ACTE TROISIÈME
lisse comme tout le monde, et le plus vite possible encore. C'est particulièrement de la jeunesse qu'il faut se mélier en tout. Monsieur le Curé a raison. C'est l'âge de toutes les folies . Il faut qu'il ait au moins soixante-dix ans. A. cet âge, un homme...
LE CURÉ, froissé.
Pardon. C'est précisément l'âge de raison, l'âge où un homme atteint toute sa maturité. Mettons quatre-vingt-dix ans, au minimum.
Soit, et cent ans au maximum ; car il ne faut pas non plus qu'il dépasse cent ans.
LE CURÉ
Pourquoi ?
LE BOURGMESTRE
Parce que ce serait extraordinaire, et qu'il fout absolument qu'il s'abstienne de rien faire d'extraordinaire, ici. De plus, il ne parlera pas de son âge.
LE CURÉ
C'est entendu.
L'ABBE
Pendant que vous y êtes, obligez-le à se taire tout à fait; cela vaudra mieux.
LE GARDE- CHAMPETRE
Peut-être bien.
LE BOURGMESTRE
C'est excessif. Je suis pour la liberté, en tout, à condition qu'elle ne dégénère pas en licence.
L'INSTITUTEUR
Naturellement.
D'ailleurs, il ne consentirait jamais à se taire. Demandons seulement qu'il parle peu ; qu'il ne parle surtout pas de politique.
LE CURÉ
Ni de religion, ni de morale. Nos paroissiens n'ont rien à voir avec ses propos. Ce sont des êtres simples et naïfs. Il faut éviter à tout prix qu'il leur tourne la tête au moyen de ses fables et de ses fariboles.