‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 58 sur 84 · ACTE TROISIÈME I I · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME I I

renié son maître devant la servante. Faites un acte de contrition et dites le symbole des apôtres. Votre péché vous sera pardonné.

LE SACRISTAIN, solennellement.

Je crois en Pan tout puissant, maître du ciel et de la terre, qui est ressuscité d'entre les morts et qui a dit...

Traître ! taisez-vous !

L'INSTITUTEUR

Laissez-le parler. Il faut l'entendre.

L'ABBÉ

Nous ne sommes pas ici pour entendre les sermons du diable.

LE CAPUCIN, au Sacristain.

Ce qu'il a fait de vous est visible.

L'ABBÉ

Le démon a su ce qu'il faisait en se manifestant dans ce village plutôt que dans une grande ville. Les faux dieux ont toujours compté sur les simples d'esprit, les femmes et les enfants,, pour établir leur

royaume sur la terre. Il sait pourquoi il a choisi comme premiers disciples un gardien de bouc et un sacristain de village.

LE SACRISTAIN

Il n'a que faire de votre science. Nous n'avons pas appris le latin; c'est vrai, mais c'est pourquoi il nous a élus, ce Dieu, c'est pourquoi il a pris pour asile cette étable, et pour femme cette fille qui gardait les chèvres; mais demain il aura des temples, notre pauvre Dieu, et c'est votre règne qui finira. Et il a ajouté...

L'ABBÉ

Folies !

LE CAPUCIN

Voyons. Qu'est-ce qu'il a prêché encore votre bon Dieu?

LE SACRISTAIN

Que c'était fini des églises et des prêtres.

LE CURÉ, consterné et joignant les mains.

Ce n'est pas possible ! Est-ce qu'il a vraiment dit cela?

Page 1