‹ Pan, comédie satirique en trois actes, en proseChapitre 70 sur 84 · ACTE TROISIEME I · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME I

LE CAPUCIN

Qu'il ne parle plus que de son bouc, voilà tout.

LE CURÉ

Mais avec décence.

LE GARDE-CHAMPÈTRE

Si monsieur le Curé veut me permettre, je lui ferai remarquer respectueusement que, même avec décence, un tel genre de discours ne serait pas sans danger. C'est un sujet essentiellement scabreux, et qui prête à des plaisanteries de mauvais goût.

LE SUISSE

C'est péremptoire.

LE BOURGMESTRE

Mais de quoi voulez-vous qu'il parle?

L'INSTITUTEUR

De la pluie et du beau temps.

LE CURÉ

A condition qu'il ne fasse pas, à ce sujet, de prédiction. Voyez-vous qu'elles se réalisent! Cela jetterait le trouble dans toutes les têtes.

LE BOURGMESTRE

C'est entendu, monsieur le Curé.

Je propose qu'il lui soit également interdit de jouer de la flûte, au clair de lune, ou en tout autre temps, ainsi qu'il l'a annoncé au peuple; et de danser.

LE SUISSE

C'est juste. La musique amollit les mœurs.

LE CAPUCIN

Et, s'il danse, on verra ses pieds.

L'ABBÉ

On ne lui permet déjà que trop. Allez-vous tolérer aussi qu'il aille et qu'il vienne où il lui plaira.

LE BOURGMESTRE

Ah ! Non. Nous le mettrons sous la surveillance de la police.

L'ABBÉ

Et surtout, qu'il soit bien entendu qu'il lui est interdit, à perpétuité, sous peine de se voir déférer

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