou ! J'ai miaulé comme une chatte en amour. Même que je lui ai bouté le derrière en avant et la queue en l'air. N'avait qu'à entrer.

L'ABBÉ

Assez, c'est ignoble. A la porte ! Nous ne vous demandons pas d'explications.

LE CURE, présentant le vase.

Tenez ! Tenez, et allez- vous-en.

LA MÈRE ANUS

M'en vas, m'sieur le Curé. Que le bon Dieu et la

Sainte Vierge vous bénissent. Mais c'est moi qui ai apporté le hibou et le crapaud. Ils sont ici, dans le petit sac. Il n'était pas facile à attraper, le bougre de crapaud. Que j'ai dû sauter dans 1' fossé après lui, et m'ai failli casser la jambe, m'sieur le Curé.

LE CURÉ, lui donnant une parure en diamants.

Tenez

LA MERE ANUS, éblouie.

Oh! merci, merci, m'sieur le Curé, merci... Bonjour, tout le monde, m'en vas.

LE BOURGMESTRE

Et vite, est-ce compris ?

LA MÈRE ANUS

M'en vas, m'en vas.

LE BOURGMESTRE

Ces scènes sont répugnantes, et je ne permettrai pas qu'on vienne ainsi troubler nos délibérations.

ANNE, arrêtant la mère Anus devant la porte.

La parure de noce de ma fille ! Ça! Jamais !

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