‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 63 sur 84 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LE BOURGMESTRE

... sans éducation. Je me refuse, en tous cas, aux procédés fanatiques. Nous devons transiger, entrer en accommodement. Sinon, nous serons vaincus.

L'ABBÉ

Des accommodements avec le diable?

LE BOURGMESTRE

Encore une fois, que ce soit Dieu ou le diable, peu importe. Je ne puis répondre de l'ordre qu'à cette condition, sinon je me démets de mes fonctions. D'ailleurs, je le répète, il m'a fait bonne impression, et sa femme aussi. C'est une personne très douce, très convenable.

L'ABBÉ

Convenable ! Malgré la suprême inconvenance de sa tenue !

LE BOURGMESTRE

C'est un détail. Ne cherchons pas la petite bête...

Enfin, ils ont exhorté le peuple au calme et à

rentrer chez eux. Plusieurs se sont déjà rhabillés.

LE CAPUCIN

Et eux ?

LE BOURMESTRE

Us sont rentrés dans le bosquet. Du moment que le scandale n'a pas lieu sur la voie publique, cela ne me regarde plus.

L'ABBÉ

Voilà bien les théories modernes!

LE BOURGMESTRE

Tous les dieux sont égaux devant la loi. Je m'oppose aux persécutions. Le temps en est passé. Nous vivons à une époque de tolérance pour tous, même pour les dieux.

L'INSTITUTEUR

M. le bourgmestre a raison. Si déplorables qu'ils puissent être, nous devons nous incliner devant les faits. Je propose un modus vivendi. C'est le seul parti raisonnable qu'il nous reste à prendre. On pourrait lui proposer un concordat.

LE BOURGMESTRE

C'est cela. Proposons-lui un concordat et examinons-en les termes. Secrétaire, vous prendrez acte.

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