ACTE TROISIEME I I I
LE CURE, feignant de ne pas comprendre, et le dévisageant de nouveau .
Oui, je sais... mais qu'alliez-vous faire dans ce bosquet ?
LE SACRISTAIN
Entendre le sermon.
LE CURÉ, avec douceur.
Quel sermon, mon enfant ?
LE SACRISTAIN
Pan qui prêchait sur la montagne.
L'ABBÉ
Laissez, monsieur le Curé. Il pue le vin.
LE SACRISTAIN
Je suis illuminé.
L'ABBÉ
On s'en aperçoit. N'avez-vous pas honte ! Un clerc d'Eglise 1 Rentrez chez vous, vous êtes scandaleusement ivre.
LE SACRISTAIN
Oui, je suis ivre, je suis ivre... mais ivre de
Dieu (n)! J'ai changé de religion, voilà tout. Je crois en Pan tout-puissant, maître du ciel et de la terre, et je suis prêt à subir le martyre pour lui !
LE CURÉ, sévère, mais bon.
Joseph, ce n'est pas sérieux, n'est-ce pas ?
LE SACRISTAIN
Je le regrette pour vous, monsieur le Curé, mais je sors des vignes' du seigneur. J'ai été frappé sur le chemin de Damas, comme saint Paul.
L'ABBÉ
Parlez plutôt de Judas.
LE SACRISTAIN
J'ai entendu Pan. Il est Dieu, vrai Dieu. J'en témoigne.
L'ABBÉ
Cet homme est fou.
LE CURÉ
Mon enfant, vous ne me ferez pas mourir de hont$ et de chagrin. Confessez votre erreur. Peutêtre avez vous mangé du fruit défendu. L'esprit est prompt, mais la chair est faible. Saint Pierre a